Souterrains

One shot

La couverture mystérieuse est très belle et elle ne ment pas : dès les premières planches le dessin de Romain Baudy envoie du lourd ! Les planches sont superbes !

Nous voila plongé en pleine guerre sociale qui divise les exploitants (les patrons) et les exploités (les mineurs). Ironie du sort : les ouvriers voient d’un très mauvais œil l’arrivée discrète d’un robot qui pourrait leur prendre leur boulot.

S’en suit une descente aux enfers quand un petit groupe d’hommes triés sur le volet se retrouve coincé profondément sous terre avec leur « machine ». Mais ce n’est pas tout, ils vont faire une étonnante découverte en sous-sols : la même lutte sociale existe ici aussi.

Mélange de chronique sociale, de fantasy et de fantastique, Romain Baudy pour son premier essai en solo innove une recette osée mais pleinement maîtrisée. Si je fais abstraction de mon esprit cartésien et que j’accepte l’idée, je constate que le cocktail fonctionne. Bien aidé par un graphisme à la hauteur du pari.

Alors pourquoi ne pas suivre Henry, Lucien et ce curieux robot dans cette aventure originale et colorée pleine de rebondissements ?

un one shot signé Romain Baudy. Editions Casterman.

De Cape et de Crocs – tome 12

Si ce n’est toi
de cape et de crocs tome 12 couverture
Capturé par les malandrins de la Cour des miracles, Eusèbe est conduit à leur terrible chef qui n’est autre que son frère, Fulgence. Ce lapin malhonnête et violent fomente avec Fagotin, le singe assassin, un abominable forfait. Pris entre trahisons et intrigues de cour, Eusèbe parviendra-t-il à ramener Fulgence dans le droit chemin ? À moins que ce jumeau maléfique ne l’entraîne sur la voie du crime

Alain Ayrolles et Jean-Luc Masbou font leurs adieux à la série culte qu’ils auront créé ensemble il y a maintenant vingt printemps. Diantre !

En rendant hommage en deux tomes à Eusèbe le mignon petit lapin blanc, compagnon d’infortune des deux fins bretteurs, ils mettent un terme définitif à une des meilleures séries Fantasy du paysage franco-belge. La plus drôle aussi. La plus sympathique. La plus atypique. La plus originale. Bref la meilleure dans son genre. Et dans son genre, elle est unique.

Maintenant que c’est terminé, il ne me reste plus qu’à m’installer confortablement sur une île déserte et reprendre tout depuis le début. J’en salive d’avance.

de cape et de crocs tome 12 planche

5 sur 5

 

De Cape et de Crocs – tome 11

Vingt mois avant

couverture du tome 11 de cape et de crocsJ’ai découvert De Cape et de Crocs tout à fait par hasard en surfant sur le forum de BDgest il y a bien longtemps et en empruntant les albums à la biblio du coin. Autant dire que ce fut une réelle joie de découvrir ce joyeux univers au graphisme fourmillant et aux dialogues « léchés » bourré d’humour et d’aventure.

Aujourd’hui, j’ai décidé de me lancer dans l’achat du dernier diptyque en date qui commence par ce tome 11 plutôt que de m’aventurer – c’est le mot – dans une longue relecture de la série complète. Mais ça viendra avec sans doute un achat à la clé.

Bref, on abandonne Don Armando et Don Lope (le célèbre duo renard et loup) pour se focaliser en deux épisodes sur Eusèbe leur gentil compagnon d’infortune qui nous révèle son passé.

Dernier né d’une fratrie, Eusèbe quitte le terrier familial en direction de la capitale muni d’une lettre de recommandation de son père qui tient à ce qu’il devienne à son tour garde du Cardinal. Le chemin est long et les dangers multiples mais fort d’un optimisme à toute épreuve, le brave lapin taille la route jusqu’à Paris.

J’y ai retrouvé tout ce que j’étais venu chercher : des planches sublimes et détaillées, de l’humour et des dialogues jubilatoires. Ici tout repose sur l’opposition entre la fragilité (apparente) d’Eusèbe et ce monde trop grand et trop cruel pour lui.

Et ça marche ! Même en grand danger, notre jeune héros n’a jamais peur. Pour preuve il affronte les brigands, les malandrins et les terribles mousquetaires avec un entrain et une bonne humeur incroyables. Alors comment ne pas se prendre d’affection pour lui ?

