Un bébé à livrer

one shot de Benjamin Renner chez Delcourt (collection Shampoing)
un bébé à livrer de Benjamin Renner
un bébé à livrer de Benjamin Renner @DelcourtBD

ça faisait quelques semaines que je n’avais pas mis à jour le blog et pour ma première chronique 2019 rien de tel qu’une comédie animalière. Et on la doit à Benjamin Renner, l’auteur du Grand Méchant Renard sorti en 2015, tiré à plus de 150 000 exemplaires et lauréat de plusieurs prix (Prix des lecteurs du Journal de Mickey, Prix de la BD Fnac et Fauve jeunesse à Angoulême l’année suivante). Un énorme palmarès et accessoirement une des BD les plus drôles que j’ai lu.

En fait ce Bébé à livrer n’est pas une nouveauté puisque paru en 2012, cet épais petit album (bizarre à dire hein?) a été nominé (déjà !) dans la série des Incontournables d’Angoulême. Et Delcourt a la bonne idée de le ressortir maintenant (enfin novembre 2018, j’ai du retard).

Revenons au sujet. Une cigogne un peu conne se pète une aile et atterrit pile poil à côté d’un lapin débile et d’un canard mongol. Et comme il partait en livraison, le duo de choc récupère un bébé qu’il va devoir apporter à ses parents. Heureusement, le cochon un peu moins glandu leur file un coup de main. Direction Avignon. C’est le début d’un road trip mouvementé à travers le pays en compagnie d’une bande de bras cassés qui m’a encore une fois bien fait marrer.

J’ai retrouvé avec plaisir les personnages attachants du petit monde animal de ce spécialiste de l’animation qui a le sens du rythme et de l’humour.

un bébé à livrer de Benjamin Renner
un bébé à livrer de Benjamin Renner @DelcourtBD

Pataquès : l’humour qui prend aux strips

Pataquès - Nouvelle collection humour des éditions DelcourtCet été sont sortis des usines Delcourt les premiers albums de la collection Pataquès dirigée par l’excellent James (présentée ), auteur très apprécié sur BDouebe pour  Amour, Passion et CX Diesel et Dans mon Open Space.

Le concept porte sur je cite : « un humour contemporain, des formes courtes et un esprit d’équipe. »

Je me demande surtout si ce n’est pas l’occasion offert à une bande de potes de se lâcher et de se marrer.

J’ai eu la chance de lire les premiers.

A commencer par Pan ! T’es mort ! de Terreur Graphique et Guillaume Guerse. Un petit bouquin tout carré d’une centaine de pages au format gaufrier reposant sur le principe « d’un mort minimum par gag ». Certains déchirent vraiment, d’autres pas du tout et certains un peu. J’aime bien le côté gore et décalé que je rangerai volontiers à côté de Grotesk  d’Olivier Texier ou de Macadam Valley de Ben Dessy.

On change de registre avec le loufoque, original et très contemporain Team Melluche d’Hervé Bourhis, un autre auteur que j’aime bien aussi (Naguère les étoiles, la main verte ou le Teckel). Scénariste, dessinateur, illustrateur, il sait tout faire et nous offre dans le même format que précédemment une virée chez les hipsters millénials macronistes. Je ne résiste pas à vous citer le pitch de l’éditeur qui vaut son pesant de quinoa : « Dans une ambiance de co-working à la campagne, de jeunes étudiants vont brainstormer en mini-teams de trois pour trouver des concepts novateurs au service de leur champion, Prez Macron. Marie-Tajine, Chislain et Luc-Cinpa, après avoir découvert Mélenchon sur Internet montent une Team Méluche pour synergiser les Insoumis avec les Walkers, une sorte de dusion-acquisition pour uberiser le chavisme. »

Moi non plus je n’ai rien compris et j’ai envie de mettre des baffes à tous ces parisiens cons qui m’énervent mais Hervé parvient à me faire rire avec cet espèce de vide inter sidéral dans lequel vivent certains de nos contemporains.

Après cette bonne mise en bouche, on passe aux choses sérieuses avec Amour, Djihad & RTT de Marc Dubuisson. Curieusement, on abandonne le format carré mais on s’en fout, on est entre potes et on fait ce qu’on veut. C’est celui qui m’a fait le plus marrer, rien que la couv’ est hilarante. Si le dessin minimaliste est parfaitement suffisant, je me demande si James n’a pas « oublié » de mettre son nom à l’affiche tant on sent son influence dans les dialogues, le sens de la répartie et l’ambiance « bureau » qu’il dépeint si bien dans son Open Space. Ce 3ème opus est en tout cas mon préféré pour le moment.

