Undertaker – tome 3

L’Ogre de Sutter Camp

L’undertaker, Lin et Rose sont missionnés pour s’occuper du corps de la belle-mère d’un marchand de bétail influent. Arrivés sur place, ça dérape lorsque Jonas retrouve une vieille connaissance. Le Colonel Charley Warwick lui apprend que l’Ogre de Sutter Camp, un médecin expérimenté qui charcute ses patients, est toujours vivant. Ne pouvant le laisser en liberté, le quatuor le prend en chasse et ne tarde pas à le retrouver dans une petite ville en pleine démonstration de ses talents.

C’est un deuxième cycle qui débute dans ce tome 3, le prochain dénouera l’affrontement qui commence ici. La partie n’est pas facile, le croque-mort ayant (re)trouvé son pire adversaire. Un coriace. Et il y a un lourd passif derrière.

Présenté comme un dur à cuire, Jonas sera tout de même bien heureux de pouvoir compter sur les deux faibles femmes qui l’accompagnent et lui sauvent la mise. Quoique au final, une des deux va lui jouer un sale tour. Il avait un problème, il en a maintenant un deuxième !

J’ai le sentiment que Jéronimus Quint est le personnage qu’attendait l’Undertaker pour se montrer sous son vrai jour. Et le gars n’est pas tendre avec ses congénères, c’est un vrai cynique

Comme d’habitude, Xavier Dorison maîtrise son histoire et si certains événements passés sont évoqués dans ce tome 3, on ne devrait pas tarder à en savoir beaucoup plus sur le lieutenant Strikland dans le 4ème. Le suspense tient bon.

Action, aventure mais aussi humour, Untertaker tient toutes ses promesses.

Et question graphisme, c’est aussi une habitude : Ralph Meyer est un vrai crack !

Undertaker tome 3

scénario de Xavier Dorison, dessin Ralph Meyer, colo Ralph Meyer et Caroline Delabie. Editions Dargaud.

4 sur 5

Undertaker tome 2 – La danse des vautours

undertaker 2 couverture
Jonas, Rose et Madame Lin ont 3 jours pour rejoindre la mine « Red Chance » afin d’y enterrer la dépouille de Joe Cusco dont l’estomac est rempli à ras bord de pépites d’or, le vieux s’étant suicidé en avalant son trésor et en exigeant qu’il repose à l’endroit où il bâtit sa fortune. Avec une meute de mineurs enragés à leurs trousses, la tâche n’est pas aisée mais notre Undertaker s’avère être un homme plein de  ressources…

Après un premier album tonitruant qui honorait pleinement ses promesses, ce deuxième opus m’a un peu déçu, l’impression de m’être un peu ennuyé. J’en suis désolé tellement j’apprécie ces deux auteurs qui ont à leur actif une bibliographie plus qu’honorable. Et j’admire depuis longtemps le travail de Ralph Meyer qui est à mon sens un des meilleurs dessinateurs actuels. Non, j’ai eu tout simplement du mal à me passionner pour cette course-poursuite et du mal à croire à cette histoire d’otage. Et puis à quoi ça rime finalement ? Tout le monde va se retrouver à la mine et va se battre pour récupérer le trésor non ?

En fait, le scénario suit un chemin bien balisé et sans réelles surprises. On sait dès le début que Jonas a un passé violent, on sait que dans l’action,  il va s’avérer un adversaire redoutable, on sait qu’il va réussir sa mission, on sait aussi que Rose et lui vont avoir envie de se bécoter. Bref, on sait.

Mais si je considère Undertaker comme un pur divertissement, c’est sans appel : on est dans le haut de gamme. Les couvertures et planches sont  magnifiques, le rythme est soutenu, ça castagne et défouraille pas mal, la pointe d’humour est bien là et et les dialogues sont très bons. Alors d’un autre côté, de quoi je me plains  ?…

album scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Ralph Meyer, édition Dargaud

4 sur 5

Le Maître d’Armes

le maitre d'armes
1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l’Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu’ils lancent une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable : à deux contre trente, le destin du jeune homme et du vieux Hans Stalhoffer semble scellé. Sauf que Hans n’est pas une proie comme les autres ; il est l’ancien maître d’armes de François Ier… Et la proie est bien décidée à devenir le chasseur…

96 pages, ça peut être paraître épais pour un album de BD franco-belge de ce format là mais franchement ça se lit d’une traite sans peine et le dessin est magnifique ! Pas forcément hyper passionnant mais très agréable à suivre par sa mise en scène très cinématographique et son rythme intense. Xavier Dorison aime les grands récits épiques (Long John Silver, Undertaker), les héros sombres et ténébreux et ça se sent encore ici. La préface pose bien le contexte historique, à cette époque certains courageux commençaient à s’interroger sur le bien fondé de la Bible qui soi-disant donnait tous pouvoirs à l’Eglise au détriment d’une population maltraitée qu’on laissait volontairement patauger dans l’ignorance, la terreur et la pauvreté. Une époque pas jolie-jolie. Heureusement, certains plus courageux et plus instruits que d’autres ont risqué leur vie pour que ça change et c’est la toile de fond de cette traque glaçante où tous les mauvais coups sont permis.
Donc attention, c’est très violent et très sanglant, faut pas avoir peur de se tâcher les mains en ouvrant cet album. Les personnages ne font pas dans la dentelle quand il s’agit de se tronçonner à l’arme blanche.
En tout cas, j’en ai pris plein les yeux car Joël Parnotte sort le grand jeu pour illustrer un récit de cape et d’épée haut en couleurs (le rouge surtout !).
En clair, j’en ai eu pour mon argent…

Et regardez la planche ci-dessous, elle résume à elle seule la qualité de l’album :

une planche du Maître d'armes

un one shot scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Joël Parnotte, édité chez Dargaud

3 sur 5