Le Fulgur – tome 1

Au fond du gouffre
le Fulgur tome 1 couverture
1907. Suite à une terrible tempête, un navire voguant dans le canal du Yucatan sombre dans une fosse sous-marine avec un milliard d’or pur dans ses soutes. Bientôt, un groupe hétéroclite, savants, aventuriers, hommes d’affaires et journalistes, embarque à bord du Fulgur, un sous-marin unique en son genre, afin de retrouver la cargaison perdue. Mais leur aventure à 4 000 mètres de profondeur va rapidement prendre une tournure défiant l’entendement !

Un début d’album un peu poussif et des dialogues tout du long trop bavards et ampoulés. Je sais on est au début du XXème siècle mais bon difficile de s’identifier à ces personnages loin du charisme d’un bon aventurier.

Pour autant, à partir du moment où l’aventure commence au fond de la mer et qu’apparaissent les monstres attendus, ça va beaucoup mieux et on ne peut une nouvelle fois que saluer le talent de Christophe Bec pour ce type de récit.

Au dessin, je découvre un artiste serbe récompensé par de ses nombreux prix (Meilleur Jeune Artiste, Meilleur Comics Contemporain, Stylo d’Or à Belgrade) qui a travaillé sur la série Arcanes chez Delcourt et Ys La Légende chez Soleil. Son trait est propre bien qu’un peu trop encré à mon gout.

Prévu en 3 tomes, Le Fulgur démarre plutôt pas mal sur un mode Jules Verne.

le Fulgur tome 1 planche

un album scénarisé par Christophe Bec,  dessiné par Dejan Nenadov, colorisé par Tanja Cinna aux éditions Soleil.

2 sur 5

Travis – tome 12

Les tueurs de fer
Travis tome 12 couverture
Alors que les puissantes armées des narcotrafiquants étaient sur le point de prendre le contrôle total du Mexique, Vlad Nyrki parvient à retrouver son plus vieil ami mystérieusement disparu dans cette zone de guerre civile. Il y découvre alors Travis, réfugié dans la jungle du Chiapas chez les enfants de Marcos et engagé aux côtés des rebelles zapatistes pour le partage des terres mexicaines…

Tiens c’est curieux, la couv’ ressemble étrangement à celle du tome 9Miss Thundercat s’illustrait elle aussi armée et cachée derrière un arbre guettant le danger. Est-ce voulu ? Je l’ignore. N’empêche qu’en terme d’originalité Bof quoi. Même si elle reste très chouette.

En tout cas ce tome 12 signe le retour en fanfare de celui que l’on avait pas vu depuis lulure : Travis himself ! Et il est en grande forme toujours aux côtés des plus faibles quitte à se mettre dans une belle panade. L’album s’achève par un cliffhanger digne de la Série B.

J’ai l’agréable sensation de replonger dans les débuts de la série puisque après l’espace, nous voila de retour en pleine jungle avec des cyborgs qui pullulent et les armes à feu qui donnent de la voix (voir le tome 2).

Dans le feu de l’action, Fred Duval nous brosse un contexte géo-politique bien noir mais proche de la réalité quand il dénonce le fait que les enjeux économiques placent toujours l’humain au second plan. Fidèle à son habitude, il place son message dans un album divertissantpas mal de vieilles connaissances font leur apparition.

Au dessin, Christophe Quet de son trait sûr et vif qui fait toujours le job.

J’avais eu peur que la série ne s’arrête, on aura en tout cas le fin mot de l’histoire dans le prochain tome qui clôturera le 4ème cycle de mes héros SF préférés.

Travis tome 12 planche

un album de Fred Duval (scénario), Christope Quet (dessin) et Pierre Schelle (colo) aux éditions Delcourt.

4 sur 5

Gérard

Cinq années dans les pattes de Depardieu
Gérard couverture
Mathieu Sapin rencontre Gérard Depardieu en 2012. Il l’accompagne en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule, que ce soit lors de tournages, au Portugal ou aux quatre coins de l’Europe, d’un voyage exceptionnel en Russie ou, tout simplement, d’un repas dans la cuisine de son hôtel particulier parisien.