Et ce n’est pas les Aventuriers du Mekong qui va bousculer mon classement. Si Guillaume Guerse et Marc Pichelin nous envoient au Laos dans la version potache d’une aventure de Spirou et Fantasio, le comique de répétition a fini par m’ennuyer malgré quelques bons passages et un graphisme que j’aime bien. L’idée est d’emmener deux bons vieux losers au Laos persuadés qu’ils vont ramener un docu-BD que les éditeurs vont s’arracher.

J’attends les prochains albums de cette belle collection.

Pataquès - Nouvelle collection humour des éditions Delcourt

M.O.R.I.A.R.T.Y

Tome 1/2. Empire Mécanique
Moriarty tome 1 couverture
Dans une fumerie d’opium londonienne, un monstre est abattu par la police de 7 balles dans le corps. Au club Diogène, un enquêteur et son partenaire contrecarrent les plans machiavéliques d’un automate joueur de cartes. Ce soir-là, l’alter ego du monstre sortira indemne de l’hôpital et l’enquêteur sera chargé d’une nouvelle affaire. Ils s’appellent respectivement docteur Jekyll et Sherlock Holmes. La messe est dite…

Signée Nicolas Siner, la couverture est sublime mais ça s’arrête là car à l’intérieur les planches de Stevan Subic ne m’ont pas du tout plû. Je n’aime ni le trait  ni les couleurs sombres ni le lettrage ni les bulles carrées.

C’est une enième histoire de Sherlock Holmes – certes scénarisée par deux pointures du 9ème art – proposée là et perso je n’aime ni le personnage, ni l’époque, ni l’ambiance steampunk.

Je vais être bref, je n’ai pas du tout aimé, c’est un mauvais choix de ma part mais il est fort probable que les fans du détective y trouvent leur compte.

Moriarty tome 1 planche

un album édité par Delcourt.

 

Wonderball – tome 5

L’apiculteur

5 ans, 5 albums, des auteurs prestigieux, depuis le début, chaque tome de Wonderball est attendu avec impatience, ce cinquième et dernier tome conclut l’aventure.

Pour bien faire, il faudrait que je relise les 5 album pour faire une chronique digne de ce nom mais par flemme manque de temps, je me contenterai de me féliciter de ne pas être passer à côté de cette série géniale et je féliciterai les auteurs pour leur travail de pro.

Achetez la série les yeux fermés et lisez la d’une traite, vous allez vous régaler !

Criminal – tome 7

Je croyais la série terminée moi qui ai parcouru pas mal de bouquinistes pour m’offrir les 6 premiers tomes, mais non Brubaker et Philips avaient encore quelques idées à mettre sur papier.

Je n’aime pas les comics en général mais Criminal est l’une des très rares séries qui m’ont plu outre-atlantique. Pas de super-héros en collant, pas de gloriole américaine que je conchie mais seulement du polar bien noir qui se déroule du mauvais côté de la justice.

Construit sur deux récits imbriqués, ce tome 7 s’intéresse de nouveau à la famille Lawless des années 70. En 1976, Teeg Lawless est en prison avec un contrat sur la tête et en 1979, on le retrouve pour un road trip en compagnie de son fils Tracy.

L’occasion de retrouver l’ambiance poisseuse de Criminal ne se refuse pas et je ne me suis pas fait prier  pour replonger. Original, bien construit, bien dessiné, je vous le recommande chaudement.

Notes – tome 11

Il revient à peu près tous les ans avec un nouveau tome de Notes, Boulet le bloggueur le plus célèbre de la planète BD est à l’affiche de ce tome 11 paru au mois de mai.

Sous forme d’historiettes, il disserte au gré des ses pensées sur des thèmes aussi variés que le fonctionnement de notre cerveau, les pénibles séances de dédicaces, ses voyages à l’étranger ou dans la rue, les problèmes de tous les jours et les contes de fées.

Bref tout ce qui lui passe par la tête nous donne l’occasion de réfléchir, apprendre, se souvenir, philosopher, se moquer (un peu) et surtout de se marrer !

Intelligent, fin observateur, soucieux des détails, curieux, doté d’une imagination fertile, d’un solide esprit d’auto-dérision et d’un humour mordant, Boulet est le témoin de notre époque qu’il parcourt plein de curiosité

comme d’hab, un nouvel opus sympatoche !

Le guide du mauvais père – tome 4

c’est dommage qu’il ne  voyage plus Guy Delisle, j’aimais beaucoup ces trop rares BD issus de ses différents périples. Que ce soit en Israël (Chroniques de Jérusalem), en Birmanie (Chroniques birmanes) , Shenzen ou Pyongyang, ces chroniques me manquent un peu.

