Notes tome 10 – Le pixel quantique

Notes tome 10 couverture

Ca faisait un bout de temps que je n’avais pas lu un Notes et ça me fait plaisir de constater que l’ami Boulet n’a pas perdu de son humour et de son gout pour les pensées et réflexions un peu lunaires. Car oui, il se pose des questions à propos de tout et aime faire vagabonder son imagination, poussant même jusqu’à un propos poétique ou philosophique. On le connait, on sait qu’il est très bon pour décrire les petits tracas du quotidien avec une bonne dose d’autodérision et on se marre souvent au détour d’une situation cocasse ou d’une grimace. C’est également un excellent dessinateur qui change souvent de style et de mise en page. Tantôt caricatural, tantôt réaliste, il sait varier les plaisirs et s’affirme depuis pas mal d’années déjà comme un artiste accompli au sein du 9ème art. Bref, vous l’aurez compris, ses notes valent le coup d’oeil d’autant que le petit format adopté est parfait pour l’emmener partout et passer quelques bons moment de lecture. Ce 10ème recueil regroupe les posts de son blog (www.bouletcorp.com) parus entre juillet 2013 et juillet 2015. Pour les furieux des réseaux sociaux, Boulet est aussi très actif sur Twitter (twitter.com/Bouletcorp)…

notes tome 10 planche

album réalisé par Boulet, édition Delcourt

3 sur 5

Undertaker tome 2 – La danse des vautours

undertaker 2 couverture
Jonas, Rose et Madame Lin ont 3 jours pour rejoindre la mine « Red Chance » afin d’y enterrer la dépouille de Joe Cusco dont l’estomac est rempli à ras bord de pépites d’or, le vieux s’étant suicidé en avalant son trésor et en exigeant qu’il repose à l’endroit où il bâtit sa fortune. Avec une meute de mineurs enragés à leurs trousses, la tâche n’est pas aisée mais notre Undertaker s’avère être un homme plein de  ressources…

Après un premier album tonitruant qui honorait pleinement ses promesses, ce deuxième opus m’a un peu déçu, l’impression de m’être un peu ennuyé. J’en suis désolé tellement j’apprécie ces deux auteurs qui ont à leur actif une bibliographie plus qu’honorable. Et j’admire depuis longtemps le travail de Ralph Meyer qui est à mon sens un des meilleurs dessinateurs actuels. Non, j’ai eu tout simplement du mal à me passionner pour cette course-poursuite et du mal à croire à cette histoire d’otage. Et puis à quoi ça rime finalement ? Tout le monde va se retrouver à la mine et va se battre pour récupérer le trésor non ?

En fait, le scénario suit un chemin bien balisé et sans réelles surprises. On sait dès le début que Jonas a un passé violent, on sait que dans l’action,  il va s’avérer un adversaire redoutable, on sait qu’il va réussir sa mission, on sait aussi que Rose et lui vont avoir envie de se bécoter. Bref, on sait.

Mais si je considère Undertaker comme un pur divertissement, c’est sans appel : on est dans le haut de gamme. Les couvertures et planches sont  magnifiques, le rythme est soutenu, ça castagne et défouraille pas mal, la pointe d’humour est bien là et et les dialogues sont très bons. Alors d’un autre côté, de quoi je me plains  ?…

album scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Ralph Meyer, édition Dargaud

4 sur 5

Game Over tome 13 – Toxic Affair

game over tome 13

Je suis toujours autant surpris par l’imagination débordante dont font preuve les auteurs de Game Over. L’art du running-gag, ils maîtrisent ! Car c’est tout le temps la même chose : le petit avatar du jeu vidéo de Kid Paddle doit secourir la princesse en évitant le piège et les horribles blloooorggh monstres, il est en passe de réussir jusqu’à la dernière case de la planche où quoiqu’il fasse, il se fait ratatiner la tronche ou découper en rondelles. Et si ce n’est pas lui, c’est la minette en rose au chapeau pointu qui mange. On la sent d’ailleurs pas super fufute la princesse, et colérique avec ça ! Nouvel opus, nouvelle poilade, chaque année voit arriver son Game Over et à chaque fois rires et sourires sont au rendez-vous …

game over tome 13

un album scénarisé par Midam & Adam, dessiné par Midam & patelin, colorisé par Angèle, édition Glénat.

