Soleil Froid – Tome 2

L.N.
soleil froid tome 2 couverture
Voici la suite de l’intrigue, où Jan, un des seuls rescapés après la mutation du virus de la grippe aviaire, parvient à rejoindre une communauté à Lyon, dix ans après l’épidémie. Mais, alors qu’il croira pouvoir y trouver une sorte de salut, il se sentira finalement encore plus seul et perdu, et devra échapper à d’étranges et redoutables hommes armés qui en veulent à sa vie…

Un 2ème tome qui enfonce le clou ! J’avais beaucoup aimé le premier, cette suite confirme ma première bonne impression.

Un dessin chouette, une trame assez simple, un thème que j’aime dans une ambiance de fin du monde à la Mad Max. Jean-Pierre Pécau fait avancer son intrigue avec pas mal d’explications sur ce qu’il s’est passé sur Terre.

A priori, Jan n’est pas blanc-bleu et traine un lourd passé dans l’armée. S’il reste sympathique dans son duo avec Marguerite, l’homme passe pour un salopard et ne doit sa survie qu’à sa parano en nous emmènant sur des chemins dangereux.

Suspense et action saupoudrés de quelques traits d’humour, la recette est efficace, je suis prêt à le suivre très loin si les prochaines albums s’avèrent tout aussi passionnants.

De la bonne BD pop-corn !

soleil froid tome 2 planche

une deuxième tome scénarisé par Jean-Pierre Pécau et dessiné par Damien. Editions Delcourt.

4 sur 5

Corto Maltese – Tome 14

Equatoria

equatoria couverture

Pour être tout à fait juste, Corto Maltèse n’a jamais fait partie de mes BD favorites. D’abord parce que je ne me rappelle même pas en avoir lu un en entier, ensuite parce qu’en son temps – période Hugo Pratt – j’étais sans doute trop jeune pour m’intéresser à cette BD un peu old school.

Bref. Tout ça pour dire que je ne m’interdis rien quant à donner mon (court) avis sur cet album.

Rubèn Pelejero (graphisme) et Juan Diaz Canalès (scénario) ont repris la série à leur compte pour une virée entre Venise et l’Afrique équatoriale. L’homme à la casquette va faire la rencontre de 3 femmes, une journaliste, une exploratrice et une ancienne esclave.

N’ayant donc pas de background sur la série originelle, je dirai que c’est un bon album d’aventures qui m’a toutefois quelque peu échappé. Pas sûr d’avoir saisi toutes les subtilités des non-dits. Il y a une histoire sur Malte que seuls les initiés connaitront.

Question dessin, c’est chouette rien à dire ça m’évoque le travail de Bruno le Floc’h que j’adore (auteur malheureusement trop tôt disparu) même si le trait est ici plus fin.

La quête de Corto qui cherche le Miroir du prêtre Jean me semble n’être qu’un prétexte pour prolonger la vie du héros de Pratt. Et ce sont avant tout les fans nostalgiques qui sauront apprécier le mieux la reprise en saluant le retour de leur aventurier préféré.

Pour les autres, ça peut donner envie de creuser le sujet et lire les anciens tomes de cette icône du 9ème art qui porte un message de paix et de tolérance.

Maintenant que je suis plus mûr, je peux me lancer … 🙂

equatoria planche

voir la fiche sur @CastermanBD.

Relectures de l’été 2017

petit article écrit en aout 2017 mais j'avais oublié de le poster...

Comme tous les étés, les sorties BD sont rares et c’est le bon moment pour faire du tri dans ses étagères. On ressort les trucs qu’on a pas lu depuis un moment.

Cet été 2017 est l’occasion pour moi de vider toute ma biblio pour ne garder que les séries et albums que je vais relire. Le reste va aller attendre sagement au grenier bien au chaud dans les cartons du déménagement. Et au fur et à mesure, je ferai les rotations qui vont bien. Plus facile à dire qu’à faire car les nouveautés de la rentrée commencent à débarquer.

diptyque 22

excellent polar dans le vif du sujet, dommage qu’il n’y ait pas de suite, le cliffhanger est redoutable. Histoires croisées, plongée dans le quotidien pas toujours glorieux des Bleus et de la BRB. Il y a largement la matière pour en écrire d’autres. Ce genre de récit me passionne.

Amour, passion et CX diesel

un monument de la BD d’humour dans le style absurde et une époque rétro ahhh les seventies … des pointures du 9ème art à la baguette de 3 tomes délicieux ! Un incontournable pour se gondoler !

