Aquablue – tome 16

Rakahanga !

Aquablue tome 16 couverture

Six ans déjà – et 5 albums ! – que Régis Hautière et Réno ont repris les rênes de la mythique série Aquablue avec beaucoup de talent. Respectueux de l’univers imaginé par Vatine et Cailleteau, ils ont su relancer la série en la modernisant. En témoigne le dessin informatisé magnifique de Réno.

Alors que la prise d’otages du Standard-Island s’est achevée sans faire trop de dégâts, la Légion est de retour sur Aquablue pour protéger les colons des autochtones. Tandis que la tension monte entre les deux communautés contre laquelle Nao tente désespérément de lutter, une nouvelle menace se profile pour la planète bleue : Syssim le lézard fait son come-back et prépare un nouveau sale coup commandité par un inconnu. Cybot est perdu sur une île déserte avec Boulet (si si !), Rabah est toujours dans les vapes et Carlo recherche Maurice Dupré sans doute kidnappé par un grand ponte.

Toujours aussi sympa à suivre, les belles planches arrivent heureusement à me faire oublier ce petit air de déjà vu. La légion, les colons, Nao entre deux feux, toussa… Mais maintenant qu’on a quitté l’océan pour la terre ferme, j’aimerai bien aller faire un petit tour dans les étoiles à bord du Stromboli

Jamais content mais toujours fidèle je suis ^^

Aquablue tome 16 planche

un album signé Reno (dessin et colo) et Régis Hautière (scénario) aux éditions Delcourt.

4 sur 5

 

Jack Cool 1966 – tome 1

Quelques jours avant Jésus-Gris…
Jack Cool tome 1 couverture
Californie 1966. Il est apparu tel un fantôme dans la communauté des « Merry Pranksters ». Comme il était sale et maigre, ils l’ont surnommé Jésus Gris. Il va les entrainer sur la route au volant d’un bus psychédélique. Jayne Mansfield, actrice et grande prêtresse de l’église de Satan, charge le détective Jack Cool de retrouver sa fille. L’enquête le mène jusqu’au fameux bus…

Alors je vais tenter de résumer rapidos : Detroit. 1966. Un ancien GI de retour du Vietnam est marié, père et salarié. Un soir sans un mot, il plaque tout et disparaît. On le retrouve quelques mois plus tard recueilli par une bande de hippies qui partent sillonner la route à bord de leur bus. Sa femme engage un détective privé – Jack Cool – pour le retrouver. Ce dernier est aussi en chasse de la fille de Jayne Mansfield qui a fugué.

Voila.

Bizarre hein ?

Curieux. Je me demande dans quoi je m’embarque au début et puis au fil de la lecture, ce méli-mélo est assez marrant. Atypique et un poil embrouillé, pour être convaincant, il faudra que le second et dernier tome apporte toutes les réponses aux questions posées.

Je n’aime pas trop les histoires qui mélangent personnages réels et fictifs mais pour une fois ^^ j’ai lu le cahier graphique qui raconte l’histoire des Merry Pranksters, en français les joyeux déconneurs. Historiquement c’est intéressant à lire et relance mon intérêt quant au tome que je viens de lire.

Alors j’attends la suite…

Jack Cool tome 1 planche

un premier tome scénarisé par Olivier Mangin, dessin et colo de Jack Manini, éditions Bamboo Grand  Angle.

2 sur 5

L’adoption

une histoire complète en 2 tomes
(tome 1 : Qinaya) Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.
(tome 2 : La Garua) Qinaya est repartie. Après l’arrestation de ses parents adoptifs pour enlèvement, elle a regagné son Pérou natal. Après un an et demi de recherches, Gabriel, son « grand-père » de France, se rend à Lima pour la retrouver. Mais le vieux bourru va aller de désillusion en désenchantement, car en 18 mois, la petite a changé, elle a grandi… et elle a oublié son séjour en France. Elle a oublié son « achachi », son grand-père…

[ATTENTION SPOILER] (désolé mais je préviens…)

Agée de 4 ans, la petite Qinaya perd ses parents lors d’un terrible tremblement de terre dans le sud du Pérou. Elle sera adoptée par Alain et Lynette ses nouveaux parents français qui attendaient ce bonheur depuis de nombreuses années. Pour Gabriel le grand père, c’est plus compliqué, lui qui n’a jamais su être père va devoir apprendre à être grand-père.

