Relectures de l’été 2017

petit article écrit en aout 2017 mais j'avais oublié de le poster...

Comme tous les étés, les sorties BD sont rares et c’est le bon moment pour faire du tri dans ses étagères. On ressort les trucs qu’on a pas lu depuis un moment.

Cet été 2017 est l’occasion pour moi de vider toute ma biblio pour ne garder que les séries et albums que je vais relire. Le reste va aller attendre sagement au grenier bien au chaud dans les cartons du déménagement. Et au fur et à mesure, je ferai les rotations qui vont bien. Plus facile à dire qu’à faire car les nouveautés de la rentrée commencent à débarquer.

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excellent polar dans le vif du sujet, dommage qu’il n’y ait pas de suite, le cliffhanger est redoutable. Histoires croisées, plongée dans le quotidien pas toujours glorieux des Bleus et de la BRB. Il y a largement la matière pour en écrire d’autres. Ce genre de récit me passionne.

Amour, passion et CX diesel

un monument de la BD d’humour dans le style absurde et une époque rétro ahhh les seventies … des pointures du 9ème art à la baguette de 3 tomes délicieux ! Un incontournable pour se gondoler !

Bouncer

un classique au scénario quelques fois assez confus (Jodorowsky) mais un dessin redoutable d’efficacité (F. Boucq). Bon premier diptyque avec une histoire sordide (la mère et ses fils), toujours un peu tourné vers le cul (Jodo faut aimer et s’accrocher parfois). Je trouve le second cycle (tomes 3, 4 & 5) moins bon à cause d’un scénario un peu bancal dans ses enchaînements et ses coïncidences. Et on sent bien la patte de Jodo toujours à la limite du graveleux. Le 3ème cycle (tomes 6 & 7) met le Bouncer face à deux jumelles vénéneuses pas piqué des hannetons et un fou-furieux qui se balade une hache plantée en travers de la tronche. Il fallait oser, je trouve ça terrible ! Le dernier cycle en date (tomes 8 & 9) m’a bien plu aussi, le Bouncer têtu comme une mule se met en chasse d’un salopard qu’il compte bien « extraire » d’une prison coupe-gorge pour le faire juger. Y’a deux ou trois scènes incroyables comme le combat avec l’ours ! Dans l’ensemble c’est une bonne série qu’il faut avoir lu au moins une fois.

Mégabras

pas le meilleur Bouzard, pré-paru dans Fluide à l’époque je n’étais pas fan, ça démarre bien, ça flirte avec le cul tendance pathologique, ça finit moyen. Mouais vaut mieux relire The Autobiography ou PlageMan, c’est bien meilleur.

 

Les chroniques complètes sont lisibles dans les archives.

Et quelques autres mais j’ai la flemme et j’ai d’autres chroniques à finir …

Undertaker – tome 3

L’Ogre de Sutter Camp

L’undertaker, Lin et Rose sont missionnés pour s’occuper du corps de la belle-mère d’un marchand de bétail influent. Arrivés sur place, ça dérape lorsque Jonas retrouve une vieille connaissance. Le Colonel Charley Warwick lui apprend que l’Ogre de Sutter Camp, un médecin expérimenté qui charcute ses patients, est toujours vivant. Ne pouvant le laisser en liberté, le quatuor le prend en chasse et ne tarde pas à le retrouver dans une petite ville en pleine démonstration de ses talents.

C’est un deuxième cycle qui débute dans ce tome 3, le prochain dénouera l’affrontement qui commence ici. La partie n’est pas facile, le croque-mort ayant (re)trouvé son pire adversaire. Un coriace. Et il y a un lourd passif derrière.

Présenté comme un dur à cuire, Jonas sera tout de même bien heureux de pouvoir compter sur les deux faibles femmes qui l’accompagnent et lui sauvent la mise. Quoique au final, une des deux va lui jouer un sale tour. Il avait un problème, il en a maintenant un deuxième !

J’ai le sentiment que Jéronimus Quint est le personnage qu’attendait l’Undertaker pour se montrer sous son vrai jour. Et le gars n’est pas tendre avec ses congénères, c’est un vrai cynique

Comme d’habitude, Xavier Dorison maîtrise son histoire et si certains événements passés sont évoqués dans ce tome 3, on ne devrait pas tarder à en savoir beaucoup plus sur le lieutenant Strikland dans le 4ème. Le suspense tient bon.

Action, aventure mais aussi humour, Untertaker tient toutes ses promesses.

Et question graphisme, c’est aussi une habitude : Ralph Meyer est un vrai crack !

