Rio – tome 2

Les Yeux de la Favela

Rio tome 2 couverture

10 ans ont passé depuis la mort d’Alma. Certains gosses des rues sont devenus de vrais caïds, d’autres ont eu la chance d’avoir trouvé une famille d’accueil.

C’est le cas de Rubeus et Nina qui ont été accueillis par Carolyn et John White, un couple de riches américains. Autant la jeune fille s’est pleinement accommodée de cette nouvelle vie confortable, autant le jeune garçon n’a pas oublié d’où il vient. Alors les conflits avec son père adoptif sont fréquents. Lui qui, sous des allures de bienfaiteur sous le couvert d’une ONG, pourrait bien être un vrai salopard d’ailleurs. L’avenir nous le dira. Pour l’heure, le père continue son business bien incompatible avec les velléités de justice du fils.

Mais l’enlèvement de Nina par le gang de Mozar va mettre la famille et la police dans tous ses états. A moins que ça ne soit un plan tordu des autorités visant à faire le ménage dans les favelas de Rio…

Toujours aussi cash le propos ! Louise Garcia ne met pas de gants pour raconter des scènes très violentes où les morts sont nombreux. Et Corentin Rouge les met en scène efficacement d’un trait sûr et vif. Entre Bouboule (Minautoro), Joey Star (Mozar si si il lui ressemble je trouve, voir la planche ci-dessous) et les flics, on ne se fait pas de cadeaux. Bref, ça bastonne sévère dans les ruelles crasseuses.

Mais pas qu’ici. A Rio, la violence est partout et quand une bande pillards débarque sur la plage où bronzent les bourgeois, les arrestations sont plutôt musclées.

Loin des clichés de carte postale, venez vous aussi vous balader à Rio, vous verrez on ne s’ennuie pas une seconde.

Rio tome 2 planche

un album signé Louise Garcia et Corentin Rouge. Editions Glénat.

4 sur 5

Rio – tome 1

Dieu pour tous

Rio tome 1 couverture

Je crois qu’on le sait tous maintenant: Rio de Janeiro ce n’est pas seulement Copacabana, la plage, le soleil et les beaux corps bronzés. Rio c’est aussi la corruption, les inégalités sociales (comme partout d’ailleurs), la misère, la drogue, la violence et les favelas.

Et c’est bien dans celles-ci que l’on débarque dès les premières pages. Le jeune Rubeus rentre chez lui au moment où sa mère se fait flinguer de sang froid par son amant régulier. Un flic en plus. Menacé de mort lui aussi, le jeune garçon arrive néanmoins à lui filer entre les pattes et à récupérer Nina sa petite sœur qui ne sait rien du drame qui vient de se passer. Dès lors les deux orphelins n’ont guère de choix et se joignent à une bande de petites frappes qui vivent de larcins dans la rue. La vie de Rubeus et  Nina n’était déjà pas toute rose, elle va virer au cauchemar, coincés entre les gangs, les flics et les brigades de la mort. Mais il se pourrait qu’un espoir subsiste pour peu qu’ils aient un peu de chance…

Il m’a franchement beaucoup plu ce premier tome, c’est une histoire écrite par une brésilienne qui semble connaître son sujet et sait en parler. Son scénario est d’une fluidité exemplaire et le propos change de l’ordinaire.

Le style graphique est assez proche de celui de François Boucq, ce qui est à mon sens très flatteur. Et c’est, porté par le trait vif et réaliste du dessinateur de Milan K, que l’on vibre rapidement pour ce récit vitaminé et touchant qui nous emmène pour le coup vraiment au coeur des favelas.

Prévu en 4 tomes, ce démarrage fait figure de témoignage et augure une série prometteuse.

Rio tome 1 planche

un album signé Louise Garcia (scénario) et Corentin Rouge (dessin et couleurs), éditions Glénat.

4 sur 5