L'humeur du taulier

Après une (trop) longue pause pour des raisons qu'il est inutile d'expliquer ici tant elles sont banales (rien de grave donc), il serait peut-être temps de relancer BDouebe avant que l'avalanche de nouveautés attendues comme à chaque rentrée ne fasse déborder mon bureau encombré depuis des semaines d'albums en attente de chroniquage. A l'heure où j'écris ces lignes, le dernier date du 28 mai ! RhOooooo !

Pour y voir plus clair, la page d'accueil a quand même été épurée au maximum : suppression des niouzes, des relectures, etc etc... place à l'essentiel, les chroniques sont direct sur la Home. Reste quelques détails techniques à ajuster et on est bon. Si tout se passe bien, les mises à jour pourraient être plus fréquentes dans un avenir proche en tentant une écriture plus directe, plus instinctive. Alors à très vite ici même pour voir ce que ça donne...

Arnaud Boucherot, le 28.07.2014

LES MISéRABLES (ZOMBIES NECHRONOLOGIES #1)

scénario: Olivier Peru, dessin: Nicolas Petrimeaux, couleurs: Julie Rouvière, @Soleil (anticipation), parution: juin 2014

Les Misérables Les Misérables



Si j'ai bien compris, après 3 ou 4 albums de la série mère, le scénariste Olivier Peru a décidé de rapatrier ses zombies de par chez nous afin de les faire "profiter" de la gastronomie franchouillarde dans un nouveau préquel ^^ Il en profite pour charcuter franchement nos chefs d'état qu'il plonge dans la merdouille jusqu'au cou. Ainsi, notre François national se retrouve-t'il confronté à une horde de contaminés qui sous les fenêtres de l'Elysée bouffe tout ce qui lui tombe sous la dent. Heureusement pour lui, Charles - son garde du corps personnel - veille à le sortir de là jusqu'à ce que l'attitude présidentielle navrante n'entame sérieusement leur relation. Je n'en dit pas plus mais Flamby n'en sort pas grandi pas plus que ses prédécesseurs d'ailleurs ! Y'a réglement de comptes, c'est clair, mais comme finalement ça sonne bien, on continue sans plus s'offusquer. Bref, François s'enfuit au lieu de protéger Paris qu'il considère comme définitivement perdu laissant Charles - accompagné de son ancien pote Benardi - prendre la route pour Genève. La capitale helvétique aurait soi-disant su, elle, protéger une partie de ses murs. Mais le voyage ne sera pas une partie de plaisir, les zombies comme d'hab s'échineront à leur mettre le maximum de bâtons dans les roues. Entre (rares) pauses et très bonnes scènes d'action, le trait vif, le cadrage et les excellents dialogues rythment cet album que j'ai franchement trouvé très réussi. A tel point que je vais me pencher rapidement sur la série-mère qui à l'image de cet album me semble avoir trouvé la bonne combinaison pour sortir de la déferlante du genre zombie. C'est juste assez curieux la manière de conclure ce premier tome qui se lit en one shot. Sans doute que d'autres idées germent pour une suite...
note

publié le 13.08.2014 (63p)

SANS RETOUR (WARSHIP JOLLY ROGER #1)

scénario: Sylvain Runberg, dessin: Miki Montllo, couleurs: Miki Montllo, @Dargaud, parution: mai 2014

sans retour Les Misérables

John T Munro, ancien colonel de la confédération et condamné pour crime de guerre, s'évade du pénitencier de Tullanium avec 3 co-détenus à l'occasion d'une violente mutinerie. Blessé à l'oeil, il doit d'abord échapper à ses poursuivants avant de trouver le moyen de se venger du président Vexton...

voila une série SF qui démarre sur les chapeaux de roues ! Si le graphisme très orienté animation et les couleurs un poil sombres peuvent gêner, je dois dire que question action, on est largement servi. L'intrigue semble claire comme de l'eau de roche et on se laisse mener tranquillement dans des scènes d'action particulièrement musclés. Quelques flashbacks bien placées plantent le décor sans nuire au rythme. Autour de John, le colosse à la carrure impressionnante, les 3 accolytes ne sont pas en reste et chacun à sa manière apportent du piquant à la situation déjà bien tendue. Depuis Orbital et Universal War (one & two), je n'avais pas lu quelque chose d'aussi accrocheur dans le genre. Et il faut reconnaître que au fur à mesure de la lecture, les belles planches témoignent d'un énorme boulot graphique. Nul doute que je serai au rendez-vous pour la suite...
note

publié le 13.08.2014 (71p)