3 sur 5

Le grand A

Le grand A

Le grand A c’est en fait l’histoire sous forme de reportage, du premier supermarché Auchan qui a ouvert ses portes en 1972 à Noyelles-Godault dans le Pas-de-calais. Arrivée qui a suscité de nombreux fantasmes et bouleversements si l’on en croit cet album. Et c’est sans aucun doute vrai que cette première ouverture sur le commerce de masse a révolutionné le quotidien des gens de cette époque. C’est en écoutant leur témoignage que l’on comprend le mieux les tenants et les aboutissants, le choix de l’interview se révélant fort judicieux ici. Ca me rappelle certaines BD d’Etienne Davodeau. Les clients issus de la classe populaire pour la plupart qui s’y sentent bien, attirés comme des mouches par la lumière, les commerçants du centre ville qui se sentent lésés mais s’arc-boutent sur leurs principes, les employés du grand A contents ou non, tous ont quelque chose à raconter et c’est là tout l’attrait de l’exercice. On nous raconte leur quotidien joliment illustré par un dessin jovial et plein de bonhomie qui gomme l’aspect démonstratif. Au début, l’enquête alterne avec quelques flash backs historiques à mon avis dispensables puis se focalise sur le grand A raconté de l’intérieur. Sans jamais prendre parti, sans juger, la BD retranscrit fidèlement le ressenti des acteurs et donnent quelques clés pour se faire sa propre opinion. Perso, j’ai passé un très bon moment dans le Ch’nord

Le grand A

one shot scénarisé par Xavier Bétaucourt, dessiné et colorisé par Jean-Luc Loyer, édition Futuropolis

4sur5

Siberia 56 tome 3 – Pyramide

Siberia 56 tome 3

Je l’avais cru terminée en 2 tomes l’aventure de Siberia 56 mais non : Christophe Bec et Alexis Sentenac décident de jouer les prolongations avec ce 3ème et dernier tome (cette fois c’est sûr et certain). Il faut croire que les Terriens ont une sacrée envie de s’installer sur cette planète particulièrement hostile : il fait -200°, le sol grouille de Morbius – ces énormes et terrifiantes créatures invisibles en forme de vers géants qui gobent tout sur leur passage – les vents soufflent à 300 Km/h, le seul gros avantage est qu’elle dispose d’une atmosphère respirable. Et ça dans l’esprit du CDC, ça n’a pas de prix. Mais voila qu’une gigantesque pyramide de quartz plantée comme un énorme relais au milieu des glaces attise la curiosité de Ned Wilcox et de ses compagnons. L’occasion est trop belle de se risquer à nouveau dehors pour explorer ce mystère au coeur de cette angoissante planète gelée. Le ton est impersonnel, les personnages anecdotiques et le background survolé : rien ne pousse réellement le lecteur à s’attarder sur Sibéria 56. Mais ce qui peut faire la différence, c’est un dessin pas trop mal foutu – quoique à la colo et l’habillage un peu sombre à mon gout – et l’exploitation honnête des codes du genre. Cette courte série ne révolutionne pas la SF mais sa réalisation est très correcte, elle m’a donné lieu à un petit moment de détente pas si désagréable que ça. J’en attends quand même plus de Christophe Bec capable de beaucoup mieux. J’ai envie de lui reprocher de ne pas faire du Prométhée tout le temps ^^

Siberia 56 tome 3

Album scénarisé par Christophe Bec, dessiné et colorisé par Alexis Sentenac, édition Glénat

3 sur 5

Le Maître d’Armes

le maitre d'armes
1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l’Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu’ils lancent une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable : à deux contre trente, le destin du jeune homme et du vieux Hans Stalhoffer semble scellé. Sauf que Hans n’est pas une proie comme les autres ; il est l’ancien maître d’armes de François Ier… Et la proie est bien décidée à devenir le chasseur…

96 pages, ça peut être paraître épais pour un album de BD franco-belge de ce format là mais franchement ça se lit d’une traite sans peine et le dessin est magnifique ! Pas forcément hyper passionnant mais très agréable à suivre par sa mise en scène très cinématographique et son rythme intense. Xavier Dorison aime les grands récits épiques (Long John Silver, Undertaker), les héros sombres et ténébreux et ça se sent encore ici. La préface pose bien le contexte historique, à cette époque certains courageux commençaient à s’interroger sur le bien fondé de la Bible qui soi-disant donnait tous pouvoirs à l’Eglise au détriment d’une population maltraitée qu’on laissait volontairement patauger dans l’ignorance, la terreur et la pauvreté. Une époque pas jolie-jolie. Heureusement, certains plus courageux et plus instruits que d’autres ont risqué leur vie pour que ça change et c’est la toile de fond de cette traque glaçante où tous les mauvais coups sont permis.
Donc attention, c’est très violent et très sanglant, faut pas avoir peur de se tâcher les mains en ouvrant cet album. Les personnages ne font pas dans la dentelle quand il s’agit de se tronçonner à l’arme blanche.
En tout cas, j’en ai pris plein les yeux car Joël Parnotte sort le grand jeu pour illustrer un récit de cape et d’épée haut en couleurs (le rouge surtout !).
En clair, j’en ai eu pour mon argent…

Et regardez la planche ci-dessous, elle résume à elle seule la qualité de l’album :

une planche du Maître d'armes

un one shot scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Joël Parnotte, édité chez Dargaud

3 sur 5