Jolly Jumper ne répond plus

un one shot de Guillaume Bouzard

Jolly Jumper ne répond plus couverture

Deuxième album de la collection spéciale « Lucky Luke vu par… » et après Matthieu Bonhomme (L’homme qui tua Lucky Luke), c’est au tour de Guillaume Bouzard de s’attaquer au monument du 9ème art qu’est le plus célèbre cow-boy solitaire de l’Ouest. Et contrairement à son compère – et fidèle à ses habitudes – il choisit le registre de l’humour et de l’absurde.

On n’en attendait pas moins de lui. Le meilleur dessinateur du monde (dixit lui-même dans je sais plus dans quel bouquin) réalise une version de Lucky Luke désopilante.

En gros, Lucky Luke est chargé d’aider les Dalton à négocier la libération de Ma (Dalton, la mère) kidnappée par des foies jaunes. Mais le justicier a un autre problème plus urgent à ses yeux : son cheval Jolly Jumper ne lui adresse plus la parole ! Malgré tous ses efforts, son fidèle destrier l’ignore complètement.

Saillies verbales, quiproquos et bons mots fusent, Bouzard est en forme et ça se sent. Il prends un malin plaisir à se moquer de son personnage qui passe plus pour un abruti qu’autre chose. Il fallait oser mais ça vaut le coup, c’est très drôle ! Et tout ça en gardant une certaine tendresse et du respect pour le personnage.

Résultat : c’est un album que je relirai souvent et avec plaisir. Histoire de me marrer et de choper les petits trucs qui ont surement dû m’échapper.Jolly Jumper ne répond plus planche

un album signé Guillaume Bouzard chez Lucky Comics (Dargaud).

4 sur 5

Gérard

Cinq années dans les pattes de Depardieu
Gérard couverture
Mathieu Sapin rencontre Gérard Depardieu en 2012. Il l’accompagne en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule, que ce soit lors de tournages, au Portugal ou aux quatre coins de l’Europe, d’un voyage exceptionnel en Russie ou, tout simplement, d’un repas dans la cuisine de son hôtel particulier parisien.

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un Personnage ce Gérard Depardieu avec un grand « P ». Que l’on aime l’homme ou pas, il ne laisse personne indifférent. En tant que figure publique, on peut même le détester, la presse et les politiques ont à l’époque suffisamment commenté son changement de nationalité et ses amitiés russes. Notamment sa rencontre avec Vladimir Poutine. Il en parle dans le livre, il a été profondément blessé par les propos de Jean-Marc Ayrault alors premier ministre. Il n’a pas hésité à appeler François (Hollande) pour se plaindre. Huhu !

Je pense que quoiqu’on en pense, personne ne saurait mettre en cause son immense talent d’acteur et on ne peut qu’admirer sa capacité de travail. Le gars bosse tout le temps. Il l’expliquer d’ailleurs. La peur de s’ennuyer. Dès qu’il ne fait rien, il s’emmerde le Gégé.

Mais c’est aussi son immense solitude qui étonne, il a peur d’être seul et de se retrouver face à lui-même. Car il ne s’aime pas, il se déteste et ne supporte pas l’image qu’il voit dans la glace.

En cohabitant avec lui, Mathieu Sapin réalise là une oeuvre intimiste, réaliste et passionnante à la découverte d’un type pas comme les autres.

Excessif, épicurien, bouillonnant, cultivé mais aussi très attentif aux autres malgré les apparences, la vie de Gérard Depardieu valait le coup d’être racontée de cette manière. Sans filtre.

Pour mon anniversaire, on m’a fait là un super cadeau. Merci !

Du coup, je vais me pencher sur les autres titres de Sapin qui a fait la même chose à l’Elysée entre autres …

Gérard planche

un album signé Mathieu Sapin aux éditions Dargaud 

coup de coeur

 

Désintégration

Journal d’un conseiller à Matignon
désintégration couverture
Pendant dix-huit mois, Matthieu Angotti a travaillé aux côtés du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et c’est ce qu’il raconte ici, dans un récit percutant qui tente le pari fou de nous mettre dans la peau d’un conseiller politique.

Alors là, voila exactement le type de livre que je recommanderai à n’importe quel citoyen ! En cette période électorale, ça remet les fausses idées en place.

