Mattéo, tome 4

4ème époque (Août-Septembre 1936)

Mattéo tome 4 couverture

Après avoir fuit Collioure et la Gendarmerie Française, Mattéo l’anarchiste, Robert le communiste et Amélie débarquent en Espagne. Ils arrivent à Barcelone avec un stock d’armes pour les républicains. La situation est compliquée aussi Mattéo et Amélie décident de rejoindre le groupe armé qui tente de reprendre le village d’Alcetria. Sur place, le jeune homme est contraint de prendre la tête d’un petit groupe mal équipé pour remplir la mission. Robert ne les a pas suivi et Mattéo va rencontrer la sautillante Enaxchia

C’est du Gibrat pur jus donc pas de mauvaise surprise, les planches magnifiques sont là, les couleurs pastel qui vont avec. Le résultat attendu est bien là : un album superbe !

La guerre est là avec son lot de morts et de drames mais dans ce 4ème opus, c’est surtout le calme buccolique qui l’emporte, Mattéo flirte avec une blondinette, Amélie avec un aviateur anglais tout en se rendant utile à soigner les blessés que l’on ne voit quasiment jamais. La vie s’écoule pèpère sans que l’on ne s’ennuie jamais.

Avant-dernier tome de la série, le plaisir de retrouver l’histoire de Mattéo reste intact.

matteo tome 4 planche

un quatrième épisode signé Jean-Pierre Gibrat aux éditions Futuropolis.

4 sur 5

La Dame de Fer

(un excellent !) One shot
la Dame de fer couverture
À la mort de Margaret Thatcher, trois amis d’enfance se retrouvent et décident de lutter contre la morosité économique que la politique de la « Dame de fer » a fait peser pendant des années sur leur petite ville côtière du sud de l’Angleterre. Ils ont pris de la bouteille mais c’est aujourd’hui l’âge de la revanche. Tournée générale ! Celle des pintes de bières et celle des souvenirs … et faire une chevauchée sur la Norton Manx, autre dame de fer, une moto de légende…

Après l’excellent London Calling paru il y a 10 ans, Futuropolis revient au roman graphique d’outre manche avec ce one shot signé Béa et Michel Constant.

Entre flashback et temps réel, on y suit les retrouvailles entre Owen, Donald et Abby. Le premier s’emmerde dans son job de taximan à Londres, le second tient un pub et la troisième travaille dans la pub !

A la mort de Margaret Tatcher alias la Dame de Fer, qui provoque ici un élan de joie, Donald convie donc ses plus chers amis qui s’étaient perdu de vue pour un week end prolongé à Kingston la petite ville du bord de mer au sud de l’Angleterre où ils ont passé leur jeunesse.

Alors on ne sait pas trop le pourquoi du comment mais peu importe avec les flashbacks on connait grosso modo leur histoire. Le trio a partagé une jeunesse heureuse ensemble jusqu’à ce que chacun prenne la route de son côté. Leur amitié est solide et leurs retrouvailles font plaisir à voir.

Vu la tournure des événements je craignais une fin tragique. Heureusement, il n’en est rien et c’eut été dommage de gâcher cet excellent moment passé avec ce joyeux trio.

La ligne claire du dessin et les couleurs lumineuses concourent à la réussite de ce petit moment de bonheur.

Un album vraiment très sympa !

La Dame de Fer planche

un album de Béa et Michel Constant chez Futuropolis.

4 sur 5

Urban – tome 4

Enquête immobile
Urban tome 4 couverture
Sans déc’ n’est elle pas sublime cette couv’ ?!

Avant-dernier épisode avant la fin ! Ce quatrième opus d’Urban est un vrai plaisir à lire. En prenant la précaution de feuilleter les albums précédents histoire de se remettre dans le bain, on peut sereinement attaquer sa lecture.

Luc Brunschwig fait un zoom sur Springy Fool et son chien de garde tandis que Zach – mis à pied pour ne pas avoir exécuté le magicien – enquête depuis son appartement (d’où le titre) sur la mort du petit Neil. L’occasion pour nous d’en apprendre beaucoup plus sur les origines de la cité de Monplaisir et son fondateur, le génial roboticien.

Comme d’habitude avec le scénariste, il faut s’accommoder de nombreux aller-retours dans le passé. L’enchaînement est cependant excellent et l’histoire file bon train.

