La fabrique pornographique

la fabrique pornographique sociorama

Histoire de ne pas passer inaperçue, la nouvelle collection Sociorama de Casterman commence fort avec un sujet qui provoque tout de suite la curiosité. Entre la couverture et le dos de ce premier petit bouquin, on comprend qu’il ne faudra pas le mettre entre toutes les mains. Ici on fait dans le porno, on en parle et on le montre.

Malgré ce que peuvent croire certains esprits grincheux, ce n’est pas graveleux et voyeuriste, le ton est sans tabou pour faire comprendre au grand public ce que serait le porno. Je dis « serait » parce que personnellement, je doute que les choses se passent dans le velours comme on nous l’explique ici. La plupart de ce qu’on peut voir sur internet laisse quand même penser que ce n’est aussi bon enfant, notamment le traitement de la femme prise la plupart du temps comme un jouet pour ces messieurs.

Le ton est léger, l’humour présent, l’ambiance bon enfant, bref c’est assez savoureux et entre deux scènes « hot », les personnages expliquent tour à tour aux lecteurs leur parcours, leurs fantasmes, leurs envies et aspirations. Le dessin minimaliste de Lisa Mandel participe grandement à la dédramatisation de cette activité particulière.

En somme, c’est didactique, intéressant mais je reste interrogateur sur la bonne humeur et la camaraderie qui semble animer ce milieu. J’y crois qu’à moitié. Si c’est aussi cool que ça, je vais peut-être m’y mettre ^_^

L’idée d’une collection basée sur l’étude sociologique est bien vue et d’autres titres sont prévus. Le prochain sera consacré aux chantiers, j’y reviendrai dans peu de temps…

un one shot réalisé par Lisa Mandel d’après une enquête de Mathieu Trachman, édition Casterman, collection sociorama

3 sur 5

Evil Empire tome 1 – Nous, le peuple

evil empire tome 1 couverture
Reese est une rappeuse politiquement engagée, très virulente à l’égard de la campagne électorale en cours aux USA. Lors d’un concert, l’un des principaux candidats, Sam Duggins, vient lui rendre visite dans sa loge. En sympathisant avec elle, cet habile politicien espère secrètement pouvoir tirer profit de son public, et, pourquoi pas, s’assurer le soutien de la chanteuse. Le pays se retrouve alors déchiré dans un débat sur le sens du bien et du mal. Reese doit faire quelque chose si elle ne veut pas que le peuple américain se mette à soutenir les idées d’un homme fou…

Je lis peu de comics et je sais pourquoi : je ne les apprécie qu’à petite dose tant je désespère de constater combien les américains sont obsédés par la violence. Ca doit être génétique c’est pas possible. Ou bien je les choisis pour ça, je me demande aussi.

Bref, la couverture me plait beaucoup en tout cas, les crocs de l’oncle Sam qui nous veut (« we want you ! ») sont effrayants au possible et promet sur le papier quelque chose de terrible. Et on n’est pas déçu ! Nous sommes en pleine campagne pour les élections présidentielles américaines. Deux candidats s’affrontent : d’un côté le réformiste démocrate Sam Dungins, beau gosse plutôt cool qui présente bien, de l’autre Kenneth Laramy, l’homme, le vrai, qui prône le retour des vraies valeurs qui ont fait la grandeur de l’Amérique. Et ce dernier fait d’emblée très fort en avouant le meurtre de sa femme qui soi-disant martyrisait leur fille unique. Procès, coupable, prison, peu importe : le mal est fait et sa façon d’invoquer légalement la loi du talion se répand comme une traînée de poudre. « Il a raison ! Qu’est ce qui m’empêche de flinguer mon voisin, ce con,  qui passe la tondeuse pendant ma sieste ! ». Justice pour tous, oeil pour oeil, dent pour dent.

Ca fait peur car on imagine très bien que cette idée puisse faire son apparition dans les années qui viennent. Je verrai assez bien une grande gueule comme Donald Trump (BeuuAaah !) proposer le concept à ses chers concitoyens. Vous savez ceux qui apprennent à leurs enfants à tirer à la sulfateuse le dimanche à la campagne et qui sont fiers de se balader un colt à la ceinture en faisant leur course ou en allant à la messe.

