Dans la paume du diable 2/2

Les mirages de Bugsy

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Dans le Hollywood des années 1940 où mafieux et producteurs de cinéma mangent à la même table, il existe un homme qui contrôle toute l’industrie cinématographique de la côte Ouest : Bugsy Siegel. En se faisant passer pour un nouveau producteur en ville, l’agent du FBI William Lawford a finalement réussi à infiltrer l’entourage de ce maître de Los Angeles. Un rapprochement dont l’inspecteur Meltzer de la police de LA va essayer de profiter en faisant du jeune agent son informateur. William joue à présent triple jeu : faux producteur, agent infiltré du FBI et indic pour la police de Los Angeles. Autant de couvertures difficiles à garder, surtout lorsqu’il y a le risque de se laisser griser par le jeu de l’illégalité. Cerné de toutes parts, William va-t-il finalement devenir comme ceux qu’il poursuit ?

Une nouvelle fois, je salue la qualité de cette deuxième couverture très réussie de par sa composition et ses couleurs. Et les belles planches réalisées par Kyko Duarte ne sont pas en reste. Malheureusement, la lecture est rendue difficile par la trop grande ressemblance entre les personnages et l’abondance des dialogues. Et le scénario fort complexe n’arrange rien tant et si bien que pour aller au bout des 48 pages, il m’a fallu bien du courage. Pour qu’au final cette Paume du Diable au thème riche et prometteur ne se révèle décevant voire ennuyeux.

Une déception pour ma part.

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un album scénarisé par Mathieu Mariolle, dessiné par Kyko Duarte aux éditions Glénat.

2 sur 5

 

Alice Matheson – tome 4

Qui est Morgan Skinner ?

couverture de Alice Matheson tome 4

Jean-Luc Istin cède sa place à Stéphane Betbeder au scénar et lui confie le destin de cette drôle d’infirmière psychopathe qui prend tant de plaisir à « finir » ses patients alors que des zombies rodent dans tout Londres.

Alice sait que le directeur Morgan Skinner la surveille et qu’il se doute que quelque chose ne tourne pas rond chez elle. Prenant le taureau par les cornes, elle se met elle aussi à fouiller dans les affaires de son patron et finit par découvrir qu’il s’intéresse de très près à la santé d’un nourrisson soi-disant abandonné. Or la mère du bébé est bien réelle et elle ne tarde pas (comme par hasard) à faire du foin. Et comme rien ne se déroule comme prévu, les morts-vivant reviennent faire le brin dans l’hopital et Skinner se retrouve rapidement coincé dans une pouponnière transformée en « zombieland ».

Je ne sais pas où va nous emmener les 6 tomes de la série mais j’ai un peu l’impression qu’on s’égare là. Ce serait même la seconde fois depuis les retrouvailles d’Alice avec sa vieille copine (voir le tome 2). Le voile ne s’est toujours pas levé sur le mystère de l’apparition des zombies et le besoin d’explications se fait de plus en plus ressentir. Pour l’heure, c’est vrai que c’est toujours avec curiosité que je lis ce 4ème opus dessiné par un « Christophe Bec – Like » (même style quoi) au trait un peu âpre mais précis. La colo signé par le studio Digikore qui encadre toutes les planches d’un noir profond permet de ne pas perdre le fil graphique de la série malgré les changements de dessinateurs. Je crois que c’est quand même le premier d’entre eux (Philippe Vandaële) que je préfère pour le moment.

une planche de Alice Matheson tome 4

Un album scénarisé par Stéphane Betbeder et dessiné par Federico Pietrobon aux éditions Soleil.

3 sur 5

Veil

(one shot)

Veil

Une jeune femme nue et amnésique sort du métro et erre dans les rues. La magnifique créature se met alors en quête de son identité et de son passé sans vraiment savoir à qui se fier. Ce qui est sûr c’est que tous les hommes qu’elle croise sont prêts à lui donner un coup de main !  Dante est sans doute le seul à lui témoigner de l’amitié mais ils ignorent tous deux que des forces bien plus puissantes veulent mettre la main sur Veil.