HORS D'OEUVRE (one shot)

scénario: Ben Dessy, dessin: Ben Dessy, couleurs: Ben Dessy, @Même Pas Mal, parution: mars 2014

Hors d'oeuvre Les Misérables



Ben Dessy m'avait déjà bien fait marrer avec son Macadam Valley et c'est avec plaisir particulier que je le retrouve pour un Hors d'oeuvre du même tonneau. Parti pour parodier les grands classiques de tous genres (jeux, ciné, bd, littérature), il emprunte de temps en temps des chemins de traverse au gré de sa fantaisie (son inspiration féroce quoi) pour imaginer des minis sketches maxi rigolos en quelques cases. Absurde et décalé, ses petits miquets dessinés en toute simplicité - gage de lisibilité - sont des private jokes bien dans l'air du temps : corrosives et jouissives. Alors je suis tout à fait d'accord avec le sticker en couv' qui annonce fièrement l'album comme "coup de coeur de l'auteur". Pour se faire une idée de son immense talent d'humoriste à la sauce trashy, il suffit de se rendre sur Macadam Valleypour situer de suite l'univers du gars. Moi je suis fan !..
coup de coeur

publié le 04.08.2014 (69p)

JOHSON M'A TUER (one shot)

scénario: Louis Theillier, dessin: Louis Theillier, couleurs: , @Futuropolis, parution: mai 2014

Johson m'a tuer Johson m'a tuer

nous sommes en Belgique au mois de janvier 2011. Le directeur de l'usine Johnson Matthey - une des plus grandes multinationales d'Angleterre, leader mondial de l'exploitation de platine et métaux précieux - annonce aux 300 employés la fermeture du site de Bruxelles ! Stupéfaction dans les rangs, les salariés ne comprennent pas comment un groupe largement bénéficiaire puisse leur faire un coup pareil. Chacun à leur manière, les hommes s'organisent, résistent ou baissent les bras. Louis Theillier, décide quant à lui de réaliser un journal de bord sous la forme d'une BD, dans laquelle il relate les évènements au jour le jour.

Sur la forme, c'est un peu brut de fonderie, entièrement réalisé au stylo bille noir, ce n'est pas très glamour à lire et tenir la distance sur les quelques 96 pages s'avère fastidieux. Le graphisme fait ce qu'il peut avec les moyens du bord (il faut quand même le rappeler) et je pense que c'est plutôt le côté répétitif et les (trop ?) nombreux dialogues qui au bout d'un moment risquent de lasser le lecteur fatigué de suivre le moindre des échanges. C'est un témoignage sur le vif, c'est vrai, on est au coeur du truc, on vit l'instant en essayant de comprendre. On compatit à fond à leur sort, on est avec eux, effrayé à l'idée que ça nous pend au nez mais toute la bonne volonté ne suffit pas pour aller sereinement au bout de ce feuilleton tragique. Le résultat aurait à mon avis eu plus d'impact avec moins de pages et finalement plus de recul et d'analyse par rapport aux événements quotidiens consciencieusement narrés sur le vif. L'exercice force le respect mais montre ses limites. Je comprends que les intéressés aient été emballés par le projet mais difficile d'impliquer autant un lecteur lambda...
note

publié le 28.07.2014 (42p)

AMOUR, PASSION ET CX DIESEL - SAISON 3 (AMOUR, PASSION & CX DIESEL #3)

scénario: Fabcaro, dessin: James, couleurs: Bengrrr, @Fluide Glacial, parution: avril 2014

amour, passion et cx diesel - saison 3 Johson m'a tuer

Enfin la réponse à la question brûlante "Mais qui des quatre enfants du patriarche Harold héritera de la Citroën CX Diesel que tous convoitent ?"...

Les meilleurs choses ont une fin certes, mais je suis vraiment bien triste de savoir que ce 3ème tome de la saga est le dernier. J'avais espéré avoir mon lot de bonheur annuel encore longtemps. Moi qui aime l'humour sous toutes ses formes, je trouve que CX diesel est un de ses tous meilleurs représentants au panthéon du 9ème art. Avec pleins d'autres hein, ils sont nombreux heureusement. Les 3 compères nous ont quand même offert trois supers albums et pour cela nous ne pouvons que les remercier chaleureusement. Super la couverture clin d'oeil à la boule à facette, rappel d'une époque et symbole de cette beaufitude attachante et drôlissime présente à chacune de ses pages. Gloire à Amour, passion et CX diesel qui achève ici sa trop courte vie. Snif ! Merci mais snif !..
coup de coeur

publié le 28.05.2014 (394p)

AUTOBIO - INTéGRALE (intégrale)

scénario: Cyril Pedrosa, dessin: Cyril Pedrosa, couleurs: Ruby, @Fluide Glacial, parution: mai 2014

Autobio - Intégrale Johson m'a tuer

les aventures quotidiennes d'un citadin un peu bobo sur les bords dans un monde de brut...

