Le monde d’après

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Après un premier épisode que j’avais trouvé très réussi (chronique ici), Jean-Christophe Chauzy clôt son récit apocalyptique en deux actes.

Sortant de son registre humoristique habituel (voir ses planches publiées dans Fluide Glacial), il reprend un thème maintes et maintes fois exploré par le cinéma et la littérature. Grosse différence ici : ça se passe près de chez nous. Et ça peut permettre au lecteur francophone de se sentir plus concerné et de s’interroger sur le comportement qu’il aurait lui si son environnement s’effondrait.

Car c’est ce qui vient d’arriver à Marie et ses deux fils. Dans le premier album, en pleine montagne ils font partie des rares rescapés d’un orage dévastateur qui réussissent à redescendre dans la vallée. Mais après des jours cloîtrés dans un village coupé de tout, où les tensions montent tandis que les vivres baissent, ils prennent le large. Leur objectif est de descendre au sud en espérant que les côtes soient épargnées.

Hélas, c’est tout le pays – voire plus – qui a pris une grosse claque, les paysages sont dévastés et les rares humains qu’ils croisent se révèlent pour la plupart des ennemis. C’est l’heure du chacun pour soi.

Graphiquement, l’auteur se fait plaisir et ça se voit, le grand format lui offre de la place pour de très belles planches qui nous scotchent. La narration est bien posée, le dessin est soigné, l’ambiance fin du monde très bien rendue. Dans ces paysages désolés et cette atmosphère tendue, les rencontres sont très attendues et ne déçoivent jamais.

Le périple est donc prenant mais au final on reste sur sa faim. On ne connait pas l’origine de la catastrophe et on ne sait pas ce que deviendront les survivants. Pas d’explication, pas d’espoir. Il y a comme un manque. Pour ma part, je laisse mon imagination me suggérer que comme prévu l’homme a reçu le retour du bâton de la part de Mère Nature qui lui fait bien comprendre qu’il a déconné. Je suis pas loin de penser qu’on va tous finir dans un grand Big Bang de ce genre. Et paf !

Au delà d’une conclusion personnelle sur la place de l’homme dans la Nature, je pense que JC Chauzy nous donne à réfléchir sur la nature profonde de l’être humain. Le retour à l’état sauvage, l’instinct animal (la Louve et ses petits), le concept de propriété etc… Sorti de son confort moderne, l’homme en perte de repère retrouve vite son instinct de survie.

Je ne pense pas qu’une suite soit prévue. En attendant je ne peux que recommander cette lecture et l’achat de ces deux beaux livres.

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un album signé Jean-Christophe Chauzy aux éditions Casterman.

4 sur 5

 

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