Si chacun s’imagine que le pouvoir est chose facile, il se trompe dans les grandes largeurs. En clair, ce témoignage en immersion dans les coulisses de la République apprend au lecteur que rien n’est plus compliqué que le système démocratique.

Ancien responsable associatif, Matthieu Angotti est nommé conseiller auprès du premier ministre. Après un premier succès sur le dossier de la lutte contre la pauvreté, il attaque le chantier de l’intégration en France. Sujet brûlant qui va provoquer des conflits dans les cabinets gouvernementaux.

On y découvre tous les rouages de la belle mécanique républicaine, des gens qu’on connait (ministres), ceux que l’on ne voit jamais (les conseillers, les secrétaires), bref tous ces gens de l’ombre qui font tourner la machine, des gens qui bossent comme des fous – enfin ceux dont le métier passionne et qui y croient – soumis à une pression terrible, au stress, aux luttes d’intérêts et aux journées interminables. heureusement qu’il y a des bons côtés.

C’est passionnant de bout en bout, très bien expliqué, Matthieu est un homme intègre, bosseur et droit. Il en oublie un peu sa famille mais tient le coup, entre succès, gloire et cruelle désillusion.

Graphiquement le travail de Robin Recht est parfait jusqu’au découpage des planches très original et parfaitement lisible, dotées d’une colo sobre très appropriée.

Un récit qui donne à réfléchir tout en instruisant. A découvrir sans tarder !

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un album réalisé par Robin Recht sur un récit de Matthieu Angotti, ancien conseiller du premier ministre Jean-Marc Ayrault à Matignon de 2012 à 2014. Editions Delcourt.

4 sur 5

Le Juge, la République assassinée tome 3/3

Chronique d’une mort annoncée
couverture Le Juge tome 3
Le 3 juillet 1975, à Lyon, le juge Renaud, qui enquêtait sur des dossiers, est assassiné de trois balles. Malgré les enquêtes, les soupçons, les théories parfois extravagantes, ce meurtre reste sans explication officielle depuis plus de quarante ans ! Grâce à un travail colossal de documentation et à l’aide du fils du juge Renaud ainsi que celle d’autres protagonistes, Olivier Berlion raconte dans cette passionnante trilogie les liens qui unissaient le milieu à certains hommes politiques. Cette histoire est aussi, tout simplement, celle de la faillite d’une justice restée sans réponse face à ce scandale. Le Juge se lit comme un polar implacable d’une très grande tenue.

Au début, je craignais un peu d’être perdu dans une histoire complexe avec de nombreux personnages, surtout dans le tome 1. Mais au fur et à mesure, l’histoire s’est fluidifiée sans jamais perdre de son intensité et de son intérêt.

Ce 3ème tome clôt un triptyque ambitieux magnifiquement réalisé par un Olivier Berlion précis et bien documenté. Je ne reviens pas sur le dessin dont je suis un fan inconditionnel.

Il en ressort un documentaire sérieux et didactique mené comme un thriller passionnant à suivre.

planche Le Juge tome 3

un album signé olivier Berlion. Edition Dargaud.

XIII Mystery – tome 10

Calvin Wax

XIII Mystery Calvin Wax

J’ai l’impression que c’est l’épisode qui va le plus loin dans l’intrigue principale de la série-mère.

Sous des allures un peu didactique, bavard, on est amené petit à petit et avec un intérêt grandissant au coeur du complot des vingt. Et cela même si on a oublié les détails de XIII.

C’est plutôt fort. Comme si à lui seul cet album justifiait tous les autres.

Nous faisons donc connaissance avec Calvin Wax, le plus proche conseiller du président William Sheridan. Celui qui reste dans l’ombre mais qui tire les ficelles. C’est en tout cas ce qu’il va raconter en détails à Wally Sheridan, le sénateur. Histoire de l’emmener exactement là où il veut.

Pas facile à résumer. Il faut le lire. Ne serait-ce que pour le plaisir de pénétrer les coulisses du pouvoir d’un côté et de profiter du très beau dessin de Corentin Rouge dont on vient de parler pour Rio.

Et le scénario est signé Fred Duval, le papa de Travis, Carmen Mc Callum et plus récemment co-auteur de Wonderball. Bref du sérieux et du tout bon.

XIII Mystery Calvin Wax

un album scénarisé par Fred Duval et dessiné par Corentin Rouge assisté à la colo par Alexandre Boucq. Editions Dargaud.

