Evil Empire tome 1 – Nous, le peuple

evil empire tome 1 couverture
Reese est une rappeuse politiquement engagée, très virulente à l’égard de la campagne électorale en cours aux USA. Lors d’un concert, l’un des principaux candidats, Sam Duggins, vient lui rendre visite dans sa loge. En sympathisant avec elle, cet habile politicien espère secrètement pouvoir tirer profit de son public, et, pourquoi pas, s’assurer le soutien de la chanteuse. Le pays se retrouve alors déchiré dans un débat sur le sens du bien et du mal. Reese doit faire quelque chose si elle ne veut pas que le peuple américain se mette à soutenir les idées d’un homme fou…

Je lis peu de comics et je sais pourquoi : je ne les apprécie qu’à petite dose tant je désespère de constater combien les américains sont obsédés par la violence. Ca doit être génétique c’est pas possible. Ou bien je les choisis pour ça, je me demande aussi.

Bref, la couverture me plait beaucoup en tout cas, les crocs de l’oncle Sam qui nous veut (« we want you ! ») sont effrayants au possible et promet sur le papier quelque chose de terrible. Et on n’est pas déçu ! Nous sommes en pleine campagne pour les élections présidentielles américaines. Deux candidats s’affrontent : d’un côté le réformiste démocrate Sam Dungins, beau gosse plutôt cool qui présente bien, de l’autre Kenneth Laramy, l’homme, le vrai, qui prône le retour des vraies valeurs qui ont fait la grandeur de l’Amérique. Et ce dernier fait d’emblée très fort en avouant le meurtre de sa femme qui soi-disant martyrisait leur fille unique. Procès, coupable, prison, peu importe : le mal est fait et sa façon d’invoquer légalement la loi du talion se répand comme une traînée de poudre. « Il a raison ! Qu’est ce qui m’empêche de flinguer mon voisin, ce con,  qui passe la tondeuse pendant ma sieste ! ». Justice pour tous, oeil pour oeil, dent pour dent.

Ca fait peur car on imagine très bien que cette idée puisse faire son apparition dans les années qui viennent. Je verrai assez bien une grande gueule comme Donald Trump (BeuuAaah !) proposer le concept à ses chers concitoyens. Vous savez ceux qui apprennent à leurs enfants à tirer à la sulfateuse le dimanche à la campagne et qui sont fiers de se balader un colt à la ceinture en faisant leur course ou en allant à la messe.

Bref, cet album sonne comme un avertissement.

Graphiquement, c’est propre et bien fait, les planches sont chouettes – un peu trop flashy à mon goût – quelquefois spectaculaires surtout dans la première partie dessinée par Ransom Getty. J’aime moins la seconde signée Andrea Mutti, pourtant moins comics, plus franco-belge. Allez comprendre…

evil empire tome 1 planche

un album scénarisé par Max Bemis, dessiné par Ransom Getty et Andréa Mutti, édition Glenat Comics.

3 sur 5