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un Personnage ce Gérard Depardieu avec un grand « P ». Que l’on aime l’homme ou pas, il ne laisse personne indifférent. En tant que figure publique, on peut même le détester, la presse et les politiques ont à l’époque suffisamment commenté son changement de nationalité et ses amitiés russes. Notamment sa rencontre avec Vladimir Poutine. Il en parle dans le livre, il a été profondément blessé par les propos de Jean-Marc Ayrault alors premier ministre. Il n’a pas hésité à appeler François (Hollande) pour se plaindre. Huhu !

Je pense que quoiqu’on en pense, personne ne saurait mettre en cause son immense talent d’acteur et on ne peut qu’admirer sa capacité de travail. Le gars bosse tout le temps. Il l’expliquer d’ailleurs. La peur de s’ennuyer. Dès qu’il ne fait rien, il s’emmerde le Gégé.

Mais c’est aussi son immense solitude qui étonne, il a peur d’être seul et de se retrouver face à lui-même. Car il ne s’aime pas, il se déteste et ne supporte pas l’image qu’il voit dans la glace.

En cohabitant avec lui, Mathieu Sapin réalise là une oeuvre intimiste, réaliste et passionnante à la découverte d’un type pas comme les autres.

Excessif, épicurien, bouillonnant, cultivé mais aussi très attentif aux autres malgré les apparences, la vie de Gérard Depardieu valait le coup d’être racontée de cette manière. Sans filtre.

Pour mon anniversaire, on m’a fait là un super cadeau. Merci !

Du coup, je vais me pencher sur les autres titres de Sapin qui a fait la même chose à l’Elysée entre autres …

Gérard planche

un album signé Mathieu Sapin aux éditions Dargaud 

coup de coeur

 

Désintégration

Journal d’un conseiller à Matignon
désintégration couverture
Pendant dix-huit mois, Matthieu Angotti a travaillé aux côtés du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et c’est ce qu’il raconte ici, dans un récit percutant qui tente le pari fou de nous mettre dans la peau d’un conseiller politique.

Alors là, voila exactement le type de livre que je recommanderai à n’importe quel citoyen ! En cette période électorale, ça remet les fausses idées en place.

Si chacun s’imagine que le pouvoir est chose facile, il se trompe dans les grandes largeurs. En clair, ce témoignage en immersion dans les coulisses de la République apprend au lecteur que rien n’est plus compliqué que le système démocratique.

Ancien responsable associatif, Matthieu Angotti est nommé conseiller auprès du premier ministre. Après un premier succès sur le dossier de la lutte contre la pauvreté, il attaque le chantier de l’intégration en France. Sujet brûlant qui va provoquer des conflits dans les cabinets gouvernementaux.

On y découvre tous les rouages de la belle mécanique républicaine, des gens qu’on connait (ministres), ceux que l’on ne voit jamais (les conseillers, les secrétaires), bref tous ces gens de l’ombre qui font tourner la machine, des gens qui bossent comme des fous – enfin ceux dont le métier passionne et qui y croient – soumis à une pression terrible, au stress, aux luttes d’intérêts et aux journées interminables. heureusement qu’il y a des bons côtés.

C’est passionnant de bout en bout, très bien expliqué, Matthieu est un homme intègre, bosseur et droit. Il en oublie un peu sa famille mais tient le coup, entre succès, gloire et cruelle désillusion.

Graphiquement le travail de Robin Recht est parfait jusqu’au découpage des planches très original et parfaitement lisible, dotées d’une colo sobre très appropriée.

Un récit qui donne à réfléchir tout en instruisant. A découvrir sans tarder !

désintégration planche

un album réalisé par Robin Recht sur un récit de Matthieu Angotti, ancien conseiller du premier ministre Jean-Marc Ayrault à Matignon de 2012 à 2014. Editions Delcourt.

4 sur 5

44 après Ronny

one shot
44 après Ronny, couverture
Victime d’un accident vasculaire cérébral, le vieux Louis ne peut plus rester chez lui avec son épouse. Alors avant qu’il ne parte en maison de repos, sa famille entière a décidé de lui offrir une dernière journée absolument inoubliable. Mais comme tous les invités sont préoccupés par leurs propres petits problèmes, rien ne va se dérouler comme prévu… Il y a d’abord les petits-enfants qui rejettent les frustrations de leurs propres échecs sur les autres, pendant que la mère fait tout pour sauver les apparences. Et puis le frère de Louis, qui fait ressurgir un vieux traumatisme familial que tout le monde voulait oublier. Sans parler du voisin un peu buté qui, par excès d’enthousiasme, provoque une série de catastrophes… Bref, ce sera effectivement une journée mémorable pour tout le monde. Sauf pour Louis.

