Confessions d’un enragé

one shot
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Fin des années 1970. Dans les rues de Rabat au Maroc, Liam, un petit garçon, est attaqué par un chat errant. Transporté d’urgence à l’hôpital, le diagnostic est sans appel : il a attrapé la rage. Gravement contaminé mais soigné à temps, Liam a frôlé la mort, mais sa vie s’en retrouvera changée à jamais. Hanté par le fantôme de ce chat, le jeune garçon va développer des capacités hors-norme, et une sauvagerie quasi animale…

Ouuaahhhh ! Le pitch était déjà accrocheur et prometteur mais rien que pour la couverture sublime, ça valait le coup de ne pas passer à côté de celui-là ! Au passage, c’est madame Otéro qui dévoile son talent. Magnifique.

C’est bien simple, ce one shot m’aurait presque mis la larme à l’oeil tant les histoires sur les enfances malheureuses m’émeuvent (l’effet Papa toussa…), c’est bouleversant. Et tant qu’à faire, je regretterai presque le happy end après avoir atteint des sommets dramatiques.

Heureusement que les interventions du toubib permettent de faire une pause dans les événements tragiques, ça permet de bien comprendre l’évolution de la maladie même si c’est parfois très technique.

Rien que le dessin d’Otero, j’adore, son graphisme est d’une efficacité redoutable. Vif et précis, son trait est aussi tranchant que le récit est poignant. L’explosion des couleurs et des effets au moment des crises apportent aussi leur lot d’émotions. Le fantastique n’est jamais très loin lorsque Liam se transforme petit à petit en illustrant le compte à rebours qui le rapproche d’une mort annoncée.

C’est mon nouveau coup de coeur du moment et j’espère que cet album ne passera pas inaperçu tant il est bourré de qualité.

Bravo l’artiste !

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un album signé Nicolas Otéro aux éditions Glénat dans la collection 1000 feuilles.

coup de coeur

Veil

(one shot)

Veil

Une jeune femme nue et amnésique sort du métro et erre dans les rues. La magnifique créature se met alors en quête de son identité et de son passé sans vraiment savoir à qui se fier. Ce qui est sûr c’est que tous les hommes qu’elle croise sont prêts à lui donner un coup de main !  Dante est sans doute le seul à lui témoigner de l’amitié mais ils ignorent tous deux que des forces bien plus puissantes veulent mettre la main sur Veil.

Découvert sur BDouebe grâce à l’excellente série futuriste Lazarus, le scénariste de Portland Greg Rucka s’essaye ici au registre horrifique pour un one shot plaisant à lire mais dont l’impact est avant tout à chercher du côté graphique. Scénes spectaculaires, cadrage ciné, beaucoup de couleurs, style personnel et boucherie sanglante sont de rigueur.

Un comics fantastique vitaminé qui tâche un peu question héméoglobine ^^

Veil

scénario de Greg Rucka, dessin de Toni Fejzula. Editions Delcourt.

2 sur 5

Badlands tome 2 – Le danseur au grizzli

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Dans ce deuxième épisode sur trois au total, on retrouve la magnifique Perla (voir la planche ci-dessous ^^) accompagnée de Leonce, Sam et l’indien Meurs Longtemps en route pour une vallée perdue du nord-ouest américain à la rencontre d’une tribu indienne qui pourrait aider Perla à utiliser les artefacts laissés par son aïeul. Ils sont bientôt rejoints par Jeune-Saumon qui leur propose de les mener à bon port.

Western fantastique à base de légende indienne, Badlands vaut surtout le détour par son personnage féminin – Perla – charmante, courageuse et charismatique qui ne se laisse jamais compter. Au cours de ce tome, on assiste à une curieuse chasse à la baleine rendue spectaculaire par le graphisme fin et élégant de Piotr Kowalski qui nous offre de très belles planches tout au long de la balade au coeur de paysages sauvages et superbes.

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un album scénarisé par Eric Corbeyran, dessiné par Piotr Kowalski, couleurs de Aurore Folny, édition Soleil

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Collection Flesh & Bones – Sonar

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Troisième et dernier one shot dans la collection Flesh & Bones des éditions Glénat Comics en date, voici donc une aventure sous-marine intéressante. Des chasseurs d’épaves partent à la chasse au trésor au large de la Sicile pour tenter de retrouver le Sun Horse, un somptueux yatch de luxe disparu dans les années 60 et renfermant une collection inestimable d’objets d’art. Le plus curieux est cette espèce de croûte de roches qui recouvre entièrement l’épave la préservant miraculeusement intacte. Tout à leur joie, l’équipage ne semble pas remarquer dans un premier temps les étranges maux de têtes qui les affectent tour à tour ainsi que l’agressivité excessive qui les agitent. Ca finit par chauffer en cabine alors que cette découverte devrait être la chance de leur vie.