Malheureusement, c’est quand il commence à prendre à cœur son nouveau rôle que la catastrophe arrive : les autorités arrêtent Alain et Lynette qui n’ont pas respecté les règles en adoptant Qinaya. La petite repart aussitôt chez elle. Sur un coup de tête, Gabriel s’envole pour le Pérou, bien décidé à retrouver la gamine.

C’est vrai que si on a pas encore lu les 2 albums, il vaut mieux éviter de lire cet article qui déflore le truc 🙁 mais ça vaut le coup d’être lu. Perso j’ai adoré cette belle histoire signée Zidrou, le nouveau big boss du scénar franco-belge.

Le premier album est forcément touchant, comment résister au regard de cette pitchoune débarquée à la suite d’un drame à des milliers de kilomètres de chez elle ? Comment ne pas apprécier ces petits moments de vie ?

Sous le pinceau élégant d’Arno Monnin la chronique familiale prend tout son charme ressemblant de beaucoup dans le ton et la forme aux Beaux étés du même scénariste (et dessiné par Jordi Lafebre). Et ce qui fait mal après ces jolis moments, c’est le final glaçant qui laisse pantois. On ne s’y attendait pas !

S’en suit un second tome complètement différent qui se joue à l’autre bout du monde puisque Gabriel décide de retrouver Qinaya. On ne sait pas trop ce que je cherche le bonhomme. Là encore Zidrou nous prend à contre-pied pour un final inattendu. C’est bien vu, réaliste et toujours traité avec la dose d’humour qui va bien.

Beau, finement raconté, touchant, chaleureux et drôle, l’Adoption est un magnifique roman graphique. Une histoire humaine comme je les aime.

Un diptyque signé Zidrou au scénario et Arno Monnin au graphisme. Editions Grand Angle.

coup de coeur

Puzzle

one shot
Puzzle couverture
Ilan et Chloé, spécialistes des chasses au trésor, ont longtemps rêvé de participer à LA partie ultime : ce jeu mystérieux appelé Paranoïa. Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle N°1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. Suivie de la règle N° 2 : L’un d’entre vous va mourir. Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, la distinction entre jeu et réalité devient de plus en plus difficile à établir. Paranoïa peut alors commencer…

Auteur français de polar à succès bien connu, Franck Thilliez s’essaie pour la première fois à l’adaptation en BD d’une de ses œuvres.

L’idéal pour s’immerger et profiter pleinement du suspense est de ne pas avoir lu le roman original. Se laisser porter par le rythme soutenu et sans faille de la narration est le meilleur moyen de profiter de cet excellent polar.

D’autant qu’au dessin, Mig et son trait nerveux s’éclate dans un découpage adéquate et des planches aérées sans fioritures. Il se concentre exclusivement sur ses personnages et leurs expressions. Il choisit une colo en bichromie de bleu qui met instantanément dans l’ambiance « clinique » du thriller.

Même si on peut facilement deviner le final, le chemin à parcourir offre une belle lecture tout au long des quelques 200 pages.

Du bon boulot !

Puzzle planche

un album signé Mig et Franck Thilliez, éditions Ankama.

Amber Blake – tome 1

La Fille de Merton Castle
amber blake tome 1 couverture
Abandonnée à l’âge de 5 ans, passée par la case « orphelinat », Amber Blake grandit au sein du programme CLEVERLAND. Ce réseau d’écoles ultra-modernes créé par un richissime philanthrope indien a pour but de venir en aide à des enfants défavorisés du monde entier. Sauf que le directeur de la branche londonienne, Jeff Kavotz, est un diabolique pervers qui n’hésite pas à abuser d’élèves dont il a la charge. En fin d’études, témoin du meurtre de sa meilleure amie, Amber parvient à s’échapper de Cleverland. Elle est aussitôt récupérée par ARGON, une organisation secrète qui combat les crimes contre l’être humain comme la pédophilie, la prostitution ou l’esclavage. Jeune, brillante et déterminée, Amber forme une recrue de choix. Maintenant qu’elle a survécu à l’enfer, elle fera tout pour l’éviter aux autres. Mais elle voit surtout dans Argon et les outils futuristes mis à sa disposition le moyen de retrouver Kavotz. Ce dernier a disparu. Et Amber veut le faire payer.

A part la scénariste européenne, les auteurs sont américains et on pourrait facilement classer Amber Blake dans les comics. Le ton, la forme, tout colle pour entrer dans cette catégorie. Et ça ressemble beaucoup à Lazarus je trouve. Aussi bien sur la forme que sur le fond.