Personnage incontournable de la saga, Eusèbe méritait bien que l’on s’intéresse de près à lui.

Vite la suite !la planche 4 de cape et de crocs tome 11

un album signé Alain Ayrolles au scénario et Jean-Luc Masbou au dessin. Editions Delcourt.

5 sur 5

Wollodrïn – tome 6

Celui qui dort 2/2

wollodrin-tome-6-couverture

On sort enfin de cette sinistre et étouffante cité naine souterraine pour accompagner Haffanen et Tridik sur le chemin du pays des Elfes. Héritier du pouvoir du grand héros Bhaälzec, le jeune nain est bien décidé à aider son nouvel ami à recouvrer la mémoire.

Mouai. Vu comme on était parti, je me doutais qu’à moins d’un miracle, ce diptyque avait peu de chances de figurer dans le top ten de mes dernières lectures. Ce que j’ai le moins aimé – en plus de la sensation de lire un conte pour enfants surtout sur le premier tome – c’est la représentation de l’elfe qui ne ressemble pas à grand chose : immense, longiligne et sanguinaire, habillé comme un clown, le pauvre n’a pas grand chose pour lui. Le petit Tridik malgré sa bonne volonté et son courage n’apporte rien pour contre-balancer la mauvaise impression que renvoie l’elfe. Le duo est bancal. Seule l’apparition des Orks et la scène mouvementée qui s’en suit parviennent à réveiller le récit.

En clair, après un départ tonitruant, Wollodrïn marque le pas et je suis déçu qu’on ait délaissé le temps de deux albums les personnages introduits dans les premiers tomes. Même si au final, la dernière planche revient à nos moutons en répondant à une des questions dont finalement on connaissait la réponse (Beuuurk !).

Mais je m’en voudrais de rester là sans faire preuve d’un peu d’optimiste quant à la suite qui n’a plus le choix en ce qui me concerne : revenir à ce qui m’intéresse, à savoir les secrets que l’on nous cache depuis le début.

wollodrin-tome-6-planche

un album signé David Chauvel & Jérôme Lereculey aux éditions Delcourt.

2 sur 5

Wollodrïn – tome 5

Celui qui dort 1/2

wollodrin-tome-5-couverture

Tridïk est un nain romantique. Amoureux fou de Mëlinhh, il rêve de lui offrir une fleur qu’on ne trouve qu’au plus profond des montagnes. Le jour où l’occasion se présente sous la forme d’un passage secret, Tridïk n’hésite pas. Son paquetage sur le dos, il part à l’aventure, ignorant qu’en descendant dans les profondeurs du royaume interdit, il va réveiller celui qui dort et qu’on ne doit tirer de son sommeil.

Après 4 tomes très appréciés et fidèle à ma promesse, je poursuis mon exploration de Wollodrïn à mon rythme et attaque ce 3ème diptyque avec optimisme.

Hélas, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est la douche froide mais malgré une fin de tome qui promet quelque chose d’un peu plus musclé, c’est la déception face à l’aventure vécue par ce charmant petit nain (oui oui « petit », il est jeune il n’a que 37 ans ^^) venu explorer les tréfonds de sa cité souterraine. Mais où sont passés les personnages précédents ? Je m’attendais vraiment à ce qu’un certain fil rouge oriente les albums et là on part carrément dans une autre direction avec de nouveaux intervenants (nains et elfes) qui n’ont semble-t’il aucun lien avec Onimaku, Maître Ivarr ou Ebrinh. Et Jokkï, justement, peut-être va t’on le revoir puisque nous sommes dans la cité des nains ?

A moins – et j’espère ! – que le tome 2 ne me fasse mentir, la cohérence annoncée n’est plus d’actualité et je me retrouve avec un récit de fantasy lambda que je dirai plutôt destiné à la jeunesse. Le dessin de Jérôme Lereculey tient toujours la route mais c’est vrai que j’attendais beaucoup plus d’une série qui dès le début avait su se démarquer de la concurrence…

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Un album signé David Chauvel et Jérôme Lereculey aux éditions Delcourt.

2 sur 5

7 Mages

7 – saison 3 – tome 17

7 mages couverture

Gasp ! On en est déjà au 17ème tome de cette ambitieuse collection lancée et dirigée par David Chauvel depuis 2007. Je n’avais pas vu le temps passer et redécouvre avec plaisir cette étonnante série.