4 sur 5

Relectures du 10.01.2017 et 2 coups de coeur

La mort de Staline (Dargaud)

La mort de Staline tome 1Victime d’une attaque cérébrale dans la nuit du 2 mars 1953, le Petit Père du peuple est mourant. Les membres du Comité Central se réunissent pour statuer sur la conduite à tenir mais c’est avant tout une lutte sans merci pour le pouvoir suprême qui est en jeu.

Fabien Nury semble s’amuser comme un petit fou en imaginant ce qui a pu se passer à la mort de Staline. Le Kremlin devient ainsi le théatre d’une lutte sans merci pour la succession au pouvoir de l’une des plus terrible dictature du XXè siècle. Avec humour et réalisme, cet excellent diptyque dénonce avec jubilation le cynisme des dirigeants russes prêt à s’entretuer dans un jeu de dupes.La mort de Staline tome 2

Au pinceau, Thierry Robin et Lorian Aureyre habillent de sublimes planches au trait anguleux et précis d’une colo rouge, noire et grise en parfaite adéquation avec le propos.

Nominé à Angoulême en 2011, La mort de Staline est un véritable coup de coeur !

Les chroniques originales sont dans les archives (tome 1, tome 2)

Nous ne serons jamais des héros (Le Lombard)

couverture de Nous ne serons jamais des hérosChômeur et galérien du quotidien, à 32 ans Mickael sait que ce n’est pas en restant vautré dans son canapé qu’il s’en sortira. Quand son père, infirme et acariâtre lui propose de l’accompagner pour un tour du monde en échange d’un petit pécule, il n’a guère le choix et finit par accepter malgré sa réticence.

Et c’est parti pour un improbable road movie auquel nous convie les membres de l’atelier lyonnais KCS. Olivier Jouvray et les frères Salsedo nous ont concocté un one shot truculent plein d’humour, de tendresse et de réflexion sur la vie. L’occasion est donnée au lecteur de s’interroger sur ses propres rapports familiaux et la vie en général. Sans donner de leçons mais en invitant à la réflexion tout en divertissant d’une aventure épique, cet album est une véritable réussite et un autre coup de coeur !

La chronique originale est ici.

 

Warship Jolly Roger – tome 3

Revanche

couverture de warship jolly roger tome 3 chez Dargaud

Le fils de Munroe est mort et le colosse jure de faire la peau au président Vexton. Pas si facile quand on noie son chagrin dans l’alcool et qu’on a des idées suicidaires. Mais il y a plus urgent : trouver un équipage au Jolly Roger qui en bien besoin et soigner sérieusement la jambe coupée d’Alisa.

Très sympa de retrouver Munroe et ses compagnons d’infortune qui forment ensemble une belle brochette de taulards en fuite. A bord du plus gros vaisseau de guerre de l’espace, ils ont de quoi se défendre et semer le chaos.

Le dessin numérique très proche de l’animé pouvait me rebuter mais la qualité graphique est là alors je l’accepte.

Au scénar, Sylvain Runberg fait une pause dans le duel Vexton-Munroe et fait durer le plaisir en se dispersant. D’autant que le président se transforme rapidement en amoureux transi, entrouvrant la perspective de se faire de nouveaux ennemis, donc de nouvelles possibilités de développement. Il y également le retour d’une autre revancharde.

Des personnages fort en gueule, de beaux combats dans l’espace, de la verve, du peps, Warship Jolly Roger continue sereinement sa chevauchée de planète en planète. Frais et divertissant.

planche de warship jolly roger tome 3

un album signé Sylvain Runberg (scénario), Miki Montillo (dessin & couleurs), édité chez Dargaud.

3 sur 5

Les beaux étés – tome 2

La calanque

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Je n’avais aucun doute, ce second tome ne pouvait que confirmer les très bonnes critiques suscitées par le premier.

On retrouve tout ce qui a fait son succès hormis la pointe dramatique qui rappelait que derrière les apparences heureuses et joyeuses se dissimulait souvent une douleur ou un drame.

Dans ce second opus le bonheur est total. Les Faldérault sont HEU-REUX. Un point c’est tout. Et nous aussi. Nos souvenirs d’enfance remontent à la surface. Et c’est les yeux embués qu’on part en vacances avec nos nouveaux amis Belges à bord de leur vaillante 4L aux 100 000 bornes.

