Mattéo, tome 4

4ème époque (Août-Septembre 1936)

Mattéo tome 4 couverture

Après avoir fuit Collioure et la Gendarmerie Française, Mattéo l’anarchiste, Robert le communiste et Amélie débarquent en Espagne. Ils arrivent à Barcelone avec un stock d’armes pour les républicains. La situation est compliquée aussi Mattéo et Amélie décident de rejoindre le groupe armé qui tente de reprendre le village d’Alcetria. Sur place, le jeune homme est contraint de prendre la tête d’un petit groupe mal équipé pour remplir la mission. Robert ne les a pas suivi et Mattéo va rencontrer la sautillante Enaxchia

C’est du Gibrat pur jus donc pas de mauvaise surprise, les planches magnifiques sont là, les couleurs pastel qui vont avec. Le résultat attendu est bien là : un album superbe !

La guerre est là avec son lot de morts et de drames mais dans ce 4ème opus, c’est surtout le calme buccolique qui l’emporte, Mattéo flirte avec une blondinette, Amélie avec un aviateur anglais tout en se rendant utile à soigner les blessés que l’on ne voit quasiment jamais. La vie s’écoule pèpère sans que l’on ne s’ennuie jamais.

Avant-dernier tome de la série, le plaisir de retrouver l’histoire de Mattéo reste intact.

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un quatrième épisode signé Jean-Pierre Gibrat aux éditions Futuropolis.

4 sur 5

Le photographe de Mauthausen

one shot
le photographe de Mauthausen couverture
Comme beaucoup de ses camarades déportés dans le camp de Mauthausen, Francisco Boix ne pensait qu’à survivre à ce cauchemar éveillé. Mais lorsqu’il croise le chemin du commandant Ricken, esthète nazi des plus pervers, qui prend plaisir à photographier l’horreur, le jeune homme comprend qu’il tient là un témoignage unique. A condition de parvenir à faire sortir les photos du camp…

Je connaissais Jacques Tardi et son Stalag, Art Spiegelman et son Maus qui nous racontaient de l’intérieur l’horreur de la guerre et l’enfer des camps de concentration. Une nouvelle pierre vient s’ajouter à l’édifice de notre mémoire collective grâce à ces talentueux auteurs espagnols.

On suit cette fois-ci Francisco Boix, un jeune espagnol qui se retrouve déporté dans un camp nazi en Autriche avec bon nombre de ses camarades. Comprenant le sort qui lui est réservé, il tente un pari fou : faire sortir du camp des photos pour dénoncer au monde entier les horreurs qui y sont commises.

Intelligent et motivé comme jamais, Francisco devra convaincre ses co-détenus du bien-fondé de sa démarche tout en rusant auprès des nazis et du commandant Ricken, le photographe dément qui entend élever la mort au rang d’art.

Très bien dessiné d’un trait semi-réaliste et raconté pas mal en voix-off, le récit est réellement poignant tout en étant très didactique. On vibre avec Francisco du début à la fin. Après avoir tremblé avec lui lorsqu’il prend tous les risques, on le soutient jusqu’au procès de Nuremberg qui s’avèrera une cruelle désillusion.

C’est une histoire véridique comme en témoigne l’excellent cahier final avec ses photos d’archives et ses multiples témoignages. Salva Rubio, scénariste et historien nous offre là une tranche de vie et d’histoire passionnante.

A lire absolument !

le photographe de Mauthausen planche

un album réalisé par Salva Rubio (scénario), Pedro Colombo (dessin) et Aintzane Landa (couleurs) aux éditions Le Lombard.

coup de coeur

No body – tome 1

Soldat Inconnu

nobody tome 1 couverture

Nous sommes en 2007 aux Etats-Unis dans le Montana. Un homme est arrêté sur les lieux d’un crime particulièrement sanglant. Il ne nie pas les faits et se trouve aussitôt sous les verrous. Un an plus tard, une jeune psychologue est diligentée par le tribunal pour réaliser une expertise psychologique de cet homme.

Au fil de leurs échanges, il s’accuse du meurtre de son ancien coéquipier, selon lui, l’assassin de sa femme, et révèle qu’il l’a découpé en morceaux. Cependant, certains éléments ne collent pas…

Spécialiste des adaptations littéraires, du polar et du thriller, Christian De Metter entame un travail de longue haleine puisque à l’instar du petit écran, il démarre une longue série découpée en saisons. La première étant annoncée en 4 tomes.

Si le début se révèle accrocheur avec de belles planches et un récit intrigant à souhait, il faudra attendre au moins un tome pour se faire une meilleure idée.

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un album signé Christian De Metter édité chez Soleil (collection Noctambule)

3 sur 5

 

Cézembre – tome 1

Cézembre, première partie
cezembre-tome-1-couverture
Saint Malo, août 1944 : alors que gronde la rumeur du débarquement américain, dont les troupes avancent inexorablement, combattant une armée allemande de plus en plus proche de la débâcle, le jeune Ewan, 18 ans, ronge son frein. Témoin de la mort de son père et de son oncle, victimes de soldats allemands, il rêve de rejoindre la résistance alors que couve le combat pour la libération de la cité. Seule la volonté de son grand-père, farouchement opposé à le voir risquer sa vie, le retient de franchir le pas. Mais lorsque l’un de ses meilleurs amis se fait tuer après être tombé dans une embuscade allemande, et qu’il apparaît que le responsable direct n’est autre qu’un de leurs amis d’enfance, il décide de se jeter dans la mêlée, à la veille de la bataille qui décidera du sort de Saint-Malo, et de sa libération. Un récit de guerre qui s’intéresse à un épisode intense et décisif de la libération, à travers la destinée de quatre adolescents pris dans le chaos de la guerre.

Il faisait partie depuis des années de ma pile de BD « en retard » mais j’avoue que j’attendais la sortie du tome 2 – ce sera un diptyque je crois – pour le lire. Sauf que ce soir, il m’est tombé dans les mains et la couverture magnifique m’a donné envie.

Et en fouillant sur internet, j’ai appris rapidement que la suite devrait voir le jour en 2017. Donc.

Bilan ? C’est une période que j’affectionne et assez rare sont les récits sur cette deuxième guerre mondiale de qualité. Celui-ci en est un avec un avantage certain : tout se passe dans le décor sublime de Saint-Malo, ville que j’adore. Au passage, son festival de BD qui s’y déroule tous les ans aux alentours de la Toussaint vaut le détour. J’y étais en 2010.

Pour autant, je me suis un peu ennuyé dans la première partie et un peu perdu au cours de ma lecture. Le lien et le rôle de certains personnages n’est pas toujours très bien expliqué. Mais il faut être patient et au bout des généreuses 70 planches, les éléments sont en place et le tout gagne en cohérence. Il y a peut-être un petit souci de rythme ou de découpage dans le scénario.

Graphiquement, je ne suis pas fan absolu du style très propret mais au moins techniquement c’est un sans-faute.

Connu avant tout pour être le dessinateur de Golden City, c’est le premier scénario de Nicolas Malfin et il faut reconnaître qu’il a du mérite d’être cette fois-ci seul à la barre d’une histoire complète.

Je pense me laisser tenter par la suite, elle sortira quand elle sortira, j’ai le temps.

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un album réalisé par Nicolas Malfin aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre.

2 sur 5