Ghost Money tome 5 – Le Black Cloud

ghost money tome 5 couverture
C’est dans l’Enclave, une zone sans État ni droit, située dans une vallée d’Asie centrale, où s’épanouissent les pires turpitudes du monde, que vont se dénouer les intrigues qui entourent Chamza et Lindsey. Dans cet ultime épisode, tout s’explique : l’argent fantôme, le Black Cloud, le trésor du 11-Septembre, le rôle de la CIA, etc.

La voila enfin la conclusion de cet atypique thriller politico-financier d’anticipation. IL aura fallu plus de 2 ans aux deux auteurs pour révéler à leurs lecteurs impatients la provenance de la fortune de Chamza Azimatova.

Ca demande de la concentration, du calme et de la réflexion pour mériter Ghost Money. En prévision de cet ultime opus, j’avais pris la précaution de relire les 4 premiers épisodes et si j’ai bien compris le contexte et les enjeux, les circonvolutions du scénario me laissent toujours dubitatifs En clair malgré mes précautions, tout ne me parait pas limpide. De même que l’excellente postface de Thierry Smolderen qui, en éclairant le lecteur sur la motivation et les conditions dans lesquelles ont été réalisée cette saga, m’a elle aussi parue complexe à lire. Intellectuellement un cran au dessus de moi disons…

Grâce à cette postface, on comprend tout de même que les auteurs se sont donné du mal et au vu du résultat sur les 5 albums, peu de lecteurs devraient être déçus. On connait la vérité, on a droit à une bonne surprise – heureusement c’eut été trop facile – et le background futuriste omniprésent (les décors, les détails technologiques) participe à une ambiance particulière originale et très plaisante. Partant d’une question (qui semble) bien réelle (le trésor du 11 septembre), Ghost Money invente une histoire qui s’inspire de faits réels lui donnant un accent de vérité évident. Ce que j’en retiens surtout à la lecture de ce tome 5, c’est le comportement inacceptable et dramatique du gouvernement Bush à travers l’évocation de l’affaire Snowden, la guerre en Irak, l’espionnage à l’échelle internationale et tutti quanti.

Je l’avoue, j’ai été tenté de renoncer à ce final, aujourd’hui je ne le regrette pas, bien que certains passages restent inexpliqués (une prochaine relecture corrigera le tir), l’ensemble se tient bien. Au final, j’apprécie Ghost Money pour son ambiance sophistiquée, son dessin élégant, son côté  futuriste, ses personnages féminins, son ancrage dans la réalité et je recommande la série.

J’oubliais : la fin très surprenante ouvrirait la perspective d’une suite…

ghost money tome 5 planche
ghost money tome 5 couverture

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

4 sur 5

Ghost Money tome 4 – La prisonnière Tashkite

ghost money tome 4
Ce quatrième épisode de Ghost Money se déroule après l’attaque de Dubai. Chamza se réfugie en République tashkite sous la protection du président Azimatov. Elle emporte avec elle une valise « oubliée » en France depuis vingt ans et qui contient peut-être le secret de l’immense fortune léguée par sa mère. Chamza se croit à l’abri des services d’espionnage qui l’accusent de financer le terrorisme international, mais elle déchante très vite. Car la colère d’un dictateur omnipotent qui se sent trahi par sa fille peut se révéler plus dangereuse que tous les coups tordus des espions de la CIA…

Le décor change : après avoir pris le soleil à Dubaï, on plonge dans le froid glacial d’un kolkhoze sinistre mais ce qui me gène c’est de nouveau cette impression d’être un peu largué, ce 4ème épisode se remet à brouiller les pistes alors que le tome précédent avait calmé le jeu et avait relancé mon intérêt.

Ghost Money n’est pas aussi facile à suivre, l’intrigue est simple mais son déroulement passe par de nombreux tours et détours. Il sera toujours temps de recoller les morceaux lors de la lecture de la conclusion du 5ème et dernier tome.

Au chapitre du graphisme, si Dominique Bertail réalise du bon boulot grâce notamment à ses couleurs particulières qui donnent toute son élégance à la série, je me dis qu’il a dû se sentir à l’étroit dans ces cases souvent trop petites.

Un peu circonspect devant cette histoire compliquée, ce 4ème album m’a néanmoins séduit de par quelques belles séquences futuristes et par un esthétisme soigné, couverture en tête. Il n’y a aussi qu’à voir la planche ci-dessous pour se faire une bonne idée de la qualité graphique.

ghost money 4

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

3 sur 5

Ghost Money tome 3 – Mourir à Dubaï

ghost money tome 3

Sympa cette couverture, elle résume à elle seule la situation : Lindsay meurtrie (à la chemise ensanglantée) courant – implurant presque – une Chamza indifférente qui n’a d’yeux (c’est le cas de le dire) pour son bel émir des lumières. Le tout sous le regard d’un Burj Khalifa dont la façade explose.

