Emma G. Wilford

one shot

Emma G. Wilford couverture

Fiancée à Roald Hodges, membre de la National Geographic Society, Emma est sans nouvelles de lui depuis de nombreux mois. Parti en expédition en Norvège à la recherche de vestiges, Roald lui a laissé une lettre à n’ouvrir qu’en cas de malheur. Emma décide de ne pas la lire et se lance pleine d’espoir sur les traces de son homme, persuadée qu’elle est capable de le retrouver.

Joli petit bouquin muni de rabats et de surprises sous forme de goodies. Les jolies planches signées Edith se laissent regarder avec beaucoup de plaisir. Malheureusement pour moi, au bout de quelques pages, j’ai vite compris être à tombé à coté de la plaque tant cette histoire romanesque m’a profondément ennuyé. Au point d’avoir un mal fou à aller jusqu’au bout de ma lecture (et les rabats n’aident pas à le tenir en main)…

Je passe mon tour, je ne suis pas dans la cible. Pourtant avec Zidrou au scénar, j’avais bon espoir…

 

un one shot de Zidrou et Edith. Editions Soleil. Collection Noctambulle.

Monkey Bizness – tome 3

La banane du futur

Monkey Bizness tome 3 couverture

C’est reparti pour un tour mais d’après Ankama, ce sera le dernier tome, Shit !

Fuyant une embrouille qui promet de mal tourner, Hammerfist et Jack Mandrill se retrouvent embarqués dans la fusée de Ramos qui les fait revenir dans les années 80. Une époque maudite où ce sont les humains qui dirigent encore le monde. Séparés à leur arrivée, l’un finit dans un laboratoire d’expérimentation et profite du traitement de faveur accordé aux sujets brillants, l’autre s’accoquine d’un groupe de babas cool vaguement déjantés et super défoncés qui lui promettent quelques belles actions d’éclat. C’est plutôt que la gravosse du groupe a surtout chaud aux fesses que Jack leur colle aux basques.

Ca fait plaisir de les retrouver les deux loustics. Avec eux, on ne s’ennuie jamais et on se marre toujours , les baffes dans la tronche et la picole ne sont jamais loin. Peur de rien et accro aux plaisirs de la vie, Jack et Hammer en font des caisses et ne se laissent jamais emmerder par qui que ce soit. Mais va quand même bien falloir rentrer à la maison. Un retour qui offre d’excellents moments de lecture.

Un peu scato, un peu gore, un peu dégueu, un peu pornawak, Monkey Bizness avec ce 3ème et dernier tome ravira  – tout autant que les précédentsles amateurs de grosse déconne qui n’ont pas peur de l’humour qui tâche.

Ne vous laissez pas impressionner par le graphisme tordu du street artist Pozla et plongez dans la grosse déconnade orchestrée par Eldiablo !

Encore un titre du Label 619 qui envoie du lourd !

Monkey Bizness tome 3 planche

scénario : Eldiablo, dessin : Pozla, couleurs : Miaw & Pozla. Label 619 Ankama editions.

Je suis un autre

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je suis un autre, couverture

Sylvio et Peppo sont jumeaux et passent leurs vacances ensemble sur une petite île isolée. L’arrivée d’une jeune artiste peintre dans la villa d’à côté va bouleverser leur quotidien. Peppo tombe amoureux d’elle et délaisse rapidement les parties de pêche qu’il avait l’habitude de pratiquer avec son frère. Sylvio n’apprécie guère de se retrouver seul alors que son frère batifole avec cette étrangère.

J’arrête là pour ne spoiler inutilement…

Auteur de très nombreuses série dont – par exemple – Namibia avec Léo au dessin, le scénariste Rodolphe signe ici son premier roman graphique. Un thriller psychologique découpé en 3 chapitres et dessiné par Laurent Gnoni.

Quelques bonnes surprises émaillent ce récit dramatique, la première assez facile à deviner, la suivante beaucoup plus inattendue. Le suspense monte crescendo et les planches tout en bichromie (ou quasiment) bénéficient d’un graphisme épuré mais précis et d’un découpage plutôt élaboré et efficace.

L’ensemble constituant un one shot très agréable à lire.

A découvrir !

 

je suis un autre, planche

un album de Rodolphe (scénario) et Laurent Gnoni (dessin). Editions Soleil.

Le voile noir

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le voile noir couverture

Pourquoi de ne pas parler de l’actualité tragique et brûlante sur le ton de l’humour ?

C’est le choix assumé de la scénariste Dodo et je trouve que c’est une approche idéale pour parler d’un sujet qui fâche et esquisser le quotidien de ceux partis faire le djihad.

Gina travaille pour une association humanitaire et apprend avec effroi que Pauline la filleule de sa tante est partie en Syrakie se mettre au service du Grand khalifat. N’ayant peur de rien, elle part en chasse d’un recruteur sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour une candidate.

Cette « formalité » remplie, Gina rejoint la zone où elle espère retrouver Pauline pour la ramener en France. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que tantine lui a emboîté le pas en se faisant passer pour un homme.