Bouncer

un classique au scénario quelques fois assez confus (Jodorowsky) mais un dessin redoutable d’efficacité (F. Boucq). Bon premier diptyque avec une histoire sordide (la mère et ses fils), toujours un peu tourné vers le cul (Jodo faut aimer et s’accrocher parfois). Je trouve le second cycle (tomes 3, 4 & 5) moins bon à cause d’un scénario un peu bancal dans ses enchaînements et ses coïncidences. Et on sent bien la patte de Jodo toujours à la limite du graveleux. Le 3ème cycle (tomes 6 & 7) met le Bouncer face à deux jumelles vénéneuses pas piqué des hannetons et un fou-furieux qui se balade une hache plantée en travers de la tronche. Il fallait oser, je trouve ça terrible ! Le dernier cycle en date (tomes 8 & 9) m’a bien plu aussi, le Bouncer têtu comme une mule se met en chasse d’un salopard qu’il compte bien « extraire » d’une prison coupe-gorge pour le faire juger. Y’a deux ou trois scènes incroyables comme le combat avec l’ours ! Dans l’ensemble c’est une bonne série qu’il faut avoir lu au moins une fois.

Mégabras

pas le meilleur Bouzard, pré-paru dans Fluide à l’époque je n’étais pas fan, ça démarre bien, ça flirte avec le cul tendance pathologique, ça finit moyen. Mouais vaut mieux relire The Autobiography ou PlageMan, c’est bien meilleur.

 

Les chroniques complètes sont lisibles dans les archives.

Et quelques autres mais j’ai la flemme et j’ai d’autres chroniques à finir …

Les reflets changeants

un très beau one shot émouvant
les reflets changeants couverture
Nice, en plein mois de juillet. Elsa, la vingtaine, oscille entre deux hommes. L’un ne lui convient probablement plus, l’autre lui fait encore un peu peur. Jean, 50 ans, voyageur frustré, est conducteur de train. Il est forcé de rester à terre pour s’occuper d’Alda, sa fille, arrivée un peu trop vite dans sa vie, suite à une passade amoureuse. Du haut de ses 80 ans, Emile, devenu sourd pendant la guerre d’Algérie, supporte de moins en moins le silence dans lequel il est enfermé. Trois personnages qui ne se connaissent pas, mais qui vont se croiser cet été-là… Une rencontre qui ne les laissera pas indemnes.

EM-BAL-Lé ! Voila c’est le mot qui caractérise le mieux mon sentiment en refermant cet excellent roman graphique de près de 200 pages.

Pour son premier album, Aude Mermilliot a reçu le prix de la Fondation Raymond Leblanc de la jeune création et elle m’impressionne par la sensibilité qu’elle fait passer dans ses planches.

Le trait est lisible et agréable, il ressemble beaucoup à celui de Christian Durieux dans les Gens Honnêtes chez @EditionsDupuis. Le ton est également du même tonneau.

On se retrouve donc au milieu d’un trio de personnages qui ont chacun une histoire à raconter, de la plus légère (Elsa) à la plus dramatique (Emile). Leurs destins vont se croiser.

C’est très bien raconté, le tempo est bon, les planches simples et agréables à l’oeil. Certaines scènes poignantes m’ont presque mis la larme à l’oeil mais comme je suis un grand garçon je me suis retenu…

Moi qui aime bien les histoires sur les gens, je suis servi. Merci Aude !

Et pour la petite histoire, l’auteuse est également voyageuse et bloggeuse.

un album signé Aude Mermilliot aux éditions Le Lombard.

coup de coeur

Souterrains

One shot

La couverture mystérieuse est très belle et elle ne ment pas : dès les premières planches le dessin de Romain Baudy envoie du lourd ! Les planches sont superbes !

Nous voila plongé en pleine guerre sociale qui divise les exploitants (les patrons) et les exploités (les mineurs). Ironie du sort : les ouvriers voient d’un très mauvais œil l’arrivée discrète d’un robot qui pourrait leur prendre leur boulot.

S’en suit une descente aux enfers quand un petit groupe d’hommes triés sur le volet se retrouve coincé profondément sous terre avec leur « machine ». Mais ce n’est pas tout, ils vont faire une étonnante découverte en sous-sols : la même lutte sociale existe ici aussi.

Mélange de chronique sociale, de fantasy et de fantastique, Romain Baudy pour son premier essai en solo innove une recette osée mais pleinement maîtrisée. Si je fais abstraction de mon esprit cartésien et que j’accepte l’idée, je constate que le cocktail fonctionne. Bien aidé par un graphisme à la hauteur du pari.

