The Autobiography Of Me Too

Un des classiques de Bouzard

The Autobiography of Me Too

J’en ai déjà parlé alors je ne vais pas en faire des caisses mais si vous avez envie de vous marrer, jetez-vous sur ces 3 albums autobiographiques qui mettent en scène « le meilleur dessinateur de tous les temps ».

Guillaume Bouzard partage avec Fabcaro l’art de l’autodérision et si vous ne savez pas quoi lire dans le même genre après Zaï Zaï-je-sais-plus-combien du second (et pleins d’autres titres tout aussi géniaux mais qui n’ont pas fait le buzz va savoir pourquoi…), venez vous poiler avec le premier. Je sais pas si je suis très clair. Si ?

Perso je relis l’un et l’autre régulièrement avec toujours autant de plaisir. Et pis c’est pas tous les jours qu’on peut feuilleter de bÔoo albums en couverture toilée. La classe !

3 albums signés Guillaume Bouzard aux éditions Les Requins Marteaux

coup de coeur

Gung Ho – tome 3

Sexy Beast

Gung Ho tome 3 couverture

Si plusieurs années ont passés pour les fans de la série qui attendaient impatiemment cette suite, seulement quelques semaines ont suffit à la bande de gamins du poste fortifié n°16 pour avoir le droit de porter une arme.

Si l’entrainement continue sous la houlette d’un maître Japonais spécialement arrivé de la ville, ils sont maintenant suffisamment aguerris pour se défendre et sortir de l’enceinte sécurisée. Même si ils n’ont toujours pas le droit de s’aventurer dans la zone de danger. Mais ils sont jeunes et s’en foutent, certains s’amusent comme des petits fous face aux terribles Rippers. Sorties moto, combat en arène, tout est bon pour faire monter l’adrénaline !

AAaaahhh, ça fait du bien de retrouver cette bande de réfugiés ! Dans le genre apocalyptique Gung Ho sort clairement du lot. D’abord par un dessin infographique extrêmement bien foutu et des couleurs justes, ensuite parce que la vie dans ce monde ravagé et angoissé est passionnante à suivre. Et même si on a (largement) dépassé le stade de l’adolescence, on savoure le spectacle assuré par ces jeunes, étranglés par les adultes et tenaillés par leurs hormones.

Les filles sont sexy et jolies, les garçons courageux au point que l’un d’eux (le plus rebelle) va le payer très cher. Zach et Archer vont donc être séparés, l’occasion pour le lecteur d’enfin découvrir un peu plus le monde extérieur.

Ambiance tendue, action et frissons sont au rendez-vous de ce 3ème tome idéalement lu en cette période de vaches maigres bédéphiles.

Les BD de ce calibre sont rares alors profitons-en.

Gung Ho tome 3 planche

un album signé Benjamin Von Eckartsberg (scénar) et Thomas Von Kummant (graph). Editions Paquet.

coup de coeur

Les Profs – tome 19

Note to be
les profs tome 19
Rien ne va plus au lycée Fanfaron. Tout le monde voit des complots partout, le journal Tohu Bahut colporte les pires ragots, les manifs tombent à l’eau et même Serge est plein d’entrain pour faire cours. La proviseure n’a plus le choix : elle doit mettre en application sa toute nouvelle formation pour gérer les situations délicates. Pendant ce temps, Polochon relève le défi lancé par une machine de correction de copies ultrarapide destinée à mettre les profs au chômage. Qui a dit que la vie de lycée était monotone ?

Une série que je lis de temps en temps mais qui ronronne beaucoup à mon gout. Les gags ne sont pas tous drôles, loin s’en faut. Reste quelques bons moments qui prêtent facilement à sourire.

Ce 19ème opus fait le boulot sans plus.

Une lecture a réserver sans doute aux habitués et aux professionnels qui devraient s’y retrouver et à ceux qui ayant commencé la série ne peuvent s’empêcher de compléter leur collection 🙂

 

Eroc au scenario, Simon Léthurgie au dessin, Jacqueline Guénard aux couleurs. Editions Bamboo.