Ah surprise ! Je m’attendais à un bon gros mégalodon comme dans Carthago ou quelque chose dans le genre et pas du tout aux créatures qui finissent par pointer le bout de leur museau. Toute aussi effrayantes, elles n’en sont pas moins redoutables. Je comprends enfin le sens du titre. Je me suis moins attaché aux personnages que dans Bikini Atoll et c’est un peu dommage, je suis du coup moins sensible à ce qu’il leur arrive. Le dessin par ailleurs propre et précis fait aussi qu’on peine à les distinguer les uns des autres.

Néanmoins, dans ce genre archi balisé, le scénario entretient le suspense et l’ensemble fonctionne très bien apportant un nouvel ouvrage convaincant dans une nouvelle collection qui mérite de se faire connaître. Si les prochains tomes gardent le cap, je serai au rendez-vous sans problèmes.

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un album scénarisé par Sylvain Runberg, dessiné par Chee Yang Ong, collection Flesh & Bones, édition Glénat Comics

3 sur 5

Collection Flesh & Bones – Bikini atoll

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Un petit groupe de touristes débarque sur l’atoll Bikini (qui donnera son nom au célèbre maillot de bain deux pièces de ces dames et non l’inverse) pour quelques jours de vacances. L’occasion pour certains de faire de merveilleuses plongées sous marines sur un site qui regorge d’épaves en tous genres. Peuplée de centaines de requins, les eaux du Pacifique de ce côté là promettent également des sensations fortes. Mais le plus inquiétant reste de l’aveu de Malaval leur guide, l’histoire de l’atoll qui fut le théâtre de nombreux essais nucléaires pendant la seconde guerre mondiale avec des retombées radioactives fâcheuses pour les populations locales. Et si l’endroit est désert, est-il aussi sûr pour autant ?

Bin non évidement et contrairement à ce que semble annoncer la couverture et le pitch, la menace peut (aussi) venir de la terre ferme. Hin Hin !

Je ne vais pas bouder mon bonheur : j’ai beaucoup aimé. Même si la recette est connue, même si on sait grosso modo ce qui va se passer et qu’au final il n’y a pas de réelle surprise, la réalisation graphique et scénaristique est impeccable. On marche donc à fond. Le fait est qu’on a de toutes façons envie de savoir comment ça finit et qu’on va le lire jusqu’au bout avec beaucoup de plaisir. Il y a évidemment de la curiosité morbide derrière cette envie et ne le cachons pas un peu d’attirance pour les formes généreuses des personnages féminins. Ajoutons à ça le format pratique et le noir et blanc qui passe très bien (et même temps heureusement qu’on a pas la couleur car c’est très gore !) et on a un one shot très sympa à dévorer. Si j’ose dire…

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un one shot scénarisé par Christophe Bec, dessiné par Bernard Khattou, collection Flesh & Bones chez Glénat Comics

4 sur 5

Collection Flesh & Bones – Le signe

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Amis du fantastique bonjour ! Glénat Comics relance sa collection Flesh & Bones entamée il y a deux ans avec Sunlight de C. Bec et B. Khattou. Je l’avais d’ailleurs loupé et je compte bien me rattraper, cette collection me semble une bonne occasion de profiter du format comics dédié aux auteurs franco-belges.

On fait donc connaissance avec Alex Morsen un écrivain à succès promis à un bel avenir. Mais un grain de sable se glisse dans cette belle mécanique en la personne de madame Dever sa voisine du dessus qui massacre son piano toute la sainte journée. Du coup Alex n’y arrive plus. L’inspiration le fuit et il devient jour après jour de plus en plus aigri. En tombant sur un vieux livre traitant des sciences occultes, il a l’idée de lui jeter un sort sans trop y croire. Quelques jours plus tard, monsieur Dever lui apprend que sa femme est morte renversée par un chauffard. Etonné, attristé mais soulagé, Alex se sent enfin libre. Mais le cauchemar commence…

Brrrr… le suspense monte crescendo dans ce roman horrifique et bien aidé par le noir & blanc aux aplats noirs prononcés, la tension est maintenue tout du long. A ne pas lire le soir au coin du feu 🙂

Alléché par une très belle couverture en couleur, cette première expérience de Flesh & Bones est plutôt réussie et m’encourage à attaquer les deux autres titres parus simultanément. Je ne suis pourtant pas trop fan du genre fantastique mais ça m’a bien botté.

