Siberia 56 tome 3 – Pyramide

Siberia 56 tome 3

Je l’avais cru terminée en 2 tomes l’aventure de Siberia 56 mais non : Christophe Bec et Alexis Sentenac décident de jouer les prolongations avec ce 3ème et dernier tome (cette fois c’est sûr et certain). Il faut croire que les Terriens ont une sacrée envie de s’installer sur cette planète particulièrement hostile : il fait -200°, le sol grouille de Morbius – ces énormes et terrifiantes créatures invisibles en forme de vers géants qui gobent tout sur leur passage – les vents soufflent à 300 Km/h, le seul gros avantage est qu’elle dispose d’une atmosphère respirable. Et ça dans l’esprit du CDC, ça n’a pas de prix. Mais voila qu’une gigantesque pyramide de quartz plantée comme un énorme relais au milieu des glaces attise la curiosité de Ned Wilcox et de ses compagnons. L’occasion est trop belle de se risquer à nouveau dehors pour explorer ce mystère au coeur de cette angoissante planète gelée. Le ton est impersonnel, les personnages anecdotiques et le background survolé : rien ne pousse réellement le lecteur à s’attarder sur Sibéria 56. Mais ce qui peut faire la différence, c’est un dessin pas trop mal foutu – quoique à la colo et l’habillage un peu sombre à mon gout – et l’exploitation honnête des codes du genre. Cette courte série ne révolutionne pas la SF mais sa réalisation est très correcte, elle m’a donné lieu à un petit moment de détente pas si désagréable que ça. J’en attends quand même plus de Christophe Bec capable de beaucoup mieux. J’ai envie de lui reprocher de ne pas faire du Prométhée tout le temps ^^

Siberia 56 tome 3

Album scénarisé par Christophe Bec, dessiné et colorisé par Alexis Sentenac, édition Glénat

3 sur 5

Le Maître d’Armes

le maitre d'armes
1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l’Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu’ils lancent une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable : à deux contre trente, le destin du jeune homme et du vieux Hans Stalhoffer semble scellé. Sauf que Hans n’est pas une proie comme les autres ; il est l’ancien maître d’armes de François Ier… Et la proie est bien décidée à devenir le chasseur…

96 pages, ça peut être paraître épais pour un album de BD franco-belge de ce format là mais franchement ça se lit d’une traite sans peine et le dessin est magnifique ! Pas forcément hyper passionnant mais très agréable à suivre par sa mise en scène très cinématographique et son rythme intense. Xavier Dorison aime les grands récits épiques (Long John Silver, Undertaker), les héros sombres et ténébreux et ça se sent encore ici. La préface pose bien le contexte historique, à cette époque certains courageux commençaient à s’interroger sur le bien fondé de la Bible qui soi-disant donnait tous pouvoirs à l’Eglise au détriment d’une population maltraitée qu’on laissait volontairement patauger dans l’ignorance, la terreur et la pauvreté. Une époque pas jolie-jolie. Heureusement, certains plus courageux et plus instruits que d’autres ont risqué leur vie pour que ça change et c’est la toile de fond de cette traque glaçante où tous les mauvais coups sont permis.
Donc attention, c’est très violent et très sanglant, faut pas avoir peur de se tâcher les mains en ouvrant cet album. Les personnages ne font pas dans la dentelle quand il s’agit de se tronçonner à l’arme blanche.
En tout cas, j’en ai pris plein les yeux car Joël Parnotte sort le grand jeu pour illustrer un récit de cape et d’épée haut en couleurs (le rouge surtout !).
En clair, j’en ai eu pour mon argent…

Et regardez la planche ci-dessous, elle résume à elle seule la qualité de l’album :

une planche du Maître d'armes

un one shot scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Joël Parnotte, édité chez Dargaud

3 sur 5