Undertaker tome 3

scénario de Xavier Dorison, dessin Ralph Meyer, colo Ralph Meyer et Caroline Delabie. Editions Dargaud.

4 sur 5

L’Art du Crime – Tome 5

Le rêve de Curtis Lowell
l'art du crime tome 5 couverture
Hollywood, 1939. Art et Franck Blumenfeld tournent les derniers plans de leur prochain film. Lors d’une pause, ils tombent dans le journal sur un nom qui les glace d’effroi : celui de Curtis Lowell, auteur d’une bande dessinée publiée en strip. Un an auparavant, les frères Blumenfeld ont en effet engagé Lowell comme dessinateur de plateau pour un film inédit qui aurait dû faire leur fortune. Il s’agissait du premier western entièrement tourné en décors naturels, au cœur de la Monument Valley, avec des cascades jamais vues et de véritables indiens comme figurants… Malheureusement le tournage a été stoppé brutalement suite à un drame sanglant : sur un accès de folie, Curtis Lowell a assassiné l’un des indiens du plateau puis agressé Franck avant de prendre la fuite. Du moins, selon la version officielle…

Cette série-concept est écrite à deux mains par Olivier Berlion – à qui l’on doit déjà pas mal de trucs chouettes (comme Tony CorsoHistoires d’en ville ou plus récemment Le Juge, la République assassinée) et Marc Omeyer qui développe aussi plusieurs projets BD et cinéma.

Chacun des 9 one shot de la série devra mettre en scène un crime en lien avec un des 9 arts majeurs et sera dessiné par un artiste différent.

Cette fois-ci, c’est de cinéma qu’il s’agit et de cinéma hollywoodien siouplait. Les fans de western et de grands espaces seront comblés. Même si le film exceptionnel que l’on est en train de tourner va vite virer au cauchemar à la suite d’un « regrettable accident ». Preuve que la pression et l’ambition peuvent mener un honnête producteur à se transformer en meurtrier.

Belle maquette, belle couverture, dessin magnifique et couleurs au top. Ce cinquième opus a toutes les qualités pour convaincre.

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un album réalisé par Olivier Berlion & Marc Omeyer (scénario), Karl T. (dessin) aux éditions Glénat.

2 sur 5

Badlands tome 2 – Le danseur au grizzli

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Dans ce deuxième épisode sur trois au total, on retrouve la magnifique Perla (voir la planche ci-dessous ^^) accompagnée de Leonce, Sam et l’indien Meurs Longtemps en route pour une vallée perdue du nord-ouest américain à la rencontre d’une tribu indienne qui pourrait aider Perla à utiliser les artefacts laissés par son aïeul. Ils sont bientôt rejoints par Jeune-Saumon qui leur propose de les mener à bon port.

Western fantastique à base de légende indienne, Badlands vaut surtout le détour par son personnage féminin – Perla – charmante, courageuse et charismatique qui ne se laisse jamais compter. Au cours de ce tome, on assiste à une curieuse chasse à la baleine rendue spectaculaire par le graphisme fin et élégant de Piotr Kowalski qui nous offre de très belles planches tout au long de la balade au coeur de paysages sauvages et superbes.

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un album scénarisé par Eric Corbeyran, dessiné par Piotr Kowalski, couleurs de Aurore Folny, édition Soleil

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sykes

Sykes ? Encore un western ? Oui mais c’est du bon !
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Lorsque « Sentence » Sykes pose le premier sabot dans ses collines natales, le jeune Jim Starret reconnaît immédiatement une légende de l’Ouest, digne des illustrés avec lesquels il a appris à lire. Mais son nouveau héros n’est pas là lorsque la redoutable bande des Clayton assassine sa mère sous ses yeux. Dès lors, Jim n’a plus qu’une obsession : rejoindre Sykes et participer à la traque. Il a déjà payé le prix du sang. Il ignore encore que ce sont ses démons qui forgent une légende du Far-West…

Allez, celui-là je l’ai acheté sur la foi des très bonnes critiques que j’ai lues. Bien que je me méfie des avis de la presse spécialisée et des journalistes pro qui me paraissent souvent trop élitistes. Mais à mon grand soulagement, j’ai trouvé ça excellent. Question graphisme, rien à dire c’est superbe, l’objet est très très beau aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. On y trouve là un pur western , âpre et violent qui se déride grâce à quelques légers traits d’humour bienvenus sous le trait du personnage de O’Malley, le fidèle compagnon de Sykes.