La comédie est amusante et le dessin de Cha – que je n’avais pas eu le plaisir de revoir depuis Pizza Roadtrip – se prête très bien à cette farce. Le personnage de la Tante est impayable.

Si vous cherchez un moyen d’évoquer le sujet avec vos ados (par exemple), offrez-leur le voile noir, ça devrait leur plaire et vous donnera l’occasion d’en discuter avec eux au cours du souper…

le voile noir planche

un album signé Cha (dessin) et Dodo (scénario). Editions Casterman.

Olympus Mons – tome 3

Hangar 754

Olympus Mons tome 3 couverture

A peine digéré le tome précédent que voici déjà la suite sur ma table de chevet. Ca ne chôme pas dans usines de Christophe Bec. Tant mieux, pas besoin de relire pour (essayer de) tout comprendre.

Même si certains passage m’échappent encore, je l’ai trouvé plus vivant que d’habitude ce tome 3. Peut-être grâce à son petit côté gore ou parce que les ET ont désormais un visage (si je puis dire).

N’empêche, le constat est implacable : Olympus Mons semble prendre son envol vers une destruction imminente de notre bonne vieille Terre.

Quand on pense que seule une astronaute russe isolée sur Mars peut faire fléchir le destin, ça fait froid dans le dos.

Toujours bien mené malgré des tours et des détours auxquels on est habitué et toujours très bien illustré, l’histoire se laisse lire sans trop se faire prier.

Le tome 4 nous apprendra comment la courageuse femme seule va s’en sortir…

Olympus Mons tome 3 planche

un album signé Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin) et Digikore Studios (couleurs). Edition Soleil.

Serum

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Sérum couverture

Il fait la gueule sur la couv’ Kader. Pas très jouasse le gus. Faut dire que la vie dans ce Paris en 2040 n’a rien de bandant. Découpée en zones, délimitée par des checkpoints, la capitale française a des allures de prison et les parisiens ne sont que des ombres qui dès l’heure du couvre-feu rentrent rapidement dans leurs terriers.

Naguère Kader a fauté et la sanction a pris la forme d’une injection de Zanadrine, une drogue qui l’empêche de mentir. Pas facile d’avoir une vie sociale avec cette merde dans les veines. Entre son boulot de contrôleur au parc éolien et ses nocturnes sur holoporn, Kader se demande s’il ne vaut pas mieux en finir. Mais des événements vont faire qu’il va être entraîné malgré lui dans des actions terroristes…

Pas folichon tout ça mais grâce à un dessin simple et un ton sec, le lecteur a vite fait de sentir qu’il assiste à quelque chose qui pourrait préfigurer son propre futur. Une société malade de ses mensonges qui érige la vérité en valeur absolue. Mais si des activistes courageux se rebellent tout pourrait bien exploser. Mais la manière choisie est-elle la bonne ? Pas si sûr !

A vous de voir, mais avant tout lisez vite ce très bon récit d’anticipation !

Sérum planche

un album signé Cyril Pedrosa (scénario) et Nicolas Gaignard (dessin & colo). Edition Delcourt.

Ar-Men

L’enfer des enfers

Ar-Men couverture

Nul besoin d’aller au bout du monde quand l’aventure est à côté de chez soi (ou presque). Et l’aventure ici, elle se vit justement à l’ouest de la France, dans ce phare planté au bout de l’ïle de Sein en Bretagne.

L’aventure de la solitude, l’aventure face à la nature, l’aventure face à ses démons…

Surnommé « l’enfer des enfers« , le phare d’Ar-men voit se succéder tous les 15 jours un nouveau binôme de gardiens chargés d’assurer son fonctionnement. C’est au tour de Louis et Germain. Après un gros grain qui a failli leur coûter cher, ils découvrent gravé dans la roche l’histoire de la construction du phare et de Moïzez son premier gardien.

Magnifié par le dessin virtuose d’Emmanuel Lepage, ce magnifique roman graphique nous immerge dans la légende bretonne, sous les coups de boutoir de l’océan Atlantique. 

Comme quasiment à chaque fois avec cet artiste, le résultat est superbe, passionnant et magique !

Ar-Men planche

un album réalisé par Emmanuel Lepage. Edition Futuropolis.

 

Le Fulgur – tome 2

Les survivants des ténèbres
le Fulgur tome 2 couverture
Le Fulgur parvient tant bien que mal à échapper à l’énorme mosasaure, et poursuit son exploration de cette mer préhistorique défiant les lois de l’entendement. L’entêtement de Kens à rechercher le profit et la morosité ambiante, à force de subir cet enfermement forcé, mettent l’équipe sur les nerfs. Les explorateurs découvrent, dans l’immense caverne, une excroissance de terre à explorer. Serait-ce un infime espoir de sortie ?

C’est pas vrai ! A chaque fois que je me dis non mais là c’est bon, ce genre d’histoires lues et relues, ras le bol, j’abandonne !

Et puis (presque) à chaque fois je replonge. De là à voir tout le talent de Christophe Bec qui nous fait le coup à chaque fois, il n’y a qu’un pas.

