No Body – tome 3

Saison 1, épisode 3/4 – Entre le ciel et l’enfer

No Body tome 3 couverture

Pourquoi cet homme de 57 ans a t’il tué ? Est-ce bien lui le meurtrier ? On n’en saura pas plus dans ce 3ème épisode. Christian De Metter continue à coup de flash backs de nous raconter son ancienne vie de flic. On pourrait croire qu’il s’égare mais avant de juger quelqu’un il faut le comprendre. Et pour le comprendre il faut connaître son histoire.

Passé maître dans l’art de poser des ambiances sombres et dérangeantes, l’auteur de Shutter Island continue d’explorer les coulisses de la police américaine des années 80. L’homme est alors Lieutenant et bosse sur la piste d’un serial killer tuant des jeunes filles. Il va s’attacher les services d’une profileuse malgré les réticences de sa collègue.

Ca me faisait penser au principe d’Inception 🙂 une histoire dans l’histoire, ça perturbe un peu mais la narration impeccable ne perd pas le fil. Sitôt entamé le bouquin, on reste jusqu’à la fin en trépignant pour la suite.

Finalement savoir s’il est coupable ou non importe peu pourvu que la balade dure encore un peu.

Questions brûlantes : on approche de la fin de cette première saison, Comment va t’elle se conclure ? Sur quoi va s’articuler la suivante ? Christian de Metter tiendra-t’il le rythme infernal et incroyable d’un album tous les 6/8 mois ? J’ai hâte de savoir…

No Body tome 3 planche

un album de Christian De Metter aux éditions Soleil.

4 sur 5

L’extraordinaire voyage du fakir qui…

…était resté coincé dans une armoire Ikéa.
fakir ikéa couverture
Voici Ajatashatru Lavash Patel – à prononcer « j’arrache ta charrue » ou « achète un chat roux ». Vous pouvez aussi dire Aja. Profession : fakir, escroc. Fraîchement débarqué à Paris, notre fakir file direction Ikéa pour y acheter un lit à clous repéré en soldes sur le catalogue. Une course en apparence toute simple mais qui va se transformer en véritable aventure. Enfermé par erreur dans une armoire et expédié en Angleterre (puis en Espagne, Italie, Liban…), le fakir va découvrir malgré lui le quotidien des migrants, ballotés de frontières en frontières. Poursuivi par la police des frontières, par le taxi qu’il a arnaqué brillamment à son arrivé à Paris, Aja va devoir user de tout son génie pour se sortir de ce guêpier.

Pour les béotiens comme moi, je pense que le titre et la couv’ du fakir n’invite pas forcément à la lecture. Et à fortiori en langage bandes dessinées. Au premier abord ça ressemble à une grosse farce.

Renseignements pris (et l’ayant lu of course), il s’agit pourtant de l’adaptation d’un roman au succès planétaire de Romain Puertolas qui s’est vendu à 500 000 exemplaires et a été traduit dans le monde entier (source). Rien que ça !

Le cinéma aussi s’y intéresse : le film réalisé par Ken Scott sortira en 2018 avec Bérénice Bejo et Laurent Lafitte.

Ce n’est donc pas un hasard si c’est l’immense Zidrou qui se colle au scénario de cette adaptation BD.

Résultat : derrière la farce se dessine une petite virée au pays des migrants pas aussi drôle que ça. Les pauvres sont baladés de pays en pays, preuve que l’équation est complexe et que derrière les beaux discours se cache une triste vérité. L’art de déplacer les problèmes.

Un sujet grave et d’actualité traité sur le ton de la plaisanterie qui nous offre une récréation distrayante.

Du coup, je lirai bien le bouquin pour voir ce que ça donne…

fakir ikéa planche

un album signé Zidrou (scénario) et Kyung Eun Park (dessin). Editions Jungle.

Les miroirs du crime, tome 2/2

Carnage blues

Pigalle, novembre 1954. Le quartier entier est un repère de malfrats et maquereaux de la pire espèce. Guy, patron ambitieux et relativement intègre du club La Perle noire, s’apprête à acheter un nouveau cabaret. Sauf que la vente ne se conclut pas vraiment comme prévue… Lors d’une fusillade, Guy perd son frère, ne devant la vie sauve qu’à un clochard qui s’interpose entre lui et les balles. En homme d’honneur, il a maintenant une dette à payer. Mais d’abord, il doit trouver celui qui a essayé de l’assassiner…

 

les miroirs du crime tome 2 couverture

Pour le moment je jette l’éponge. Je n’ai rien compris. Ou trop peu.

