L’extraordinaire voyage du fakir qui…

…était resté coincé dans une armoire Ikéa.
fakir ikéa couverture
Voici Ajatashatru Lavash Patel – à prononcer « j’arrache ta charrue » ou « achète un chat roux ». Vous pouvez aussi dire Aja. Profession : fakir, escroc. Fraîchement débarqué à Paris, notre fakir file direction Ikéa pour y acheter un lit à clous repéré en soldes sur le catalogue. Une course en apparence toute simple mais qui va se transformer en véritable aventure. Enfermé par erreur dans une armoire et expédié en Angleterre (puis en Espagne, Italie, Liban…), le fakir va découvrir malgré lui le quotidien des migrants, ballotés de frontières en frontières. Poursuivi par la police des frontières, par le taxi qu’il a arnaqué brillamment à son arrivé à Paris, Aja va devoir user de tout son génie pour se sortir de ce guêpier.

Pour les béotiens comme moi, je pense que le titre et la couv’ du fakir n’invite pas forcément à la lecture. Et à fortiori en langage bandes dessinées. Au premier abord ça ressemble à une grosse farce.

Renseignements pris (et l’ayant lu of course), il s’agit pourtant de l’adaptation d’un roman au succès planétaire de Romain Puertolas qui s’est vendu à 500 000 exemplaires et a été traduit dans le monde entier (source). Rien que ça !

Le cinéma aussi s’y intéresse : le film réalisé par Ken Scott sortira en 2018 avec Bérénice Bejo et Laurent Lafitte.

Ce n’est donc pas un hasard si c’est l’immense Zidrou qui se colle au scénario de cette adaptation BD.

Résultat : derrière la farce se dessine une petite virée au pays des migrants pas aussi drôle que ça. Les pauvres sont baladés de pays en pays, preuve que l’équation est complexe et que derrière les beaux discours se cache une triste vérité. L’art de déplacer les problèmes.

Un sujet grave et d’actualité traité sur le ton de la plaisanterie qui nous offre une récréation distrayante.

Du coup, je lirai bien le bouquin pour voir ce que ça donne…

fakir ikéa planche

un album signé Zidrou (scénario) et Kyung Eun Park (dessin). Editions Jungle.

J’peux pas, j’ai sabre laser

Episode 1
j'peux pas j'ai sabre laser
La Sport Saber League est tout simplement la première école française de combat au sabre laser ! L’idée vient de Manon et Adrien qui « trouvait ça cool de se lancer dans ce projet un eu fou » ! Nathan les rejoint ans l’aventure et c’est ainsi qu’en Septembre 2015 le premier cours de sabre laser fut donné ! Deux ans plus tard la Sport Saber League compte plus de 300 adhérents et s’apprête à organiser les premiers championnats du monde de combat au sabre laser !

Pas grand chose à raconter sur ce petit bouquin vaguement drôle qui m’a l’air de s’adresser surtout aux fans de l’univers Star Wars tendance urban geek. Le dessin est simple et sympa, mais on n’est loin des éclats de rire.

Dans le même genre, je préfère lire et relire l’excellente série Naguère les étoiles de Hervé Bourhis et Rudy Spiessert chez Delcourt (tome 5 à paraître) ou Yodablog et La revanche du retour… de Thierry Vivien chez Jungle.

j'peux pas j'ai sabre laser planche

un album signé Adrien Koch, Allan Barte & Nathan Storoge aux éditions Jungle.

Les Profs – tome 20

Lycée Boulard

les profs tome 20 couverture

Je l’aime bien ce tome 20. De tous ceux que j’ai lu, c’est le seul qui déroule une histoire complète et pas une série de gags en une planche. Et je trouve que ce format passe bien.

Erroc imagine le putsch du pire cancre du lycée qui réussit le tour de force de s’imposer comme le premier élève devenu proviseur. A tel point qu’il parvient même à renommer l’établissement à son nom.

Certains profs sont pour, d’autres contre. Comme la prof d’anglais transformée en molosse qui m’a bien fait marrer.

Egratignant sérieusement la ministre de l’Education Nationale qu’il caricature sévèrement, Erroc propose un album très amusant et bien servi par le trait impeccable de Simon Léturgie.

Un bon cru !

les profs tome 20 planche

un 20ème tome scénarisé par Erroc et dessiné par Simon Léturgie, couleurs de Jacqueline Guenard. Editions Bamboo.

Relectures de l’été 2017

petit article écrit en aout 2017 mais j'avais oublié de le poster...

Comme tous les étés, les sorties BD sont rares et c’est le bon moment pour faire du tri dans ses étagères. On ressort les trucs qu’on a pas lu depuis un moment.