Ca faisait un moment que je me disais que je relirai bien les 2 albums puis - bim ! - l'intégrale sort , comme quoi les grands esprits toussa... Cyril Pedrosa, illustre auteur de la maison Fluide Glacial, revient à la charge contre notre saloperie de 'civilisation' qui ne respecte rien et pollue en toute impunité notre chère vieille planète. Un peu jusqu'au boutiste, il donne lui même une belle leçon de savoir vivre en publiant son intégrale en petit format (pour ne pas gâcher) et sur du papier recyclable ! Manière d'être cohérent de bout en bout. Le tout sous des couleurs à dominante vert of course. Voila donc un bouquin 100% biodégradable bien sympathique et amusant qui tente d'éduquer avec un humour bienvenu nos sales habitudes de consommateurs, profilant l'idée qu'un jour ou l'autre on payera (chèrement) nos erreurs. Me concernant il prêche un converti et c'est aux autres - ceux qui ne savent pas, les pauvres - qu'il s'adresse avec la voix de l'humour et de l'autodérision pour joindre l'utile à l'agréable. Il se met en scène avec femme, enfants, famille et copain pour faire passer le message. Le ton et la forme sont là pour à minima se poser quelques questions ô combien essentielles et à maxima (ça se dit ça ?) se poiler en se moquant de cet ahuri un peu à côté de la plaque mais qui a le mérite d'avoir des convictions. Mais ce n'est pas simple, venez le constater par vous-même, ça vaut le détour ^^
note

publié le 28.05.2014 (168p)

HéRAKLES 2 (HERAKLES #2)

scénario: Edouard Cour, dessin: Edouard Cour, couleurs: Edouard Cour, @Akileos, parution: avril 2014

Hérakles 2 Hérakles 2

Le héros mythique s'attaque à la deuxième partie des 12 travaux prévus avant d'aborder la partie la moins connue de son histoire...

C'est un vrai plaisir de le retrouver celui-là ! J'avais été bluffé par le premier tome qui sortait des sentiers battus. Primo par son dessin et ses couleurs époustouflants, secundo ses dialogues au poil et son humour décalé, le gars Hercule m'avait bluffé. Dans ce 2ème tome, je suis de nouveau sous le charme mais j'ai un peu plus de mal avec le rythme soutenu mené par l'olibrius. Il m'essouffle à enchaîner les combats comme d'autres enfilent des perles provoquant des situations un chouïa répétitives. Heureusement, les personnages et monstruosités rencontrés sont l'occasion de déconner avant l'avalanche de parpaings dans la poire. Seulement, le gars est tellement costaud que personne n'est en mesure d'arrêter sa quête dont on oublie même le but. Bref, après avoir honoré son planning surbooké, le héros va devoir faire une pause avant d'entamer une suite et fin dans tome final qu'on attend déjà avec impatience. Edouard Cour promet que l'attente sera moins longue...
note

publié le 28.05.2014 (196p)

S.H.A.R.K (BLOCK 109 #6)

scénario: Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat, dessin: Ryan Lovelock, couleurs: Giusy Gallizia, @Akileos, parution: janvier 2014

S.H.A.R.K S.H.A.R.K



Block 109 continue sur sa lancée avec un nouvel opus dans la lignée des précédents, le changement de dessinateur se fait naturellement et la veine uchronique est respectée. A chaque tome, on change de décor et de personnages pour se plonger au coeur d'un très bon album plein de testostérone dans un contexte géopolitique dense. Ici, c'est avec le prisonnier Worth que l'on pénètre au sein d'une prison australienne qui regroupe près de 4000 détenus de guerre SS mêlés à des activistes du S.H.A.R.K, le parti fasciste national. Sa mission, puisqu'il l'a accepté, est d'entrer en contact avec le parrain SS local pour foutre le souk dans la fourmilière et à plus grande échelle empêcher l'Australie de se rapprocher de l'Allemagne nazie...
note

publié le 28.05.2014 (177p)

BURN OUT (one shot)

scénario: Antoine Ozanam, dessin: Mikkel Sommer, couleurs: Mikkel Sommer, @KSTR, parution: mai 2014

Burn Out Burn Out

Sur fond de vengeance, un flic engage une course contre la montre pour éviter d'être inculpé...