Tandis que Lindsay tente de sauver sa peau au milieu du chaos, la relation amoureuse entre Chamza et Umar semble s’obscurcir, ce dernier ayant reçu un message qui refroidit ses ardeurs envers sa dulcinée. Les américains sont au courant de l’existence de la valise qu’a laissé la mère de Chamza à sa fille et ils veulent absolument mettre la main dessus, elle contient peut-être l’explication au sujet de cette immense fortune dont elle a hérité.

Passé les quelques efforts de compréhension, ce 3ème tome se révèle plus facile à lire, notamment parce que l’on connait mieux les personnages et certains enjeux tout en conservant une bonne partie du mystère. Les nombreuses scènes d’action laissent de toutes façons peu de temps au lecteur pour gamberger. Si les motivations des américains ne sont pas toujours clairs, le rôle de Chamza et d’Umar se clarifie et il n’est pas certain que celui que l’on croit coupable le soit plus que ça.

Un album plutôt sympa à lire qui relance mon intérêt pour la série.

ghost money tome 3

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

4 sur 5

Ghost Money tome 2 – les yeux de Chamza

ghost money tome 2Les américains ont enlevé Chamza en vue de lui implanter à son insu une caméra sur le nerf optique. Leur objectif : l’espionner pour tenter de découvrir l’origine de sa fortune qui serait liée au 11 septembre et en apprendre plus sur celui qui va devenir son amant, Umar dit l’émir des lumières, qu’ils soupçonnent de terrorisme. Leur ruse remplit tous leurs espoirs mais à leur grande surprise le Burj khalifa de Dubaï est la cible d’un attentat spectaculaire de la part d’un groupe jusque là inconnu…

Sur un thème plutôt porteur et source de nombreuses interprétations et fantasmes au sujet du trésor d’Al Quaida, Ghost Money n’évite pas la complexité sitôt qu’il s’agit d’espionnage et de politique internationnale et il n’est pas toujours aisé de bien comprendre les objectifs de chaque personnage. Perso, je prends le parti d’essayer de suivre en me disant que d’ici la lecture du 5ème et dernier tome, certaines réponses seront apportées.

En suivant le fil conducteur, on a droit à quelques histoires intéressantes sur la vie mouvementée des personnages, à commencer par Kendricks dont l’équipe de choc comporte quelques cas spéciaux pas piqués des hannetons. Aucun risque d’éprouver de l’empathie envers ces deux tarés. La pauvre Lindsay semble être la plus sympa de tous mais elle va payer très cher son amitié avec Chamza.

Elegante et sophistiquée, la série affiche une identité visuelle évidente, je regrette à nouveau une trop grande densité dans les planches qui oblige souvent à lire des cases trop petites…

ghost money tome 2

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

3 sur 5

Ghost Money tome 1 – La dame de Dubaï

Ghost Money tome 1

2020 : vétéran de la lutte anti-terroriste des années 2000, Kendricks recompose son ancienne équipe en vue d’une mission d’infiltration d’une nouvelle menace nommée l’Emir de Lumière. Son objectif : Chamza une jeune milliardaire qui présente toutes les qualités d’une trésorière occulte. La tâche s’avère difficile pour lui, non pas qu’il manque de moyens (l’administration conservatrice lui a donné carte blanche) mais ses ex-collègues ne sont pas du genre facile. Entretemps, Chamza rencontre Lindsay qu’elle va entrainer dans toutes ses escapades à travers le monde. Une relation forte va se nouer entre les deux jeunes femmes…

Après la catastrophe du 11 septembre 2001 à New York, Ghost Money pose la question des gigantesques profits engrangés par des petits malins qui ont spéculé à la bourse dans les heures qui ont précédé l’événement. Et Chamza la mystérieuse milliardaire se retrouve naturellement dans leur collimateur.

Mêlant habilement espionnage, terrorisme et finance, l’histoire s’avère des plus intéressante et très bien construite. Bien mené, le rythme est là et les personnages se mettent en place rapidement. L’idée d’introduire un début de relation amicale (amoureuse) entre les deux jeunes femmes permet de pénétrer l’intimité d’une femme soupçonnée d’être à la tête du trésor d’Al Quaida. A propos d’intimité, la suite osera franchir un sacré pas, j’y reviendrai. ^^

Dès la couverture, il se dégage une certaine classe de ce premier album pour autant je ne suis pas convaincu par le dessin, notamment le fait que certaines cases me semblent trop petites pour être suffisamment lisibles et un encrage un peu épais à certains moments. Mais d’une manière générale, les planches sont de belles factures.

Vu son sujet et vu l’effort fait sur le graphisme, Ghost Money présente toutes les caractéristiques d’une série à suivre…

Ghost Money tome 1

un album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

3 sur 5