Le lendemain du monde

one shot d’Olivier Cotte (scénario) et Xavier Coste (graphisme)
le lendemain du monde
magnifique couverture signée Xavier Coste

Au fin fond de la jungle africaine se cacherait un groupe terroriste mené par une Intelligence Artificielle qui a provoqué un véritable cataclysme. Tous les appareils électroniques sont vérolés y compris les millions d’implants des cerveaux humains.

L’ancien Casque Bleu James Graham Keran n’en a jamais eu lui. Et c’est pourquoi les autorités militaires lui demandent de partir sur le champ enquêter sur place. Et si possible de faire un bon coup de ménage.

C’est une sorte d’OVNI dans le paysage des récits d’anticipation apocalyptique, plutôt un roman d’aventure ésotérique que tente les auteurs. C’est très joliment illustré, le dessinateur Xavier Coste s’essayant à de nombreuses nuances colorées. Le propos sort largement des sentiers battus de ce genre de récit.

Au cours de ce voyage étrange en milieu hostile et peuplé de nombreuses rencontres, James réussira t’il à éradiquer la menace ?

Le lendemain du monde

Editions Casterman.

Bâtard

one shot de Max de Radiguès

bâtard couverture

May et Eugène taillent la route le coffre plein de sacs de billets de banque. Ils viennent de participer au « casse du siècle » puisque 52 hold-up viennent d’avoir lieu simultanément dans une même ville ! Du jamais vu.

Mais il n’y a pas que les flics qui leur courent après, quelqu’un d’autre fait la chasse aux fugitifs. Certains braqueurs se sont déjà fait dessoudés. Le chef de la bande voudrait-il profiter seul du magot ?

Initialement publié sur le blog http://www.maxderadigues.com/ sous forme de feuilleton, Max de Radiguès et Casterman nous proposent ici la version papier d’un road-movie made in USA très sympa.

Le duo formé par la mère et son bâtard est touchant et réserve une belle surprise. On entre très vite dans la danse grâce à une narration fluide et rythmée pour un dessin simple et lisible.

Subtilement dosés, l’action et l’émotion sont au rendez-vous pour nous offrir un très bon moment de lecture.

Il ne me reste plus qu’à découvrir les autres titres de cet auteur que je ne connaissais pas encore mais que j’aime déjà 😉

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un album des éditions Casterman BD.

Le monde d’après

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Après un premier épisode que j’avais trouvé très réussi (chronique ici), Jean-Christophe Chauzy clôt son récit apocalyptique en deux actes.

Sortant de son registre humoristique habituel (voir ses planches publiées dans Fluide Glacial), il reprend un thème maintes et maintes fois exploré par le cinéma et la littérature. Grosse différence ici : ça se passe près de chez nous. Et ça peut permettre au lecteur francophone de se sentir plus concerné et de s’interroger sur le comportement qu’il aurait lui si son environnement s’effondrait.

Car c’est ce qui vient d’arriver à Marie et ses deux fils. Dans le premier album, en pleine montagne ils font partie des rares rescapés d’un orage dévastateur qui réussissent à redescendre dans la vallée. Mais après des jours cloîtrés dans un village coupé de tout, où les tensions montent tandis que les vivres baissent, ils prennent le large. Leur objectif est de descendre au sud en espérant que les côtes soient épargnées.

Hélas, c’est tout le pays – voire plus – qui a pris une grosse claque, les paysages sont dévastés et les rares humains qu’ils croisent se révèlent pour la plupart des ennemis. C’est l’heure du chacun pour soi.

Graphiquement, l’auteur se fait plaisir et ça se voit, le grand format lui offre de la place pour de très belles planches qui nous scotchent. La narration est bien posée, le dessin est soigné, l’ambiance fin du monde très bien rendue. Dans ces paysages désolés et cette atmosphère tendue, les rencontres sont très attendues et ne déçoivent jamais.

Le périple est donc prenant mais au final on reste sur sa faim. On ne connait pas l’origine de la catastrophe et on ne sait pas ce que deviendront les survivants. Pas d’explication, pas d’espoir. Il y a comme un manque. Pour ma part, je laisse mon imagination me suggérer que comme prévu l’homme a reçu le retour du bâton de la part de Mère Nature qui lui fait bien comprendre qu’il a déconné. Je suis pas loin de penser qu’on va tous finir dans un grand Big Bang de ce genre. Et paf !