Un très bon polar avec un dessin à la Baru sobre et efficace, c'est de la BD qui s'apprécie plus par son scénario que par son dessin que je trouve quand même un peu juste question lisibilité. Le type me rappelle un peu le héros "ordinaire" de Breaking Bad, le genre de mec banal qui une fois lancé se révèle plus fort que l'on ne pensait. Ethan Karoshi est un flic ordinaire dans une petite bourgade américaine; fonctionnaire apprécié, marié, sans histoires, le monsieur a quand même une maîtresse régulière qui malheureusement se fait buter. Ethan sait qu'il va être inquiété et il mène la contre-enquête pour trouver le vrai coupable avant ses collègues jusqu'à un final assez ... surprenant qui conclut une intrigue classique mais efficace...
note

publié le 28.05.2014 (162p)

DOGGYBAGS VOLUME 5 (DOGGYBAGS #5)

scénario: Collectif, dessin: Collectif, couleurs: Collectif, @Ankama (label 619), parution: avril 2014

Doggybags Volume 5 Doggybags Volume 5



J'étais sceptique sur le principe de ce genre de BD, la présentation, le format, l'aspect magazine, des auteurs différents. Et en fait, c'est plutôt sympa à lire, comme une récréation parmi mes habituelles lectures franco-belges. Dommage que je la découvre en cours de route avec ce tome 5, mais j'oublie que j'avais eu droit à un aperçu convaincant du potentiel de la formule avec la série dérivée Doggybags présente.... Je tiens donc entre les mains ce qu'Ankama présente comme un hommage au pulp US : une sorte de fanzine de 112 pages qui revendique fièrement de la "violence 100% graphique". L'emballage fait un peu "joyeux bordel" mais c'est voulu et assumé et plutôt marrant. Au menu donc : Trapped qui rappelle que les égouts de Miami renferme des grosses et vilaines bêbettes, D.O.A Rampage remet au gout au jour l'histoire de Shawn Timity Nelson, l'homme qui a volé un char d'assaut pour aller faire un tour en ville et pour finir Death of a nation introduit par un cours de sciences nat' sur la douve du foie, parasite écoeurant qui nous ferait vomir notre méchoui du week end dernier, avant de nous donner sa version de Zombillénium à la sauce Walking Dead. C'est du propre ! Alors amis de la poésie, passez votre chemin ! Les autres, venez y faire un tour, histoire de vous amuser cinq minutes...
note

publié le 27.05.2014 (137p)

POURVU QUE LES BOUDDHISTES SE TROMPENT (BLAST #4)

scénario: Manu Larcenet, dessin: Manu Larcenet, couleurs: Manu Larcenet, @Dargaud, parution: mars 2014

Pourvu que les Bouddhistes se trompent Pourvu que les Bouddhistes se trompent



je ne vais pas dire que j'ai pris une claque car depuis 3 tomes je sais à quoi m'attendre. Non simplement, après avoir relu les 3 premiers tomes, histoire de bien m'imprégner de l'atmosphère si pesante et si particulière de ce récit en territoire inconnu, j'avais hâte de savoir comment ce drame allait finir. Et je ne suis pas déçu, loin de là. Heureusement. Il aurait été fâcheux de ne pas avoir un final à la hauteur de ce chef d'oeuvre. Ca se termine même comme je l'espérais (!), Polza Mancini est allé au bout de sa logique et la surprise est même au rendez-vous quant au mystère de la mort de Carole Oudinot. Manu Larcenet a bien préparé son coup. Malgré quelques (légères) répétitions qui se sentent à la relecture, le propos et les scènes crues continuent de marquer l'esprit du lecteur qui ne parvient à s'échapper de la tension que le temps de quelques rares moments de répit. Le gros homme retrouvant de temps en temps le sourire. Magistralement narrée, cette aventure nous plonge au coeur de la folie d'un type ordinaire qui fascine. L'oeuvre brille également par son graphisme d'une incroyable efficacité et d'une redoutable justesse. Quel artiste ! Une série qui impose définitivement Manu Larcenet parmi les meilleurs auteurs de sa génération. J'adore !..
coup de coeur

publié le 22.05.2014 (186p)

