Pataquès : l’humour qui prend aux strips

Pataquès - Nouvelle collection humour des éditions DelcourtCet été sont sortis des usines Delcourt les premiers albums de la collection Pataquès dirigée par l’excellent James (présentée ), auteur très apprécié sur BDouebe pour  Amour, Passion et CX Diesel et Dans mon Open Space.

Le concept porte sur je cite : « un humour contemporain, des formes courtes et un esprit d’équipe. »

Je me demande surtout si ce n’est pas l’occasion offert à une bande de potes de se lâcher et de se marrer.

J’ai eu la chance de lire les premiers.

A commencer par Pan ! T’es mort ! de Terreur Graphique et Guillaume Guerse. Un petit bouquin tout carré d’une centaine de pages au format gaufrier reposant sur le principe « d’un mort minimum par gag ». Certains déchirent vraiment, d’autres pas du tout et certains un peu. J’aime bien le côté gore et décalé que je rangerai volontiers à côté de Grotesk  d’Olivier Texier ou de Macadam Valley de Ben Dessy.

On change de registre avec le loufoque, original et très contemporain Team Melluche d’Hervé Bourhis, un autre auteur que j’aime bien aussi (Naguère les étoiles, la main verte ou le Teckel). Scénariste, dessinateur, illustrateur, il sait tout faire et nous offre dans le même format que précédemment une virée chez les hipsters millénials macronistes. Je ne résiste pas à vous citer le pitch de l’éditeur qui vaut son pesant de quinoa : « Dans une ambiance de co-working à la campagne, de jeunes étudiants vont brainstormer en mini-teams de trois pour trouver des concepts novateurs au service de leur champion, Prez Macron. Marie-Tajine, Chislain et Luc-Cinpa, après avoir découvert Mélenchon sur Internet montent une Team Méluche pour synergiser les Insoumis avec les Walkers, une sorte de dusion-acquisition pour uberiser le chavisme. »

Moi non plus je n’ai rien compris et j’ai envie de mettre des baffes à tous ces parisiens cons qui m’énervent mais Hervé parvient à me faire rire avec cet espèce de vide inter sédéral que vivent certains de nos contemporains.

Après cette bonne mise en bouche, on passe aux choses sérieuses avec Amour, Djihad & RTT de Marc Dubuisson. Curieusement, on abandonne le format carré mais on s’en fout, on est entre potes et on fait ce qu’on veut. C’est celui qui m’a fait le plus marrer, rien que la couv’ est hilarante. Si le dessin minimaliste est parfaitement suffisant, je me demande si James n’a pas « oublié » de mettre son nom à l’affiche tant on sent son influence dans les dialogues, le sens de la répartie et l’ambiance « bureau » qu’il dépeint si bien dans son Open Space. Ce 3ème opus est en tout cas mon préféré pour le moment.

Et ce n’est pas les Aventuriers du Mekong qui va bousculer mon classement. Si Guillaume Guerse et Marc Pichelin nous envoient au Laos dans la version potache d’une aventure de Spirou et Fantasio, le comique de répétition a fini par m’ennuyer malgré quelques bons passages et un graphisme que j’aime bien. L’idée est d’emmener deux bons vieux losers au Laos persuadés qu’ils vont ramener un docu-BD que les éditeurs vont s’arracher.

J’attends les prochains albums de cette belle collection.

Pataquès - Nouvelle collection humour des éditions Delcourt

Les cavaliers de l’apocadispe – tome 1

les cavaliers de l’apocadispe maîtrisent la situation

les cavaliers de l'apocadispe couverture

Première bonne nouvelle, bien que paru dans l’hebdo Spirou et classé dans la catégorie jeunesse par les librairies BD (à la Fnouc par exemple), cet album n’est pas destiné qu’aux chtites nenfants. Même les vieux cons bédéphiles comme moi peuvent le lire. Et ouai !

Deuxième bonne nouvelle (et je viens tout juste de m’en apercevoir) c’est un tome 1. Alors à moins que ça ne tombe aux oubliettes comme trop souvent (moins en ce moment non ?), on devrait avoir la chance d’avoir une suite. Et si possible aussi bonne hein ^^

Je suis très content car je retrouve ici l’humour loufoque, déjanté et hilarant de Libon déjà à l’oeuvre dans les 2 tomes de Hector Kanon (un must !), Jacques le petit Lézard ou l’excellente série Animal Lecteur (à lire chaque semaine un extrait dans les meilleures ventes du site BDzoom) où l’auteur se met dans la peau d’un (pauvre) libraire BD.

Comme d’hab’ je vais faire court : achetez les yeux fermés, lisez et marrez-vous ! Je vais même le mettre dans mes coups de coeur tiens !

J’oubliais : c’est l’histoire d’un trio de branleurs d’écoliers qui ne font que des conneries mais ils le font bien… ^^

les cavaliers de l'apocadispe planche

un album drôlissime édité chez Dupuis.

coup de coeur

Dickie au musée

Dickie au muséeOn a tous vu un jour ou l’autre un dessin ou une planche de Dickie. Tout le monde ou presque connait ce petit paysan rondouillard qui a la fâcheuse habitude de saboter tout ce qu’il touche.

