Homicide – tome 1

Une année dans les rues de Baltimore, 18 janvier-4 février 1988

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Philipe Squarzoni est un auteur que je découvre seulement maintenant bien que j’ai souvent entendu parler de lui. Il est l’auteur de plusieurs BD remarquées chez les Bédéphiles telles que Saison brune en 2012 extrêmement bien notée chez BDgest. Je la lirai sans doute un jour…

Aujourd’hui, il sort un premier tome d’une série dans laquelle il adapte le roman éponyme de David Simon qui a déjà inspiré la série TV The Wire.

Nous sommes en 1988 à Baltimore dans le Maryland, ville qui compte 240 meurtres par an et dont les enquêtes sont confiées aux 36 inspecteurs de la Brigade des Homicides.

Ce n’est pas une histoire avec un début et une fin mais une plongée en mode documentaire dans le quotidien plutôt sordide et glaçant d’un groupe de fonctionnaires qui bizarrement semblent faire du bon travail. Et ce malgré un environnement pénible et une pression hiérarchique. constante. Je dirai même qu’ils aiment leur drôle de travail.

Le propos est factuel, le dessin austère et précis, la colo discrète mais judicieuse, pour l’instant ce premier tome se lit avec curiosité et intérêt pour qui aime le polar et le vécu. Ce n’est pas folichon question action mais le but est de coller à la réalité et l’objectif est atteint : suffisamment accrocheur pour espérer une suite rapidement avec pourquoi pas une enquête sur un meurtre un peu moins banal que d’habitude dans les rues de Baltimore…

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un premier tome signé Philippe Squarzoni (dessin et scénario) et Drac (couleurs) aux éditions Delcourt.

3 sur 5

 

 

Chantier interdit au public

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Après le porno, ce deuxième tome de la collection Sociorama (issue de la rencontre entre bande dessinée et sociologie) édité chez Casterman s’intéresse à nos chantiers et plus particulièrement à leurs ouvriers. Ancrés dans la réalité du terrain, les auteurs veulent nous montrer ce qui se passe derrière les palissades d’un chantier de construction.

Et ce n’est pas rose ! Recommandé par Soleymane – que tout le monde ici appelle Sekou, le prénom inscrit sur ses faux papiers – le jeune Hassane s’improvise ferrailleur en se faisant embaucher sur le même chantier que son ainé. Un lundi matin pluvieux, sa boite d’interim judicieusement (??) appelée « pauvre comme Job Interim » – en fait j’ai pas bien compris si c’était une blague ou pas (sic) – l’expédie faire ses premières armes. Il découvre alors les coulisses de la dure vie des ouvriers.

Didactique, tragique, quelque fois drôle ou émouvant, la lecture n’est pas de tout repos, on y découvre les cadences infernales, l’absence de sécurité, les engueulades terribles, les payes misérables de ces forçats du bâtiment qui n’ont aucune autre alternative que de survivre en ployant l’échine sous la dictature des chefs. La différence de traitement entre eux (intérims et sous traitants) et les salariés embauchés est démontrée à tous les niveaux jusqu’aux pauses déjeuner où l’on ne se mélange surtout pas.

Si ce petit bouquin apporte un éclairage instructif mais effrayant sur la vie des chantiers, il aurait mérité un meilleur traitement graphique. Parce que là franchement : c’est moche de chez moche, on dirait le story-board…

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un one shot réalisé par Claire Braud d’après une enquête de Nicolas Jounin, édition Casterman, collection Sociorama

2 sur 5

La fabrique pornographique

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Histoire de ne pas passer inaperçue, la nouvelle collection Sociorama de Casterman commence fort avec un sujet qui provoque tout de suite la curiosité. Entre la couverture et le dos de ce premier petit bouquin, on comprend qu’il ne faudra pas le mettre entre toutes les mains. Ici on fait dans le porno, on en parle et on le montre.

Malgré ce que peuvent croire certains esprits grincheux, ce n’est pas graveleux et voyeuriste, le ton est sans tabou pour faire comprendre au grand public ce que serait le porno. Je dis « serait » parce que personnellement, je doute que les choses se passent dans le velours comme on nous l’explique ici. La plupart de ce qu’on peut voir sur internet laisse quand même penser que ce n’est aussi bon enfant, notamment le traitement de la femme prise la plupart du temps comme un jouet pour ces messieurs.

Le ton est léger, l’humour présent, l’ambiance bon enfant, bref c’est assez savoureux et entre deux scènes « hot », les personnages expliquent tour à tour aux lecteurs leur parcours, leurs fantasmes, leurs envies et aspirations. Le dessin minimaliste de Lisa Mandel participe grandement à la dédramatisation de cette activité particulière.

En somme, c’est didactique, intéressant mais je reste interrogateur sur la bonne humeur et la camaraderie qui semble animer ce milieu. J’y crois qu’à moitié. Si c’est aussi cool que ça, je vais peut-être m’y mettre ^_^

L’idée d’une collection basée sur l’étude sociologique est bien vue et d’autres titres sont prévus. Le prochain sera consacré aux chantiers, j’y reviendrai dans peu de temps…

un one shot réalisé par Lisa Mandel d’après une enquête de Mathieu Trachman, édition Casterman, collection sociorama

3 sur 5