Cet été 2017 est l’occasion pour moi de vider toute ma biblio pour ne garder que les séries et albums que je vais relire. Le reste va aller attendre sagement au grenier bien au chaud dans les cartons du déménagement. Et au fur et à mesure, je ferai les rotations qui vont bien. Plus facile à dire qu’à faire car les nouveautés de la rentrée commencent à débarquer.

diptyque 22

excellent polar dans le vif du sujet, dommage qu’il n’y ait pas de suite, le cliffhanger est redoutable. Histoires croisées, plongée dans le quotidien pas toujours glorieux des Bleus et de la BRB. Il y a largement la matière pour en écrire d’autres. Ce genre de récit me passionne.

Amour, passion et CX diesel

un monument de la BD d’humour dans le style absurde et une époque rétro ahhh les seventies … des pointures du 9ème art à la baguette de 3 tomes délicieux ! Un incontournable pour se gondoler !

Bouncer

un classique au scénario quelques fois assez confus (Jodorowsky) mais un dessin redoutable d’efficacité (F. Boucq). Bon premier diptyque avec une histoire sordide (la mère et ses fils), toujours un peu tourné vers le cul (Jodo faut aimer et s’accrocher parfois). Je trouve le second cycle (tomes 3, 4 & 5) moins bon à cause d’un scénario un peu bancal dans ses enchaînements et ses coïncidences. Et on sent bien la patte de Jodo toujours à la limite du graveleux. Le 3ème cycle (tomes 6 & 7) met le Bouncer face à deux jumelles vénéneuses pas piqué des hannetons et un fou-furieux qui se balade une hache plantée en travers de la tronche. Il fallait oser, je trouve ça terrible ! Le dernier cycle en date (tomes 8 & 9) m’a bien plu aussi, le Bouncer têtu comme une mule se met en chasse d’un salopard qu’il compte bien « extraire » d’une prison coupe-gorge pour le faire juger. Y’a deux ou trois scènes incroyables comme le combat avec l’ours ! Dans l’ensemble c’est une bonne série qu’il faut avoir lu au moins une fois.

Mégabras

pas le meilleur Bouzard, pré-paru dans Fluide à l’époque je n’étais pas fan, ça démarre bien, ça flirte avec le cul tendance pathologique, ça finit moyen. Mouais vaut mieux relire The Autobiography ou PlageMan, c’est bien meilleur.

 

Les chroniques complètes sont lisibles dans les archives.

Et quelques autres mais j’ai la flemme et j’ai d’autres chroniques à finir …

A coucher dehors (suite et fin)

Tome 2/2
A coucher dehors tome 2 couverture
Un SDF hérite d’une maison, d’une famille et de tous les soucis qui vont avec…

Ca crie et ça s’agite beaucoup dans cet album. Beaucoup trop à mon gout. Dans le premier tome, c’était supportable, dans ce second non.

J’avais fait le parallèle avec les Vieux Fourneaux dans ma chronique du tome 1 mais force est de constater qu’on s’est éloigné de la qualité du scénario de Wilfrid Lupano. Il y a un peu trop de vaudeville ici. Ca gueule, ça s’excite à chaque page, que ça en devient pénible.

Reste le graphisme d’Anlor, dessin et colo à elle toute seule, qui remporte l’adhésion. Dynamique, enlevée, rythmée, les planches fourmillent de petits détails.

En quelques mots, ce diptyque sympatoche magnifiquement illustré en fait un peu trop et aurait mérité un peu plus de finesse, j’en suis ressorti presque étourdi et essouflé.

A coucher dehors tome 2 planche 4

un album signé Anlor (dessin et couleurs) et Aurélien Ducoudray (scénario). Editions Bamboo Grand Angle.

 

 

Titeuf – tome 15

A fond le slip !

On ne présente plus Titeuf et Zep dont les albums remplissent depuis 25 ans les rayons de biblio des petits et des grands.

C’est mon fils ainé qui m’a demandé de l’acheter cette fois. Ça tombait bien j’avais moi aussi très envie de le lire 🙂

Après l’avoir imaginé en ado dans une histoire complète dans le tome 14 (Bienvenue en adolescence), Zep revient aux fondamentaux avec les bons vieux gags en une planche. J’avoue que je préfère ce format plus efficace en terme de punchline. Et si l’exercice est difficile, Zep s’en sort comme d’habitude très bien.

Son trait rondouillard est toujours aussi vif et précis, les dialogues fusent et on retrouve avec bonheur notre Titeuf comme on l’aime. En gamin alerte qui même s’il ne comprend pas tout, s’intéresse à tout ce qui l’entoure.

Il est nul en classe mais au moins il s’interroge !

Une manière bien agréable de passer en revue l’actualité en se marrant.

un album tome signé Zep aux éditions Glénat.

The Autobiography Of Me Too

Un des classiques de Bouzard

The Autobiography of Me Too

J’en ai déjà parlé alors je ne vais pas en faire des caisses mais si vous avez envie de vous marrer, jetez-vous sur ces 3 albums autobiographiques qui mettent en scène « le meilleur dessinateur de tous les temps ».