C’est sur le déroulé de l’histoire que j’ai un peu tiqué car les deux tiers de l’album sont consacrés à une intrigue puis on passe à autre chose, ça fait qu’on se demande pourquoi ça ne s’arrête pas là (on comprends pourquoi ensuite). Un peu comme si le scénariste avait eu de nouvelles idées au fur et à mesure et avait voulu rallonger la sauce jusqu’à un surprenant final qu’on ne voit venir qu’aux toutes dernières pages. Ceci mis à part, l’ensemble se tient vraiment bien et ce western fait honneur à la collection Signé du Lombard.

Ces derniers temps, le genre westen revient en force entre Undertaker, Stern et le Lucky Luke de Matthieu Bonhomme, les cowboys ont le nez en poupe et Sykes se hisse largement au niveau des autres.

Pour ma part, j’ai adoré. De mon achat, content je suis. 🙂

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un album scénarisé par l’elficologue Pierre Dubois, dessiné par Dimitri Armand, couleurs de Dimitri Armand & Sébastien Gérard. Edition Le Lombard, collection Signé.

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L’homme qui tua Lucky Luke

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De passage à Froggy Town en pleine nuit et sous une pluie battante, Lucky Luke n’a pas fini son premier verre au saloon du coin qu’un type qui se prétend shérif le provoque. Après avoir remis en place le fâcheux, il apprend que la réserve d’or a été dérobée et les habitants – le connaissant de réputation – lui supplie de reprendre l’enquête. N’ayant rien de mieux à faire, le cow boy accepte leur offre malgré la menace des frères Bone. Mais le plus important pour le moment est de trouver du tabac !..

Je ne vais pas en faire des caisses : j’ai adoré !

Ca faisait un bout de temps que je n’avais pas lu un bon vieux Lucky Luke qui évoque surtout de longues heures de lecture pendant mon enfance et le redécouvrir aujourd’hui sous la maîtrise de Matthieu Bonhomme est une réelle surprise. Je ne sais pas s’il faut le prendre comme un hommage mais ce qui est sûr, c’est qu’il a su moderniser le célèbre « poor lonesome cowboy » en le rendant beaucoup plus adulte.

En plus d’un graphisme « marvellous » (rien que la couverture est une merveille !) qui m’avait déjà tapé dans l’oeil lors de sa précédente série Le Marquis d’Anaon, il a écrit une vraie bonne histoire de shérif, d’attaque de diligence et de duels au colt. On ne s’ennuie pas une seule seconde au fil des quelques 60 sublimes planches.

Bravo Monsieur Bonhomme, vous étiez attendu au tournant comme à chaque fois qu’un auteur ose s’attaquer à un monument du 9ème art et vous avez réalisé l’album parfait !..

Le prochain repreneur de la série se nomme Guillaume Bouzard qui, je pense, ne cherchera pas à faire mieux mais différent. Vivement !

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un album signé Matthieu Bonhomme aux Editions Lucky Comics

coup de coeur

relectures – Lincoln

Lincoln tome 1 crâne de boisCe soir je suis à jour de mes lectures de nouveautés (ou en retard) et de mes articles (c’est plutôt rare) et les lectures du moment sont surtout des relectures de quelques classiques de ma biblio perso. Alors c’est le bon moment pour rappeler à la Terre entière (hééee ouai ! ^^) que Lincoln est une excellente série.

C’est l’histoire d’un gamin mal-né dans le far west qui très tôt développe un caractère irascible. Et un jour, devenu adulte, il rencontre Dieu et Lucifer, deux petits bonhommes sous leur forme humaine ! Le premier veut absolument en faire un type bien, le second est uniquement là pour le faire chier (Dieu pas Lincoln). Seulement c’te feignasse de cowboy n’a qu’une envie : qu’on lui foute la paix ! Un truc à savoir quand même : Dieu dans sa grande mansuétude (ou parce qu’il est un poil taquin) l’a rendu immortel. Ca aide quand, à cette époque, on prend autant de balles dans le buffet. Lincoln 2 Indian TonicEt à partir de ce postulat, la famille Jouvray (Olivier au scénario, Jérôme au dessin et Marie-Claire à la colo) nous emmène dans un western délirant de 8 albums avec chaque fois un plaisir immense de retrouver notre cowboy favori. La grande force de Lincoln est d’une part dans sa simplicité et sa lisibilité graphique fort sympatoche et d’autre part dans ses dialogues percutants. Il y a toujours LA réflexion qui tue ! Pour s’en faire une bonne idée, il suffit de lire le 4ème de couv’ qui résume bien l’esprit Lincoln.

