Didier, la 5e roue du tracteur

one shot de François Ravard et Pascal Rabaté.

Didier couverture

Didier, 45 ans, agriculteur, breton, tient sa ferme avec sa soeur Soizic. Il n’est pas plus malheureux que ça mais à son age, il s’ennuie et aimerait bien rencontrer une femme pour lui tenir compagnie. Et qui sait rencontrer le grand amour.

Soizic l’a bien compris et à son insu elle l’inscrit sur un site de rencontre. Quitte à maquiller quelque peu la réalité. Et ça marche ! Une certaine « Coquinette » répond rapidement à l’annonce. Un rendez-vous est fixé jeudi au bistrot du patelin.

Une première collaboration qui à mon avis pourrait en appeler bien d’autres tant cette comédie romantique est réussie. Drôle, tendre et légèrement mutine, l’historiette rurale apporte une énorme bouffée de bonne humeur au lecteur qui se souvient des Petits Ruisseaux ou de la Marie en plastique.

Quant au dessin de François Ravard, tout en rondeur, il est simple, beau et très joliment colorisé.

C’est parfait. J’adore.

Didier planche

Un album édité par Futuropolis.

Le pouvoir des innocents, cycle, 2, tome 5

11 septembre
le pouvoir des innocents tome 5
New York, le 1er mars 2001. Le procès le plus médiatique et le plus attendu du siècle vient de débuter : celui de Joshua Logan, accusé d’avoir assassiné de sang froid 508 personnes le 4 novembre 1997. Pendant que son avocat, maître Chapelle, questionne et conteste chaque déclaration faites par l’accusation afin d’installer un « doute raisonnable », en coulisses, ses adversaires mettent en place leur riposte…

Ainsi s’achève de manière convaincante et surprenante ce deuxième cycle de l’excellent Pouvoirs des innocents. Sans vouloir spoiler et bien que la couverture en dise un peu plus long, sachez qu’il finit en beauté et pas du tout comme on s’y attendait.

Le scénario est dense, les personnages sont attachants, le dessin est sublime, il s’est passé beaucoup d’événements au cours des ces 5 albums, espérons que les auteurs ne seront pas trop fatigués de leur excellent travail et qu’ils vont dorénavant se consacrer au 3ème cycle les enfants de Jessica entamé en 2011.

C’est mon coup de coeur du moment !

le pouvoir des innocents tome 5

un album édité chez Futuropolis.

 

Presque maintenant

Aussitôt reçu, aussitôt lu, aussitôt apprécié !

Allez hop, je sais maintenant pourquoi la critique est unanime au sujet de Cyril Bonin, c’est un artiste complet. Un vrai. Un de ceux qui savent dessiner, coloriser et raconter la vie. Un pro quoi !

Et quand il nous propose un one shot nous parlant d’un trio amoureux, de notre mode de vie, de notre santé sur fond d’anticipation, on saute dessus et on le dévore.

Simple et beau, l’album se lit d’une traite. Un petit plaisir intense.

Ar-Men

L’enfer des enfers

Ar-Men couverture

Nul besoin d’aller au bout du monde quand l’aventure est à côté de chez soi (ou presque). Et l’aventure ici, elle se vit justement à l’ouest de la France, dans ce phare planté au bout de l’ïle de Sein en Bretagne.

L’aventure de la solitude, l’aventure face à la nature, l’aventure face à ses démons…

Surnommé « l’enfer des enfers« , le phare d’Ar-men voit se succéder tous les 15 jours un nouveau binôme de gardiens chargés d’assurer son fonctionnement. C’est au tour de Louis et Germain. Après un gros grain qui a failli leur coûter cher, ils découvrent gravé dans la roche l’histoire de la construction du phare et de Moïzez son premier gardien.

Magnifié par le dessin virtuose d’Emmanuel Lepage, ce magnifique roman graphique nous immerge dans la légende bretonne, sous les coups de boutoir de l’océan Atlantique. 

Comme quasiment à chaque fois avec cet artiste, le résultat est superbe, passionnant et magique !

Ar-Men planche

un album réalisé par Emmanuel Lepage. Edition Futuropolis.

 

L’automne à Pékin

one shot

l'automne à Pékin couverture

Ce n’est pas le plus connu des romans de Boris Vian mais c’est sans doute celui dont je me souviendrai le mieux. En adaptant cette drôle d’histoire, les frères Brizzi proposent un album original et amusant.