Nous sommes au moyen âge dans le royaume de Cocaigne (en hommage à un célèbre titre d’Eric Clapton peut-être ^^) dirigé par le roi Féric que son frère Jean le Nécromant, assoiffé de pouvoir, veut renverser en lui expédiant une armée de Goules. Conseillé par l’esprit du dieu Herne, Féric fait appel à 7 mages issus de traditions diverses pour lui venir en aide et tenter de sauver le royaume.

Le graphisme est soigné, l’album est volumineux avec plus de 60 pages, la maquette toujours aussi élégante (j’adore les couvertures), pas de doute, on est dans la collection Sept qui propose à chaque fois un one shot mettant en scène 7 personnages issus de différents paysages. Ca demande pas mal d’imagination aux auteurs sélectionnés pour faire partie de cette aventure éditoriale. Pour les bédéphiles, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux auteurs à travers une collection éclectique.

Pour cette troisième saison, 7 mages sera suivi en 2016 et 2017 de 4 nouveaux albums : 7 héros, 7 Cannibales, 7 Athlètes et 7 Macchabées. On a hâte (surtout le dernier^^) !

7 mages planche

un album scénarisé par Serge Lehman, dessin de Emmanuel Roudier, colorisé par Simon Champelovier. Edition Delcourt.

3 sur 5

Relecture – Wollodrïn tomes 1 à 4

/!\ ATTENTION SPOILER INSIDE /!\

wollodrin-tome-1-couverturePartant sur le principe de diptyques qui suivent un fil rouge, je n’ai pour ma part lu que les 4 premiers tomes mais je peux d’ores et déjà affirmer que compte tenu de la prolifération des titres du genre fantasy dans laquelle je me suis (assez rarement il est vrai) aventuré, je tiens là une grande série qui tire son épingle du jeu et qui réussit à hisser le genre vers le haut.

Reprenant la plupart des codes du genre, c’est avant tout une série adulte pas du tout dans la lignée d’un Lanfeust de Troy qui privilégie l’humour et les calembours (mais j’aime bien quand même hein). On y trouve des guerriers, des gobelins, des nains et surtout de fantastiques Orcs, race qui trouve dans Wollodrïn une place de choix. De là à imaginer une histoire d’amour entre l’un d’entre eux et une humaine, il n’y a qu’un pas que David Chauvel franchit allégrement. BEeuuurk !..

wollodrin-tome-2-couvertureParlons de ces 4 premiers tomes alors. Le tome 1 (Le matin des cendres 1/2) démarre un peu comme dans le Seigneur des Anneaux du grand Tolkien. Un groupe de prisonniers se voit sauvé de la peine de mort par un homme qui leur propose de les évader en échange d’un petit service : récupérer une fillette prisonnière d’un clan Orc. Pas le choix, à part le gobelin qui rechigne, tous acceptent l’offre inespérée. Et plus fort encore, chacun semble prêt à respecter sa parole et à accomplir la mission une fois dehors. Rejoint en chemin par Maître Ebrinh, le groupe se compose du premier rétiaire Etzarn un soldat aguerri, Jokkï le nain, Maître Ivarr, Maître Rohrr, un gobelin et Onimaku seule femme à bord. Après un périple dangereux et spectaculaire (entre autre l’attaque de monstres), ils arrivent en territoire Orc et apprennent que l’ensemble des clans est sur le sentier de la guerre. A la fin de ce tome, les équipiers sont séparés au cours d’une violente escarmouche. Dans le tome 2 (Le matin des cendres 2/2), Ivarr, Onimaku et Etzarn prisonniers des orcs qui les mènent à leur grand rassemblement sont pistés par Ebrinh et Rohr qui tentent de les sauver. Jokkï a quant à lui disparu des radars. Le premier diptyque se clôt alors que Onimaku restée seule prisonnière des Orcs ne doit sa survie qu’au fait que le plus puissant d’entre eux – Hazngar – l’ait pris sous sa protection. Entre temps, Jokkï est finalement réapparu non sans avoir surpris une conversation bizarre entre Rohr et Ebrinh.

A ce stade, deux grandes questions restent en suspens : qu’arrive-t’il à Jokkï le nain qui se transforme en foudre de guerre lorsqu’il est en danger et que complotent Rohrr et Ebrinh dans le dos de leurs compagnons ?