Undertaker – tome 3

L’Ogre de Sutter Camp

L’undertaker, Lin et Rose sont missionnés pour s’occuper du corps de la belle-mère d’un marchand de bétail influent. Arrivés sur place, ça dérape lorsque Jonas retrouve une vieille connaissance. Le Colonel Charley Warwick lui apprend que l’Ogre de Sutter Camp, un médecin expérimenté qui charcute ses patients, est toujours vivant. Ne pouvant le laisser en liberté, le quatuor le prend en chasse et ne tarde pas à le retrouver dans une petite ville en pleine démonstration de ses talents.

C’est un deuxième cycle qui débute dans ce tome 3, le prochain dénouera l’affrontement qui commence ici. La partie n’est pas facile, le croque-mort ayant (re)trouvé son pire adversaire. Un coriace. Et il y a un lourd passif derrière.

Présenté comme un dur à cuire, Jonas sera tout de même bien heureux de pouvoir compter sur les deux faibles femmes qui l’accompagnent et lui sauvent la mise. Quoique au final, une des deux va lui jouer un sale tour. Il avait un problème, il en a maintenant un deuxième !

J’ai le sentiment que Jéronimus Quint est le personnage qu’attendait l’Undertaker pour se montrer sous son vrai jour. Et le gars n’est pas tendre avec ses congénères, c’est un vrai cynique

Comme d’habitude, Xavier Dorison maîtrise son histoire et si certains événements passés sont évoqués dans ce tome 3, on ne devrait pas tarder à en savoir beaucoup plus sur le lieutenant Strikland dans le 4ème. Le suspense tient bon.

Action, aventure mais aussi humour, Untertaker tient toutes ses promesses.

Et question graphisme, c’est aussi une habitude : Ralph Meyer est un vrai crack !

Undertaker tome 3

scénario de Xavier Dorison, dessin Ralph Meyer, colo Ralph Meyer et Caroline Delabie. Editions Dargaud.

4 sur 5

Urban – tome 4

Enquête immobile
Urban tome 4 couverture
Sans déc’ n’est elle pas sublime cette couv’ ?!

Avant-dernier épisode avant la fin ! Ce quatrième opus d’Urban est un vrai plaisir à lire. En prenant la précaution de feuilleter les albums précédents histoire de se remettre dans le bain, on peut sereinement attaquer sa lecture.

Luc Brunschwig fait un zoom sur Springy Fool et son chien de garde tandis que Zach – mis à pied pour ne pas avoir exécuté le magicien – enquête depuis son appartement (d’où le titre) sur la mort du petit Neil. L’occasion pour nous d’en apprendre beaucoup plus sur les origines de la cité de Monplaisir et son fondateur, le génial roboticien.

Comme d’habitude avec le scénariste, il faut s’accommoder de nombreux aller-retours dans le passé. L’enchaînement est cependant excellent et l’histoire file bon train.

Et bonne nouvelle, il me semble que Roberto Ricci a évité de surcharger ses planches qui n’en sont que plus belles.

De là à dire qu’Urban est actuellement la meilleure série dans son genre, il n’y a qu’un pas que je ne vais pas tarder à franchir.

Que du bonheur ce tome 4 !

Urban tome 4 planche

un album signé Luc Brunschwig (scénario) et Roberto Ricci (dessin & colo) aux éditions Futuropolis.

coup de coeur

Le lendemain du monde

one shot d’Olivier Cotte (scénario) et Xavier Coste (graphisme)
le lendemain du monde
magnifique couverture signée Xavier Coste

Au fin fond de la jungle africaine se cacherait un groupe terroriste mené par une Intelligence Artificielle qui a provoqué un véritable cataclysme. Tous les appareils électroniques sont vérolés y compris les millions d’implants des cerveaux humains.