Lincoln tome 3 PlaygroundJe ne vais pas en faire des tonnes mais si vous avez envie de vous marrer et de sortir de la BD mainstream ou dite « d’humour », lisez Lincoln vous ne le regrettez pas. C’est fin, c’est très fin, ça se mange sans faim.

Et sinon le tome 9 il sort quand ? ça commence à faire long, le dernier tome qui se passe pendant la 14-18 (c’est vrai qu’on est un peu sorti du western là) est sorti il y a déjà 3 ans (août 2013)Lincoln tome 4 Châtiment corporel.

La scéne du Lincoln « fantôme » qui cherche son pote américain dans les tranchées vaut son pesant de cacacouètes, je l’ai relu hier soir, j’étais MDR comme disent les djeunes huhu !..

Merci les éditions Paquet !

Prochaine relecture : Wollodrïn.

 

Lincoln tome 5 Cul nu dans la plaineLincoln tome 6 French lover Lincoln tome 7 Le fou sur la montagne Lincoln tome 8 Le démon des tranchées

 

Santiago

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Ce n’est pas toujours facile de trouver de la bonne BD d’humour de nos jours, surtout lorsque l’on veut éviter l’humour grand public (non je ne citerai personne !), dans ma biblio ils se font plutôt rare les albums qui me font poiler. Guillaume Bouzard, Fabcaro, Zep, Fabrice Erre, James, Thierry Vivien, Mo/Cdm, Manu Larcenet (dans ses premiers albums) et la plupart des auteurs made in Fluide Glacial ne sortent pas des BDs tous les jours malheureusement. Alors quand j’ai la chance d’en trouver un nouveau, je le savoure.

C’est le cas ici où B-Gnet – encore un collaborateur de Fluide – qui propose de revisiter le genre western en mode pastiche. Santiago est le chef d’une bande de foies jaunes pilleurs de banque qu’il compose avec Juan, Pablo et Rancho. Mais 4 n’est pas un bon chiffre pour une bande alors quand Chico alias Jessica croise leur route, c’est décidé, elle fera le cinquième !..

Au premier abord, le dessin est plutôt sérieux et maîtrisé, à tel point que vu de loin, on pourrait s’attendre à lire un nouveau Blueberry mais quand les personnages se mettent à parler, on tombe tout de suite dans un absurde bien rodé. Dialogues vifs et situations loufoques vous attendent de pied ferme dans cet excellent one-shot réalisé par un spécialiste de la BD indépendante…

Dans le même genre, il avait réalisé un truc déjà bien tordant et déjanté chez La Boîte à Bulles : Saint-Etienne Lyon.

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un one shot marrant réalisé par le lyonnais B-Gnet aux éditions Vraoum.

4 sur 5

Undertaker tome 2 – La danse des vautours

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Jonas, Rose et Madame Lin ont 3 jours pour rejoindre la mine « Red Chance » afin d’y enterrer la dépouille de Joe Cusco dont l’estomac est rempli à ras bord de pépites d’or, le vieux s’étant suicidé en avalant son trésor et en exigeant qu’il repose à l’endroit où il bâtit sa fortune. Avec une meute de mineurs enragés à leurs trousses, la tâche n’est pas aisée mais notre Undertaker s’avère être un homme plein de  ressources…

Après un premier album tonitruant qui honorait pleinement ses promesses, ce deuxième opus m’a un peu déçu, l’impression de m’être un peu ennuyé. J’en suis désolé tellement j’apprécie ces deux auteurs qui ont à leur actif une bibliographie plus qu’honorable. Et j’admire depuis longtemps le travail de Ralph Meyer qui est à mon sens un des meilleurs dessinateurs actuels. Non, j’ai eu tout simplement du mal à me passionner pour cette course-poursuite et du mal à croire à cette histoire d’otage. Et puis à quoi ça rime finalement ? Tout le monde va se retrouver à la mine et va se battre pour récupérer le trésor non ?

En fait, le scénario suit un chemin bien balisé et sans réelles surprises. On sait dès le début que Jonas a un passé violent, on sait que dans l’action,  il va s’avérer un adversaire redoutable, on sait qu’il va réussir sa mission, on sait aussi que Rose et lui vont avoir envie de se bécoter. Bref, on sait.

Mais si je considère Undertaker comme un pur divertissement, c’est sans appel : on est dans le haut de gamme. Les couvertures et planches sont  magnifiques, le rythme est soutenu, ça castagne et défouraille pas mal, la pointe d’humour est bien là et et les dialogues sont très bons. Alors d’un autre côté, de quoi je me plains  ?…

album scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Ralph Meyer, édition Dargaud

4 sur 5