Presque maintenant

Aussitôt reçu, aussitôt lu, aussitôt apprécié !

Allez hop, je sais maintenant pourquoi la critique est unanime au sujet de Cyril Bonin, c’est un artiste complet. Un vrai. Un de ceux qui savent dessiner, coloriser et raconter la vie. Un pro quoi !

Et quand il nous propose un one shot nous parlant d’un trio amoureux, de notre mode de vie, de notre santé sur fond d’anticipation, on saute dessus et on le dévore.

Simple et beau, l’album se lit d’une traite. Un petit plaisir intense.

Emma G. Wilford

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Emma G. Wilford couverture

Fiancée à Roald Hodges, membre de la National Geographic Society, Emma est sans nouvelles de lui depuis de nombreux mois. Parti en expédition en Norvège à la recherche de vestiges, Roald lui a laissé une lettre à n’ouvrir qu’en cas de malheur. Emma décide de ne pas la lire et se lance pleine d’espoir sur les traces de son homme, persuadée qu’elle est capable de le retrouver.

Joli petit bouquin muni de rabats et de surprises sous forme de goodies. Les jolies planches signées Edith se laissent regarder avec beaucoup de plaisir. Malheureusement pour moi, au bout de quelques pages, j’ai vite compris être à tombé à coté de la plaque tant cette histoire romanesque m’a profondément ennuyé. Au point d’avoir un mal fou à aller jusqu’au bout de ma lecture (et les rabats n’aident pas à le tenir en main)…

Je passe mon tour, je ne suis pas dans la cible. Pourtant avec Zidrou au scénar, j’avais bon espoir…

 

un one shot de Zidrou et Edith. Editions Soleil. Collection Noctambulle.

Je suis un autre

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je suis un autre, couverture

Sylvio et Peppo sont jumeaux et passent leurs vacances ensemble sur une petite île isolée. L’arrivée d’une jeune artiste peintre dans la villa d’à côté va bouleverser leur quotidien. Peppo tombe amoureux d’elle et délaisse rapidement les parties de pêche qu’il avait l’habitude de pratiquer avec son frère. Sylvio n’apprécie guère de se retrouver seul alors que son frère batifole avec cette étrangère.

J’arrête là pour ne spoiler inutilement…

Auteur de très nombreuses série dont – par exemple – Namibia avec Léo au dessin, le scénariste Rodolphe signe ici son premier roman graphique. Un thriller psychologique découpé en 3 chapitres et dessiné par Laurent Gnoni.

Quelques bonnes surprises émaillent ce récit dramatique, la première assez facile à deviner, la suivante beaucoup plus inattendue. Le suspense monte crescendo et les planches tout en bichromie (ou quasiment) bénéficient d’un graphisme épuré mais précis et d’un découpage plutôt élaboré et efficace.

L’ensemble constituant un one shot très agréable à lire.

A découvrir !

 

je suis un autre, planche

un album de Rodolphe (scénario) et Laurent Gnoni (dessin). Editions Soleil.

Ar-Men

L’enfer des enfers

Ar-Men couverture

Nul besoin d’aller au bout du monde quand l’aventure est à côté de chez soi (ou presque). Et l’aventure ici, elle se vit justement à l’ouest de la France, dans ce phare planté au bout de l’ïle de Sein en Bretagne.

L’aventure de la solitude, l’aventure face à la nature, l’aventure face à ses démons…

Surnommé « l’enfer des enfers« , le phare d’Ar-men voit se succéder tous les 15 jours un nouveau binôme de gardiens chargés d’assurer son fonctionnement. C’est au tour de Louis et Germain. Après un gros grain qui a failli leur coûter cher, ils découvrent gravé dans la roche l’histoire de la construction du phare et de Moïzez son premier gardien.

Magnifié par le dessin virtuose d’Emmanuel Lepage, ce magnifique roman graphique nous immerge dans la légende bretonne, sous les coups de boutoir de l’océan Atlantique. 

Comme quasiment à chaque fois avec cet artiste, le résultat est superbe, passionnant et magique !

Ar-Men planche

un album réalisé par Emmanuel Lepage. Edition Futuropolis.

 

Le syndrome de Stendhal

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le syndrome de Stendhal couverture

C’est une excellente surprise en ce qui me concerne car vu le thème abordé, je craignais de tomber sur un truc intello hors de portée.

Alors c’est vrai que les dialogues sont parfois « techniques » mais en cotoyant des professionnels de l’art, il en faut un minimum pour apporter de la crédibilité. Mais ce n’est pas pompeux, c’est juste de l’habillage.