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un one shot scénarisé par Philippe Thirault, dessiné par Manuel Garcia, collection Flesh & Bones chez Glénat Comics

3 sur 5

Zombies tome 4 – Les moutons

Zombies tome 4 couverture

Après 3 premiers albums de grande qualité, un nouveau cycle prometteur s’ouvre au pays des zombies. On démarre par un flashforward (un bond en avant) d’une trentaine d’année où l’on découvre un monde ravagé, post-apocalyptique dans lequel un homme entièrement masqué remercie les mort-vivants pour les protéines qu’ils lui fournissent (Gglllp !) et se présente comme une sorte de messager. On n’en saura pas plus à son sujet.

24 ans plus tôt, on retrouve Clay, l’inventeur de l’onde qui repousse les zombies, à Salem à la tête d’un petit groupe de survivants qui compte dans leur rang quelques scientifiques espèrant encore expliquer comment tout cela est arrivé. Tandis que Clay s’envole pour l’Islande rencontrer d’autres survivants, un autre groupe s’aventure sur une île où une petite communauté vit en autarcie sous l’autorité de Joseph une sorte de prêtre. Josh – le fils adoptif de Sam – qui les accompagne ne tarde pas à découvrir ce qu’ils cachent !

L’orientation de ce nouveau cycle très attendu par ce Walking Dead « à la française » est un peu différente de ses prédécesseurs et d’autres pistes sont explorées. Ca change un peu mais c’est toujours aussi bien foutu. Le dessin de Sophian Cholet se bonifie et on sent Olivier Péru très à l’aise et très inspiré pour se lancer dans une nouvelle saison. Comme d’habitude ça se finit sur un nouveau mystère qu’on subodorait depuis le début pour allécher le lecteur. Le résultat est convaincant et j’attends d’ores et déjà la suite avec impatience.

Si comme moi, vous n’avez pas le courage de vous (re)lancer dans la version américaine (hé il y a maintenant plus d’une vingtaine d’albums de Walking Dead), lancez-vous dans Zombies, vous vous régalerez ! Et je pense que c’est même mieux 🙂

-> lire les chroniques du tome 1, tome 2, tome 3 dans les archives

Zombies tome 4 planche

un album scénarisé par Olivier Péru, dessiné par Sophian Cholet, couleurs de Jean Bastide, édition Soleil

3 sur 5

Alice Matheson tome 3 – Sauvez Amy

Alice Matheson tome 3 couverture
Alice Matheson tome 3 couverture

Diplômée en chirurgie, Alice Matheson n’est pourtant qu’une simple infirmière au sein du St Mary’s Hospital dirigé par Morgan Skinner. Très appréciée pour son travail irréprochable, ses collègues lui reprochent pourtant d’être d’une froideur …glaciale (hé ouai !). Et pour cause, madame est sociopathe et n’est pas là pour batifoler mais pour se faire plaisir en tuant ses patients qu’elle regarde mourir.  Pour le moment, l’hôpital et la ville de Londres ont bien d’autres chats à fouetter face à une horde de zombies qui envahissent les rues. Les enquêteurs pensent que l’épidémie vient du St Mary’s et certains chercheurs sont soupçonnés. Alice passe donc pour le moment presque inaperçue – même si son  attitude fait débat – et profite de ses congés bien mérités après deux albums pleins pour étudier dans son labo secret ces fameux mort-vivants. Elle espère les guérir pour sauvegarder son passe-temps favori. Mais Amy, une vieille copine l’appelle au secours et ses ennuis recommencent.

Je ne l’avais pas vu venir le retournement de situation. J’aurai bien dit « bien joué le scénario » mais à bien y réfléchir c’est quand même capillotracté, n’empêche la scène permet de se faire plaisir face à ses deux bombinettes très court vêtues enfermées dans une cave. Le retour d’Amy dans la vie d’Alice provoque des souvenirs chez notre infirmière qui se souvient maintenant avoir été recueillie par la plus grosse fortune d’Ecosse après la mort de ses Bonnie and Clyde de parents.

Le 4ème de couverture annonce la série en 6 tomes avec – cool ! – un rythme de parution élevé, un album tous les 6 mois, et un donc un changement de dessinateur à chaque fois. Non sauf là, Zivorad Radivojevic s’y colle une seconde fois et son trait aiguisé et précis me parait très efficace pour une série de ce genre. Je ne sais pas si c’est voulu mais Alice ressemble de plus en plus à Carmen Mc Callum et ça me plait bien.

Alice Matheson tome 3 planche
Alice Matheson tome 3 planche

album scénarisé par Jean-Luc Istin, dessiné par Zivorad Radivojevic, colorisé par Digikore Studios, édition Soleil

3 sur 5

chronique du tome 1 (archives)

chronique du tome 2 (archives)