Alors en attendant une destination plus exotique, l’aventure est au coin de la rue comme on dit ou plutôt à la maison. Et il s’intéresse donc à sa jeune progéniture. Ses enfants quoi.

C’est drôle, tendre, bien vu et chaque père retrouvera dans ces saynètes la vraie vie, celle de tous les jours, celle que finalement on aime quand on a la chance d’être heureux en famille.

Naguère les étoiles – tome 5

Avant naguère

Naguère les étoiles tome 5 couverture

Décidément, je ne suis pas super gâté pour ma lecture dominicale car après le pénible Emma G. Wildford, voici le retour de Naguère les étoiles moyennement en forme.

J’avais adoré les 3 premiers tomes très drôles, loupé le tome 4 on se demande comment, mais là ce tome 5 est peut-être le moins bon.

Ok j’ai volontiers souris à certains gags mais plus la lecture avance plus j’ai l’impression que les auteurs sont à cours d’idées et peinent à en voir le bout.  Au point de se poser carrément la question dans le gag 46…

Je vais aller chercher le tome 4 histoire de compléter ma collec’ en espérant qu’il soit meilleur. Très déçu je suis…

Pour finir, ne vous fiez pas à cette maudite chronique qui noircit le tableau, la série Naguère les étoiles est ce qui se fait de mieux dans la parodie de Star Wars. Si vous aimez le concept, il y a aussi les excellents bouquins de Thierry Vivien tels que Yodablog et la revanche du retour et consorts.

Et plus largement, je recommande tous les titres de la collection Shampooing chez Delcourt qui sont quasiment toujours gage de bonnes BD d’humour qu’on aime lire et relire…

Naguère les étoiles tome 5 planche

un album signé Hervé Bourhis (scénario) et Rudy Spiessert (graphisme). Editions Delcourt.

Serum

one shot

Sérum couverture

Il fait la gueule sur la couv’ Kader. Pas très jouasse le gus. Faut dire que la vie dans ce Paris en 2040 n’a rien de bandant. Découpée en zones, délimitée par des checkpoints, la capitale française a des allures de prison et les parisiens ne sont que des ombres qui dès l’heure du couvre-feu rentrent rapidement dans leurs terriers.

Naguère Kader a fauté et la sanction a pris la forme d’une injection de Zanadrine, une drogue qui l’empêche de mentir. Pas facile d’avoir une vie sociale avec cette merde dans les veines. Entre son boulot de contrôleur au parc éolien et ses nocturnes sur holoporn, Kader se demande s’il ne vaut pas mieux en finir. Mais des événements vont faire qu’il va être entraîné malgré lui dans des actions terroristes…

Pas folichon tout ça mais grâce à un dessin simple et un ton sec, le lecteur a vite fait de sentir qu’il assiste à quelque chose qui pourrait préfigurer son propre futur. Une société malade de ses mensonges qui érige la vérité en valeur absolue. Mais si des activistes courageux se rebellent tout pourrait bien exploser. Mais la manière choisie est-elle la bonne ? Pas si sûr !

A vous de voir, mais avant tout lisez vite ce très bon récit d’anticipation !

Sérum planche

un album signé Cyril Pedrosa (scénario) et Nicolas Gaignard (dessin & colo). Edition Delcourt.

Soleil Froid – Tome 2

L.N.
soleil froid tome 2 couverture
Voici la suite de l’intrigue, où Jan, un des seuls rescapés après la mutation du virus de la grippe aviaire, parvient à rejoindre une communauté à Lyon, dix ans après l’épidémie. Mais, alors qu’il croira pouvoir y trouver une sorte de salut, il se sentira finalement encore plus seul et perdu, et devra échapper à d’étranges et redoutables hommes armés qui en veulent à sa vie…

Un 2ème tome qui enfonce le clou ! J’avais beaucoup aimé le premier, cette suite confirme ma première bonne impression.

Un dessin chouette, une trame assez simple, un thème que j’aime dans une ambiance de fin du monde à la Mad Max. Jean-Pierre Pécau fait avancer son intrigue avec pas mal d’explications sur ce qu’il s’est passé sur Terre.

A priori, Jan n’est pas blanc-bleu et traine un lourd passé dans l’armée. S’il reste sympathique dans son duo avec Marguerite, l’homme passe pour un salopard et ne doit sa survie qu’à sa parano en nous emmènant sur des chemins dangereux.

Suspense et action saupoudrés de quelques traits d’humour, la recette est efficace, je suis prêt à le suivre très loin si les prochaines albums s’avèrent tout aussi passionnants.

De la bonne BD pop-corn !

soleil froid tome 2 planche

une deuxième tome scénarisé par Jean-Pierre Pécau et dessiné par Damien. Editions Delcourt.

4 sur 5