Là ou j’aurai aimé avoir quelques réponses, David Chauvel prend le parti de changer de cap avec le deuxième diptyque. Les explications seront pour plus tard et je vais être obligé de lire la suite 🙂

wollodrin-tome-3-couvertureOn part donc pour une autre aventure (Le convoi 1/2) en 2 albums avec Hazngar l’Orc, sorte de Hulk invulnérable, et Onimakku l’ancienne scout de l’armée qui forment un duo – sinon un couple (BEeuuurk again !) – atypique. Par hasard, ils s’improvisent guides pour une colonie de mormons (le peuple d’Ernön en fait) en route pour le lointain pays d’Hingell. Mais quelqu’un semble bien décidé à les empêcher d’arriver à bon port. Ils sont alors obligés de faire une halte de ravitaillement dans la pire cité du coin : Egron Hel, un véritable coupe-gorge. C’est ici qu’Onimaku et Hazngar vont se retrouver coincés par une horde de zombies réveillés par de mystérieux cavaliers. Pour résumer rapidement si j’ai bien compris, le seul but de la manoeuvre était de permettre aux Akkräns – sortes de démons – de mettre la main sur les pouvoirs de Eekhlör la plus puissante sorcière encore en vie qui se cache à Egron Hel.wollodrin-tome-4-couverture

S’il n’y avait pas le dessin exceptionnel de Jérôme Lereculey (et la belle colo malgré quelques planches parfois très sombres) et le scénario plein de rebondissements et bourré d’action de David Chauvel, je dirai que ce deuxième diptyque aussi beau soit-il ne m’a pas complètement convaincu, la finalité étant très tirée par les cheveux.

Bref à ce stade, Wollodrïn ne m’a pas livré tous ses secrets et il va falloir que je me bouges pour connaître la suite et avoir des réponses aux questions restées en l’air. A l’heure où j’écris ces lignes, le tome 7 est annoncé pour mai 2016, le tome 8 en janvier 2017, le tome 9 fin 2017 et le tome 10 pour 2018 (source : BDgest). Autant dire que la série nous promet encore de belles heures de lecture. Rendez-vous ici dans quelques temps…

4 premiers albums scénarisés par David Chauvel, dessinés par Jérôme Lereculey, colorisés par Christophe Araldi et Xavier Basset aux éditons Delcourt.

Ca mérite au moins 4 étoiles pour cet excellent début. 4 sur 5

Aslak tome 4 – Le monde du rien

aslak tome 4 couverture

Lassé d’entendre toujours la même histoire au coin du feu, le cruel chef viking Waldemar ordonne à Skeggy et Sligand – les fils du conteur qu’il vient de tuer de rage – de lui rapporter des histoires inédites sous peine de voir Bathilde leur mère sacrifiée avant l’hiver prochain. Et il n’y aura qu’un seul gagnant ! Partis chacun de leur côté, les deux frangins, accompagnés de leur équipage respectif, finissent par se rejoindre pour affronter un monde inconnu.

Pour l’heure, tout ce petit monde espère bien trouver la sortie du Monde du rien, un univers glacé dans lequel les âmes mortes ont rendez-vous avec un drôle de créateur. Mais dans l’ombre, quelqu’un d’autre tire les ficelles…

Bon j’ai résumé rapidos en passant sous silence qu’en 3 albums il s’en est passé des vertes et des pas mûres ! Nos joyeux drilles ont déjà pas mal galéré dans ce monde d’heroïc fantasy. Ce 4ème opus ne déroge pas à la règle qui est de s’étriper dans la bonne humeur à grand renfort de giclées d’hémoglobine et d’engueulades sévères.

Très bien dessiné et très bien mené, Aslak se présente comme un très bon successeur de Lanfeust sur le même registre : aventure, action, fantasy et humour. J’oserai même pousser la comparaison avec Astérix par ses personnages singuliers et attachants. Des grandes gueules au comportement très gaulois qu’on apprécie par chez nous ^^

chroniques des tomes précédents (archives) : tome 1, tome 2, tome 3

aslak tome 4 planche

un album scénarisé par Hub & Fred Weytens, dessiné par Emmanuel Michalak, colorisé par Guillaume Grzeczka, édition Delcourt

3 sur 5