L'ORDRE DES PETITES ORPHELINES (TUEURS DE MAMANS #2)

scénario: Zidrou, dessin: Benoît Ers, Ludo Borecki, couleurs: Scarlett Smulkowski, @Dupuis, parution: juin 2013

L'ordre des petites orphelines L'ordre des petites orphelines



Derrière ces 2 couvertures simples, originales et inquiétantes se dévoile un diptyque qui me rappelle furieusement la série Seuls au contexte et graphisme très proches. Sans vouloir le mettre entre toutes les mains car il y a quelques scènes sanglantes, j'aime assez son look et son intrigue inter-générationnel et je pourrai le prêter à mes enfants. Le concept innovant et cruel introduit ici consiste à ordonner le châtiment d'une personne depuis un site internet payant. Il n'y a qu'à renseigner son identité, l'heure et le lieu et à saisir ses coordonnées bancaires pour, cerise sur la gâteau, choisir la punition qu'il convient. Simple et rapide. Alors quand ces lycéennes fâchées contre leurs mères tombent sur le site Castigo, elles se laissent emporté d'abord par la curiosité puis la colère pour se déchaîner sans vraiment y croire. Sauf qu'une fois la machine lancée, rien ne semble pouvoir l'arrêter, le boulot doit être fait ! Après avoir pris connaissance des faits, le tome 1 s'achève sur un bon cliffhanger et c'est avec un intérêt croissant que l'on aborde le deuxième pour voir les gamines faire preuve de courage et d'imagination pour tenter d'éviter le pire. Les scènes d'action sont nombreuses et la tension permanente. Et la bonne idée du tueur déguisé apporte un petit côté "dérangeant" bien senti. Je regrette le rôle joué par le trio de flics qui ne s'imposait pas à moins que Zidrou n'envisage une suite avec eux. Laissons ce diptyque se suffire à lui-même pour le moment, et sachons profiter de cette idée de scénar des plus originale . Zidrou est très à l'aise lorsque'il s'agit de mettre en scène ses contemporains et, bien ancré dans son époque, il démontre une nouvelle fois son talent de raconteur d'histoires qui nous touchent...
note

publié le 01.05.2014 (223p)

CASTIGO (TUEURS DE MAMANS #1)

scénario: Zidrou, dessin: Benoît Ers, Ludo Borecki, couleurs: Scarlett Smulkowski, @Dupuis, parution: mai 2013

Castigo Castigo



Derrière ces 2 couvertures simples, originales et inquiétantes se dévoile un diptyque qui me rappelle furieusement la série Seuls au contexte et graphisme très proches. Sans vouloir le mettre entre toutes les mains car il y a quelques scènes sanglantes, j'aime assez son look et son intrigue inter-générationnel et je pourrai le prêter à mes enfants. Le concept innovant et cruel introduit ici consiste à ordonner le châtiment d'une personne depuis un site internet payant. Il n'y a qu'à renseigner son identité, l'heure et le lieu et à saisir ses coordonnées bancaires pour, cerise sur la gâteau, choisir la punition qu'il convient. Simple et rapide. Alors quand ces lycéennes fâchées contre leurs mères tombent sur le site Castigo, elles se laissent emporté d'abord par la curiosité puis la colère pour se déchaîner sans vraiment y croire. Sauf qu'une fois la machine lancée, rien ne semble pouvoir l'arrêter, le boulot doit être fait ! Après avoir pris connaissance des faits, le tome 1 s'achève sur un bon cliffhanger et c'est avec un intérêt croissant que l'on aborde le deuxième pour voir les gamines faire preuve de courage et d'imagination pour tenter d'éviter le pire. Les scènes d'action sont nombreuses et la tension permanente. Et la bonne idée du tueur déguisé apporte un petit côté "dérangeant" bien senti. Je regrette le rôle joué par le trio de flics qui ne s'imposait pas à moins que Zidrou n'envisage une suite avec eux. Laissons ce diptyque se suffire à lui-même pour le moment, et sachons profiter de cette idée de scénar des plus originale . Zidrou est très à l'aise lorsque'il s'agit de mettre en scène ses contemporains et, bien ancré dans son époque, il démontre une nouvelle fois son talent de raconteur d'histoires qui nous touchent...
note

publié le 01.05.2014 (146p)