Nous sommes 3 ans plus tôt en juillet 1969, Pierre est content, il termine à l’instant la dernière planche de son nouveau héros Four – un cowboy à quatre bras – qui sort cet été, il peut enfin partir en vacances avec sa petite tribu. Comme promis : direction la Méditerranée ! A la recherche du soleil qui semble tant manquer dans cette Belgique pluvieuse. Mais pas question de foncer sur l’autoroute, Mam’zelle Estérel ne le supporterait pas. Alors avec sa femme Mado, ses enfants Louis, Julie et Nicole c’est le coeur joyeux que Pierre oriente le cap au sud à la recherche d’une plage de rêve qu’une heureuse rencontre en chemin leur offrira…

Voila, ce n’est pas compliqué, l’histoire d’une gentille famille qui part en vacances. Rien d’exceptionnel mais c’est si bien raconté et tellement bien dessiné qu’on ne peut que tomber sous le charme.

Sortez de la grisaille et retrouvez le sourire avec Les beaux étés !les-beaux-ete-tome-2-planche

Un album signé Zidrou au scénar et Jordi Lafebre au dessin. Edition Dargaud.

La chronique du tome 1 est dans les archives.

coup de coeur

Le Juge, la République assassinée tome 2/3

Le gang des Lyonnais

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J’avais eu beaucoup de mal à la lecture du premier album en raison du très grand nombre de personnages présentés, ajouté à des difficultés pour les distinguer. Olivier Berlion est un auteur que j’adore mais il n’est pas toujours très précis dans son dessin.

Ces petits désagréments connus et acceptés, il suffit de faire abstraction des 2 ou 3 trucs qui m’échappent aussi dans les méandres de l’intrigue pour profiter pleinement d’un récit au final passionnant. Je n’hésite donc pas à me replonger dans les affaires du Juge Renaud dont le meurtre le 3 juillet 1975 ne fut jamais élucidé. La série se concentre sur les 7 dernières années de sa vie.

Après un passé de résistant suivi de 15 ans d’Afrique – au Niger et au Tchad notamment – François Renaud est rentré en France poursuivre sa carrière de magistrat jusqu’à être nommé premier juge d’instruction de Lyon quelques semaines avant sa mort tragique. Son intégrité, son opiniâtreté, son franc parler lui vaudront le surnom de « Sherif ».

En ce début d’été 71, il s’intéresse de très près à ce qu’on appelle « le casse du siècle » à Strasbourg. Il est persuadé d’avoir affaire à des pros commandités par un ponte lyonnais qui bénéficierait de complicité politique et financière blanchissant l’argent sale. Ses investigations vont provoquer des règlements de comptes et des remous dans les hautes sphères du pouvoir.

Pour s’immerger encore plus dans cette histoire véridique, la fin d’album propose des photos du juge fournies par son fils.

On a beau connaître la fin, c’est avec impatience qu’on attend le 3ème et dernier tome pour relire tout ça d’une traite et revivre cette affaire (d)étonnante.

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un album signé Olivier Berlion aux éditions Dargaud.

4 sur 5

Relecture – Les Vieux Fourneaux

Relecture estivale et jouissive des 3 albums déjà parus de ce qui est – sans aucun doute – la meilleure série de ces dernières années dans son genre (une chronique sociale bourrée d’humour).

Je ne vais pas me faire suer, je vais dans un premier temps faire un bon vieux copier/coller (légèrement) retouché de mes chroniques archivées 🙂

tome 1 – Ceux qui restent :

les-vieux-fourneaux-tome-1-couvertureJe savais d’avance que j’allais adorer ce nouveau Lupano. Je le sentais bien. Le scénariste nous offre un premier tome savoureux qui fait la part belle aux dialogues pétillants et à la répartie bien sentie. Je ne suis pas sûr qu’un résumé soit bien utile car ce qu’il se passe n’est presque qu’un prétexte à des retrouvailles entre trois vieux copains qui partagent une certaine passion pour le syndicalisme et plus largement un rejet du système. Et cela même quand Sophie, la trentenaire qui les accompagne, leur balance qu’ils font partie de « la pire génération de l’histoire de l’humanité » pour « le monde de merde » qu’ils osent laisser aux suivants. Je pense que le scénariste règle ses propres comptes en contre balançant cette « attaque » par l’attitude militante des coupables. Bon il faut quand même bien un minimum d’histoire pour enrober ce joli exercice et il choisit la voie du road movie qui emmène Pierrot, Mimile et Sophie – enceinte jusqu’au bout des ongles – à la poursuite de leur pote Antoine parti bille en tête faire sa fête à son plus vieux rival, l’ex patron pour lequel il a bossé pendant 40 ans.