Ce premier épisode raconte l’enfance d’une jeune orpheline très douée et récupérée par une organisation secrète qui veut profiter de ces talents pour rendre la justice. Mais la fille cherche surtout à retrouver un sale type coupable d’avoir violé des enfants.

Mise en bouche plutôt réussie, ce premier tome pioche ici ou là des trucs déjà vus mais l’assemblage promet. Il manque tout de même un peu d’originalité pour sortir du lot. La suite devra passer à la vitesse supérieure pour définitivement accrocher mon attention.

amber blake tome 1 planche

un album dessiné par Jackson « Butch » Guice, scénarisé par Jade Lagardère, couleurs de Dan Brown, aux éditions Glénat (collection Grafica).

Bâtard

one shot de Max de Radiguès

bâtard couverture

May et Eugène taillent la route le coffre plein de sacs de billets de banque. Ils viennent de participer au « casse du siècle » puisque 52 hold-up viennent d’avoir lieu simultanément dans une même ville ! Du jamais vu.

Mais il n’y a pas que les flics qui leur courent après, quelqu’un d’autre fait la chasse aux fugitifs. Certains braqueurs se sont déjà fait dessoudés. Le chef de la bande voudrait-il profiter seul du magot ?

Initialement publié sur le blog http://www.maxderadigues.com/ sous forme de feuilleton, Max de Radiguès et Casterman nous proposent ici la version papier d’un road-movie made in USA très sympa.

Le duo formé par la mère et son bâtard est touchant et réserve une belle surprise. On entre très vite dans la danse grâce à une narration fluide et rythmée pour un dessin simple et lisible.

Subtilement dosés, l’action et l’émotion sont au rendez-vous pour nous offrir un très bon moment de lecture.

Il ne me reste plus qu’à découvrir les autres titres de cet auteur que je ne connaissais pas encore mais que j’aime déjà 😉

bâtard planche

un album des éditions Casterman BD.

Jolly Jumper ne répond plus

un one shot de Guillaume Bouzard

Jolly Jumper ne répond plus couverture

Deuxième album de la collection spéciale « Lucky Luke vu par… » et après Matthieu Bonhomme (L’homme qui tua Lucky Luke), c’est au tour de Guillaume Bouzard de s’attaquer au monument du 9ème art qu’est le plus célèbre cow-boy solitaire de l’Ouest. Et contrairement à son compère – et fidèle à ses habitudes – il choisit le registre de l’humour et de l’absurde.

On n’en attendait pas moins de lui. Le meilleur dessinateur du monde (dixit lui-même dans je sais plus dans quel bouquin) réalise une version de Lucky Luke désopilante.

En gros, Lucky Luke est chargé d’aider les Dalton à négocier la libération de Ma (Dalton, la mère) kidnappée par des foies jaunes. Mais le justicier a un autre problème plus urgent à ses yeux : son cheval Jolly Jumper ne lui adresse plus la parole ! Malgré tous ses efforts, son fidèle destrier l’ignore complètement.

Saillies verbales, quiproquos et bons mots fusent, Bouzard est en forme et ça se sent. Il prends un malin plaisir à se moquer de son personnage qui passe plus pour un abruti qu’autre chose. Il fallait oser mais ça vaut le coup, c’est très drôle ! Et tout ça en gardant une certaine tendresse et du respect pour le personnage.

Résultat : c’est un album que je relirai souvent et avec plaisir. Histoire de me marrer et de choper les petits trucs qui ont surement dû m’échapper.Jolly Jumper ne répond plus planche

un album signé Guillaume Bouzard chez Lucky Comics (Dargaud).

4 sur 5

L’Art du Crime – Tome 5

Le rêve de Curtis Lowell
l'art du crime tome 5 couverture
Hollywood, 1939. Art et Franck Blumenfeld tournent les derniers plans de leur prochain film. Lors d’une pause, ils tombent dans le journal sur un nom qui les glace d’effroi : celui de Curtis Lowell, auteur d’une bande dessinée publiée en strip. Un an auparavant, les frères Blumenfeld ont en effet engagé Lowell comme dessinateur de plateau pour un film inédit qui aurait dû faire leur fortune. Il s’agissait du premier western entièrement tourné en décors naturels, au cœur de la Monument Valley, avec des cascades jamais vues et de véritables indiens comme figurants… Malheureusement le tournage a été stoppé brutalement suite à un drame sanglant : sur un accès de folie, Curtis Lowell a assassiné l’un des indiens du plateau puis agressé Franck avant de prendre la fuite. Du moins, selon la version officielle…

Cette série-concept est écrite à deux mains par Olivier Berlion – à qui l’on doit déjà pas mal de trucs chouettes (comme Tony CorsoHistoires d’en ville ou plus récemment Le Juge, la République assassinée) et Marc Omeyer qui développe aussi plusieurs projets BD et cinéma.