Découvert sur BDouebe grâce à l’excellente série futuriste Lazarus, le scénariste de Portland Greg Rucka s’essaye ici au registre horrifique pour un one shot plaisant à lire mais dont l’impact est avant tout à chercher du côté graphique. Scénes spectaculaires, cadrage ciné, beaucoup de couleurs, style personnel et boucherie sanglante sont de rigueur.

Un comics fantastique vitaminé qui tâche un peu question héméoglobine ^^

Veil

scénario de Greg Rucka, dessin de Toni Fejzula. Editions Delcourt.

2 sur 5

Androïdes – tome 1

Résurrection

couverture Androides tome 1

Autant le dire tout de suite, je déteste tout ce qui est androïdes et autres robots qui, à mon humble avis, représentent avant tout une menace pour l’humanité. Je ne développerai pas mes arguments ici me contentant de donner mon avis sur le début de cette nouvelle série-concept de science-fiction où le sujet porte justement sur ces foutues machines x_O

C’est d’ailleurs l’enjeu de ce premier tome qui révèle au lecteur n’ayant pas pris la peine de lire le pitch (c’est d’ailleurs recommandé) une grosse surprise en toute fin d’album.

Nous sommes en 2545, Liv Anderson superbe femme flic au caractère bien trempé enquête sur le meurtre d’un directeur de musée qui finit par la mettre en danger lorsqu’elle est sur le point de mettre à jour un secret d’état. Anna Hopkins est elle restauratrice d’œuvres d’art et apprend à sa grande surprise qu’elle est enceinte. Problème : l’humanité est stérile depuis des siècles et ce n’est que grâce aux pilules de Microcorp qu’elle survit. Les deux affaires semblent mener au même constat : la classe dirigeante nous ment !

Graphiquement soigné, l’immersion dans ce futur plutôt sombre est totale et les amateurs d’anticipation seront ravis de tomber sur ce premier tome facile à lire et bien torché.

Trois autres albums réalisés par des duos d’auteurs différents sont au programme de cette mini-série concept qui démarre très bien au pays des androïdes.

planche Androides tome 1

un album scénarisé par Jean-Luc Istin, dessiné par Jésus Hervas aux éditions Soleil.

4 sur 5

 

Soleil froid tome 1

H5N4
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« La question n’est pas de savoir si le virus de la grippe aviaire risque de muter pour devenir mortel pour l’homme, mais quand ? » ( OMS / Organisation mondiale de la santé.)

Ahhhh je suis assez client de ce type de récit surtout si le dessin tient la route et que l’histoire n’est pas trop alambiquée. De toutes façons,  la couv’ m’a tout de suite donné envie d’acheter 🙂 Cela dit, JP Pécau prend soin de ne pas tout dévoiler. Ainsi, on ne connait pas la nature de l’Armée Verte, le rôle exact des chats, des loups, des oiseaux et des chimères. Ce premier tome se contente de poser solidement les bases d’un récit post-apocalyptique classique mais bien amené et au final très chouette. On appréciera comme il se doit les clins d’oeil au duo Jan-Marguerite qui rappelle un célèbre film de Fernandel et à Mad Max.

Jan ancien militaire révoqué accompagné de Marguerite sa « mule » tente de traverser les Alpes direction la Suisse où il espère trouver refuge. Le monde est en effet victime d’une épidémie de H5N4, virus mutant de la grippe aviaire qui a déjà décimé les 3/4 de la population humaine. Mais la route est longue et dangereuse et il n’est pas impossible qu’au détour d’une rencontre, la destination ne bifurque.

Quelques traits d’humour, de l’action, une ambiance vaguement inquiétante, un dessin lisible, un personnage principal imparfait mais suffisamment consistant, des flashbacks bien placés et suffisamment explicites, il n’en faut pas plus pour contenter les amateurs du genre.

Moi je valide ! De la bonne BD comme je l’aime.

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un premier tome signé JP Pécau (scenar), Damien (dessin & colo) aux éditions Delcourt.

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Le Kabbaliste de Prague

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J’avoue que la lecture des premières planches m’a quelque peu refroidi car le ton est grave, savant et sérieux. Mais mais mais je me suis laissé prendre assez vite par l’histoire de David qui sans me toucher directement (je ne suis pas juif et je pense que ça s’adresse surtout à ceux qui le sont) a fini par devenir une vraie aventure occultant l’aspect très « littéraire ». Le pitch est un peu trompeur et c’est – heureusement – plus une aventure historique et une petite romance qu’une traduction de légende.

Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Marek Halter qui ressuscite le mythe fondateur du folklore juif d’Europe Centrale. Dans le ghetto de Prague au XVIe siècle, le rabbin Maharal à qui l’on prête le pouvoir de façonner le Golem, un être de boue à la force illimitée prend sous son aile David Gans qu’il envoie en mission à travers l’Europe afin de collecter le maximum de savoir auprès des plus grands astrologues de cette époque (Galilée ou Tycho Brahé).

Je ne sais pas trop où veulent en venir les auteurs et le but de leur adaptation mais servi par un graphisme académique et maitrisé, ce premier tome se laisse lire facilement pour faire un beau voyage dans le temps aux côté de Rabi David qui s’avère être un homme extrêmement bon. Mais gare au retour de celui qui part trop longtemps loin des siens …

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un album de Pierre Makyo (scénario), Luca Raimondo (dessin) et Antoine Quaresma (colo) aux éditions Glénat.

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Chroniques express du 1er juin 2016

Le roi des ribauds, tome 1 :

le-roi-des-ribauds-tome-1-couvertureTrès bon début de la part des auteurs de Block 109 qui ont imaginé l’histoire du premier des mercenaires royaux au moyen âge sous le règne de Philippe Auguste. L’occasion de pénétrer les coulisses de la royauté et d’explorer les bas fond de Paris en cette période sombre où la vie humaine ne valait pas grand chose. Une mise en scène qui lorgne du côté comics type super héros quand les gangs parisiens s’affrontent dans les étroites ruelles. Les aventures du « Triste Sire » valent le détour et je vais de ce pas me chercher le tome 2.

scénario de Vincent Brugeas, dessin de Ronan Toulhoat, edition @Akileos.

Tu Mourras moins bête, tomes 1 & 2:

 

tu-mourras-moins-bete-tome-1-couverture tu-mourras-moins-bete-tome-2-couvertureun premier tome très mal dessiné car pris sur le vif à la mode blog, un deuxième un peu plus soigné. Deux premiers albums très plaisants à lire sur le thème de la vulgarisation scientifique. Une sorte de Science pour les nuls très marrant à lire. Je l’ai découvert à la télé (Arte je crois) sous forme de court dessin animé qui m’a donné envie de lire.

Très sympa, deux autres tomes sont à découvrir.

de Marion Montaigne, edition Ankama.

Max Winson, diptyque :

max-winson-tome-1-couverture max-winson-tome-2-couvertureUne belle histoire très étonnante sur un tout jeune champion de tennis hors norme qui n’a jamais perdu un match. Formaté par un père fortuné et tyrannique qui ne lui a appris que la victoire, le jeune Max découvre qu’il y a autre chose dans la vie lorsqu’il rencontre une jeune journaliste qui lui ouvre les yeux et un gamin surdoué qui lutte pour sa survie et celle de sa mère mourante. Egalement évoqué la place des médias dans le sport et l’impact de la télé-réalité sur notre vie.

une histoire touchante et sensible en deux tomes dessinée à la volée par un jeune auteur prometteur.

de Jérémie Moreau, édition @Delcourt.

 

Moi, assassin

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Après l’art de voler qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable peut-être à cause de sa noirceur (mais c’est un chouette livre que je chroniquerai quand j’aurai moins la flemme), voila un nouveau one shot signé du même scénariste espagnol.

Très bien documenté (ou réalisé par un spécialiste de la question, je ne saurai le dire), les dialogues techniques sur l’art sont bien présents et se sont pas là uniquement pour l’habillage. Le constat est même étonnant : ça passe plutôt bien et entretiennent des pauses à la voix off d’Enrique qui se livre au lecteur. On n’en saura pas plus sur sa vraie motivation, d’après lui l’homme tue parce qu’il est né comme ça. N’empêche étrangler un pauvre vieux ou une femme seule je ne vois pas bien l’intérêt de l’exercice quand son auteur n’explique pas vraiment son geste. On pourrait penser qu’il en tire du plaisir mais ce n’est pas forcément très clair, peut-être poursuit-il une quête ou désire-t’il démontrer une thèse sur la violence et l’art.