Et puis il y a le personnage central. Atypique. Sympa. Sans doute prédestiné à subir ce fameux syndrome de Stendhal. Pour expliquer rapidement et sans l’aide de Wikipédia, l’ouvrage l’amène et l’explique très bien, c’est quand quelqu’un se retrouve subjugué par une oeuvre d’art. Les symptômes se caractérisent par des accélérations cardiaques, des vertiges voire des hallucinations. Le délire !

Frédéric Delachaise a beau être Duc et s’apprêter à épouser une belle jeune femme issue de bonne famille, il est quand même au chômage et en proie à de grosses difficultés financières. Pole Emploi l’envoie donc sur un poste de gardien de musée au Centre Pompidou de Paris.

Lunaire, rêveur et peu motivé, le jeune homme va peu à peu prendre conscience de la beauté des oeuvres sur lesquelles il doit veiller. Jusqu’au choc total !

Très originale, cette BD est aussi très drôle notamment dans le décalage qu’il existe entre Frédéric et le monde qui l’entoure. Et il y a son chef, Lefian, un ancien militaire devenu responsable de la sécurité. Entre eux, ça ne peut pas coller. Il n’empêche, Fred va malgré tout se faire adopter par son nouvel entourage jusqu’à susciter l’intérêt du conservateur.

Ce qui est sympa aussi, c’est la façon d’illustrer les périodes de délires de Fred qui se démultiplie dans les cases apportant une belle rythmique au récit. C’est vivant, léger, inattendu et très bien réalisé. Les scènes où les tableaux ou autres statues prennent vie impressionnent pas leur réalisme.

En même temps qu’un hommage à l’art, ce one shot est une très belle découverte !

le syndrome de Stendhal planche

un album édité par Glénat (collection 1001 Feuilles), Aurélie Herrou (scénario), Sagar (dessin).

Ramona

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Ramona, couverture
Paul, un adolescent introverti et timide, passe l’été seul au milieu de nulle part, dans sa caravane nichée au creux d’une vallée. Il passe l’essentiel de ses journées à tuer le temps face au panorama. Un jour qui s’annonçait comme tous les autres débarque sans prévenir une jolie brune : elle s’appelle Ramona, mais c’est bien tout ce que Paul arrive à savoir d’elle. Pourtant, elle revient presque tous les jours, et illumine le quotidien monotone et solitaire de Paul. Alors qu’ils se rapprochent, Ramona commence à se comporter de manière de plus en plus étrange…

L’histoire triste d’une rencontre entre deux enfants seuls et perdus est l’occasion pour l’autrice nantaise Naïs Quin de dévoiler ses talents d’illustratrice dans ce copieux one shot de plus de 200 pages.

Très contemplatif, l’album propose peu de bulles à lire et c’est dommage qu’il ne bénéficie pas d’un plus grand format pour profiter des belles planches.

Un premier album encourageant réalisé par une jeune artiste pleine de talents !

Ramona, planche

un album signé Naïs Quin aux éditions Vraoum.

L’automne à Pékin

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l'automne à Pékin couverture

Ce n’est pas le plus connu des romans de Boris Vian mais c’est sans doute celui dont je me souviendrai le mieux. En adaptant cette drôle d’histoire, les frères Brizzi proposent un album original et amusant.

Dans le désert de l’Exopotamie – pays inventé par Vian – la Wacco décide de construire une ligne de chemin de fer. Mais la présence de fouilles archéologiques pose problème. Arrivée presque tous par hasard, une foultitude de personnages se retrouve à l’hôtel de M. Barrizone planté au milieu de nulle part.

Inutile de chercher ici l’automne ou Pékin, seule la préface de David Vian tente d’expliquer la signification de ce curieux titre. L’auteur s’est sans doute amusé à imaginer une histoire burlesque et poétique. On n’y trouve également une histoire d’amour et d’amitié. Le tout teinté d’humour.

La grande force de cette BD réside dans son graphisme qui rappellera aux plus exigeants le trait léché de Jean-Louis Tripp & Régis Loisel dans Magasin Général. La galerie des personnages s’y rapproche également. Les dialogues sont drôles, les situations loufoques, tout ceci étant illustré de grandes et belles planches au trait et à la colo très soignés.

Une BD inattendue, belle et rafraîchissante !

l'automne à Pékin planche

un one shot de Paul et Gaëtan Brizzi d’après le roman de Boris Vian, aux Editions Futuropolis.

Mattéo, tome 4

4ème époque (Août-Septembre 1936)

Mattéo tome 4 couverture

Après avoir fuit Collioure et la Gendarmerie Française, Mattéo l’anarchiste, Robert le communiste et Amélie débarquent en Espagne. Ils arrivent à Barcelone avec un stock d’armes pour les républicains. La situation est compliquée aussi Mattéo et Amélie décident de rejoindre le groupe armé qui tente de reprendre le village d’Alcetria. Sur place, le jeune homme est contraint de prendre la tête d’un petit groupe mal équipé pour remplir la mission. Robert ne les a pas suivi et Mattéo va rencontrer la sautillante Enaxchia

C’est du Gibrat pur jus donc pas de mauvaise surprise, les planches magnifiques sont là, les couleurs pastel qui vont avec. Le résultat attendu est bien là : un album superbe !

