Universal War Two – tome 3

L’exode
couverture de Universal War Two tome 3
La première Guerre Universelle a été apocalyptique, manquant d’anéantir l’humanité. La paix à peine revenue, un effrayant et insondable ennemi frappe de nouveau le système solaire ainsi que dl’idyllique Canaan. Les plus sages des humains ne savent plus que faire à part fuir. Seul la jeune Théa croit encore que la civilisation fondée par Kalish peut être sauvée. Quitte à devoir affronter les plus grands mystères de l’univers.

Dans ce second cycle, Denis Bajram met en scène une seconde Guerre Universelle avec suffisamment de renouveau pour satisfaire ses fans et techniquement c’est du high level. Les planches sont belles et « chaleureuses » malgré le traitement informatique auquel il nous avait  habitué et qui souvent apporte une certaine froideur.

On retrouve les fameux « triangles »  à l’oeuvre capables de nouveaux prodiges hallucinants. Ca va même un peu trop loin à mon goût quand on envisage le « cimetière des planètes » mais ça reste passionnant à suivre. La démesure est une des caractéristiques de Universal War qui fait son charme.

Ce qui me semble marquant dans ce second cycle et plus particulièrement dans ce troisième opus, ce sont les dialogues souvent simplistes et truffés de gros mots. Les personnages jurent et s’insultent à la moindre occasion. Ca me dérange car ça plombe le caractère sérieux et scientifique propre à l’esprit de la série.

Dans le même gout, le comportement de Khalish en pleurnicheur qui veut rentrer chez lui va à l’opposé du rebelle rock’n roll aussi intelligent que teigneux que l’on connaissait.

Au final, ce 3ème tome est en demi-teinte, le spectacle est appréciable, l’univers réserve encore de belles surprises mais il y a quelque chose de changé dans le traitement des personnages. J’espère que le prochain épisode va rectifier le tir.

planche de universal war two tome 3

un album signé Denis Bajram aux éditions Casterman

3 sur 5

 

Cézembre – tome 1

Cézembre, première partie
cezembre-tome-1-couverture
Saint Malo, août 1944 : alors que gronde la rumeur du débarquement américain, dont les troupes avancent inexorablement, combattant une armée allemande de plus en plus proche de la débâcle, le jeune Ewan, 18 ans, ronge son frein. Témoin de la mort de son père et de son oncle, victimes de soldats allemands, il rêve de rejoindre la résistance alors que couve le combat pour la libération de la cité. Seule la volonté de son grand-père, farouchement opposé à le voir risquer sa vie, le retient de franchir le pas. Mais lorsque l’un de ses meilleurs amis se fait tuer après être tombé dans une embuscade allemande, et qu’il apparaît que le responsable direct n’est autre qu’un de leurs amis d’enfance, il décide de se jeter dans la mêlée, à la veille de la bataille qui décidera du sort de Saint-Malo, et de sa libération. Un récit de guerre qui s’intéresse à un épisode intense et décisif de la libération, à travers la destinée de quatre adolescents pris dans le chaos de la guerre.

Il faisait partie depuis des années de ma pile de BD « en retard » mais j’avoue que j’attendais la sortie du tome 2 – ce sera un diptyque je crois – pour le lire. Sauf que ce soir, il m’est tombé dans les mains et la couverture magnifique m’a donné envie.

Et en fouillant sur internet, j’ai appris rapidement que la suite devrait voir le jour en 2017. Donc.

Bilan ? C’est une période que j’affectionne et assez rare sont les récits sur cette deuxième guerre mondiale de qualité. Celui-ci en est un avec un avantage certain : tout se passe dans le décor sublime de Saint-Malo, ville que j’adore. Au passage, son festival de BD qui s’y déroule tous les ans aux alentours de la Toussaint vaut le détour. J’y étais en 2010.

Pour autant, je me suis un peu ennuyé dans la première partie et un peu perdu au cours de ma lecture. Le lien et le rôle de certains personnages n’est pas toujours très bien expliqué. Mais il faut être patient et au bout des généreuses 70 planches, les éléments sont en place et le tout gagne en cohérence. Il y a peut-être un petit souci de rythme ou de découpage dans le scénario.

Graphiquement, je ne suis pas fan absolu du style très propret mais au moins techniquement c’est un sans-faute.

Connu avant tout pour être le dessinateur de Golden City, c’est le premier scénario de Nicolas Malfin et il faut reconnaître qu’il a du mérite d’être cette fois-ci seul à la barre d’une histoire complète.

Je pense me laisser tenter par la suite, elle sortira quand elle sortira, j’ai le temps.

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un album réalisé par Nicolas Malfin aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre.