DANS LES TéNèBRES (1/2) (PROMETHEE #9)

scénario: Christophe Bec, dessin: Stefano Raffaele, couleurs: Digikore Studios, @Soleil, parution: janvier 2014

Dans les ténèbres (1/2) Dans les ténèbres (1/2)



C'est avec un poil de crainte que j'abordais sa lecture car numéroté 1/2 pour un 9ème opus d'une série qui en comptera 13 au total et au vu des épisodes précédents très denses, j'avais peur d'assister à une longue parenthèse qui pourrait me perdre un peu plus dans cette vaste intrigue. Heureusement, la sage précaution d'avoir relu - même rapidement - les autres tomes passés m'ont permis de suivre avec suffisamment d'attention cet excellent tome 9. Et je salue à nouveau le métier de Christophe Bec qui trace sans faillir son sillon scénaristique pour nous amener progressivement à ce qui s'apparente désormais à une évidence : la Terre n'en a plus pour longtemps ! Les ET ont décidé que les humains n'ont pas saisi la perche tendue au cours de l'histoire et doivent tout simplement disparaître. Ceci étant acté, il semble s'intéresser désormais à la réaction en chaîne que va entraîner cette révélation au grand public. Et notamment, comment la classe dirigeante va gérer le scandale du choix des "élus". Ca s'annonce palpitant à ce niveau là. Et autant grandiose sera le final annoncé. En définitive, on se dit que l'on aura pas le droit d'être déçu au moment de la conclusion. Personnellement, j'ai tendance à faire confiance à C. Bec qui tient là une des meilleurs séries au long cours actuellement. Et grâce au dessin ultra-réaliste et quelque part intemporel et universel de Steffano Raffaele, tous ces beaux albums pourront être lus et relus dans les décennies à venir...
note

publié le 26.04.2014 (225p)

RACINES (THOMAS SILANE #7)

scénario: Patrice Buendia, Philippe Chanoinat, dessin: Roberto Zaghi, couleurs: Cyril St Blancat, @Bamboo (grand Angle), parution: avril 2014

Racines Racines

A la suite de son enquête en Tchétchénie, le journaliste Thomas Silane s’était séparé de son appareil photo aux pouvoirs peu ordinaires. Mais voilà que peu de temps après, il reçoit un mystérieux colis contenant une carte postale signée par ses parents disparus il y a près de 30 ans... et son appareil photo ! Face à l’espoir de retrouver la trace de ceux qu’il cherche depuis si longtemps, il s’envole en compagnie de la belle Irina pour le village brésilien de Candido Godoi, connu pour son nombre inhabituel de jumeaux résultant d’expériences faites dans les années 60 par un ancien nazi...

Un nouveau cycle de 2 albums démarre sur les même bases que précédemment, Thomas et la bimbo blonde arrachée des griffes cruelles de la mafia (huhu ce style !) et devenue la maîtresse attitrée du beau brun, repartent en Amérique Latine pour de nouvelles aventures. Le choix d'estampiller la série "comme au cinéma" - d'action s'entend - est parfaitement assumé puisque ça défouraille à nouveau pas mal, tombant quelque fois dans l'excès (la fille se faisant assommer par le passage d'un avion sans l'avoir entendu venir, ça l'fait pas d'autant qu'après l'avoir pris sur le coin de la figure, elle taille le bout de gras le lendemain à l'hôpital avec ses nouveaux copains, mouais) pour justifier le spectacle. La patte graphique de R. Zaghi se charge d'y mettre les formes qu'il convient pour une BD agréable mais à l'arrière gout de déjà vu. Ce que je regrette en fait, c'est qu'avec la mort inexpliquée des parents du journaliste, il y avait matière à orienter la série vers un peu plus de profondeur et de mystère, rapport à l'appareil photo magique. Dommage. Prenons là comme elle vient, une honnête série divertissante à souhait et bien dessinée...
note

publié le 24.04.2014 (222p)

CEUX QUI RESTENT (LES VIEUX FOURNEAUX #1)

scénario: Wilfrid Lupano, dessin: Paul Cauuet, couleurs: Paul Cauuet, @Dargaud, parution: avril 2014

Ceux qui restent Ceux qui restent

Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d'enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir...