Bref, cet album sonne comme un avertissement.

Graphiquement, c’est propre et bien fait, les planches sont chouettes – un peu trop flashy à mon goût – quelquefois spectaculaires surtout dans la première partie dessinée par Ransom Getty. J’aime moins la seconde signée Andrea Mutti, pourtant moins comics, plus franco-belge. Allez comprendre…

evil empire tome 1 planche

un album scénarisé par Max Bemis, dessiné par Ransom Getty et Andréa Mutti, édition Glenat Comics.

3 sur 5

Ghost Money tome 5 – Le Black Cloud

ghost money tome 5 couverture
C’est dans l’Enclave, une zone sans État ni droit, située dans une vallée d’Asie centrale, où s’épanouissent les pires turpitudes du monde, que vont se dénouer les intrigues qui entourent Chamza et Lindsey. Dans cet ultime épisode, tout s’explique : l’argent fantôme, le Black Cloud, le trésor du 11-Septembre, le rôle de la CIA, etc.

La voila enfin la conclusion de cet atypique thriller politico-financier d’anticipation. IL aura fallu plus de 2 ans aux deux auteurs pour révéler à leurs lecteurs impatients la provenance de la fortune de Chamza Azimatova.

Ca demande de la concentration, du calme et de la réflexion pour mériter Ghost Money. En prévision de cet ultime opus, j’avais pris la précaution de relire les 4 premiers épisodes et si j’ai bien compris le contexte et les enjeux, les circonvolutions du scénario me laissent toujours dubitatifs En clair malgré mes précautions, tout ne me parait pas limpide. De même que l’excellente postface de Thierry Smolderen qui, en éclairant le lecteur sur la motivation et les conditions dans lesquelles ont été réalisée cette saga, m’a elle aussi parue complexe à lire. Intellectuellement un cran au dessus de moi disons…

Grâce à cette postface, on comprend tout de même que les auteurs se sont donné du mal et au vu du résultat sur les 5 albums, peu de lecteurs devraient être déçus. On connait la vérité, on a droit à une bonne surprise – heureusement c’eut été trop facile – et le background futuriste omniprésent (les décors, les détails technologiques) participe à une ambiance particulière originale et très plaisante. Partant d’une question (qui semble) bien réelle (le trésor du 11 septembre), Ghost Money invente une histoire qui s’inspire de faits réels lui donnant un accent de vérité évident. Ce que j’en retiens surtout à la lecture de ce tome 5, c’est le comportement inacceptable et dramatique du gouvernement Bush à travers l’évocation de l’affaire Snowden, la guerre en Irak, l’espionnage à l’échelle internationale et tutti quanti.

Je l’avoue, j’ai été tenté de renoncer à ce final, aujourd’hui je ne le regrette pas, bien que certains passages restent inexpliqués (une prochaine relecture corrigera le tir), l’ensemble se tient bien. Au final, j’apprécie Ghost Money pour son ambiance sophistiquée, son dessin élégant, son côté  futuriste, ses personnages féminins, son ancrage dans la réalité et je recommande la série.

J’oubliais : la fin très surprenante ouvrirait la perspective d’une suite…

ghost money tome 5 planche
ghost money tome 5 couverture

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

4 sur 5

Ghost Money tome 4 – La prisonnière Tashkite

ghost money tome 4
Ce quatrième épisode de Ghost Money se déroule après l’attaque de Dubai. Chamza se réfugie en République tashkite sous la protection du président Azimatov. Elle emporte avec elle une valise « oubliée » en France depuis vingt ans et qui contient peut-être le secret de l’immense fortune léguée par sa mère. Chamza se croit à l’abri des services d’espionnage qui l’accusent de financer le terrorisme international, mais elle déchante très vite. Car la colère d’un dictateur omnipotent qui se sent trahi par sa fille peut se révéler plus dangereuse que tous les coups tordus des espions de la CIA…

Le décor change : après avoir pris le soleil à Dubaï, on plonge dans le froid glacial d’un kolkhoze sinistre mais ce qui me gène c’est de nouveau cette impression d’être un peu largué, ce 4ème épisode se remet à brouiller les pistes alors que le tome précédent avait calmé le jeu et avait relancé mon intérêt.