2 sur 5

Tiago Solan – tome 1

Rançon d’état
Tiago Solan
Des vallées afghanes au Sahel, les prises d’otages enrichissent chefs de guerre et émirs djihadistes. Tiago Solan, tireur d’élite vétéran, est engagé comme mercenaire par la séduisante et impétueuse Ophelia Conti. Cette jeune et fortunée veuve italienne lui confie une mission audacieuse et périlleuse : s’emparer d’une rançon de plusieurs millions d’euros destinée à de dangereux terroristes, au cœur du désert libyen. Son véritable but : se venger des meurtriers de son mari… En la mémoire d’un époux, au nom d’un frère d’armes, Ophelia et Tiago ont chacun leurs raisons de faire payer les bénéficiaires de ce business juteux et sanglant.

Il faudra sans doute attendre le tome 2 pour entrer dans le cœur de l’intrigue principale. Ce premier tome d’introduction présente essentiellement le contexte et les principaux personnages.

Après une première couverture accrocheuse, place aux décors arides du désert arabe. Le dessin de l’italien Fabio Pezzi, réaliste et précis, est très bon bien qu’au cours des premières planches, il soit quelquefois difficile de facilement distinguer les personnages masculins. Ca va mieux ensuite lorsque Tiago et Ophelia se rencontrent.

Si bon nombre de médias nous parlent au quotidien des conflits dans le monde, rares sont les images en immersion. Le premier tome de Tiago Solan nous en offre l’opportunité tout en expliquant clairement le contexte géo-politique.

Tiago Solan

un album signé Nathalie Sergeef (scénario), Fabio Pezzi (dessin) et Céline Labriet (colo) aux éditions Glénat.

2 sur 5

Nuit noire sur Brest

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Dimanche 29 août 1937, à Brest. Un sous-marin républicain espagnol fait surface au milieu des eaux brumeuses, en rade du port militaire. Des réparations sur l’engin sont nécessaires. Sous la houlette de l’affreux Troncoso, un commando franquiste s’organise à toute allure dans le but de conquérir le navire. Proches des phalangistes, ils savent pouvoir s’appuyer sur les fascistes locaux. La belle Mingua leur est associée. Collaboratrice de charme, elle est prête à tout pour optimiser la réussite de l’entreprise nationaliste. Mais les forces de gauche, communistes et anarchistes en tête, sont décidées à faire front et résister. « No pasaràn ! Mort au fascisme ! »

Alors là chapeau l’artiste ! C’est bÔÔooooooo ! Damien Cuvillier réalise seul le dessin et les couleurs pour un résultat digne des plus grands. Je pense notamment à Jean-Pierre Gibrat (Mattéo, Le vol du corbeau…) ou Lax (L’aigle sans orteils, Pain d’alouette, le Choucas…) dans le style. Les quelques 60 planches défilent doucement rien que pour le plaisir des yeux.

L’histoire est étonnante. Celle d’un sous-marin de la flotte espagnole échoué dans le port de Brest qui attend patiemment son sort. Le récit s’inspire d’un fait réel historique aussi incroyable que méconnu. Reflet d’une époque, il offre une très bonne immersion dans la France de 1937 où Front Populaire et idées d’extrême droite se côtoient à l’aube d’une 2ème guerre mondiale qui s’amorce.

Un album étonnant qui vaut le détour par sa qualité graphique et son immersion historique.

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Scénario de Kris et Bertrand Galic, dessin et couleurs de Damien Cuvillier. Editions @Futuropolis.

3 sur 5

Les poilus frisent le burn-out tome 1

les poilus tome 1 Guillaume Bouzard couvertureLe dernier album de Guillaume Bouzard – alias le prince de l’Umour underground  ^^ – date de février 2014 si je me souviens bien. C’était Moi BouzarD chez Fluide Glacial et depuis je n’avais pas eu de nouvelles.

Il est heureusement de retour cette année avec cette fois un premier tome sur les soldats de 14-18, les fameux poilus dans lequel il nous invite à partager leur quotidien – difficile – au milieu des tranchées. Toujours pré-publié dans le mensuel Fluide Glacial, il regroupe ici un premier jet de ses sketchs en plusieurs planches pour le plus grand plaisir de ses fans.

Si le résultat n’est peut-être pas aussi déconnant que d’habitude car il a choisi une approche plus tragi-comique et sachant que tout cela est inspiré de faits historiques, on peut tout de même se réjouir de retrouver sa verve humoristique à travers des dialogues décalés et des situations cocasses. L’autre bonne nouvelle est qu’il met une certaine application dans son graphisme. Ca n’a pas été toujours le cas.

En cette période de centenaire de la bataille de Verdun, Bouzard rend hommage, entre humour et respect, à ces poilus rustiques et attachants.

les poilus tome 1 Guillaume Bouzard planche

un album signé Guillaume Bouzard aux éditions Fluide Glacial.

3 sur 5