Le lendemain du monde

one shot d’Olivier Cotte (scénario) et Xavier Coste (graphisme)
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magnifique couverture signée Xavier Coste

Au fin fond de la jungle africaine se cacherait un groupe terroriste mené par une Intelligence Artificielle qui a provoqué un véritable cataclysme. Tous les appareils électroniques sont vérolés y compris les millions d’implants des cerveaux humains.

L’ancien Casque Bleu James Graham Keran n’en a jamais eu lui. Et c’est pourquoi les autorités militaires lui demandent de partir sur le champ enquêter sur place. Et si possible de faire un bon coup de ménage.

C’est une sorte d’OVNI dans le paysage des récits d’anticipation apocalyptique, plutôt un roman d’aventure ésotérique que tente les auteurs. C’est très joliment illustré, le dessinateur Xavier Coste s’essayant à de nombreuses nuances colorées. Le propos sort largement des sentiers battus de ce genre de récit.

Au cours de ce voyage étrange en milieu hostile et peuplé de nombreuses rencontres, James réussira t’il à éradiquer la menace ?

Le lendemain du monde

Editions Casterman.

Le monde d’après

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Après un premier épisode que j’avais trouvé très réussi (chronique ici), Jean-Christophe Chauzy clôt son récit apocalyptique en deux actes.

Sortant de son registre humoristique habituel (voir ses planches publiées dans Fluide Glacial), il reprend un thème maintes et maintes fois exploré par le cinéma et la littérature. Grosse différence ici : ça se passe près de chez nous. Et ça peut permettre au lecteur francophone de se sentir plus concerné et de s’interroger sur le comportement qu’il aurait lui si son environnement s’effondrait.

Car c’est ce qui vient d’arriver à Marie et ses deux fils. Dans le premier album, en pleine montagne ils font partie des rares rescapés d’un orage dévastateur qui réussissent à redescendre dans la vallée. Mais après des jours cloîtrés dans un village coupé de tout, où les tensions montent tandis que les vivres baissent, ils prennent le large. Leur objectif est de descendre au sud en espérant que les côtes soient épargnées.

Hélas, c’est tout le pays – voire plus – qui a pris une grosse claque, les paysages sont dévastés et les rares humains qu’ils croisent se révèlent pour la plupart des ennemis. C’est l’heure du chacun pour soi.

Graphiquement, l’auteur se fait plaisir et ça se voit, le grand format lui offre de la place pour de très belles planches qui nous scotchent. La narration est bien posée, le dessin est soigné, l’ambiance fin du monde très bien rendue. Dans ces paysages désolés et cette atmosphère tendue, les rencontres sont très attendues et ne déçoivent jamais.

Le périple est donc prenant mais au final on reste sur sa faim. On ne connait pas l’origine de la catastrophe et on ne sait pas ce que deviendront les survivants. Pas d’explication, pas d’espoir. Il y a comme un manque. Pour ma part, je laisse mon imagination me suggérer que comme prévu l’homme a reçu le retour du bâton de la part de Mère Nature qui lui fait bien comprendre qu’il a déconné. Je suis pas loin de penser qu’on va tous finir dans un grand Big Bang de ce genre. Et paf !

Au delà d’une conclusion personnelle sur la place de l’homme dans la Nature, je pense que JC Chauzy nous donne à réfléchir sur la nature profonde de l’être humain. Le retour à l’état sauvage, l’instinct animal (la Louve et ses petits), le concept de propriété etc… Sorti de son confort moderne, l’homme en perte de repère retrouve vite son instinct de survie.

Je ne pense pas qu’une suite soit prévue. En attendant je ne peux que recommander cette lecture et l’achat de ces deux beaux livres.

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un album signé Jean-Christophe Chauzy aux éditions Casterman.

4 sur 5

 

Neige Origines – tome 2

Eden
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Seul rescapé d’une attaque de crève-panse, Chantefable se réveille dans un petit chalet donnant sur une vallée verdoyante et fleurie. Un endroit idyllique, épargné de la glaciation qui a ravagée l’Europe, qui porte le doux nom d’Eden. Accueilli par le maître des lieux, un certain Yahvé, Chantefable ne tarde pas déceler quelques mystérieux et inquiétants détails du quotidien. Tant de bonheur semble suspect… Convaincu que l’Eden cache une vérité terrifiante, Père Tabac, l’un des Douze, le pousse à s’évader et à rejoindre le fort de Northman, pour l’informer de ses soupçons…

Allez je vais être honnête, j’étais pas chaud chaud pour replonger dans l’univers de Neige imaginé par Didier Convard et Christian Gine dans les années 80 qui de mémoire m’ont laissé un souvenir glaçant.

Puis le premier tome de Neige Origines est arrivé et ce fut une bonne surprise. Puis est sorti ce tome 2 qui enfonce le clou. Le premier était un one shot pour tester le lectorat je pense, ce second est le début d’un diptyque qui débute extrêmement bien.

Déjà la couverture est une belle réussite, elle dit tout. Le type masqué de blanc (il s’appelle Yahvé au passage), l’atmosphère immaculée et enneigée et ce papillon coloré  au premier blanc. J’adore.

Avec la complicité de Eric Adam, Didier Convard revisite complètement sa série originale pour lui donner un sacré coup de neuf. Bien aidé par le trait sûr et vif de Fred Vignaux qui distille de très belles planches.

Un peu de steampunk, un peu de Mad Max, un peu de survival, le mélange est bien dosé pour un album très très agréable à lire. J’aime beaucoup les différents personnages, qu’ils soient héros ou les pires salopards, chacun joue sa partition à la perfection. C’est rythmé, bien mené, bien dessiné, rien à redire, c’est de la BD d’aventure post-apocalyptique de qualité.

Je recommande fortement d’autant qu’il n’est pas utile de connaître la série-mère.

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Scénario de Didier Convard & Eric Adam. Dessin & couleurs de Fred Vignaux. Editions Glénat.

4 sur 5