Ghost Money n’est pas aussi facile à suivre, l’intrigue est simple mais son déroulement passe par de nombreux tours et détours. Il sera toujours temps de recoller les morceaux lors de la lecture de la conclusion du 5ème et dernier tome.

Au chapitre du graphisme, si Dominique Bertail réalise du bon boulot grâce notamment à ses couleurs particulières qui donnent toute son élégance à la série, je me dis qu’il a dû se sentir à l’étroit dans ces cases souvent trop petites.

Un peu circonspect devant cette histoire compliquée, ce 4ème album m’a néanmoins séduit de par quelques belles séquences futuristes et par un esthétisme soigné, couverture en tête. Il n’y a aussi qu’à voir la planche ci-dessous pour se faire une bonne idée de la qualité graphique.

ghost money 4

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

3 sur 5

Ghost Money tome 3 – Mourir à Dubaï

ghost money tome 3

Sympa cette couverture, elle résume à elle seule la situation : Lindsay meurtrie (à la chemise ensanglantée) courant – implurant presque – une Chamza indifférente qui n’a d’yeux (c’est le cas de le dire) pour son bel émir des lumières. Le tout sous le regard d’un Burj Khalifa dont la façade explose.

Tandis que Lindsay tente de sauver sa peau au milieu du chaos, la relation amoureuse entre Chamza et Umar semble s’obscurcir, ce dernier ayant reçu un message qui refroidit ses ardeurs envers sa dulcinée. Les américains sont au courant de l’existence de la valise qu’a laissé la mère de Chamza à sa fille et ils veulent absolument mettre la main dessus, elle contient peut-être l’explication au sujet de cette immense fortune dont elle a hérité.

Passé les quelques efforts de compréhension, ce 3ème tome se révèle plus facile à lire, notamment parce que l’on connait mieux les personnages et certains enjeux tout en conservant une bonne partie du mystère. Les nombreuses scènes d’action laissent de toutes façons peu de temps au lecteur pour gamberger. Si les motivations des américains ne sont pas toujours clairs, le rôle de Chamza et d’Umar se clarifie et il n’est pas certain que celui que l’on croit coupable le soit plus que ça.

Un album plutôt sympa à lire qui relance mon intérêt pour la série.

ghost money tome 3

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

4 sur 5

Ghost Money tome 2 – les yeux de Chamza

ghost money tome 2Les américains ont enlevé Chamza en vue de lui implanter à son insu une caméra sur le nerf optique. Leur objectif : l’espionner pour tenter de découvrir l’origine de sa fortune qui serait liée au 11 septembre et en apprendre plus sur celui qui va devenir son amant, Umar dit l’émir des lumières, qu’ils soupçonnent de terrorisme. Leur ruse remplit tous leurs espoirs mais à leur grande surprise le Burj khalifa de Dubaï est la cible d’un attentat spectaculaire de la part d’un groupe jusque là inconnu…

Sur un thème plutôt porteur et source de nombreuses interprétations et fantasmes au sujet du trésor d’Al Quaida, Ghost Money n’évite pas la complexité sitôt qu’il s’agit d’espionnage et de politique internationnale et il n’est pas toujours aisé de bien comprendre les objectifs de chaque personnage. Perso, je prends le parti d’essayer de suivre en me disant que d’ici la lecture du 5ème et dernier tome, certaines réponses seront apportées.

En suivant le fil conducteur, on a droit à quelques histoires intéressantes sur la vie mouvementée des personnages, à commencer par Kendricks dont l’équipe de choc comporte quelques cas spéciaux pas piqués des hannetons. Aucun risque d’éprouver de l’empathie envers ces deux tarés. La pauvre Lindsay semble être la plus sympa de tous mais elle va payer très cher son amitié avec Chamza.