Dans le désert de l’Exopotamie – pays inventé par Vian – la Wacco décide de construire une ligne de chemin de fer. Mais la présence de fouilles archéologiques pose problème. Arrivée presque tous par hasard, une foultitude de personnages se retrouve à l’hôtel de M. Barrizone planté au milieu de nulle part.

Inutile de chercher ici l’automne ou Pékin, seule la préface de David Vian tente d’expliquer la signification de ce curieux titre. L’auteur s’est sans doute amusé à imaginer une histoire burlesque et poétique. On n’y trouve également une histoire d’amour et d’amitié. Le tout teinté d’humour.

La grande force de cette BD réside dans son graphisme qui rappellera aux plus exigeants le trait léché de Jean-Louis Tripp & Régis Loisel dans Magasin Général. La galerie des personnages s’y rapproche également. Les dialogues sont drôles, les situations loufoques, tout ceci étant illustré de grandes et belles planches au trait et à la colo très soignés.

Une BD inattendue, belle et rafraîchissante !

l'automne à Pékin planche

un one shot de Paul et Gaëtan Brizzi d’après le roman de Boris Vian, aux Editions Futuropolis.

Mattéo, tome 4

4ème époque (Août-Septembre 1936)

Mattéo tome 4 couverture

Après avoir fuit Collioure et la Gendarmerie Française, Mattéo l’anarchiste, Robert le communiste et Amélie débarquent en Espagne. Ils arrivent à Barcelone avec un stock d’armes pour les républicains. La situation est compliquée aussi Mattéo et Amélie décident de rejoindre le groupe armé qui tente de reprendre le village d’Alcetria. Sur place, le jeune homme est contraint de prendre la tête d’un petit groupe mal équipé pour remplir la mission. Robert ne les a pas suivi et Mattéo va rencontrer la sautillante Enaxchia

C’est du Gibrat pur jus donc pas de mauvaise surprise, les planches magnifiques sont là, les couleurs pastel qui vont avec. Le résultat attendu est bien là : un album superbe !

La guerre est là avec son lot de morts et de drames mais dans ce 4ème opus, c’est surtout le calme buccolique qui l’emporte, Mattéo flirte avec une blondinette, Amélie avec un aviateur anglais tout en se rendant utile à soigner les blessés que l’on ne voit quasiment jamais. La vie s’écoule pèpère sans que l’on ne s’ennuie jamais.

Avant-dernier tome de la série, le plaisir de retrouver l’histoire de Mattéo reste intact.

matteo tome 4 planche

un quatrième épisode signé Jean-Pierre Gibrat aux éditions Futuropolis.

4 sur 5

La Dame de Fer

(un excellent !) One shot
la Dame de fer couverture
À la mort de Margaret Thatcher, trois amis d’enfance se retrouvent et décident de lutter contre la morosité économique que la politique de la « Dame de fer » a fait peser pendant des années sur leur petite ville côtière du sud de l’Angleterre. Ils ont pris de la bouteille mais c’est aujourd’hui l’âge de la revanche. Tournée générale ! Celle des pintes de bières et celle des souvenirs … et faire une chevauchée sur la Norton Manx, autre dame de fer, une moto de légende…

Après l’excellent London Calling paru il y a 10 ans, Futuropolis revient au roman graphique d’outre manche avec ce one shot signé Béa et Michel Constant.

Entre flashback et temps réel, on y suit les retrouvailles entre Owen, Donald et Abby. Le premier s’emmerde dans son job de taximan à Londres, le second tient un pub et la troisième travaille dans la pub !

A la mort de Margaret Tatcher alias la Dame de Fer, qui provoque ici un élan de joie, Donald convie donc ses plus chers amis qui s’étaient perdu de vue pour un week end prolongé à Kingston la petite ville du bord de mer au sud de l’Angleterre où ils ont passé leur jeunesse.

Alors on ne sait pas trop le pourquoi du comment mais peu importe avec les flashbacks on connait grosso modo leur histoire. Le trio a partagé une jeunesse heureuse ensemble jusqu’à ce que chacun prenne la route de son côté. Leur amitié est solide et leurs retrouvailles font plaisir à voir.

Vu la tournure des événements je craignais une fin tragique. Heureusement, il n’en est rien et c’eut été dommage de gâcher cet excellent moment passé avec ce joyeux trio.

La ligne claire du dessin et les couleurs lumineuses concourent à la réussite de ce petit moment de bonheur.