Et il y a ici un petit côté BD old school, des dialogues un peu surannés qui finalement apportent un petit quelque chose de différent. Et puis toujours quelques monstres aquatiques effrayants pour faire le compte.

Dans ce tome, les survivants du Fulgur vont découvrir qu’ils ne sont pas les seuls dans la galère…

Bon tout ça pour dire que tout compte fait, ce Carthago-like pour Papy m’a bien plu…

le Fulgur tome 2 planche

un album des éditions Soleil, scénario de Christophe Bec, dessin de Dejan Nendov, colo de Tanja Cinna.

Bouncer – tome 10

L’or maudit
Bouncer tome 10 couverture
Le Bouncer pensait couler des jours paisibles après s’être débarrassé de l’infâme Ugly John dans son pénitencier de Deep End. Mais il devrait savoir que la loi de l’Ouest est toujours impitoyable… À Barro City, l’horloger a été agressé et sa fille, Gretel, atrocement mutilée. Comment un type sans histoires et une petite si innocente ont-ils pu subir de telles atrocités ? En pourchassant les assassins, le manchot découvre que leur piste rejoint celle d’un trésor maudit au cœur du désert de Sonora au Mexique. Un lieu aride sur lequel courent de sombres légendes, si terrible que même les Indiens n’osent s’y aventurer. Bouncer pensait avoir déjà connu l’enfer. Mais il découvre que ce dernier a de multiples visages.

Le Bouncer de retour à Barro City tombe en plein drame. Gretel, la fille de l’horloger vient d’être sauvagement agressée et même scalpée. Son père gravement blessé. Mais il y a méprise, c’est en fait Panchita qui était visée et les agresseurs l’ont finalement enlevée.

Le  Bouncer et Yin-li comprennent qu’ils en veulent au tatouage de la petite qui révèle le plan d’accès au trésor caché au cœur du désert mexicain de Sonora. Avec Job, il se jette à la poursuite des kidnappeurs. Bientôt rejoints par une troupe de soldats autrichiens qui veulent eux aussi récupérer l’or volé.

Jodo parti, c’est François Boucq himself qui réalise seul scénario et dessin de ce 10ème opus très agréable à lire. J’ai récemment relu tous les tomes précédents (avec un plaisir certain) et je trouve que ce nouvel album relance parfaitement la série. Et sans Jodo, je préfère, c’est moins glauque, F. Boucq étant plus mesuré que son comparse.

Le dessin est toujours impeccable, l’histoire classique mais très bien construite, ne boudons pas notre plaisir de retrouver ce classique du 9è art.

D’autant que la suite est annoncée très rapidement (annoncé le 7 mars !), preuve que l’auteur ne chôme pas, lui qui vient également de sortir la suite du Janitor que je vais lire de ce pas…

Bouncer tome 10 planche

Editions Glénat. Scénario et dessin signés François Boucq.

4 sur 5

Le syndrome de Stendhal

one shot

le syndrome de Stendhal couverture

C’est une excellente surprise en ce qui me concerne car vu le thème abordé, je craignais de tomber sur un truc intello hors de portée.

Alors c’est vrai que les dialogues sont parfois « techniques » mais en cotoyant des professionnels de l’art, il en faut un minimum pour apporter de la crédibilité. Mais ce n’est pas pompeux, c’est juste de l’habillage.

Et puis il y a le personnage central. Atypique. Sympa. Sans doute prédestiné à subir ce fameux syndrome de Stendhal. Pour expliquer rapidement et sans l’aide de Wikipédia, l’ouvrage l’amène et l’explique très bien, c’est quand quelqu’un se retrouve subjugué par une oeuvre d’art. Les symptômes se caractérisent par des accélérations cardiaques, des vertiges voire des hallucinations. Le délire !

Frédéric Delachaise a beau être Duc et s’apprêter à épouser une belle jeune femme issue de bonne famille, il est quand même au chômage et en proie à de grosses difficultés financières. Pole Emploi l’envoie donc sur un poste de gardien de musée au Centre Pompidou de Paris.

Lunaire, rêveur et peu motivé, le jeune homme va peu à peu prendre conscience de la beauté des oeuvres sur lesquelles il doit veiller. Jusqu’au choc total !

Très originale, cette BD est aussi très drôle notamment dans le décalage qu’il existe entre Frédéric et le monde qui l’entoure. Et il y a son chef, Lefian, un ancien militaire devenu responsable de la sécurité. Entre eux, ça ne peut pas coller. Il n’empêche, Fred va malgré tout se faire adopter par son nouvel entourage jusqu’à susciter l’intérêt du conservateur.

Ce qui est sympa aussi, c’est la façon d’illustrer les périodes de délires de Fred qui se démultiplie dans les cases apportant une belle rythmique au récit. C’est vivant, léger, inattendu et très bien réalisé. Les scènes où les tableaux ou autres statues prennent vie impressionnent pas leur réalisme.

En même temps qu’un hommage à l’art, ce one shot est une très belle découverte !

le syndrome de Stendhal planche

un album édité par Glénat (collection 1001 Feuilles), Aurélie Herrou (scénario), Sagar (dessin).