04H30, vendredi 25 janvier 2008.
Il faut se lever car c'est le grand jour : le 35ème festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême m'attend. Après une courte nuit, rendez-vous gare Montparnasse pour choper le TGV qui partira avec 1H20 de retard. Ca commence bien !
10H40 arrivée (enfin !) dans la cité angoumoise pour sauter dans la navette gratuite assurant la liaison entre la gare SNCF, le centre-ville et le CNBDI situé un peu plus loin. Il faut faire vite car la journée est déja bien entamée et je veux en voir le plus possible.
La visite débute par cette annonce prometteuse : l'expo "villes du futur". Chouette, il va surement y avoir des grandes maquettes et des projets grandioses et un peu fous concoctés par ces géniaux auteurs de BD !
Bon en fait, ce n'est pas ça, la première pièce ovale propose une succession de hublots au travers desquels on peut apercevoir se balancer mollement quelques planches de BD en rapport avec ces fameuses villes du futur. Au milieu de la pièce se baladent deux aspirateurs à roulettes qui font "ZZzzzzzggggzZZZZggg". Mouais. Passons à la seconde pièce. Plus grande et plus haute, on y trouve une bagnole, genre manège, dans laquelle les momes se bagarrent pour monter. Quelques ordinateurs et des écrans pour les occuper ainsi qu'une fresque interactive pour les plus jeunes avec beaucoup de couleurs et des graphismes rigolos. Ce sont en fait les planches de l'album OVNI collées bout à bout sur le mur (scénario : Lewis Trondheim, dessins : Fabrice Parme). Rien de bien croustillant à se mettre sous la dent si ce n'est la charmante Nävis qui se balade et accepte de se faire prendre en photo. Fin du premier acte.
Cent mètres plus loin, on pénètre dans le CNBDI où nous attend l'exposition dédiée à José Munoz, grand prix l'année dernière et président cette année (c'est la coutume). Sympa, des planches originales d'auteurs argentins au milieu de décors latino très réussis. J'aime bien. Il y a aussi un hommage rendu à Luciano Bottaro, un dessinateur italien inspirateur de nombreux auteurs en Europe. Pas mal aussi. J'ai zappé l'expo de Ben Katchor à l'étage par manque de temps.
Au bout de 30 minutes d'attente dans le froid limousin, le bus arrive enfin pour nous ramener au centre-ville. Délaissant à regret et malgré moi, l'expo de Lax, nous visitons très rapidement le pavillon chinois dans la cour de l'hotel de ville et après un rapide coup d'oeil aux petits Schtroumpfs qui ont 50 ans cette année, nous expédions le déjeuner pour pénétrer dans la bulle du "Nouveau Monde".
C'est ici que sont hébergés plus particulièrement les éditeurs indépendants. C'est seulement maintenant que je me sens rentrer au coeur du festival. Reconnaissant plusieurs albums ayant fait parler d'eux, je prends quelques photos d'auteurs en dédicace. Le stand de Bodoï est là aussi un peu plus loin. Quelques personnes font la queue devant les Rêveurs. Je leur demande. Ils attendent Carlos Nine. Je me demande si je ne vais pas acheter Appartement 23 chez "les Enfants Rouges". Les dessins de dédicace de Michel Alzéal sont en tout cas magnifiques. Je passe de nombreuses minutes sur le stand de Momie en folie à admirer les posters de Blacksad de Guarnido. Je vais pour en acheter un, me ravise n'ayant pas envie de me balader avec pendant toute l'après-midi. Je reviendrai.
Bon le temps passe et il est temps de faire chauffer la carte bleue : direction "Le Monde Des Bulles", l'espace Editeurs où je vais pouvoir dépenser sans compter le budget limité que je me suis imposé. Dans l'ordre : Bamboo, Casterman, Fluide Glacial, Glénat et ses Vents d'ouest, Dargaud, Le Lombard, Delcourt, Futuropolis, Paquet, 7ème choc (Luc Besson le nouvel éditeur !), Dupuis et quelques autres qui font du manga mais je m'en fiche (!), ils sont tous là exceptés Les Humanoïdes Associés qui brillent par leur absence. J'ai lu que ça n'allait pas fort, dommage j'aime bien ce qu'ils font. A chaque stand, il y a la queue - moins dense que prévue on est vendredi - devant les auteurs qui dédicacent sagement les uns à côté des autres, je ne connais pas tous les visages mais quelques uns comme Coyote sont facilement identifiables.
Tout ça est bien organisé, le speaker annonce les noms et les heures. Après avoir fait 5 fois le tour de la bulle, le doute n'est plus permis : on est bel et bien dans une immense librairie où les festivaliers (clients ?) achètent à tour de bras de jolis albums. Les éditeurs font leur beurre et tout le monde semble être heureux. Tiens si, je reconnais facilement Jean-Philippe Lefèvre en plein tournage d'Un monde de bulles interviewant Buche pour Franky Snow. Sympa. Toujours aussi décontracté le JP. peu de temps après, surgissent un drôle de dresseurs et ses monstres sur pilotis. Impressionnants. Au stand Dupuis, Philippe Bonifay nous raconte l'histoire de Zoo tandis que Franck Pé réalise un poster somptueux de Manon et d'un lion, c'est magnifique ! L'histoire est finie, allez zou il est temps de faire mes achats.
Deux heures et demi plus tard, c'est avec les bourses vides (!) que nous arrivons à une 2eme bulle toute proche qui héberge notamment les comix mais au fond duquel on ne peut pas manquer le stand Soleil qui occupe à lui seul la moitié de la surface. Je comprends qu'ils n'étaient pas dans la bulle précédente : trop petite pour eux. Ils font les choses en grand avec leur tubulures d'acier, leurs spots, leurs écrans de télé qui crachent du Heavy Metal et au milieu trône un immense U où les auteurs dédicacent sous les sunlights. Ils ont mis le paquet, ils sont au moins 20 ! Allez il est déja 17H30, le festival ferme à 19H00 et il nous reste l'expo Lou à faire et l'espace Para-bd pour trouver un cadeau à mon plus petit loup, le plus grand ayant son Titeuf au fond du sac à dos. Un rapide tour dans l'espace BD alternative avant de repartir au centre-ville.
Retour sur nos pas à travers des rues piétonnes pour gagner l'espace para-bd à la rencontre des magnifiques statuettes de Blacksad exposées au stand d'Attakus.
Surprise : un trio de choc est occupé à dédicacer des sketchbooks. Il s'agit de Olivier Vatine, Bruno Bellamy et Cassegrain. Rien que ça ! Vatine, fatigué, nous gratifie d'une Angela sur son sketchbook. Pour ma part, j'opte pour un Schtroumpf d'occaze.
Pour finir, nous faisons un saut à l'expo Lou. Tout petit mais sympa, plein de planches originales tapissent les murs. Après avoir griffonné, au pôle jeunesse, un petit dessin assis sur des chaises enfants, il est l'heure de l'apéro et de la croque. Deux demis et une salade-sandwich plus tard, nous demandons notre chemin à un passant pour rejoindre en courant notre TGV. Juste à temps, il est 20H50. Encore un petit tour de métro et de RER, je rejoins ma voiture sur le parking pour regagner mes pénates. Un pipi et au lit. Il est 01H15.
Ouf ! C'est ce que j'appelle une journée bien remplie mais ça valait le coup...