Didier, la 5e roue du tracteur

one shot de François Ravard et Pascal Rabaté.

Didier couverture

Didier, 45 ans, agriculteur, breton, tient sa ferme avec sa soeur Soizic. Il n’est pas plus malheureux que ça mais à son age, il s’ennuie et aimerait bien rencontrer une femme pour lui tenir compagnie. Et qui sait rencontrer le grand amour.

Soizic l’a bien compris et à son insu elle l’inscrit sur un site de rencontre. Quitte à maquiller quelque peu la réalité. Et ça marche ! Une certaine « Coquinette » répond rapidement à l’annonce. Un rendez-vous est fixé jeudi au bistrot du patelin.

Une première collaboration qui à mon avis pourrait en appeler bien d’autres tant cette comédie romantique est réussie. Drôle, tendre et légèrement mutine, l’historiette rurale apporte une énorme bouffée de bonne humeur au lecteur qui se souvient des Petits Ruisseaux ou de la Marie en plastique.

Quant au dessin de François Ravard, tout en rondeur, il est simple, beau et très joliment colorisé.

C’est parfait. J’adore.

Didier planche

Un album édité par Futuropolis.

Communistes

One shot
communistes couverture
Dans les années 1970, Pascal grandit au sein d’une famille de militants communistes. Sensibilisé très tôt par ses parents à l’idée de justice sociale, il vit de l’intérieur tout ce qui fait l’essence de la lutte : les manifs, les distributions de tracts, les assemblées générales, le collage d’affiches sauvages, la fête, Pif et l’espoir des lendemains qui chantent. Le communisme, c’est tout cela, et bien plus encore ! De son regard naïf et innocent, il dresse ainsi un inventaire de ces obstinations, de ces rêves, de ce ridicule parfois, de ce dogmatisme souvent, mais aussi de cette réelle camaraderie, de cette générosité débordante et de cet enthousiasme aveugle, écrivant le récit d’une lutte aussi farouche que belle et joyeuse…

Pascal Thivillon nous raconte son enfance heureuse au sein d’une famille militante communiste de la région lyonnaise.

Sans parti pris, sans démago, il dresse simplement le portrait de ses parents et de leurs copains militants de base dans le communisme des années 70.

Un plongée sympatoche dans le passé de la France engagée qui rappellera aux quinquas les bons souvenir de leur jeunesse.

communistes planche

un album édité chez Glénat.

Le signe de l’océan

one shot

N’en déplaise aux abrutis pro-Trump connards climatosceptiques, le réchauffement de la Terre n’est plus de la science fiction mais bien une triste réalité. Perso je suis déjà convaincu qu’il est trop tard, que le monde est perdu et que c’est bien fait pour notre gueule ! Mes (petits) enfants paieront le prix fort de nos conneries .

Sur un dessin à 4 mains du duo Joub/Nicoby, PR Saint-Dizier nous raconte à travers 3 générations de maire, 40 ans d’une petite station balnéaire qui après avoir bétonné son front de mer lutte contre l’avancée inexorable de l’océan.

Une excellente BD validée par le Conservatoire du Littoral qui nous alerte sur l’érosion de nos côtes Atlantique !

A faire lire à tous ceux qui doutent encore…

édité chez Vents d’Ouest.

Presque maintenant

Aussitôt reçu, aussitôt lu, aussitôt apprécié !

Allez hop, je sais maintenant pourquoi la critique est unanime au sujet de Cyril Bonin, c’est un artiste complet. Un vrai. Un de ceux qui savent dessiner, coloriser et raconter la vie. Un pro quoi !

Et quand il nous propose un one shot nous parlant d’un trio amoureux, de notre mode de vie, de notre santé sur fond d’anticipation, on saute dessus et on le dévore.

Simple et beau, l’album se lit d’une traite. Un petit plaisir intense.

Emma G. Wilford

one shot

Emma G. Wilford couverture

Fiancée à Roald Hodges, membre de la National Geographic Society, Emma est sans nouvelles de lui depuis de nombreux mois. Parti en expédition en Norvège à la recherche de vestiges, Roald lui a laissé une lettre à n’ouvrir qu’en cas de malheur. Emma décide de ne pas la lire et se lance pleine d’espoir sur les traces de son homme, persuadée qu’elle est capable de le retrouver.