Je savais d'avance que j'allais adorer ce nouveau Lupano. Je le sentais bien. Le scénariste nous offre un premier tome savoureux qui fait la part belle aux dialogues pétillants et à la répartie bien sentie. Je ne suis pas sûr qu'un résumé soit bien utile car ce qu'il se passe n'est presque qu'un prétexte à des retrouvailles entre trois vieux copains qui partagent une certaine passion pour le syndicalisme et plus largement un rejet du système. Et cela même quand Sophie, la trentenaire qui les accompagne, leur balance qu'ils font partie de "la pire génération de l'histoire de l'humanité" pour "le monde de merde" qu'ils osent laisser aux suivants. Je pense que le scénariste règle ses propres comptes tout en contre balançant cette attaque par l'attitude militante de ses coupables. Bon il faut quand même bien un minimum d'histoire pour enrober ce joli pamphlet et il choisit la voie du road movie qui emmène Pierrot, Mimile et Sophie - enceinte jusqu'au bout des ongles - à la poursuite de leur pote Antoine parti bille en tête faire sa fête à son plus vieux rival, l'ex patron pour lequel il a bosser pendant 40 ans. Après avoir fait connaissance avec le quatuor qui baigne dans une douce nostalgie nappée d'humour et de malice dans la première moitié de l'album, un élément déclencheur nous emmène en Toscane pour un (petit) peu plus d'action. C'est là qu'une deuxième surprise nous attend pour nous faire trépigner d'impatience jusqu'au tome 2. C'est très bien pensé, chaleureux, sincère, touchant et drôle, les dialogues aux petits oignons sont savoureux, c'est de surcroît très bien dessiné d'un style vif et enlevé. A aucun moment on ne regrette notre rencontre avec ces Vieux Fourneaux sympathiques autant qu'authentiques...
coup de coeur

publié le 24.04.2014 (158p)

SOMALIE : ANNéE 0 (BLACK LORD #1)

scénario: Xavier Dorison, Guillaume Dorison, dessin: Jean-Michel Ponzio, couleurs: Jean-Michel Ponzio, @Glénat (grafica), parution: avril 2014

Somalie : année 0 Somalie : année 0



C'est drôle depuis que j'ai vu le film Captain Philips avec l'excellentissime Tom Hanks, j'ai l'impression que le thème de la piraterie moderne dans le golf de l'Aden est à la mode ces derniers temps. Si le film se passait exclusivement en mer, l'intrigue de ce premier épisode de Black Lord a les pieds plutôt campés sur terre et c'est presque dommage tant j'aime les récits sur l'eau. Après avoir abordé le navire de Maxime Stern - un ancien militaire à la retraite - Jamal et ses hommes ramènent les otages à leur chef Hassan avant de se heurter violemment à Churchill, son bras droit. Les deux hommes ayant des points de vue radicalement divergents sur la piraterie moderne. Blessé, Maxime a néanmoins pu leur échapper en se jetant par dessus bord et trouve refuge chez Djad le pêcheur. Malgré le danger ce dernier refuse de se comporter comme un bandit et le soigne. Pour récupérer ses passagers, Maxime leur propose un marché. Entre le marteau et l'enclume, on voit très bien que rien n'est facile pour la pauvre population somalienne que l'on devine abandonnée par les autorités d'un pays en guerre depuis des décennies et qui n'a guère d'autre choix que se rallier à ces bandes organisées. Le ton est violent, le récit est d'actualité et le dessin à base de photos - qui donne un air un peu froid et impersonnel - de JM Ponzio lui confère une présentation réaliste qui donne néanmoins envie de connaître la suite. A noter la très belle couverture qui encouragera le lecteur avide de dépaysement et de sensations fortes. Il y trouvera son compte...
note

publié le 24.04.2014 (215p)

REX MUNDI (L'HERITAGE DU DIABLE #3)

scénario: Jérôme Félix, dessin: Paul Gastine, couleurs: Scarlett Smulkowski, @Bamboo (grand Angle), parution: février 2014

Rex Mundi Rex Mundi

1938, alors que Constant, Diane et Maurice sont au Mont-Saint-Michel sur les traces de Juliette, ils sont attaqués par une organisation religieuse secrète aux masques d’or. S’ensuit une terrible bataille à bord du dirigeable de l’organisation, dont Constant et Diane parviennent à s’extraire in extremis avant sa destruction. Maurice, blessé, est embarqué par le seul survivant de l’organisation en vue d’être interrogé. Parallèlement, le jeune binôme décide de poursuivre ses recherches dans un château écossais. Mais Calvé et les nazis y ont déjà récupéré le tableau de Teniers le Jeune dans le but d’y décoder le message capable de leur offrir le pouvoir du Diable...