Guillaume Bouzard partage avec Fabcaro l’art de l’autodérision et si vous ne savez pas quoi lire dans le même genre après Zaï Zaï-je-sais-plus-combien du second (et pleins d’autres titres tout aussi géniaux mais qui n’ont pas fait le buzz va savoir pourquoi…), venez vous poiler avec le premier. Je sais pas si je suis très clair. Si ?

Perso je relis l’un et l’autre régulièrement avec toujours autant de plaisir. Et pis c’est pas tous les jours qu’on peut feuilleter de bÔoo albums en couverture toilée. La classe !

3 albums signés Guillaume Bouzard aux éditions Les Requins Marteaux

coup de coeur

Les Profs – tome 19

Note to be
les profs tome 19
Rien ne va plus au lycée Fanfaron. Tout le monde voit des complots partout, le journal Tohu Bahut colporte les pires ragots, les manifs tombent à l’eau et même Serge est plein d’entrain pour faire cours. La proviseure n’a plus le choix : elle doit mettre en application sa toute nouvelle formation pour gérer les situations délicates. Pendant ce temps, Polochon relève le défi lancé par une machine de correction de copies ultrarapide destinée à mettre les profs au chômage. Qui a dit que la vie de lycée était monotone ?

Une série que je lis de temps en temps mais qui ronronne beaucoup à mon gout. Les gags ne sont pas tous drôles, loin s’en faut. Reste quelques bons moments qui prêtent facilement à sourire.

Ce 19ème opus fait le boulot sans plus.

Une lecture a réserver sans doute aux habitués et aux professionnels qui devraient s’y retrouver et à ceux qui ayant commencé la série ne peuvent s’empêcher de compléter leur collection 🙂

 

Eroc au scenario, Simon Léthurgie au dessin, Jacqueline Guénard aux couleurs. Editions Bamboo.

Jack Cool 1966 – tome 1

Quelques jours avant Jésus-Gris…
Jack Cool tome 1 couverture
Californie 1966. Il est apparu tel un fantôme dans la communauté des « Merry Pranksters ». Comme il était sale et maigre, ils l’ont surnommé Jésus Gris. Il va les entrainer sur la route au volant d’un bus psychédélique. Jayne Mansfield, actrice et grande prêtresse de l’église de Satan, charge le détective Jack Cool de retrouver sa fille. L’enquête le mène jusqu’au fameux bus…

Alors je vais tenter de résumer rapidos : Detroit. 1966. Un ancien GI de retour du Vietnam est marié, père et salarié. Un soir sans un mot, il plaque tout et disparaît. On le retrouve quelques mois plus tard recueilli par une bande de hippies qui partent sillonner la route à bord de leur bus. Sa femme engage un détective privé – Jack Cool – pour le retrouver. Ce dernier est aussi en chasse de la fille de Jayne Mansfield qui a fugué.

Voila.

Bizarre hein ?

Curieux. Je me demande dans quoi je m’embarque au début et puis au fil de la lecture, ce méli-mélo est assez marrant. Atypique et un poil embrouillé, pour être convaincant, il faudra que le second et dernier tome apporte toutes les réponses aux questions posées.

Je n’aime pas trop les histoires qui mélangent personnages réels et fictifs mais pour une fois ^^ j’ai lu le cahier graphique qui raconte l’histoire des Merry Pranksters, en français les joyeux déconneurs. Historiquement c’est intéressant à lire et relance mon intérêt quant au tome que je viens de lire.

Alors j’attends la suite…

Jack Cool tome 1 planche

un premier tome scénarisé par Olivier Mangin, dessin et colo de Jack Manini, éditions Bamboo Grand  Angle.

2 sur 5

Bâtard

one shot de Max de Radiguès

bâtard couverture

May et Eugène taillent la route le coffre plein de sacs de billets de banque. Ils viennent de participer au « casse du siècle » puisque 52 hold-up viennent d’avoir lieu simultanément dans une même ville ! Du jamais vu.

Mais il n’y a pas que les flics qui leur courent après, quelqu’un d’autre fait la chasse aux fugitifs. Certains braqueurs se sont déjà fait dessoudés. Le chef de la bande voudrait-il profiter seul du magot ?

Initialement publié sur le blog http://www.maxderadigues.com/ sous forme de feuilleton, Max de Radiguès et Casterman nous proposent ici la version papier d’un road-movie made in USA très sympa.

Le duo formé par la mère et son bâtard est touchant et réserve une belle surprise. On entre très vite dans la danse grâce à une narration fluide et rythmée pour un dessin simple et lisible.

Subtilement dosés, l’action et l’émotion sont au rendez-vous pour nous offrir un très bon moment de lecture.

Il ne me reste plus qu’à découvrir les autres titres de cet auteur que je ne connaissais pas encore mais que j’aime déjà 😉

bâtard planche

un album des éditions Casterman BD.