Un album vraiment très sympa !

La Dame de Fer planche

un album de Béa et Michel Constant chez Futuropolis.

4 sur 5

Urban – tome 4

Enquête immobile
Urban tome 4 couverture
Sans déc’ n’est elle pas sublime cette couv’ ?!

Avant-dernier épisode avant la fin ! Ce quatrième opus d’Urban est un vrai plaisir à lire. En prenant la précaution de feuilleter les albums précédents histoire de se remettre dans le bain, on peut sereinement attaquer sa lecture.

Luc Brunschwig fait un zoom sur Springy Fool et son chien de garde tandis que Zach – mis à pied pour ne pas avoir exécuté le magicien – enquête depuis son appartement (d’où le titre) sur la mort du petit Neil. L’occasion pour nous d’en apprendre beaucoup plus sur les origines de la cité de Monplaisir et son fondateur, le génial roboticien.

Comme d’habitude avec le scénariste, il faut s’accommoder de nombreux aller-retours dans le passé. L’enchaînement est cependant excellent et l’histoire file bon train.

Et bonne nouvelle, il me semble que Roberto Ricci a évité de surcharger ses planches qui n’en sont que plus belles.

De là à dire qu’Urban est actuellement la meilleure série dans son genre, il n’y a qu’un pas que je ne vais pas tarder à franchir.

Que du bonheur ce tome 4 !

Urban tome 4 planche

un album signé Luc Brunschwig (scénario) et Roberto Ricci (dessin & colo) aux éditions Futuropolis.

coup de coeur

Plutona

one shot de Jeff Lemire (scénario) et Emi Lenox (graphisme)

Plutona couverture

Une bande de gamins découvre en pleine forêt le cadavre de Plutona, une super héroïne adulée du public. Que s’est-il passé ? Comment la super girl a t’elle pu se retrouvé là ? Son rival de toujours, le docteur Wasp a t’il cette fois-ci triomphé ?

Je ne suis pas fan des BDs type super héros et ça tombe bien, il s’agit ici d’étudier le comportement d’ados face à une situation inattendue. Jeff Lemire explore cinq personnalités bien différentes. Entre amitié, trahison, doute, désillusion et peur, chacun va réagir à sa façon. Apparaissant assez rapidement, plutona est absente des débats même si le scénario prend le temps de présenter l’envers du décor de cette maman qui cumule 2 ou 3 jobs pour s’en sortir.

Chronique intemporelle, les 150 pages de ce one shot passent comme une lettre à la poste.

Plutona planche

Editions Futuropolis

Nuit noire sur Brest

one shot
nuit-noire-sur-brest-couverture
Dimanche 29 août 1937, à Brest. Un sous-marin républicain espagnol fait surface au milieu des eaux brumeuses, en rade du port militaire. Des réparations sur l’engin sont nécessaires. Sous la houlette de l’affreux Troncoso, un commando franquiste s’organise à toute allure dans le but de conquérir le navire. Proches des phalangistes, ils savent pouvoir s’appuyer sur les fascistes locaux. La belle Mingua leur est associée. Collaboratrice de charme, elle est prête à tout pour optimiser la réussite de l’entreprise nationaliste. Mais les forces de gauche, communistes et anarchistes en tête, sont décidées à faire front et résister. « No pasaràn ! Mort au fascisme ! »

Alors là chapeau l’artiste ! C’est bÔÔooooooo ! Damien Cuvillier réalise seul le dessin et les couleurs pour un résultat digne des plus grands. Je pense notamment à Jean-Pierre Gibrat (Mattéo, Le vol du corbeau…) ou Lax (L’aigle sans orteils, Pain d’alouette, le Choucas…) dans le style. Les quelques 60 planches défilent doucement rien que pour le plaisir des yeux.

L’histoire est étonnante. Celle d’un sous-marin de la flotte espagnole échoué dans le port de Brest qui attend patiemment son sort. Le récit s’inspire d’un fait réel historique aussi incroyable que méconnu. Reflet d’une époque, il offre une très bonne immersion dans la France de 1937 où Front Populaire et idées d’extrême droite se côtoient à l’aube d’une 2ème guerre mondiale qui s’amorce.

Un album étonnant qui vaut le détour par sa qualité graphique et son immersion historique.

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Scénario de Kris et Bertrand Galic, dessin et couleurs de Damien Cuvillier. Editions @Futuropolis.

3 sur 5