Joli petit bouquin muni de rabats et de surprises sous forme de goodies. Les jolies planches signées Edith se laissent regarder avec beaucoup de plaisir. Malheureusement pour moi, au bout de quelques pages, j’ai vite compris être à tombé à coté de la plaque tant cette histoire romanesque m’a profondément ennuyé. Au point d’avoir un mal fou à aller jusqu’au bout de ma lecture (et les rabats n’aident pas à le tenir en main)…

Je passe mon tour, je ne suis pas dans la cible. Pourtant avec Zidrou au scénar, j’avais bon espoir…

 

un one shot de Zidrou et Edith. Editions Soleil. Collection Noctambulle.

Je suis un autre

one shot

je suis un autre, couverture

Sylvio et Peppo sont jumeaux et passent leurs vacances ensemble sur une petite île isolée. L’arrivée d’une jeune artiste peintre dans la villa d’à côté va bouleverser leur quotidien. Peppo tombe amoureux d’elle et délaisse rapidement les parties de pêche qu’il avait l’habitude de pratiquer avec son frère. Sylvio n’apprécie guère de se retrouver seul alors que son frère batifole avec cette étrangère.

J’arrête là pour ne spoiler inutilement…

Auteur de très nombreuses série dont – par exemple – Namibia avec Léo au dessin, le scénariste Rodolphe signe ici son premier roman graphique. Un thriller psychologique découpé en 3 chapitres et dessiné par Laurent Gnoni.

Quelques bonnes surprises émaillent ce récit dramatique, la première assez facile à deviner, la suivante beaucoup plus inattendue. Le suspense monte crescendo et les planches tout en bichromie (ou quasiment) bénéficient d’un graphisme épuré mais précis et d’un découpage plutôt élaboré et efficace.

L’ensemble constituant un one shot très agréable à lire.

A découvrir !

 

je suis un autre, planche

un album de Rodolphe (scénario) et Laurent Gnoni (dessin). Editions Soleil.

Ar-Men

L’enfer des enfers

Ar-Men couverture

Nul besoin d’aller au bout du monde quand l’aventure est à côté de chez soi (ou presque). Et l’aventure ici, elle se vit justement à l’ouest de la France, dans ce phare planté au bout de l’ïle de Sein en Bretagne.

L’aventure de la solitude, l’aventure face à la nature, l’aventure face à ses démons…

Surnommé « l’enfer des enfers« , le phare d’Ar-men voit se succéder tous les 15 jours un nouveau binôme de gardiens chargés d’assurer son fonctionnement. C’est au tour de Louis et Germain. Après un gros grain qui a failli leur coûter cher, ils découvrent gravé dans la roche l’histoire de la construction du phare et de Moïzez son premier gardien.

Magnifié par le dessin virtuose d’Emmanuel Lepage, ce magnifique roman graphique nous immerge dans la légende bretonne, sous les coups de boutoir de l’océan Atlantique. 

Comme quasiment à chaque fois avec cet artiste, le résultat est superbe, passionnant et magique !

Ar-Men planche

un album réalisé par Emmanuel Lepage. Edition Futuropolis.

 

Le syndrome de Stendhal

one shot

le syndrome de Stendhal couverture

C’est une excellente surprise en ce qui me concerne car vu le thème abordé, je craignais de tomber sur un truc intello hors de portée.

Alors c’est vrai que les dialogues sont parfois « techniques » mais en cotoyant des professionnels de l’art, il en faut un minimum pour apporter de la crédibilité. Mais ce n’est pas pompeux, c’est juste de l’habillage.

Et puis il y a le personnage central. Atypique. Sympa. Sans doute prédestiné à subir ce fameux syndrome de Stendhal. Pour expliquer rapidement et sans l’aide de Wikipédia, l’ouvrage l’amène et l’explique très bien, c’est quand quelqu’un se retrouve subjugué par une oeuvre d’art. Les symptômes se caractérisent par des accélérations cardiaques, des vertiges voire des hallucinations. Le délire !