L’ancien Casque Bleu James Graham Keran n’en a jamais eu lui. Et c’est pourquoi les autorités militaires lui demandent de partir sur le champ enquêter sur place. Et si possible de faire un bon coup de ménage.

C’est une sorte d’OVNI dans le paysage des récits d’anticipation apocalyptique, plutôt un roman d’aventure ésotérique que tente les auteurs. C’est très joliment illustré, le dessinateur Xavier Coste s’essayant à de nombreuses nuances colorées. Le propos sort largement des sentiers battus de ce genre de récit.

Au cours de ce voyage étrange en milieu hostile et peuplé de nombreuses rencontres, James réussira t’il à éradiquer la menace ?

Le lendemain du monde

Editions Casterman.

Plutona

one shot de Jeff Lemire (scénario) et Emi Lenox (graphisme)

Plutona couverture

Une bande de gamins découvre en pleine forêt le cadavre de Plutona, une super héroïne adulée du public. Que s’est-il passé ? Comment la super girl a t’elle pu se retrouvé là ? Son rival de toujours, le docteur Wasp a t’il cette fois-ci triomphé ?

Je ne suis pas fan des BDs type super héros et ça tombe bien, il s’agit ici d’étudier le comportement d’ados face à une situation inattendue. Jeff Lemire explore cinq personnalités bien différentes. Entre amitié, trahison, doute, désillusion et peur, chacun va réagir à sa façon. Apparaissant assez rapidement, plutona est absente des débats même si le scénario prend le temps de présenter l’envers du décor de cette maman qui cumule 2 ou 3 jobs pour s’en sortir.

Chronique intemporelle, les 150 pages de ce one shot passent comme une lettre à la poste.

Plutona planche

Editions Futuropolis

Aquablue – tome 16

Rakahanga !

Aquablue tome 16 couverture

Six ans déjà – et 5 albums ! – que Régis Hautière et Réno ont repris les rênes de la mythique série Aquablue avec beaucoup de talent. Respectueux de l’univers imaginé par Vatine et Cailleteau, ils ont su relancer la série en la modernisant. En témoigne le dessin informatisé magnifique de Réno.

Alors que la prise d’otages du Standard-Island s’est achevée sans faire trop de dégâts, la Légion est de retour sur Aquablue pour protéger les colons des autochtones. Tandis que la tension monte entre les deux communautés contre laquelle Nao tente désespérément de lutter, une nouvelle menace se profile pour la planète bleue : Syssim le lézard fait son come-back et prépare un nouveau sale coup commandité par un inconnu. Cybot est perdu sur une île déserte avec Boulet (si si !), Rabah est toujours dans les vapes et Carlo recherche Maurice Dupré sans doute kidnappé par un grand ponte.

Toujours aussi sympa à suivre, les belles planches arrivent heureusement à me faire oublier ce petit air de déjà vu. La légion, les colons, Nao entre deux feux, toussa… Mais maintenant qu’on a quitté l’océan pour la terre ferme, j’aimerai bien aller faire un petit tour dans les étoiles à bord du Stromboli

Jamais content mais toujours fidèle je suis ^^

Aquablue tome 16 planche

un album signé Reno (dessin et colo) et Régis Hautière (scénario) aux éditions Delcourt.

4 sur 5

 

Jack Cool 1966 – tome 1

Quelques jours avant Jésus-Gris…
Jack Cool tome 1 couverture
Californie 1966. Il est apparu tel un fantôme dans la communauté des « Merry Pranksters ». Comme il était sale et maigre, ils l’ont surnommé Jésus Gris. Il va les entrainer sur la route au volant d’un bus psychédélique. Jayne Mansfield, actrice et grande prêtresse de l’église de Satan, charge le détective Jack Cool de retrouver sa fille. L’enquête le mène jusqu’au fameux bus…

Alors je vais tenter de résumer rapidos : Detroit. 1966. Un ancien GI de retour du Vietnam est marié, père et salarié. Un soir sans un mot, il plaque tout et disparaît. On le retrouve quelques mois plus tard recueilli par une bande de hippies qui partent sillonner la route à bord de leur bus. Sa femme engage un détective privé – Jack Cool – pour le retrouver. Ce dernier est aussi en chasse de la fille de Jayne Mansfield qui a fugué.