Sur la forme, c’est chouette, le dessin est propre, la ligne est claire, on est bien dans l’ambiance du vieux polar français. Sur le fond, j’aime bien l’idée du diptyque rendant hommage au genre. Mais il y a beaucoup de personnages, peut-être trop. Ou alors j’ai trop de mal à les différencier pour bien suivre. Je ne sais pas, je suis largué.

Bref, il va me falloir une relecture complète des 2 tomes pour me faire un avis définitif. Sorry…

les miroirs du crime tome 2 planche

un album signé Noël Simsolo (scénario) et Dominique Hé (dessin et colo). Editions Glénat.

Les Seigneurs de la Terre – tome 3

Graines d’espoir
les seigneurs de la terre tome 3 couverture
Dégoûté de son expérience agricole, Florian a tout quitté, femme, fille et ferme, pour partir en Inde sur les traces de sa mère. De leur côté, Anne et la petite Lou tentent de se reconstruire après cet abandon… Sur place, Florian découvre que, bien que la culture indienne prône l’harmonie avec la nature, le « sous-continent » n’est pas épargné par les méfaits de l’agriculture intensive, notamment les OGM. En enquêtant sur sa mère, il apprend surtout que, animée du même feu humaniste que lui, elle s’était impliquée dans la défense locale de l’environnement. « Les chiens ne font pas des chats », dit-on. Et c’est peut-être en partant de l’autre côté du monde que Florian retrouvera la vocation…

On s’égare un tout petit peu dans ce 3ème tome où Florian quitte tout et surtout ses illusions d’agriculteur responsable pour partir à la recherche de sa mère en Inde.

On le retrouve la gueule de bois dans une chambre d’hôtel où son pote lui propose de sortir faire la bringue une énième fois.

Bon.

Heureusement, derrière les errances de son personnage principal, on en apprend de bien bonnes ! Les multinationales de l’agro-alimentaire s’en mettent plein les poches en brevetant ni vu ni connu des graines utilisées depuis des millénaires par les paysans indiens. Ces derniers devant s’acquitter d’une taxe pour pouvoir les planter et les exploiter.

En terme d’exploitation, c’est fort de café ! Sans parler des OGM qui polluent les autres cultures partout où ils sont semés.

Mais c’est plutôt face aux jolis yeux des charmantes dames rencontrées que Florian va sortir de sa torpeur pour défendre les droits des opprimés. Il rencontrera à cette occasion une figure du combat en la personne de Vandana Shiva. Et accessoirement une autre dame plus proche de lui.

Graphisme soigné, romance et documentaire rythment cet épisode qui prolonge sur sa belle lancée cette série pleine de surprises et dans l’air du temps.

Ou comment s’informer sur des sujets graves et d’actualité en se divertissant.

les seigneurs de la terre tome 3 planche

un album de Fabien Rodhain (scénario), Luca Malisan (dessin) et Francescutto Paolo (couleurs). Editions Glénat.

J’peux pas, j’ai sabre laser

Episode 1
j'peux pas j'ai sabre laser
La Sport Saber League est tout simplement la première école française de combat au sabre laser ! L’idée vient de Manon et Adrien qui « trouvait ça cool de se lancer dans ce projet un eu fou » ! Nathan les rejoint ans l’aventure et c’est ainsi qu’en Septembre 2015 le premier cours de sabre laser fut donné ! Deux ans plus tard la Sport Saber League compte plus de 300 adhérents et s’apprête à organiser les premiers championnats du monde de combat au sabre laser !

Pas grand chose à raconter sur ce petit bouquin vaguement drôle qui m’a l’air de s’adresser surtout aux fans de l’univers Star Wars tendance urban geek. Le dessin est simple et sympa, mais on n’est loin des éclats de rire.