Elegante et sophistiquée, la série affiche une identité visuelle évidente, je regrette à nouveau une trop grande densité dans les planches qui oblige souvent à lire des cases trop petites…

ghost money tome 2

album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

3 sur 5

Ghost Money tome 1 – La dame de Dubaï

Ghost Money tome 1

2020 : vétéran de la lutte anti-terroriste des années 2000, Kendricks recompose son ancienne équipe en vue d’une mission d’infiltration d’une nouvelle menace nommée l’Emir de Lumière. Son objectif : Chamza une jeune milliardaire qui présente toutes les qualités d’une trésorière occulte. La tâche s’avère difficile pour lui, non pas qu’il manque de moyens (l’administration conservatrice lui a donné carte blanche) mais ses ex-collègues ne sont pas du genre facile. Entretemps, Chamza rencontre Lindsay qu’elle va entrainer dans toutes ses escapades à travers le monde. Une relation forte va se nouer entre les deux jeunes femmes…

Après la catastrophe du 11 septembre 2001 à New York, Ghost Money pose la question des gigantesques profits engrangés par des petits malins qui ont spéculé à la bourse dans les heures qui ont précédé l’événement. Et Chamza la mystérieuse milliardaire se retrouve naturellement dans leur collimateur.

Mêlant habilement espionnage, terrorisme et finance, l’histoire s’avère des plus intéressante et très bien construite. Bien mené, le rythme est là et les personnages se mettent en place rapidement. L’idée d’introduire un début de relation amicale (amoureuse) entre les deux jeunes femmes permet de pénétrer l’intimité d’une femme soupçonnée d’être à la tête du trésor d’Al Quaida. A propos d’intimité, la suite osera franchir un sacré pas, j’y reviendrai. ^^

Dès la couverture, il se dégage une certaine classe de ce premier album pour autant je ne suis pas convaincu par le dessin, notamment le fait que certaines cases me semblent trop petites pour être suffisamment lisibles et un encrage un peu épais à certains moments. Mais d’une manière générale, les planches sont de belles factures.

Vu son sujet et vu l’effort fait sur le graphisme, Ghost Money présente toutes les caractéristiques d’une série à suivre…

Ghost Money tome 1

un album scénarisé par Thierry Smolderen, dessiné et colorisé par Dominique Bertail, édition Dargaud

3 sur 5

Alice Matheson tome 3 – Sauvez Amy

Alice Matheson tome 3 couverture
Alice Matheson tome 3 couverture

Diplômée en chirurgie, Alice Matheson n’est pourtant qu’une simple infirmière au sein du St Mary’s Hospital dirigé par Morgan Skinner. Très appréciée pour son travail irréprochable, ses collègues lui reprochent pourtant d’être d’une froideur …glaciale (hé ouai !). Et pour cause, madame est sociopathe et n’est pas là pour batifoler mais pour se faire plaisir en tuant ses patients qu’elle regarde mourir.  Pour le moment, l’hôpital et la ville de Londres ont bien d’autres chats à fouetter face à une horde de zombies qui envahissent les rues. Les enquêteurs pensent que l’épidémie vient du St Mary’s et certains chercheurs sont soupçonnés. Alice passe donc pour le moment presque inaperçue – même si son  attitude fait débat – et profite de ses congés bien mérités après deux albums pleins pour étudier dans son labo secret ces fameux mort-vivants. Elle espère les guérir pour sauvegarder son passe-temps favori. Mais Amy, une vieille copine l’appelle au secours et ses ennuis recommencent.

Je ne l’avais pas vu venir le retournement de situation. J’aurai bien dit « bien joué le scénario » mais à bien y réfléchir c’est quand même capillotracté, n’empêche la scène permet de se faire plaisir face à ses deux bombinettes très court vêtues enfermées dans une cave. Le retour d’Amy dans la vie d’Alice provoque des souvenirs chez notre infirmière qui se souvient maintenant avoir été recueillie par la plus grosse fortune d’Ecosse après la mort de ses Bonnie and Clyde de parents.