Alors pourquoi ne pas suivre Henry, Lucien et ce curieux robot dans cette aventure originale et colorée pleine de rebondissements ?

un one shot signé Romain Baudy. Editions Casterman.

A coucher dehors (suite et fin)

Tome 2/2
A coucher dehors tome 2 couverture
Un SDF hérite d’une maison, d’une famille et de tous les soucis qui vont avec…

Ca crie et ça s’agite beaucoup dans cet album. Beaucoup trop à mon gout. Dans le premier tome, c’était supportable, dans ce second non.

J’avais fait le parallèle avec les Vieux Fourneaux dans ma chronique du tome 1 mais force est de constater qu’on s’est éloigné de la qualité du scénario de Wilfrid Lupano. Il y a un peu trop de vaudeville ici. Ca gueule, ça s’excite à chaque page, que ça en devient pénible.

Reste le graphisme d’Anlor, dessin et colo à elle toute seule, qui remporte l’adhésion. Dynamique, enlevée, rythmée, les planches fourmillent de petits détails.

En quelques mots, ce diptyque sympatoche magnifiquement illustré en fait un peu trop et aurait mérité un peu plus de finesse, j’en suis ressorti presque étourdi et essouflé.

A coucher dehors tome 2 planche 4

un album signé Anlor (dessin et couleurs) et Aurélien Ducoudray (scénario). Editions Bamboo Grand Angle.

 

 

Titeuf – tome 15

A fond le slip !

On ne présente plus Titeuf et Zep dont les albums remplissent depuis 25 ans les rayons de biblio des petits et des grands.

C’est mon fils ainé qui m’a demandé de l’acheter cette fois. Ça tombait bien j’avais moi aussi très envie de le lire 🙂

Après l’avoir imaginé en ado dans une histoire complète dans le tome 14 (Bienvenue en adolescence), Zep revient aux fondamentaux avec les bons vieux gags en une planche. J’avoue que je préfère ce format plus efficace en terme de punchline. Et si l’exercice est difficile, Zep s’en sort comme d’habitude très bien.

Son trait rondouillard est toujours aussi vif et précis, les dialogues fusent et on retrouve avec bonheur notre Titeuf comme on l’aime. En gamin alerte qui même s’il ne comprend pas tout, s’intéresse à tout ce qui l’entoure.

Il est nul en classe mais au moins il s’interroge !

Une manière bien agréable de passer en revue l’actualité en se marrant.

un album tome signé Zep aux éditions Glénat.

La Dame de Fer

(un excellent !) One shot
la Dame de fer couverture
À la mort de Margaret Thatcher, trois amis d’enfance se retrouvent et décident de lutter contre la morosité économique que la politique de la « Dame de fer » a fait peser pendant des années sur leur petite ville côtière du sud de l’Angleterre. Ils ont pris de la bouteille mais c’est aujourd’hui l’âge de la revanche. Tournée générale ! Celle des pintes de bières et celle des souvenirs … et faire une chevauchée sur la Norton Manx, autre dame de fer, une moto de légende…

Après l’excellent London Calling paru il y a 10 ans, Futuropolis revient au roman graphique d’outre manche avec ce one shot signé Béa et Michel Constant.

Entre flashback et temps réel, on y suit les retrouvailles entre Owen, Donald et Abby. Le premier s’emmerde dans son job de taximan à Londres, le second tient un pub et la troisième travaille dans la pub !

A la mort de Margaret Tatcher alias la Dame de Fer, qui provoque ici un élan de joie, Donald convie donc ses plus chers amis qui s’étaient perdu de vue pour un week end prolongé à Kingston la petite ville du bord de mer au sud de l’Angleterre où ils ont passé leur jeunesse.

Alors on ne sait pas trop le pourquoi du comment mais peu importe avec les flashbacks on connait grosso modo leur histoire. Le trio a partagé une jeunesse heureuse ensemble jusqu’à ce que chacun prenne la route de son côté. Leur amitié est solide et leurs retrouvailles font plaisir à voir.

Vu la tournure des événements je craignais une fin tragique. Heureusement, il n’en est rien et c’eut été dommage de gâcher cet excellent moment passé avec ce joyeux trio.

La ligne claire du dessin et les couleurs lumineuses concourent à la réussite de ce petit moment de bonheur.

Un album vraiment très sympa !

La Dame de Fer planche

un album de Béa et Michel Constant chez Futuropolis.