Dans le même genre, je préfère lire et relire l’excellente série Naguère les étoiles de Hervé Bourhis et Rudy Spiessert chez Delcourt (tome 5 à paraître) ou Yodablog et La revanche du retour… de Thierry Vivien chez Jungle.

j'peux pas j'ai sabre laser planche

un album signé Adrien Koch, Allan Barte & Nathan Storoge aux éditions Jungle.

Orbital – Tome 7

Implosion
Orbital tome 7 couverture
Les Névronomes, ces mystérieux vaisseaux vivants, semblent de nouveau constituer une menace pour le monde. Disséminés dans toute la galaxie et jusqu’alors calmes, ils commencent en effet un à un à s’autodétruire violemment, créant des déflagrations d’une portée immense et décimant des villes entières. Avant qu’ils anéantissent toute civilisation, la Confédération, affaiblie par la guerre civile à peine terminée, n’a qu’une seule solution : elle doit retrouver Caleb, le seul qui dispose d’un lien symbiotique avec l’un des représentants de cette dangereuse espèce. Ce ne sera pas une opération facile : depuis le massacre de Stockholm, les renégats ont fui dans leur Névronome et viennent de mettre le cap sur la grouillante Tatsuam, cité de criminels et zone de non-droit.

Au fil des albums je pense que la saga Orbital a largement gagné sa place parmi les incontournables de la SF. On peut désormais parler de classique du genre.

Millenium, WarShip Jolly Roger, 7 cannibales, London CallingSylvain Runberg est plutôt prolifique et éclectique dans ses choix de scénario et sa signature reste la garantie d’une qualité certaine.

Dans ce 7ème opus, l’attaque des Névronomes et la guerre politique que mènent les leaders de la Confédération apportent une dimension de space opéra très cohérente. Pour peu que l’on est suivi de près les épisodes précédents.

D’agents officiels garants de la loi à fugitifs les plus recherchés de la galaxie, le destin de Caleb et Mézoké n’est pas de tout repos. Ce qui en fait des personnages atypiques et attachants que l’on aime suivre à travers une multitude de planètes et de paysages. Tous plus étonnants les uns que les autres.

Les planches de Serge Pellé dans un style léché très personnel sont sublimes et ne peuvent que séduire les amateurs de bonne BD fans de SF.

Orbital est une valeur sûre !Orbital tome 7 planche

un 7ème album signé Serge Pellé (dessin) et Sylvain Runberg (scénario). Editions Dupuis.

4 sur 5

Les Profs – tome 20

Lycée Boulard

les profs tome 20 couverture

Je l’aime bien ce tome 20. De tous ceux que j’ai lu, c’est le seul qui déroule une histoire complète et pas une série de gags en une planche. Et je trouve que ce format passe bien.

Erroc imagine le putsch du pire cancre du lycée qui réussit le tour de force de s’imposer comme le premier élève devenu proviseur. A tel point qu’il parvient même à renommer l’établissement à son nom.

Certains profs sont pour, d’autres contre. Comme la prof d’anglais transformée en molosse qui m’a bien fait marrer.

Egratignant sérieusement la ministre de l’Education Nationale qu’il caricature sévèrement, Erroc propose un album très amusant et bien servi par le trait impeccable de Simon Léturgie.

Un bon cru !

les profs tome 20 planche

un 20ème tome scénarisé par Erroc et dessiné par Simon Léturgie, couleurs de Jacqueline Guenard. Editions Bamboo.

Mattéo, tome 4

4ème époque (Août-Septembre 1936)

Mattéo tome 4 couverture

Après avoir fuit Collioure et la Gendarmerie Française, Mattéo l’anarchiste, Robert le communiste et Amélie débarquent en Espagne. Ils arrivent à Barcelone avec un stock d’armes pour les républicains. La situation est compliquée aussi Mattéo et Amélie décident de rejoindre le groupe armé qui tente de reprendre le village d’Alcetria. Sur place, le jeune homme est contraint de prendre la tête d’un petit groupe mal équipé pour remplir la mission. Robert ne les a pas suivi et Mattéo va rencontrer la sautillante Enaxchia

C’est du Gibrat pur jus donc pas de mauvaise surprise, les planches magnifiques sont là, les couleurs pastel qui vont avec. Le résultat attendu est bien là : un album superbe !