Au delà d’une conclusion personnelle sur la place de l’homme dans la Nature, je pense que JC Chauzy nous donne à réfléchir sur la nature profonde de l’être humain. Le retour à l’état sauvage, l’instinct animal (la Louve et ses petits), le concept de propriété etc… Sorti de son confort moderne, l’homme en perte de repère retrouve vite son instinct de survie.

Je ne pense pas qu’une suite soit prévue. En attendant je ne peux que recommander cette lecture et l’achat de ces deux beaux livres.

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un album signé Jean-Christophe Chauzy aux éditions Casterman.

4 sur 5

 

Universal War Two – tome 3

L’exode
couverture de Universal War Two tome 3
La première Guerre Universelle a été apocalyptique, manquant d’anéantir l’humanité. La paix à peine revenue, un effrayant et insondable ennemi frappe de nouveau le système solaire ainsi que dl’idyllique Canaan. Les plus sages des humains ne savent plus que faire à part fuir. Seul la jeune Théa croit encore que la civilisation fondée par Kalish peut être sauvée. Quitte à devoir affronter les plus grands mystères de l’univers.

Dans ce second cycle, Denis Bajram met en scène une seconde Guerre Universelle avec suffisamment de renouveau pour satisfaire ses fans et techniquement c’est du high level. Les planches sont belles et « chaleureuses » malgré le traitement informatique auquel il nous avait  habitué et qui souvent apporte une certaine froideur.

On retrouve les fameux « triangles »  à l’oeuvre capables de nouveaux prodiges hallucinants. Ca va même un peu trop loin à mon goût quand on envisage le « cimetière des planètes » mais ça reste passionnant à suivre. La démesure est une des caractéristiques de Universal War qui fait son charme.

Ce qui me semble marquant dans ce second cycle et plus particulièrement dans ce troisième opus, ce sont les dialogues souvent simplistes et truffés de gros mots. Les personnages jurent et s’insultent à la moindre occasion. Ca me dérange car ça plombe le caractère sérieux et scientifique propre à l’esprit de la série.

Dans le même gout, le comportement de Khalish en pleurnicheur qui veut rentrer chez lui va à l’opposé du rebelle rock’n roll aussi intelligent que teigneux que l’on connaissait.

Au final, ce 3ème tome est en demi-teinte, le spectacle est appréciable, l’univers réserve encore de belles surprises mais il y a quelque chose de changé dans le traitement des personnages. J’espère que le prochain épisode va rectifier le tir.

planche de universal war two tome 3

un album signé Denis Bajram aux éditions Casterman

3 sur 5

 

Commandant Achab

Commandant Achab, un excellent polar en 5 tomes chez Casterman.

Edgar Cohen – dit Achab – est un vieux flic unijambiste du 36 quai des orfèvres, alcoolique et drogué relégué aux archives. Dans le passé, il aurait tué son meilleur ami Fath. Et le jour où Karim, le fils de ce dernier décide de devenir son nouveau partenaire, Achab reprend du service.

Initialement parue aux éditions Soleil (collection Quadrants), c’est Casterman qui en reprend les rênes lors de la sortie du 3ème tome tout en rééditant les 2 premiers sous de nouvelles couvertures.

Scénarisé par Stéphane Piatzszek et dessiné par Stéphane Douai, il s’agit d’un polar franchouillard que je redécouvre ici dans sa totalité et non sans un certain plaisir. Je peux même classer Achab dans ma liste de coups de coeur tant son humour est jubilatoire et son personnage principal atypique. Dialogues aux petits oignons, enquêtes passionnantes, chasse à l’homme, sale histoire de famille, vengeance, magouille, action, baston… une multitude d’ingrédients subtilement dosés donnent tout son sel à cette série que je vous invite à lire de toute urgence.

A l’heure où la surproduction et l’indigence de certaines sorties donnent le vertige, il est bon de se rabattre sur des valeurs sûres. Achab en fait partie !

Les chroniques complètes archivées sont accessibles en cliquant sur les couv’ ci-dessous. A noter que les 2 premiers sont des one shot, les tomes 3 et 4 un diptyque (les 2 meilleurs albums), le 5ème la conclusion du fil rouge (et malheureusement le plus mal dessiné).