Et bonne nouvelle, il me semble que Roberto Ricci a évité de surcharger ses planches qui n’en sont que plus belles.

De là à dire qu’Urban est actuellement la meilleure série dans son genre, il n’y a qu’un pas que je ne vais pas tarder à franchir.

Que du bonheur ce tome 4 !

Urban tome 4 planche

un album signé Luc Brunschwig (scénario) et Roberto Ricci (dessin & colo) aux éditions Futuropolis.

coup de coeur

Plutona

one shot de Jeff Lemire (scénario) et Emi Lenox (graphisme)

Plutona couverture

Une bande de gamins découvre en pleine forêt le cadavre de Plutona, une super héroïne adulée du public. Que s’est-il passé ? Comment la super girl a t’elle pu se retrouvé là ? Son rival de toujours, le docteur Wasp a t’il cette fois-ci triomphé ?

Je ne suis pas fan des BDs type super héros et ça tombe bien, il s’agit ici d’étudier le comportement d’ados face à une situation inattendue. Jeff Lemire explore cinq personnalités bien différentes. Entre amitié, trahison, doute, désillusion et peur, chacun va réagir à sa façon. Apparaissant assez rapidement, plutona est absente des débats même si le scénario prend le temps de présenter l’envers du décor de cette maman qui cumule 2 ou 3 jobs pour s’en sortir.

Chronique intemporelle, les 150 pages de ce one shot passent comme une lettre à la poste.

Plutona planche

Editions Futuropolis

Nuit noire sur Brest

one shot
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Dimanche 29 août 1937, à Brest. Un sous-marin républicain espagnol fait surface au milieu des eaux brumeuses, en rade du port militaire. Des réparations sur l’engin sont nécessaires. Sous la houlette de l’affreux Troncoso, un commando franquiste s’organise à toute allure dans le but de conquérir le navire. Proches des phalangistes, ils savent pouvoir s’appuyer sur les fascistes locaux. La belle Mingua leur est associée. Collaboratrice de charme, elle est prête à tout pour optimiser la réussite de l’entreprise nationaliste. Mais les forces de gauche, communistes et anarchistes en tête, sont décidées à faire front et résister. « No pasaràn ! Mort au fascisme ! »

Alors là chapeau l’artiste ! C’est bÔÔooooooo ! Damien Cuvillier réalise seul le dessin et les couleurs pour un résultat digne des plus grands. Je pense notamment à Jean-Pierre Gibrat (Mattéo, Le vol du corbeau…) ou Lax (L’aigle sans orteils, Pain d’alouette, le Choucas…) dans le style. Les quelques 60 planches défilent doucement rien que pour le plaisir des yeux.

L’histoire est étonnante. Celle d’un sous-marin de la flotte espagnole échoué dans le port de Brest qui attend patiemment son sort. Le récit s’inspire d’un fait réel historique aussi incroyable que méconnu. Reflet d’une époque, il offre une très bonne immersion dans la France de 1937 où Front Populaire et idées d’extrême droite se côtoient à l’aube d’une 2ème guerre mondiale qui s’amorce.

Un album étonnant qui vaut le détour par sa qualité graphique et son immersion historique.

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Scénario de Kris et Bertrand Galic, dessin et couleurs de Damien Cuvillier. Editions @Futuropolis.

3 sur 5

Mort aux vaches

one shot
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1996 Un quatuor de truands cambriole l’agence bancaire à Clermont l’Abbaye. Parvenant à échapper à la Police, les voyous se mettent au vert en attendant que les choses se tassent, en attendant d’être oubliés. Ils cavalent jusqu’à l’exploitation agricole de l’oncle de l’un d’eux. Mais c’était sans prévoir la crise de la vache folle… La contamination de l’épizootie est à son plus haut pic, et les gendarmes sont très nombreux à battre la campagne. Coincés dans leur planque, ils vont devoir se supporter les uns les autres. Pour le meilleur et pour le pire…

Je voulais éviter de faire comme tout le monde et ne pas parler d’hommage à Audiard et aux polars de ce temps-là. Mais force est de constater que c’est quand même bien le cas. A commencer par la couv’ qui ressemble à une vieille affiche de cinéma.