Pieter de Poortere, auteur néerlandophone n’hésite pas à le faire entrer au musée dans ce cinquième album. Pas en tant qu’artiste ou modèle mais en tant qu’éléphant dans un magasin de porcelaine !

Le trait rond, les couleurs vives, l’absence de bulles composent un cocktail idéal pour l’humour absurde, décalé et parfois un peu trash de Dickie.

Les gags sont inégaux mais certains m’ont quand même bien fait marrer. Revisiter certains classiques de l’art avec Dickie se transforme en un moment de joyeuse détente.

un album édité par Glénat.

Dickie au musée

Notes – tome 11

Il revient à peu près tous les ans avec un nouveau tome de Notes, Boulet le bloggueur le plus célèbre de la planète BD est à l’affiche de ce tome 11 paru au mois de mai.

Sous forme d’historiettes, il disserte au gré des ses pensées sur des thèmes aussi variés que le fonctionnement de notre cerveau, les pénibles séances de dédicaces, ses voyages à l’étranger ou dans la rue, les problèmes de tous les jours et les contes de fées.

Bref tout ce qui lui passe par la tête nous donne l’occasion de réfléchir, apprendre, se souvenir, philosopher, se moquer (un peu) et surtout de se marrer !

Intelligent, fin observateur, soucieux des détails, curieux, doté d’une imagination fertile, d’un solide esprit d’auto-dérision et d’un humour mordant, Boulet est le témoin de notre époque qu’il parcourt plein de curiosité

comme d’hab, un nouvel opus sympatoche !

Le guide du mauvais père – tome 4

c’est dommage qu’il ne  voyage plus Guy Delisle, j’aimais beaucoup ces trop rares BD issus de ses différents périples. Que ce soit en Israël (Chroniques de Jérusalem), en Birmanie (Chroniques birmanes) , Shenzen ou Pyongyang, ces chroniques me manquent un peu.

Alors en attendant une destination plus exotique, l’aventure est au coin de la rue comme on dit ou plutôt à la maison. Et il s’intéresse donc à sa jeune progéniture. Ses enfants quoi.

C’est drôle, tendre, bien vu et chaque père retrouvera dans ces saynètes la vraie vie, celle de tous les jours, celle que finalement on aime quand on a la chance d’être heureux en famille.

Naguère les étoiles – tome 5

Avant naguère

Naguère les étoiles tome 5 couverture

Décidément, je ne suis pas super gâté pour ma lecture dominicale car après le pénible Emma G. Wildford, voici le retour de Naguère les étoiles moyennement en forme.

J’avais adoré les 3 premiers tomes très drôles, loupé le tome 4 on se demande comment, mais là ce tome 5 est peut-être le moins bon.

Ok j’ai volontiers souris à certains gags mais plus la lecture avance plus j’ai l’impression que les auteurs sont à cours d’idées et peinent à en voir le bout.  Au point de se poser carrément la question dans le gag 46…

Je vais aller chercher le tome 4 histoire de compléter ma collec’ en espérant qu’il soit meilleur. Très déçu je suis…

Pour finir, ne vous fiez pas à cette maudite chronique qui noircit le tableau, la série Naguère les étoiles est ce qui se fait de mieux dans la parodie de Star Wars. Si vous aimez le concept, il y a aussi les excellents bouquins de Thierry Vivien tels que Yodablog et la revanche du retour et consorts.

Et plus largement, je recommande tous les titres de la collection Shampooing chez Delcourt qui sont quasiment toujours gage de bonnes BD d’humour qu’on aime lire et relire…

Naguère les étoiles tome 5 planche

un album signé Hervé Bourhis (scénario) et Rudy Spiessert (graphisme). Editions Delcourt.

Monkey Bizness – tome 3

La banane du futur

Monkey Bizness tome 3 couverture

C’est reparti pour un tour mais d’après Ankama, ce sera le dernier tome, Shit !

Fuyant une embrouille qui promet de mal tourner, Hammerfist et Jack Mandrill se retrouvent embarqués dans la fusée de Ramos qui les fait revenir dans les années 80. Une époque maudite où ce sont les humains qui dirigent encore le monde. Séparés à leur arrivée, l’un finit dans un laboratoire d’expérimentation et profite du traitement de faveur accordé aux sujets brillants, l’autre s’accoquine d’un groupe de babas cool vaguement déjantés et super défoncés qui lui promettent quelques belles actions d’éclat. C’est plutôt que la gravosse du groupe a surtout chaud aux fesses que Jack leur colle aux basques.

Ca fait plaisir de les retrouver les deux loustics. Avec eux, on ne s’ennuie jamais et on se marre toujours , les baffes dans la tronche et la picole ne sont jamais loin. Peur de rien et accro aux plaisirs de la vie, Jack et Hammer en font des caisses et ne se laissent jamais emmerder par qui que ce soit. Mais va quand même bien falloir rentrer à la maison. Un retour qui offre d’excellents moments de lecture.

Un peu scato, un peu gore, un peu dégueu, un peu pornawak, Monkey Bizness avec ce 3ème et dernier tome ravira  – tout autant que les précédentsles amateurs de grosse déconne qui n’ont pas peur de l’humour qui tâche.