Bonne (re)découverte ! coup de coeur

Commandant Achab tome 1

Commandant Achab tome 2

Commandant Achab tome 3

 

 

 

Commandant Achab tome 4

Commandant Achab tome 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Canardo – tome 24

La mort aux yeux verts
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Quand Canardo se lance à la poursuite de l’assassin de son vieil ami Garenni, ce n’est pas vraiment pour le remettre aux mains de la justice !

Ça faisait un bout de temps que je n’avais pas lu un Canardo. plusieurs années même. Et c’est avec curiosité sur je me penche aujourd’hui sur ce 24eme tome qui s’avère être la suite et fin d’un diptyque.

Pas grave. Car il n’est finalement pas indispensable d’avoir lu le précédent pour comprendre l’histoire. Le scénario bien écrit fait les rappels nécessaires.

Les dialogues sont un vrai régal, les diatribes de mâme la comtesse notamment. En parfaite dirigeante d’une main de fer, elle maîtrise le parler et multiplie les saillies cyniques en Off et populistes en On. Benoît et Hugo Sokal ont l’embarras du choix dans notre monde pour puiser leur inspiration.

Question humour on assiste également à une belle rencontre entre notre détective palmé et la jeune fliquette qui ne s’en laisse pas compter.

Certaines scènes sont donc particulièrement savoureuses.

Un bon album ne serait pas sans un bon dessin et de ce côté Pascal Regnauld réalise de très belles planches qui derrière la très belle couverture et son titre énigmatique en offre beaucoup à son lecteur.

Une excellente redécouverte en ce qui me concerne.

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Un album scénarisé par Benoît et Hugo Sokal, dessiné par Pascal Regnauld, couleurs de Hugo Sokal aux éditions Caterman.

3 sur 5

Je viens de m’échapper du ciel

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Poe, loser magnifique, trimbale son désœuvrement et sa mélancolie de bars enfumés en salles des coffres, de plages interlopes en ruelles malfamées. Il joue son existence au gré du nombre d’allumettes qu’il pioche au hasard dans la poche de son veston, en ne pensant qu’à une chose. À Lola.

Laureline Mattiussi adapte une nouvelle noire de l’argentin Carlos Salem avec une science du noir & blanc remarquable.

A la lecture de ce one shot, il faut savoir lâcher du lest et se laisser emporter sans trop se formaliser par le voile du fantastique dans un récit noir emprunt d’un humour léger et désabusé.

Poe, le héros loser joueur et suicidaire a un parcours atypique de gansgter fleur bleue et c’est grâce à son complice Harly qu’il tente de se sortir maladroitement d’un quotidien sombre et ennuyeux.

Dommage que le gros béta de Harly ne soit pas plus mis en avant car avec Poe ils forment un duo plutôt amusant.

Oscillant entre roman noir, burlesque et fable, cet album de la collection écritures permet de vivre un bon moment d’évasion.je-viens-de-m-echapper-du-ciel-planche

un album réalisé par Laureline Mattiussi aux éditions Casterman.

3 sur 5

Chantier interdit au public

chantier interdit au public sociorama couverture

Après le porno, ce deuxième tome de la collection Sociorama (issue de la rencontre entre bande dessinée et sociologie) édité chez Casterman s’intéresse à nos chantiers et plus particulièrement à leurs ouvriers. Ancrés dans la réalité du terrain, les auteurs veulent nous montrer ce qui se passe derrière les palissades d’un chantier de construction.

Et ce n’est pas rose ! Recommandé par Soleymane – que tout le monde ici appelle Sekou, le prénom inscrit sur ses faux papiers – le jeune Hassane s’improvise ferrailleur en se faisant embaucher sur le même chantier que son ainé. Un lundi matin pluvieux, sa boite d’interim judicieusement (??) appelée « pauvre comme Job Interim » – en fait j’ai pas bien compris si c’était une blague ou pas (sic) – l’expédie faire ses premières armes. Il découvre alors les coulisses de la dure vie des ouvriers.