4 sur 5

7 Macchabées

Série 7 – saison 3 – tome 21
7 Macchabées couverture
Les empires germanique et britannique sont en compétition pour atteindre le pôle Sud. Sur la route de cette folle conquête, les échecs et les cadavres s’accumulent… Quand les Anglais ont une idée aussi folle que géniale… Londres, 1909 . Dans le plus grand secret, les autorités britanniques réactivent une technique de réanimation des morts héritée de Victor Frankenstein pour tenter de conquérir l’Antarctique au nez et à la barbe de l’empereur Guillaume II. Ils réunissent avec soin une équipe de sept explorateurs polaires, récemment décédés. Mais la première vie du trépassé ne simplifie pas nécessairement la seconde… Et certains n’ont pas demandé à revenir…

Pas évident d’après le titre de trouver une histoire crédible. C’est pourtant ce que réussit à faire Henri Meunier !

L’idée de rejouer l’expérience de Frankenstein n’était pas gagnée, ça aurait pu facilement tomber dans le grandguignolesque. Il n’y a que l’histoire du poney qui me choque un chouïa. Bizarrement.

On a donc 7 cadavres vivants qui partent conquérir le Pôle au nom de sa gracieuse majesté. Mais la bonne surprise c’est que certains vont perdre quelques morceaux en route. Haha j’aime bien l’idée. C’est con mais ça ajoute du piment et de la crédibilité dans l’aventure. Et donne à sa conclusion un joli final en pied de nez.

N’oublions pas quand même que nos 7 héros ne craignent pas le froid polaire et possèdent tous une force et une résistance hors du commun. Genre super héros en plus… puants 😉

A propos de final, il m’échappe : je ne vois pas qui est le type – entre aperçu un instant en milieu d’album – qui débarque à la fin !? Que quelqu’un m’explique, j’ai dû louper un truc…

La série 7 ne serait pas elle même sans un solide dessinateur et c’est Etienne Le Roux qui s’y colle et fait le job.

7 fois 3 = 21. Si mes comptes sont bons et à moins qu’une 4ème saison – soyons fous ! – ne soit lancée, cet ultime album clôture une saga qui dure depuis 10 ans.

Bravo !

7 Macchabées planche

scénario de Henri Meunier, dessin d’Etienne Le Roux, couleurs de Thierry Leprévost. Editions @DelcourtBD.

3 sur 5

La Vallée du Diable

Suite ou one shot ?
La Vallée du Diable
Nouvelle-Calédonie, 1925. Loin de leur Savoie natale, qu’ils ont fuie aux lendemains de la guerre, Blanca, Florentin, Pauline et Arpin ont fini par s’établir aux Antipodes. Mais cette nouvelle vie dans les colonies ne satisfait pas leur rêve de justice sociale et de liberté. Et, alors que l’air se fait de plus en plus irrespirable, l’heure des règlements de comptes est venue.

Deux femmes, deux hommes débarquent en 1925 en Nouvelle-Calédonie. James Jacques, un éleveur influent du coin, les prend sous son aile. Cinq ans plus tard, tout le monde est installé. Florentin est devenu cow-boy, la vieille Blanca bricole aux alentours et contre toute attente Arpin et Pauline se sont mariés. Au grand désespoir de Florentin et James évidemment.

Dans un contexte de révolte sur fond de colonisation et de jalousie de proximité, les relations ne tardent pas à s’envenimer. Les Kanaks de leur côté ne digèrent pas la main-mise de l’homme blanc sur leurs terres.

Alors c’est la suite d’un précédent bouquin – Le sentier des Reines – qui remet en scène le quatuor savoyard sous des latitudes plus chaudes que la lointaine Savoie. Perso je ne l’ai pas encore lu mais ce n’est pas gênant, la vallée du diable se lit très bien en one shot.

Je connaissais Anthony Pastor pour des titres plus… américains mais il semble très à l’aise dans la chronique sociale et historique. Perso, je préfère tout de même ses titres comme Castilla Drive ou Bonbons atomiques plus exotiques ou décalés. C’est juste une histoire de goût.

Question dessin, il me semble ici beaucoup plus soigné, la qualité graphique est de rigueur pour une aventure qui reste assez prenante. Le récit est tendu, les personnages pas faciles à cerner, on a l’impression que ça peut péter à tout moment. La violence est latente.

On ne s’ennuie pas une seconde tout en se régalant les yeux.

La Vallée du Diable

Scénario, dessin et colo d’Anthony Pastor chez Casterman.