La guerre est là avec son lot de morts et de drames mais dans ce 4ème opus, c’est surtout le calme buccolique qui l’emporte, Mattéo flirte avec une blondinette, Amélie avec un aviateur anglais tout en se rendant utile à soigner les blessés que l’on ne voit quasiment jamais. La vie s’écoule pèpère sans que l’on ne s’ennuie jamais.

Avant-dernier tome de la série, le plaisir de retrouver l’histoire de Mattéo reste intact.

matteo tome 4 planche

un quatrième épisode signé Jean-Pierre Gibrat aux éditions Futuropolis.

4 sur 5

Les reflets changeants

un très beau one shot émouvant
les reflets changeants couverture
Nice, en plein mois de juillet. Elsa, la vingtaine, oscille entre deux hommes. L’un ne lui convient probablement plus, l’autre lui fait encore un peu peur. Jean, 50 ans, voyageur frustré, est conducteur de train. Il est forcé de rester à terre pour s’occuper d’Alda, sa fille, arrivée un peu trop vite dans sa vie, suite à une passade amoureuse. Du haut de ses 80 ans, Emile, devenu sourd pendant la guerre d’Algérie, supporte de moins en moins le silence dans lequel il est enfermé. Trois personnages qui ne se connaissent pas, mais qui vont se croiser cet été-là… Une rencontre qui ne les laissera pas indemnes.

EM-BAL-Lé ! Voila c’est le mot qui caractérise le mieux mon sentiment en refermant cet excellent roman graphique de près de 200 pages.

Pour son premier album, Aude Mermilliot a reçu le prix de la Fondation Raymond Leblanc de la jeune création et elle m’impressionne par la sensibilité qu’elle fait passer dans ses planches.

Le trait est lisible et agréable, il ressemble beaucoup à celui de Christian Durieux dans les Gens Honnêtes chez @EditionsDupuis. Le ton est également du même tonneau.

On se retrouve donc au milieu d’un trio de personnages qui ont chacun une histoire à raconter, de la plus légère (Elsa) à la plus dramatique (Emile). Leurs destins vont se croiser.

C’est très bien raconté, le tempo est bon, les planches simples et agréables à l’oeil. Certaines scènes poignantes m’ont presque mis la larme à l’oeil mais comme je suis un grand garçon je me suis retenu…

Moi qui aime bien les histoires sur les gens, je suis servi. Merci Aude !

Et pour la petite histoire, l’auteuse est également voyageuse et bloggeuse.

un album signé Aude Mermilliot aux éditions Le Lombard.

coup de coeur

La Dame de Fer

(un excellent !) One shot
la Dame de fer couverture
À la mort de Margaret Thatcher, trois amis d’enfance se retrouvent et décident de lutter contre la morosité économique que la politique de la « Dame de fer » a fait peser pendant des années sur leur petite ville côtière du sud de l’Angleterre. Ils ont pris de la bouteille mais c’est aujourd’hui l’âge de la revanche. Tournée générale ! Celle des pintes de bières et celle des souvenirs … et faire une chevauchée sur la Norton Manx, autre dame de fer, une moto de légende…

Après l’excellent London Calling paru il y a 10 ans, Futuropolis revient au roman graphique d’outre manche avec ce one shot signé Béa et Michel Constant.

Entre flashback et temps réel, on y suit les retrouvailles entre Owen, Donald et Abby. Le premier s’emmerde dans son job de taximan à Londres, le second tient un pub et la troisième travaille dans la pub !

A la mort de Margaret Tatcher alias la Dame de Fer, qui provoque ici un élan de joie, Donald convie donc ses plus chers amis qui s’étaient perdu de vue pour un week end prolongé à Kingston la petite ville du bord de mer au sud de l’Angleterre où ils ont passé leur jeunesse.

Alors on ne sait pas trop le pourquoi du comment mais peu importe avec les flashbacks on connait grosso modo leur histoire. Le trio a partagé une jeunesse heureuse ensemble jusqu’à ce que chacun prenne la route de son côté. Leur amitié est solide et leurs retrouvailles font plaisir à voir.

Vu la tournure des événements je craignais une fin tragique. Heureusement, il n’en est rien et c’eut été dommage de gâcher cet excellent moment passé avec ce joyeux trio.

La ligne claire du dessin et les couleurs lumineuses concourent à la réussite de ce petit moment de bonheur.

Un album vraiment très sympa !

La Dame de Fer planche

un album de Béa et Michel Constant chez Futuropolis.

4 sur 5