Frédéric Delachaise a beau être Duc et s’apprêter à épouser une belle jeune femme issue de bonne famille, il est quand même au chômage et en proie à de grosses difficultés financières. Pole Emploi l’envoie donc sur un poste de gardien de musée au Centre Pompidou de Paris.

Lunaire, rêveur et peu motivé, le jeune homme va peu à peu prendre conscience de la beauté des oeuvres sur lesquelles il doit veiller. Jusqu’au choc total !

Très originale, cette BD est aussi très drôle notamment dans le décalage qu’il existe entre Frédéric et le monde qui l’entoure. Et il y a son chef, Lefian, un ancien militaire devenu responsable de la sécurité. Entre eux, ça ne peut pas coller. Il n’empêche, Fred va malgré tout se faire adopter par son nouvel entourage jusqu’à susciter l’intérêt du conservateur.

Ce qui est sympa aussi, c’est la façon d’illustrer les périodes de délires de Fred qui se démultiplie dans les cases apportant une belle rythmique au récit. C’est vivant, léger, inattendu et très bien réalisé. Les scènes où les tableaux ou autres statues prennent vie impressionnent pas leur réalisme.

En même temps qu’un hommage à l’art, ce one shot est une très belle découverte !

le syndrome de Stendhal planche

un album édité par Glénat (collection 1001 Feuilles), Aurélie Herrou (scénario), Sagar (dessin).

Ramona

one shot
Ramona, couverture
Paul, un adolescent introverti et timide, passe l’été seul au milieu de nulle part, dans sa caravane nichée au creux d’une vallée. Il passe l’essentiel de ses journées à tuer le temps face au panorama. Un jour qui s’annonçait comme tous les autres débarque sans prévenir une jolie brune : elle s’appelle Ramona, mais c’est bien tout ce que Paul arrive à savoir d’elle. Pourtant, elle revient presque tous les jours, et illumine le quotidien monotone et solitaire de Paul. Alors qu’ils se rapprochent, Ramona commence à se comporter de manière de plus en plus étrange…

L’histoire triste d’une rencontre entre deux enfants seuls et perdus est l’occasion pour l’autrice nantaise Naïs Quin de dévoiler ses talents d’illustratrice dans ce copieux one shot de plus de 200 pages.

Très contemplatif, l’album propose peu de bulles à lire et c’est dommage qu’il ne bénéficie pas d’un plus grand format pour profiter des belles planches.

Un premier album encourageant réalisé par une jeune artiste pleine de talents !

Ramona, planche

un album signé Naïs Quin aux éditions Vraoum.

L’automne à Pékin

one shot

l'automne à Pékin couverture

Ce n’est pas le plus connu des romans de Boris Vian mais c’est sans doute celui dont je me souviendrai le mieux. En adaptant cette drôle d’histoire, les frères Brizzi proposent un album original et amusant.

Dans le désert de l’Exopotamie – pays inventé par Vian – la Wacco décide de construire une ligne de chemin de fer. Mais la présence de fouilles archéologiques pose problème. Arrivée presque tous par hasard, une foultitude de personnages se retrouve à l’hôtel de M. Barrizone planté au milieu de nulle part.

Inutile de chercher ici l’automne ou Pékin, seule la préface de David Vian tente d’expliquer la signification de ce curieux titre. L’auteur s’est sans doute amusé à imaginer une histoire burlesque et poétique. On n’y trouve également une histoire d’amour et d’amitié. Le tout teinté d’humour.

La grande force de cette BD réside dans son graphisme qui rappellera aux plus exigeants le trait léché de Jean-Louis Tripp & Régis Loisel dans Magasin Général. La galerie des personnages s’y rapproche également. Les dialogues sont drôles, les situations loufoques, tout ceci étant illustré de grandes et belles planches au trait et à la colo très soignés.

Une BD inattendue, belle et rafraîchissante !

l'automne à Pékin planche

un one shot de Paul et Gaëtan Brizzi d’après le roman de Boris Vian, aux Editions Futuropolis.