Didactique, tragique, quelque fois drôle ou émouvant, la lecture n’est pas de tout repos, on y découvre les cadences infernales, l’absence de sécurité, les engueulades terribles, les payes misérables de ces forçats du bâtiment qui n’ont aucune autre alternative que de survivre en ployant l’échine sous la dictature des chefs. La différence de traitement entre eux (intérims et sous traitants) et les salariés embauchés est démontrée à tous les niveaux jusqu’aux pauses déjeuner où l’on ne se mélange surtout pas.

Si ce petit bouquin apporte un éclairage instructif mais effrayant sur la vie des chantiers, il aurait mérité un meilleur traitement graphique. Parce que là franchement : c’est moche de chez moche, on dirait le story-board…

chantier interdit au public sociorama planche

un one shot réalisé par Claire Braud d’après une enquête de Nicolas Jounin, édition Casterman, collection Sociorama

2 sur 5

La fabrique pornographique

la fabrique pornographique sociorama

Histoire de ne pas passer inaperçue, la nouvelle collection Sociorama de Casterman commence fort avec un sujet qui provoque tout de suite la curiosité. Entre la couverture et le dos de ce premier petit bouquin, on comprend qu’il ne faudra pas le mettre entre toutes les mains. Ici on fait dans le porno, on en parle et on le montre.

Malgré ce que peuvent croire certains esprits grincheux, ce n’est pas graveleux et voyeuriste, le ton est sans tabou pour faire comprendre au grand public ce que serait le porno. Je dis « serait » parce que personnellement, je doute que les choses se passent dans le velours comme on nous l’explique ici. La plupart de ce qu’on peut voir sur internet laisse quand même penser que ce n’est aussi bon enfant, notamment le traitement de la femme prise la plupart du temps comme un jouet pour ces messieurs.

Le ton est léger, l’humour présent, l’ambiance bon enfant, bref c’est assez savoureux et entre deux scènes « hot », les personnages expliquent tour à tour aux lecteurs leur parcours, leurs fantasmes, leurs envies et aspirations. Le dessin minimaliste de Lisa Mandel participe grandement à la dédramatisation de cette activité particulière.

En somme, c’est didactique, intéressant mais je reste interrogateur sur la bonne humeur et la camaraderie qui semble animer ce milieu. J’y crois qu’à moitié. Si c’est aussi cool que ça, je vais peut-être m’y mettre ^_^

L’idée d’une collection basée sur l’étude sociologique est bien vue et d’autres titres sont prévus. Le prochain sera consacré aux chantiers, j’y reviendrai dans peu de temps…

un one shot réalisé par Lisa Mandel d’après une enquête de Mathieu Trachman, édition Casterman, collection sociorama

3 sur 5

Watertown

Watertown
La dernière fois que je vis Maggie Laeger, c’était un lundi matin. Je passais comme à mon habitude dans la pâtisserie de Monsieur Clarke pour y acheter un muffin que je mangerais sur le chemin du bureau. Lorsqu’en payant, je lançai « À demain Maggie », elle répondit : « Non… Demain je ne serai plus là. »…

Modeste employé d’une société d’assurance à Watertown, Philip Whiting s’accorde une semaine de vacances pour s’improviser enquêteur sur la mort de M. Clarke – le pâtissier du coin – dont la vendeuse Maggie a subitement disparue après que ce dernier ait reçu une étagère fatale sur le crâne. C’est en rendant visite à son frère à Stockbridge qu’il tombe par hasard sur Maggie qui feint de ne pas le connaître. Philip soupçonne alors du louche et commence ses investigations. C’est une plongée dans l’Amérique des années 60 que JC Götting nous propose avec cette drôle d’histoire. Celle des belles voitures, des costumes cravates stricts et des enquêtes « à l’ancienne ». Ca fait drôle des fois de revenir aux notes manuscrites et aux enquêtes de voisinage. Mais attention, l’enjeu ici est avant tout de suivre le cheminement d’un homme ordinaire qui face à un mystère passe de la curiosité à l’obsession. Philip n’en dort plus et veut avoir coûte que coûte le fin mot de l’histoire. Et ce n’est qu’au terme d’un suspens qui monte crescendo qu’il y parviendra pour une conclusion hélas bien décevante. C’est fort dommage. On se console au vu d’un graphisme très élégant dont le style s’accorde parfaitement avec l’ambiance de l’époque…

Watertown

un one shot signé Jean-Claude Götting chez Casterman

3 sur 5