Envie d’un roman graphique amusant, d’une chronique familiale douce amère ? Envie de retrouver au gré des quelques 128 pages des points communs avec votre propre vie ?

Pour le savoir rien de tel que de bouquiner cette comédie proposée par Michaël Olbrechts qui s’amuse à organiser une gentille fiesta familiale à l’occasion de l’enterrement du départ pour la maison de retraite du vieux Louis qui n’a rien demandé à personne. Ca part d’une bonne intention mais franchement fallait-il les inviter ?

Moi j’ai beaucoup aimé, le ton est juste, le dessin agréable et la nostalgie de certaines retrouvailles fait le reste. Même quand on s’en engueule on aime bien se retrouver de temps en temps non ?

Un album à découvrir pour pourquoi pas s’interroger sur nos propres rapports avec nos proches.

44 après Ronny, planche

un album de Michaël Olbrechts. Edition Glénat (collection 1000Feuilles).

Zombies Néchronologies – tome 3

La Peste
couverture Zombies Néchronologies tome 3
Les îles japonaises sont ravagées par les zombies. Mais dans un village de montagne, un millier de civils, des militaires et des chercheurs tiennent bon. Ils ont en leur possession une momie plusieurs fois millénaires à partir de laquelle le virus a été créé. En explorant les origines du mal, les scientifiques espèrent lui trouver un remède ; ils ne reculent devant aucun sacrifice, aucune expérience, pour arriver à leurs fins. Le résultat de leurs travaux pourrait aussi bien offrir une deuxième chance à l’humanité que la précipiter vers une extinction plus rapide.

Spin-off de la série Zombies by Olivier Péru, ce troisième tome de Néchronologies ouvre des perspectives pour la suite des aventures zombiesques. En effet, l’absence d’empathie du leader scientifique Daisuke pourrait lui permettre – en sacrifiant une bonne partie des civils survivants qui lui fait confiance – de découvrir l’origine de l’épidémie.

J’étais resté sur l’excellent souvenir du tome 1 qui maniait un peu l’humour moqueur – François Hollande en guest star notamment – et au début de celui-ci j’ai été un peu surpris par le ton beaucoup plus sérieux. Je prenais ce spin-off plutôt comme une récréation amusante. Et puis ça met un peu de temps à démarrer et on ne voit pas bien ou le scénario nous emmène. Au fur et à mesure de la progression un poil fastidieuse, on comprend finalement le but de Daisuke.

Je crois qu’au final je me suis ennuyé, le choix du one shot fait que je ne retrouve pas de personnages communs d’un tome à l’autre qui me permettent de faire le lien avec la série-mère et du coup ça perd de son intérêt.

La réalisation de l’album est impeccable – à commencer par une couv’ percutante – mais je n’y ai pas trouvé mon compte au final.

Zombies Néchronologies tome 3

un album d’Olivier Peru (scénario), Stéphane Bervas (dessin), Digikore Studios (couleurs). Editions Soleil (Anticipations).

Olympus Mons – tome 1

Anomalie un

Olympus Mons Tome 1

A peine sorti de Prométhée, Christophe Bec enchaîne sur une nouvelle série qui joue sur les même codes : plusieurs événements distants dans l’espace et le temps, étroitement liés qui sous-entendent que les extra-terrestres ne sont pas loin.

Ainsi on a des plongeurs qui découvrent les vestiges d’un artefact inconnu, un médium de l’Iowa qui a des visions d’une épave engloutie au fond de la mer et des cosmonautes russes sur Mars qui tombent sur la carcasse d’un gigantesque vaisseau spatial.

La recette est connue mais y’a pas moyen : la curiosité est la plus forte et on replonge ! D’autant que le graphisme soigné est signé Stefano Raffaele devenu au fil des temps le dessinateur attitré des séries du scénariste ruthénois.

Et puis comment résister à l’appel de cette belle couv’ qui rappelle les belles années de Sanctuaire ou Zero Absolu ?

Décidément on ne change pas une équipe qui gagne.

J’espère juste qu’on est pas reparti pour 15 tomes parce que perso j’ai peur de ne pas avoir le courage d’aller jusqu’au bout. Les meilleures séries sont souvent les plus courtes pour gagner en efficacité et ne pas lasser le lecteur.