Sauf que là, c’est ‘achement bien remis au gout de jour. Il y a la beauté de l’hommage avec des dialogues bourrés d’humour et des braqueurs à grande gueule oui, mais aussi – et surtout – des ajouts bien contemporains comme le couple d’homo et la minette barrée.

Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher les bonnes surprises à ceux qui me lisent (si si y’en a !). Comme moi ils découvriront au fur et à mesure de la lecture et sauront apprécier cette savoureuse comédie. Avec un final excellent.

Moi je me suis franchement régalé. Scénar au poil et dessin « croqué » impec, cet album est une petite pépite à consommer sans modération  !

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Un récit d’Aurélien Ducoudray (scenario) et de François Ravard (dessin) édité par les éditions Futuropolis.

coup de coeur

Le pouvoir des Innocents, cycle 2, tome 4

2 visions pour un pays
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Lou Mc Arthur, candidat charismatique au poste de gouverneur et ami de Jessica, a finalement été élu. Mais son élection provoque une émeute à la prison de Rickers Island : en cause sa prise de position contre la peine de mort qui épargnerait Joshua Logan d’un châtiment que beaucoup de détenus appellent de leurs voeux… Joshua, traqué, doit se cacher dans un casier du vestiaire des gardiens… Deux visions pour un pays se déroule dans la continuité immédiate de l’épisode précédent, entre le 7 septembre et le 9 novembre 1999 lors des élections du gouverneur de l’Etat de New-York. En lice, la très conservatrice Meredith Bambrick semble avoir pris une avance décisive sur le candidat démocrate Lou Mac Arthur après qu’il s’est officiellement déclaré contre la peine de mort en général et contre l’exécution de Logan, « l’homme le plus détesté de la ville ».

Je ne vais pas mentir, c’est toujours avec une certaine appréhension que j’attaque une BD de Luc Brunschwig. Avec cet auteur ô combien talentueux, complexité et densité sont toujours au rendez-vous. Ca donne certes d’excellents albums qui se coulent parfaitement dans de super séries mais il est souvent indispensable de relire – re-feuilleter à minima – les épisodes précédents pour se remettre dans le bain. Tout bien réfléchi, la sortie de n’importe quel nouveau tome dans une série amène ce genre de réflexion. Bref.

La complexité a d’ailleurs joué des tours aux auteurs et leur éditeur Futuropolis car ils étaient partis sur 2 séries parallèles faisant suite à l’excellent Pouvoir des Innocents (la deuxième étant Les enfants de Jessica) mais les lecteurs s’étant quelque peu perdus en route, ils ont changé leur fusil d’épaule pour se concentrer sur ce cycle 2 et ce tome 4 dont je parle aujourd’hui. Re-bref.

Tout ceci peut paraître un chouïa compliqué mais ça se lit avec énormément de plaisir et ce qu’il en ressort, c’est qu’une fois l’intégralité des tomes réunis, on aura dans les mains tous les éléments pour déguster une vraie bonne série contemporaine, s’interrogeant sur les vices de notre société mais aussi sur ses espoirs et ses rêves.

Une tranche d’humanité mise en lumière par un dessin réaliste magnifique.

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Un album scénarisé par Luc Brunschwig, dessin et couleur de David Nouhaud & laurent Hirn. Edition Futuropolis.

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Le maître des crocodiles

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Un homme, un crocodile, une vengeance.

Après Tsunami un premier album remarqué et plébiscité sur BDouebe, Stéphane Piatzszek (Commandant Achab , le chevalier à la Licorne) et Jean-Denis Pendanx reviennent aux iles Banyak en Indonésie pour nous faire vivre leur version de Moby Dick, le combat entre l’homme et l’animal sur fond de message écologique.

En 1984, Bernard, Léo et sa femme Isabelle viennent tourner un documentaire pour dénoncer la pêche à l’explosif pourtant traditionnellement pratiquée par les autochtones. Au cours d’une baignade, Isabelle enceinte de quelques mois se fait dévorer par un énorme crocodile. Avec l’aide de son ami et de quelques villageois, Léo parvient à retrouver la tanière du monstre. Et chose curieuse, ce dernier lui laisse emporter le cadavre de sa femme. 30 ans plus tard, Léo quitte tout et revient sur l’île pour se venger.