Les personnages gagnent en profondeur et heureusement je dirai. Surtout Constant, le gentil héros involontaire et naïf a gagné en maturité et se montre ici moins "gnangnan". Et d'une certaine manière, tous les personnages s'affirment, Herr Doctor commence à montrer les crocs face à sa cheftaine hautaine, Diane suit le mouvement, semblant toujours avoir le cul entre deux chaises, Maurice s'est incrusté et tente d'apporter son soutien, seuls Miss Calvé et son chien de garde mènent leur affaire à la baguette en écrasant toutes les mouches qui leur tournent autour. Et la mayonnaise est finalement fort goûteuse, le lecteur entre volontiers dans cette drôle d'aventure bien dosée entre ésotérisme et action à la sauce Indiana Jones que perso j'aime beaucoup. Evidemment, il y a quelques répétitions, sitôt trouvé un indice important ou non, compréhensible ou non, on repart de plus belle dans l'autre sens à la recherche du prochain élément. Le schéma n'est pas nouveau et même si on ne comprend pas tout, on se laisse mener par le bout du nez, bien content d'assister au spectacle (et il y en a) le cornet de pop corn vissé au creux de la main. L'aventure devra s'achever dans le prochain tome pour faire de l'héritage du Diable une bonne série courte et efficace au rayon divertissement...
note

publié le 24.04.2014 (182p)

LA GUERRE DES SILOVIKIS (MILAN K. #3)

scénario: Sam Timel, dessin: Corentin, couleurs: Corentin, @Les Humanoïdes Associés, parution: août 2013

la guerre des Silovikis la guerre des Silovikis

Dépossédé de tout, poursuivi par les services secrets russes, Milan K. a dû faire face, seul, pour reconstituer le puzzle de la fortune de son père. Obligé de révéler sa véritable identité pour sauver son mentor, Milan va devoir se confronter à un ennemi puissant en la personne du président russe lui-même...

Ce 3ème et dernier opus d'un premier cycle (y en aura t'il d'autres ?) conclut de façon convaincante une intrigue soigneusement ficelée qui s'inscrit dans la lignée de Largo Winch. La comparaison est flatteuse et les amateurs y trouveront leur compte. Après un premier album (celui que je préfère car le plus fort émotivement parlant) qui posait de bonnes fondations et un second plus musclé, ce troisième album clôt le premier chapitre de la confrontation entre Milan et son ennemi juré Paline tout en restant suffisamment ouvert; l'histoire du passé du père de Milan se dessinant comme le prochain fil rouge. Pour le moment, on peut se contenter de ces 3 premiers tomes agréables à lire et très bien illustrés...
note

publié le 24.04.2014 (164p)

PER SVENSON DOIT MOURIR AUJOURD'HUI (ROSKO #1)

scénario: Zidrou, dessin: Alexeï Kispredilov, couleurs: Alexeï Kispredilov, @Delcourt (machination), parution: janvier 2014

Per Svenson doit mourir aujourd'hui Per Svenson doit mourir aujourd'hui

Rosko est flic privé pour P.Pol. À quelques jours de la retraite, il s'apprête à descendre Per Svenson, tueur en série illuminé et criminel le plus haï du pays. Mais les producteurs de Pimento T.V. en ont décidé autrement. Mise à mort par combustion ou douche d'acide ? Le choix appartient aux téléspectateurs. Prophétie réaliste d'un avenir ultralibérale, Rosko passe au vitriol la société du spectacle...

S'il est bien un scénariste qui cartonne en ce moment, c'est Zidrou. Après avoir été plutôt connu pour ses séries jeunesse comme l'élève Ducobu, le voila depuis quelques temps porté sur des scénarios plus adultes. Après quelques superbes one shot (clic clic sur son nom ci-contre pour en découvrir quelques uns), le voila qui nous propose un premier album d'une série d'anticipation qui fait froid dans le dos. Le ton est donné dès la couverture : Rosko, solide flic sexagénaire nous regarde droit dans les yeux, le regard triste et résigné, semblant nous indiquer que quelque chose ne tourne pas rond dans les pages qui vont suivre. Et effectivement, cette société du futur a cyniquement poussé le principe de la télé-réalité à son maximum. Réaliste et crédible, l'intrigue se déroule sur le mode du thriller et de l'action bien illustré par le trait vif et simple d'Alexeï Kispredilov. Vivement la suite !..
note

publié le 16.04.2014 (142p)

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