Voila.

Bizarre hein ?

Curieux. Je me demande dans quoi je m’embarque au début et puis au fil de la lecture, ce méli-mélo est assez marrant. Atypique et un poil embrouillé, pour être convaincant, il faudra que le second et dernier tome apporte toutes les réponses aux questions posées.

Je n’aime pas trop les histoires qui mélangent personnages réels et fictifs mais pour une fois ^^ j’ai lu le cahier graphique qui raconte l’histoire des Merry Pranksters, en français les joyeux déconneurs. Historiquement c’est intéressant à lire et relance mon intérêt quant au tome que je viens de lire.

Alors j’attends la suite…

Jack Cool tome 1 planche

un premier tome scénarisé par Olivier Mangin, dessin et colo de Jack Manini, éditions Bamboo Grand  Angle.

2 sur 5

L’adoption

une histoire complète en 2 tomes
(tome 1 : Qinaya) Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.
(tome 2 : La Garua) Qinaya est repartie. Après l’arrestation de ses parents adoptifs pour enlèvement, elle a regagné son Pérou natal. Après un an et demi de recherches, Gabriel, son « grand-père » de France, se rend à Lima pour la retrouver. Mais le vieux bourru va aller de désillusion en désenchantement, car en 18 mois, la petite a changé, elle a grandi… et elle a oublié son séjour en France. Elle a oublié son « achachi », son grand-père…

[ATTENTION SPOILER] (désolé mais je préviens…)

Agée de 4 ans, la petite Qinaya perd ses parents lors d’un terrible tremblement de terre dans le sud du Pérou. Elle sera adoptée par Alain et Lynette ses nouveaux parents français qui attendaient ce bonheur depuis de nombreuses années. Pour Gabriel le grand père, c’est plus compliqué, lui qui n’a jamais su être père va devoir apprendre à être grand-père.

Malheureusement, c’est quand il commence à prendre à cœur son nouveau rôle que la catastrophe arrive : les autorités arrêtent Alain et Lynette qui n’ont pas respecté les règles en adoptant Qinaya. La petite repart aussitôt chez elle. Sur un coup de tête, Gabriel s’envole pour le Pérou, bien décidé à retrouver la gamine.

C’est vrai que si on a pas encore lu les 2 albums, il vaut mieux éviter de lire cet article qui déflore le truc 🙁 mais ça vaut le coup d’être lu. Perso j’ai adoré cette belle histoire signée Zidrou, le nouveau big boss du scénar franco-belge.

Le premier album est forcément touchant, comment résister au regard de cette pitchoune débarquée à la suite d’un drame à des milliers de kilomètres de chez elle ? Comment ne pas apprécier ces petits moments de vie ?

Sous le pinceau élégant d’Arno Monnin la chronique familiale prend tout son charme ressemblant de beaucoup dans le ton et la forme aux Beaux étés du même scénariste (et dessiné par Jordi Lafebre). Et ce qui fait mal après ces jolis moments, c’est le final glaçant qui laisse pantois. On ne s’y attendait pas !

S’en suit un second tome complètement différent qui se joue à l’autre bout du monde puisque Gabriel décide de retrouver Qinaya. On ne sait pas trop ce que je cherche le bonhomme. Là encore Zidrou nous prend à contre-pied pour un final inattendu. C’est bien vu, réaliste et toujours traité avec la dose d’humour qui va bien.

Beau, finement raconté, touchant, chaleureux et drôle, l’Adoption est un magnifique roman graphique. Une histoire humaine comme je les aime.

Un diptyque signé Zidrou au scénario et Arno Monnin au graphisme. Editions Grand Angle.

coup de coeur