En plus d’un dessin en noir et blanc aux larges aplats noirs qui donne une tonalité particulière, c’est la narration qui emporte l’adhésion, la voix-off est bien présente et les tirades techniques sur l’art n’embrouille pas le lecteur et apporte quelques instants de réflexion et de culture. On pénètre pour la première fois dans les méandres d’une université espagnole où la politique occupe une grande place. On n’a pas forcément tous les éléments pour tout appréhender mais on assiste intéressé et amusé aux débats quelquefois houleux.

L’originalité du contexte, la personnalité d’Enrique, l’atmosphère particulière, le dessin et les dialogues font de ce one shot une lecture très intéressante.

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un one shot signé Antonio Altarriba (scénario) et Keko (dessin) aux éditions Denoël Graphic.

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Le Juge, la République assassinée tome 1/3

Chicago-sur-Rhône

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Alors là, je ne sais pas comment j’ai fait pour en arriver à bout ! Il y a des personnages dans tous les sens, et en plus certains se ressemblent. Bref, il y a de quoi s’embrouiller et jeter l’éponge. Et pourtant, j’ai tenu. Raconter en BD l’histoire du juge Renaud était sûrement un défi et Olivier Berlion en auteur aguerri le relève haut la main.

Prévu en 3 tomes, l’histoire ne fait que commencer et on s’attache déjà à cette grande gueule de juge et ses méthodes peu orthodoxes. On connait déjà la fin car on sait que l’enquête sur son assassinat n’a jamais abouti mais on a une forte envie de se replonger dans les sinistres affaires de l’époque.

Nous sommes à la fin des années 60, la capitale des Gaules est rongée par la corruption et la pègre. Flics, voyous, magistrats, politiques, ils ont tous connu la guerre en tant que résistant ou ancien de l’Algérie. Face à cette situation, le juge François Renaud est un des rares qui tente de faire respecter la loi. Fort en gueule, coureur de jupons mais parfaitement intègre, il a dans le collimateur tous ceux qui franchissent la ligne jaune. On le surnommera le Shérif.

L’entré en matière est un peu ardue et il faut rester concentré mais ça vaut le coup d’oeil. Si on aime Olivier Berlion et son graphisme, le polar, l’Histoire de France et la belle ville de Lyon, on n’hésite pas et on lit. Allez hop hop hop !..

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un album signé Olivier Berlion aux éditions Dargaud.

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Lazarus tome 4

Poison

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Je commence à m’y attacher sérieusement à cette série ! Il faut croire que la belle Forever aura réussi son pari en se jouant les charismatiques Lara Croft. Forte, belle et punchy, la super woman fait parler la poudre encore un peu plus que d’habitude, elle qui avait eu quelques états d’âme dans les épisodes précédents. Aujourd’hui place à la guerre et au déferlement de sa fureur, le Lazare n’est décidément pas d’humeur à se laisser emmerder.

Dans ce tome 4, le patriarche Carlyle est mourant, empoisonné par son rival le docteur Hock. Son fils Stephen a pris le costume du patron mais n’est pas taillé pour ce rôle. L’occasion pour Johanna de tenter un truc, elle qui a déjà trahi sa famille. La guerre des clans est déclarée et Forever est envoyée avec un mini escadron détruire une position ennemie stratégique. La partie n’est pas gagnée et le Lazarre des Carlyle a cette fois-ci de fortes chances d’y passer.

Beaucoup d’action donc au menu de cet opus dont la fin m’échappe un peu. Mais qui est donc cette enfant ? Flash back mal annoncé ou cliffhanger ? La suite nous le dira bien que j’ai tout de même ma petite idée. Bref. sous le pinceau de Michael Lark (aidé à l’encrage par Tyler Boss), le récit défile à fond les ballons à peine ponctué par le jeu politique et la course contre la montre pour sauver le père à l’agonie. C’est rythmé, vivant et la froideur du contexte se fait oublier pour plonger à fond dans une série qui devient au fil du temps un incontournable au rayon comics.

A découvrir sans hésiter.

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Un album scénarisé par Greg Rucka, graphisme de Michael Lark, couleurs de Santi Arcas. Edité chez @GlenatComics.

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