Le 4ème de couverture annonce la série en 6 tomes avec – cool ! – un rythme de parution élevé, un album tous les 6 mois, et un donc un changement de dessinateur à chaque fois. Non sauf là, Zivorad Radivojevic s’y colle une seconde fois et son trait aiguisé et précis me parait très efficace pour une série de ce genre. Je ne sais pas si c’est voulu mais Alice ressemble de plus en plus à Carmen Mc Callum et ça me plait bien.

Alice Matheson tome 3 planche
Alice Matheson tome 3 planche

album scénarisé par Jean-Luc Istin, dessiné par Zivorad Radivojevic, colorisé par Digikore Studios, édition Soleil

3 sur 5

chronique du tome 1 (archives)

chronique du tome 2 (archives)

Notes tome 10 – Le pixel quantique

Notes tome 10 couverture

Ca faisait un bout de temps que je n’avais pas lu un Notes et ça me fait plaisir de constater que l’ami Boulet n’a pas perdu de son humour et de son gout pour les pensées et réflexions un peu lunaires. Car oui, il se pose des questions à propos de tout et aime faire vagabonder son imagination, poussant même jusqu’à un propos poétique ou philosophique. On le connait, on sait qu’il est très bon pour décrire les petits tracas du quotidien avec une bonne dose d’autodérision et on se marre souvent au détour d’une situation cocasse ou d’une grimace. C’est également un excellent dessinateur qui change souvent de style et de mise en page. Tantôt caricatural, tantôt réaliste, il sait varier les plaisirs et s’affirme depuis pas mal d’années déjà comme un artiste accompli au sein du 9ème art. Bref, vous l’aurez compris, ses notes valent le coup d’oeil d’autant que le petit format adopté est parfait pour l’emmener partout et passer quelques bons moment de lecture. Ce 10ème recueil regroupe les posts de son blog (www.bouletcorp.com) parus entre juillet 2013 et juillet 2015. Pour les furieux des réseaux sociaux, Boulet est aussi très actif sur Twitter (twitter.com/Bouletcorp)…

notes tome 10 planche

album réalisé par Boulet, édition Delcourt

3 sur 5

Undertaker tome 2 – La danse des vautours

undertaker 2 couverture
Jonas, Rose et Madame Lin ont 3 jours pour rejoindre la mine « Red Chance » afin d’y enterrer la dépouille de Joe Cusco dont l’estomac est rempli à ras bord de pépites d’or, le vieux s’étant suicidé en avalant son trésor et en exigeant qu’il repose à l’endroit où il bâtit sa fortune. Avec une meute de mineurs enragés à leurs trousses, la tâche n’est pas aisée mais notre Undertaker s’avère être un homme plein de  ressources…

Après un premier album tonitruant qui honorait pleinement ses promesses, ce deuxième opus m’a un peu déçu, l’impression de m’être un peu ennuyé. J’en suis désolé tellement j’apprécie ces deux auteurs qui ont à leur actif une bibliographie plus qu’honorable. Et j’admire depuis longtemps le travail de Ralph Meyer qui est à mon sens un des meilleurs dessinateurs actuels. Non, j’ai eu tout simplement du mal à me passionner pour cette course-poursuite et du mal à croire à cette histoire d’otage. Et puis à quoi ça rime finalement ? Tout le monde va se retrouver à la mine et va se battre pour récupérer le trésor non ?

En fait, le scénario suit un chemin bien balisé et sans réelles surprises. On sait dès le début que Jonas a un passé violent, on sait que dans l’action,  il va s’avérer un adversaire redoutable, on sait qu’il va réussir sa mission, on sait aussi que Rose et lui vont avoir envie de se bécoter. Bref, on sait.

Mais si je considère Undertaker comme un pur divertissement, c’est sans appel : on est dans le haut de gamme. Les couvertures et planches sont  magnifiques, le rythme est soutenu, ça castagne et défouraille pas mal, la pointe d’humour est bien là et et les dialogues sont très bons. Alors d’un autre côté, de quoi je me plains  ?…

album scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Ralph Meyer, édition Dargaud

4 sur 5