Une première partie qui démarre bon enfant et s’achève brutalement en horreur, une seconde très intense dans l’urgence de l’action pour retrouver la bête immonde et une troisième qui se déroule des années plus tard pour la vengeance d’un homme brisé qui n’a pas réussi à oublier et veut finir en beauté. Mais, suicide ou vengeance ? A moins qu’il ne s’agisse de quelque chose d’un peu plus mystique. Le scénario mêle agréablement les thèmes pour offrir au lecteur un one shot d’aventures passionnant.

Une histoire belle et tragique au graphisme sublime. J’aime !

le maitres des crocodiles planche

un one shot scénarisé par Stéphane Piatzszek, dessiné et colorisé par Jean-Denis Pendanx, édition Futuropolis

4 sur 5

L’homme qui ne disait jamais non

l'homme qui ne disait jamais non couverture

Dans l’avion qui revient de Quito en approche de l’aéroport de Lyon, Violette l’hôtesse de l’air remarque un homme seul qui semble complètement perdu. Il s’appelle Etienne Rambert et il aurait perdu la mémoire. Il ne souvient de rien, ni qui il est, ni d’où il vient, ni ce qu’il fait là. Décidée à lui venir en aide, Violette le prend en main et mène l’enquête pour tenter de remonter le fil du temps. Quitte à tomber sur de vilaines surprises.

C’est parti pour 144 pages menées tambour battant par la jolie brunette qui est persuadée de tenir là un formidable sujet de thèse pour le concours de Profiler qu’elle s’apprête à passer. L’occasion aussi de se faire plaisir et de satisfaire sa curiosité, et cerise sur le bâteau, l’homme est plutôt mignon. On verra en temps utile. Bref, c’est une aventure pétillante à laquelle nous invite Didier Tronchet, mais aussi une vraie enquête sur la vie d’un amnésique qui a semble-t’il vécu quelques dernières heures très mouvementées.

Les premières heures sont très amusantes avant que l’on découvre quelque chose de plus grave jusqu’à un changement de décor intéressant qui nous emmène visiter la capitale de l’Equateur elle aussi dans un mauvais jour.

Pour embellir et emballer ce très bon road movie à la française, on peut compter sur le dessin dynamique chaudement coloré d’Olivier Balez (J’aurai ta peau Dominique A, Angle mort) qui m’a particulièrement plu. Un travail superbe !

L’homme qui ne disait jamais non se révèle un one shot super sympa à lire !!

l'homme qui ne disait jamais non planche

un one shot scénarisé par Didier Tronchet, dessins & couleur de Olivier Balez, édition Futuropolis

4 sur 5

Le grand A

Le grand A

Le grand A c’est en fait l’histoire sous forme de reportage, du premier supermarché Auchan qui a ouvert ses portes en 1972 à Noyelles-Godault dans le Pas-de-calais. Arrivée qui a suscité de nombreux fantasmes et bouleversements si l’on en croit cet album. Et c’est sans aucun doute vrai que cette première ouverture sur le commerce de masse a révolutionné le quotidien des gens de cette époque. C’est en écoutant leur témoignage que l’on comprend le mieux les tenants et les aboutissants, le choix de l’interview se révélant fort judicieux ici. Ca me rappelle certaines BD d’Etienne Davodeau. Les clients issus de la classe populaire pour la plupart qui s’y sentent bien, attirés comme des mouches par la lumière, les commerçants du centre ville qui se sentent lésés mais s’arc-boutent sur leurs principes, les employés du grand A contents ou non, tous ont quelque chose à raconter et c’est là tout l’attrait de l’exercice. On nous raconte leur quotidien joliment illustré par un dessin jovial et plein de bonhomie qui gomme l’aspect démonstratif. Au début, l’enquête alterne avec quelques flash backs historiques à mon avis dispensables puis se focalise sur le grand A raconté de l’intérieur. Sans jamais prendre parti, sans juger, la BD retranscrit fidèlement le ressenti des acteurs et donnent quelques clés pour se faire sa propre opinion. Perso, j’ai passé un très bon moment dans le Ch’nord

Le grand A

one shot scénarisé par Xavier Bétaucourt, dessiné et colorisé par Jean-Luc Loyer, édition Futuropolis

4sur5