Chacun des 9 one shot de la série devra mettre en scène un crime en lien avec un des 9 arts majeurs et sera dessiné par un artiste différent.

Cette fois-ci, c’est de cinéma qu’il s’agit et de cinéma hollywoodien siouplait. Les fans de western et de grands espaces seront comblés. Même si le film exceptionnel que l’on est en train de tourner va vite virer au cauchemar à la suite d’un « regrettable accident ». Preuve que la pression et l’ambition peuvent mener un honnête producteur à se transformer en meurtrier.

Belle maquette, belle couverture, dessin magnifique et couleurs au top. Ce cinquième opus a toutes les qualités pour convaincre.

l'art du crime tome 5 planche

un album réalisé par Olivier Berlion & Marc Omeyer (scénario), Karl T. (dessin) aux éditions Glénat.

2 sur 5

Les miroirs du crime – tome 1

Les tueurs de Pigalle
les miroirs du crime tome 1 couverture
Pigalle, novembre 1954. Le quartier entier est un repère de malfrats et maquereaux de la pire espèce. Guy, patron ambitieux et relativement intègre du club La Perle noire, s’apprête à acheter un nouveau cabaret. Sauf que la vente ne se conclut pas vraiment comme prévue… Lors d’une fusillade, Guy perd son frère, ne devant la vie sauve qu’à un clochard qui s’interpose entre lui et les balles. En homme d’honneur, il a maintenant une dette à payer. Mais d’abord, il doit trouver celui qui a essayé de l’assassiner…

Prévu en 2 tomes, les miroirs du crime est un hommage aux polars français des années 60-70 où les truands avaient les faveurs du public. Ce n’est donc pas un hasard si l’on croise dans le cabaret de Guy un certain Jean-Pierre Melville 😉

Rien de bien original dans ce récit de malfrats parisiens qui se tirent la bourre pour savoir qui a la plus grosse si ce n’est la présence d’un clodo qui semble bien armé pour se défendre. Le tome 2 nous révélera sans aucun doute son vrai visage.

Un mot rapide sur la belle couverture et les planches joliment colorisées qui donnent facilement envie de lire cet album.

Après PornHollywood, Noël Simsolo et Dominique Hé poursuivent donc leur collaboration.

les miroirs du crime tome 1 planche

un album scénarisé par Noël Simsolo, dessiné et colorisé par Dominique Hé, éditions Glénat. Collection Graphica.

2 sur 5

No Body – tome 2

Rouler avec le Diable
No Body tome 2 couverture
2007, États-Unis. Dans le Montana, un homme – 57 ans, solide, barbu et cheveux longs, tatouages sur tout le corps – est arrêté sur le lieu d’un crime qu’il s’accuse d’avoir commis. Un an plus tard, une jeune psychologue est diligentée par le juge pour réaliser une expertise psychologique de cet homme. Il livre son récit mais certains éléments ne collent pas… Dans ce nouvel épisode, l’homme révèle avoir infiltré, dans les années 70, un gang de bikers violent

La lecture du premier épisode ne m’avait pas complètement convaincu et ce même tout en étant sous le charme du très beau dessin de Christian De Metter. J’attendais donc d’en savoir un peu plus.

C’est maintenant chose faite avec ce deuxième tome qui entre dans le gras du sujet. « No Body » commence à se livrer en détail.

Cet ancien flic du FBI a commencé sa carrière comme agent infiltré ce qui dénote chez lui un courage impressionnant et une passion pour ce métier découvert sur le tard. Il raconte donc à la psychologue sa mission auprès d’un groupe de bikers particulièrement dangereux.

Très bien raconté, très bien dessiné et passionnant !

En plus de ça, on a la chance qu’à peine 8 mois se sont écoulés depuis la sortie du tome 1, signe que l’auteur travaille vite et bien.

Le projet qui adopte le format d’une série TV est ambitieux, plusieurs tomes, plusieurs saisons. Christian De Metter a entamé un thriller très efficace qui pourrait bien marquer sa carrière et embarquer de très nombreux lecteurs.

Perso je valide !

No Body tome 2 planche

un album signé Christian De Metter aux éditions Soleil. Collection Noctambulle.

4 sur 5