Ne vous laissez pas impressionner par le graphisme tordu du street artist Pozla et plongez dans la grosse déconnade orchestrée par Eldiablo !

Encore un titre du Label 619 qui envoie du lourd !

Monkey Bizness tome 3 planche

scénario : Eldiablo, dessin : Pozla, couleurs : Miaw & Pozla. Label 619 Ankama editions.

Le voile noir

one shot

le voile noir couverture

Pourquoi de ne pas parler de l’actualité tragique et brûlante sur le ton de l’humour ?

C’est le choix assumé de la scénariste Dodo et je trouve que c’est une approche idéale pour parler d’un sujet qui fâche et esquisser le quotidien de ceux partis faire le djihad.

Gina travaille pour une association humanitaire et apprend avec effroi que Pauline la filleule de sa tante est partie en Syrakie se mettre au service du Grand khalifat. N’ayant peur de rien, elle part en chasse d’un recruteur sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour une candidate.

Cette « formalité » remplie, Gina rejoint la zone où elle espère retrouver Pauline pour la ramener en France. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que tantine lui a emboîté le pas en se faisant passer pour un homme.

La comédie est amusante et le dessin de Cha – que je n’avais pas eu le plaisir de revoir depuis Pizza Roadtrip – se prête très bien à cette farce. Le personnage de la Tante est impayable.

Si vous cherchez un moyen d’évoquer le sujet avec vos ados (par exemple), offrez-leur le voile noir, ça devrait leur plaire et vous donnera l’occasion d’en discuter avec eux au cours du souper…

le voile noir planche

un album signé Cha (dessin) et Dodo (scénario). Editions Casterman.

L’extraordinaire voyage du fakir qui…

…était resté coincé dans une armoire Ikéa.
fakir ikéa couverture
Voici Ajatashatru Lavash Patel – à prononcer « j’arrache ta charrue » ou « achète un chat roux ». Vous pouvez aussi dire Aja. Profession : fakir, escroc. Fraîchement débarqué à Paris, notre fakir file direction Ikéa pour y acheter un lit à clous repéré en soldes sur le catalogue. Une course en apparence toute simple mais qui va se transformer en véritable aventure. Enfermé par erreur dans une armoire et expédié en Angleterre (puis en Espagne, Italie, Liban…), le fakir va découvrir malgré lui le quotidien des migrants, ballotés de frontières en frontières. Poursuivi par la police des frontières, par le taxi qu’il a arnaqué brillamment à son arrivé à Paris, Aja va devoir user de tout son génie pour se sortir de ce guêpier.

Pour les béotiens comme moi, je pense que le titre et la couv’ du fakir n’invite pas forcément à la lecture. Et à fortiori en langage bandes dessinées. Au premier abord ça ressemble à une grosse farce.

Renseignements pris (et l’ayant lu of course), il s’agit pourtant de l’adaptation d’un roman au succès planétaire de Romain Puertolas qui s’est vendu à 500 000 exemplaires et a été traduit dans le monde entier (source). Rien que ça !

Le cinéma aussi s’y intéresse : le film réalisé par Ken Scott sortira en 2018 avec Bérénice Bejo et Laurent Lafitte.

Ce n’est donc pas un hasard si c’est l’immense Zidrou qui se colle au scénario de cette adaptation BD.

Résultat : derrière la farce se dessine une petite virée au pays des migrants pas aussi drôle que ça. Les pauvres sont baladés de pays en pays, preuve que l’équation est complexe et que derrière les beaux discours se cache une triste vérité. L’art de déplacer les problèmes.

Un sujet grave et d’actualité traité sur le ton de la plaisanterie qui nous offre une récréation distrayante.

Du coup, je lirai bien le bouquin pour voir ce que ça donne…

fakir ikéa planche

un album signé Zidrou (scénario) et Kyung Eun Park (dessin). Editions Jungle.

J’peux pas, j’ai sabre laser

Episode 1
j'peux pas j'ai sabre laser
La Sport Saber League est tout simplement la première école française de combat au sabre laser ! L’idée vient de Manon et Adrien qui « trouvait ça cool de se lancer dans ce projet un eu fou » ! Nathan les rejoint ans l’aventure et c’est ainsi qu’en Septembre 2015 le premier cours de sabre laser fut donné ! Deux ans plus tard la Sport Saber League compte plus de 300 adhérents et s’apprête à organiser les premiers championnats du monde de combat au sabre laser !

Pas grand chose à raconter sur ce petit bouquin vaguement drôle qui m’a l’air de s’adresser surtout aux fans de l’univers Star Wars tendance urban geek. Le dessin est simple et sympa, mais on n’est loin des éclats de rire.

Dans le même genre, je préfère lire et relire l’excellente série Naguère les étoiles de Hervé Bourhis et Rudy Spiessert chez Delcourt (tome 5 à paraître) ou Yodablog et La revanche du retour… de Thierry Vivien chez Jungle.

j'peux pas j'ai sabre laser planche

un album signé Adrien Koch, Allan Barte & Nathan Storoge aux éditions Jungle.