les-vieux-fourneaux-tome-1-plancheAprès avoir fait connaissance avec le quatuor qui baigne dans une douce nostalgie nappée d’humour et de malice dans la première moitié de l’album, un élément déclencheur nous emmène en Toscane pour un (petit) peu plus d’action. C’est là qu’une deuxième surprise nous attend pour nous faire trépigner d’impatience jusqu’au tome 2.

C’est très bien pensé, chaleureux, sincère, touchant et drôle, les dialogues aux petits oignons sont savoureux, c’est de surcroît très bien dessiné d’un style vif et enlevé. A aucun moment on ne regrette notre rencontre avec ces Vieux Fourneaux sympathiques autant qu’authentiques…

tome 2 – Bonny and Pierrot :

les-vieux-fourneaux-tome-2-couvertureComme un grand couillon que je suis avec ma mémoire de poisson rouge, je suis parti à l’abordage de ce tome 2 sans prendre la précaution de relire – au moins rapidement – le tome 1,  histoire de me rappeler pourquoi je l’avais tant aimé et accessoirement me remémorer de quoi ça cause. Précaution inutile car à part l’histoire du magot qui du coup ne me disait plus rien, j’ai vite reconnu ces bonnes vieilles tronches de vieux. Et autant le dire tout de suite, ce tome 2 est au moins aussi bon que le précédent. Wilfrid Lupano et Paul Cauuet semblent avoir trouvé la bonne recette mitonnée dans ces vieux fourneaux et nous la resservent pour déguster un nouvel opus ô combien savoureux. les-vieux-fourneaux-tome-2-planchePas mal de bonnes trouvailles garnissent ce second album à l’image de cette « arme fatale » dégainée par ces vieux au sens de l’humour bien féroce. Boum, servez chaud, les dialogues et les quelques déclarations tonitruantes servies par le scénario de Lupano font mouche à chaque salve. Une BD pleine de vie, de bonne humeur et d’humour qui n’a pas fini de m’amuser. Vivement les prochains albums, j’adore !..

tome 3 – Celui qui part :

les-vieux-fourneaux-tome-3-couvertureOn retrouve nos trois vieux compères à la ferme de Sophie et de la petite Juliette. Pierrot s’est encore fait embarquer dans le panier à salade suite à une nouvelle action d’éclat avec ses potes (ils ont joué à Maya l’abeille cette fois), Antoine se rend chez Berthe, aider cette vieille chouette de voisine dont le déluge menace d’emporter les moutons. Rentrée tard, Sophie découvre Mimile qui faisait office de baby-sitter inanimé, victime probable d’une commotion cérébrale. On ne s’ennuie pas une seconde à la campagne en compagnie de cette joyeuse bande dont les dialogues provoquent à chaque page rire et sourire. Dans ce troisième excellent opus, c’est l’heure du règlement de compte et on découvre les trois papys dans un rôle peu reluisant. Enchaînant les coups de gueule et les situations cocasses, il y a une vraie histoire humaine chère à Lupano, celle de gens ordinaires avec un passé glorieux ou non qui se dévoile sous nos yeux.

les-vieux-fourneaux-tome-3-plancheCa me parait quelquefois sans queue ni tête car ce sont plus des tranches de vie qu’une histoire à suivre, il y a pourtant plusieurs fils conducteurs – le magot de Sophie, le labo Garan-Servier, le passé de Mimile – et chaque épisode est l’occasion d’en savoir un peu plus sur ces personnages auxquels on est maintenant fortement attaché. Reste encore quelques points en suspens (le père de Sophie, le trésor) sur lesquels on reviendra sûrement.  Un chose est sûre : on s’amuse comme des petits fous ! N’oublions pas que les vieux fourneaux sont dessinés de main de maître par P. Cauuet au style vif et alerte comme j’aime.

J’adore je vous dis !..

3 albums signés Wilfrid Lupano (scénario) et Paul Cauuet (dessin) – éditions Dargaud.

coup de coeur