Chantier interdit au public

chantier interdit au public sociorama couverture

Après le porno, ce deuxième tome de la collection Sociorama (issue de la rencontre entre bande dessinée et sociologie) édité chez Casterman s’intéresse à nos chantiers et plus particulièrement à leurs ouvriers. Ancrés dans la réalité du terrain, les auteurs veulent nous montrer ce qui se passe derrière les palissades d’un chantier de construction.

Et ce n’est pas rose ! Recommandé par Soleymane – que tout le monde ici appelle Sekou, le prénom inscrit sur ses faux papiers – le jeune Hassane s’improvise ferrailleur en se faisant embaucher sur le même chantier que son ainé. Un lundi matin pluvieux, sa boite d’interim judicieusement (??) appelée « pauvre comme Job Interim » – en fait j’ai pas bien compris si c’était une blague ou pas (sic) – l’expédie faire ses premières armes. Il découvre alors les coulisses de la dure vie des ouvriers.

Didactique, tragique, quelque fois drôle ou émouvant, la lecture n’est pas de tout repos, on y découvre les cadences infernales, l’absence de sécurité, les engueulades terribles, les payes misérables de ces forçats du bâtiment qui n’ont aucune autre alternative que de survivre en ployant l’échine sous la dictature des chefs. La différence de traitement entre eux (intérims et sous traitants) et les salariés embauchés est démontrée à tous les niveaux jusqu’aux pauses déjeuner où l’on ne se mélange surtout pas.

Si ce petit bouquin apporte un éclairage instructif mais effrayant sur la vie des chantiers, il aurait mérité un meilleur traitement graphique. Parce que là franchement : c’est moche de chez moche, on dirait le story-board…

chantier interdit au public sociorama planche

un one shot réalisé par Claire Braud d’après une enquête de Nicolas Jounin, édition Casterman, collection Sociorama

2 sur 5

Une réflexion sur « Chantier interdit au public »

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