La guerre est là avec son lot de morts et de drames mais dans ce 4ème opus, c’est surtout le calme buccolique qui l’emporte, Mattéo flirte avec une blondinette, Amélie avec un aviateur anglais tout en se rendant utile à soigner les blessés que l’on ne voit quasiment jamais. La vie s’écoule pèpère sans que l’on ne s’ennuie jamais.

Avant-dernier tome de la série, le plaisir de retrouver l’histoire de Mattéo reste intact.

matteo tome 4 planche

un quatrième épisode signé Jean-Pierre Gibrat aux éditions Futuropolis.

4 sur 5

Olympus Mons – tome 2

Opération Mainbrace
Olympus Mons tome 2 couverture
Sur Mars comme sur Terre, des équipes de spécialistes tentent de percer le mystère de ces anomalies liées entre elles. Aaron Goodwin, le médium, s’évertue à prévenir le monde de l’importance de ne pas pénétrer dans l’étrange vaisseau sous-marin. Il y va de l’avenir de la planète. Ses propos sont confirmés par d’autres médiums mais l’équipe « Ocean Pathfinder » ne l’entend pas de cette oreille. Les forces en présence se déchirent autour du mystérieux objet…

Il me faut bien souvent un peu de courage et de temps pour attaquer un album de Christophe Bec. Le scénariste aime faire durer le plaisir et habiller ses planches de longs dialogues. L’idéal est de relire les chapitres précédents pour se remettre dans le bain.

Une fois ses précautions prises, on peut se lancer dans ce nouvel épisode avec un maximum de concentration pour profiter de l’ambiance et du spectacle.

Car oui il y a toujours des scènes intéressantes et spectaculaires à voir grâce au bon très travail graphique de S. Raffaele.

C’est vrai que c’est un peu long et un poil fastidieux à lire mais ça vaut le coup tant le contenu est fouillé et le thème passionnant.

En clair : profiter d’un album de C. Bec, ça se mérite !

Olympus Mons tome 2 planche

un album signé Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin) et Digikore Studios (colo). Editions Soleil.

 

Le photographe de Mauthausen

one shot
le photographe de Mauthausen couverture
Comme beaucoup de ses camarades déportés dans le camp de Mauthausen, Francisco Boix ne pensait qu’à survivre à ce cauchemar éveillé. Mais lorsqu’il croise le chemin du commandant Ricken, esthète nazi des plus pervers, qui prend plaisir à photographier l’horreur, le jeune homme comprend qu’il tient là un témoignage unique. A condition de parvenir à faire sortir les photos du camp…

Je connaissais Jacques Tardi et son Stalag, Art Spiegelman et son Maus qui nous racontaient de l’intérieur l’horreur de la guerre et l’enfer des camps de concentration. Une nouvelle pierre vient s’ajouter à l’édifice de notre mémoire collective grâce à ces talentueux auteurs espagnols.

On suit cette fois-ci Francisco Boix, un jeune espagnol qui se retrouve déporté dans un camp nazi en Autriche avec bon nombre de ses camarades. Comprenant le sort qui lui est réservé, il tente un pari fou : faire sortir du camp des photos pour dénoncer au monde entier les horreurs qui y sont commises.

Intelligent et motivé comme jamais, Francisco devra convaincre ses co-détenus du bien-fondé de sa démarche tout en rusant auprès des nazis et du commandant Ricken, le photographe dément qui entend élever la mort au rang d’art.

Très bien dessiné d’un trait semi-réaliste et raconté pas mal en voix-off, le récit est réellement poignant tout en étant très didactique. On vibre avec Francisco du début à la fin. Après avoir tremblé avec lui lorsqu’il prend tous les risques, on le soutient jusqu’au procès de Nuremberg qui s’avèrera une cruelle désillusion.

C’est une histoire véridique comme en témoigne l’excellent cahier final avec ses photos d’archives et ses multiples témoignages. Salva Rubio, scénariste et historien nous offre là une tranche de vie et d’histoire passionnante.

A lire absolument !

le photographe de Mauthausen planche

un album réalisé par Salva Rubio (scénario), Pedro Colombo (dessin) et Aintzane Landa (couleurs) aux éditions Le Lombard.

coup de coeur