Allez soyons optimistes et profitons du spectacle !

Olympus Mons Tome 1

un album de Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin), Digikore Studios (couleurs). Editions Soleil.

Le Juge, la République assassinée tome 3/3

Chronique d’une mort annoncée
couverture Le Juge tome 3
Le 3 juillet 1975, à Lyon, le juge Renaud, qui enquêtait sur des dossiers, est assassiné de trois balles. Malgré les enquêtes, les soupçons, les théories parfois extravagantes, ce meurtre reste sans explication officielle depuis plus de quarante ans ! Grâce à un travail colossal de documentation et à l’aide du fils du juge Renaud ainsi que celle d’autres protagonistes, Olivier Berlion raconte dans cette passionnante trilogie les liens qui unissaient le milieu à certains hommes politiques. Cette histoire est aussi, tout simplement, celle de la faillite d’une justice restée sans réponse face à ce scandale. Le Juge se lit comme un polar implacable d’une très grande tenue.

Au début, je craignais un peu d’être perdu dans une histoire complexe avec de nombreux personnages, surtout dans le tome 1. Mais au fur et à mesure, l’histoire s’est fluidifiée sans jamais perdre de son intensité et de son intérêt.

Ce 3ème tome clôt un triptyque ambitieux magnifiquement réalisé par un Olivier Berlion précis et bien documenté. Je ne reviens pas sur le dessin dont je suis un fan inconditionnel.

Il en ressort un documentaire sérieux et didactique mené comme un thriller passionnant à suivre.

planche Le Juge tome 3

un album signé olivier Berlion. Edition Dargaud.

Le Retour

one shot

le retour

Une histoire très librement inspirée de l’oeuvre accomplie par César Manrique sur l’île de Lanzarote.

C’est le premier album en solo de Bruno Duhamel et il choisit pour cette expérience de brosser le portrait d’un homme au caractère bien trempé. Un Artiste mégalo très mal embouché et têtu comme un âne !

Après avoir fait fortune aux Etats-Unis, Cristobal est de retour sur son île natale. Mais il déchante vite en constatant qu’elle est en voie de bétonisation de la part de promoteurs et de locaux résolus à la transformer en destination de vacances idéales. Bien décidé à préserver la beauté naturelle des lieux, Cristobal entreprend de la transformer en oeuvre d’art pour empêcher le carnage annoncé. Ca se termine quelques années plus tard en accident mortel qui pourrait bien être criminel.

Ahhh le trait de B. Duhamel ! Tout de suite identifiable et sympathique.

Je le trouve plus adapté à la comédie qu’au drame, mais la force des expressions et l’énergie qu’il transmet marche aussi bien ici.

L’histoire est intéressante mais j’avoue que sans le dessin magique, je n’y aurai sans doute pas prêté attention.

un album signé Bruno Duhamel. Editions Grand Angle.

La malédiction de Gustave Babel

Un récit des contes de la Pieuvre

la malédiction de Gustave Babel

Au début du XXème siècle, la mafia parisienne est plus connue sous le nom de la Pieuvre. Son tueur à gage le plus efficace s’appelle Gustave Babel et il a comme don de connaître toutes les langues lui permettant d’être à l’aise partout dans le monde. Bien pratique pour son boulot.

On débute l’album en Argentine en 1925, au moment ou mortellement touché par une balle, Gustave Babel agonise et se souvient de son passé trouble.

Je ne connaissais Gess qu’en tant que dessinateur de Carmen Mc Callum et je découvre ici une nouvelle facette de son talent. On est dans un tout autre registre, le monde de 1900 qui mêle fantastique, action et onirisme. Et la transition est surprenante mais réussie. On y découvre un personnage singulier grand amateur de Baudelaire qu’il cite souvent lors de ses voyages. Mais c’est surtout un type torturé par le souvenir de l’hypnotiseur que l’on retient, un homme qui ne souvient que par bribes de son passé cauchemardesque aux côtés de son mentor… magnétique et dangereux.

Une certaine poésie se dégage de ces planches de par une colo douce et un trait fin. Gess soigne sur le fond et la forme son one shot pour un  résultat convaincant et original.

la malédiction de Gustave Babel

un album signé Gess. Editions Delcourt.