LA PROMESSE D'ERASME (LONDON CALLING #1)

scénario: Sylvain Runberg, dessin: Phicil, couleurs: Drac, @Futuropolis, parution: janvier 2007

La promesse d'Erasme La promesse d'Erasme

Thibault et Alex quittent tout, leurs copains, leurs soirées, leurs études, pour s'installer à Londres, mégapole où à leurs yeux tous les espoirs sont permis. La première difficulté est déja de s'y rendre. Petit budget oblige, ils prennent le bus et ensuite le ferry. Voyage mouvementé où ils vont sympathiser avec 3 jeunes français écumant les festivals rock européens...

A l'occasion de la relecture complète de cette charmante (Hummm !) série, j'en profite pour mettre à jour mes tablettes avec l'ajout de ce tome 1 qui reprend les premiers tomes brochés édités autrefois sous le label Futuropolis 32. Ca commence très bien cette histoire, les deux ados quittent leur sud natal pour la fascinante capitale britiche avec des rêves de rock'n roll plein la tête, appelant ici le lecteur à se souvenir de ses propres envies de voyage et de liberté qu'il a assurément ressenti dans sa jeunesse. Mais après un voyage aventureux, la réalité les rappelle rapidement à l'ordre, Londres est une immense ville qui connait elle aussi la misère, le chômage, la délinquance et la drogue. Et un autre danger se profile en filigrane : les activistes irlandais semblent préparer un sale coup. Le ton est juste, le dessin très agréable, les personnages sont sympathiques et la qualité de fabrication made in Futuro font que l'on aime instantanément London Calling...
note

publié le 12.12.2014 (118)

SERIAL PLAYER (KID PADDLE #14)

scénario: Midam, dessin: Midam, couleurs: Angèle, @Mad Fabrik, parution: novembre 2014

Serial Player Serial Player



Kid Paddle est sans aucun doute une BD destinée à nos chères têtes blondes qui le temps d'une lecture s'arrachent de leur console ou de leur différents écrans mais en tant qu'adulte, je me suis quand même bien marré. Entre le père un peu largué qui tente de se faire une petite place dans l'univers ultra codé du gaming, ces mômes à l'imagination débordante et les parties de jeu vidéo toutes plus endiablées les unes que les autres, les gags de la Midam Academy fusent dans des planches au dessin bien rodé. En compagnie de ces gnomes, j'ai passé un moment de détente bien agréable...
note

publié le 06.12.2014 (49)

LE DéSIR DU DéSIR (JOHN TIFFANY #2)

scénario: Stephen Desberg, dessin: Dan Panosian, couleurs: Dan Panosian, @Le Lombard (3ème Vague), parution: octobre 2014

Le désir du désir Le désir du désir

John Tiffany a maintenant identifié le véritable danger derrière O'Animal : Mehmet Bahrat, un professeur d'université aux thèses un peu trop radicales et au réseau un peu trop dangereux. Malgré cela, l'ambassadeur américain du Pakistan ne veut plus entendre parler de lui, et préfère confier la traque à un florilège de ses concurrents. Tiffany le sait depuis son premier jour dans la profession : c'est un métier de con ! Mais il tient à demeurer le meilleur...

Le dessin est sec et nerveux, le récit va vite et son petit côté comics (le dessinateur est américain) ne me me déplaît pas d'autant que les quelques touches d'humour apportent de la fraîcheur à une cette BD plutôt violente. Mais après l'enthousiasme à la découverte de cette bonne série, il y a quand même deux trois petits trucs qui m'embêtent. Le trait est quelquefois un peu trop rapide, les personnages prennent "la pose" (mais c'est peut -être voulu) et j'ai du mal à cerner la personnalité de John capable de chanter sous la torture comme s'écrouler en larmes dès qu'il s'agit de sa blonde chérie. Au terme de ce premier diptyque, mon constat est largement positif, John Tiffany a le mérite de par son ton joueur et son rythme prenant, de se disntinguer parmi le flot de nouveautés dans un registre largement parcouru. Et puis on sait maintenant qui est le traître, ça rassure quant à la suite...
note

publié le 05.12.2014 (54)

BONNY AND PIERROT (LES VIEUX FOURNEAUX #2)

scénario: Wilfrid Lupano, dessin: Paul Cauuet, couleurs: Paul Cauuet, @Dargaud, parution: octobre 2014

Bonny and Pierrot Bonny and Pierrot

Tandis que Mimile s'intéresse aux activités culturelles de Sophie, fraîchement maman d'une petite Juliette - Antoine rejoint Pierrot à Paris pour participer à la manif de "ni Yeux ni Maître". Mais arrivé sur place, personne ne l'attend. Pierrot a disparu après avoir reçu un courrier accompagné d'un joli magot de soutien à son collectif de la part d'une certaine Ann Bony, son ancien amour de jeunesse qu'il croyait morte...

Comme un grand couillon que je suis avec ma mémoire de poisson rouge, je suis parti à l'abordage de ce tome 2 sans prendre la précaution de relire - au moins rapidement - le tome 1 histoire de me rappeler pourquoi je l'avais tant aimé et accessoirement me remémorer de quoi ça cause. Précaution inutile car à part l'histoire du magot qui du coup ne me disait plus rien, J'ai vite reconnu ces bonnes vieilles tronches de vieux. Et autant le dire tout de suite, ce tome 2 est - peut être - meilleur que le précédent. Et comme il est dessiné de main de maître par un Paul Cauuet au meilleur de sa forme, c'est encore plus savoureux. Pas mal de bonnes trouvailles garnissent ce second album à l'image de cette "arme fatale" dégainée par ces vieux au sens de l'humour bien féroce. Boum, servez chaud, les dialogues et les quelques déclarations tonitruantes servies par le scénario de Lupano font mouche à chaque salve. Une BD pleine de vie, de bonne humeur et d'humour qui n'a pas fini de m'amuser. Vivement les prochains albums, j'adore !..
coup de coeur

publié le 30.11.2014 (50)

MORBIUS (SIBERIA 56 #2)

scénario: Christophe Bec, dessin: Alexis Sentenac, couleurs: Alexis Sentenac, @Glénat (grafica), parution: octobre 2014

Morbius Morbius

Seul rescapé de la 13e mission sur Siberia 56, Ned a finalement pu rejoindre la base humaine établie sur les terres blanches et immaculées de ce monde hostile. Il peut à présent mettre un nom sur le redoutable prédateur invisible qui a décimé son équipe : le Morbius. La colonie connait bien les dangers de cette créature, mais elle ignore encore tout de son comportement. D’après les rapports, elle serait responsable de la mort des membres de la première expédition sur Siberia, et de pas mal d’autres après elle...

Le premier tome ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable mais en le relisant, je me suis dit que c'était tout de même un thème que j'aimais beaucoup et que j'étais toujours partant pour des séries courtes. L'histoire contient le minimum pour être attrayant : une planète hostile, des vilaines bebettes effrayantes, des personnages qui ne rechignent pas à se faire découper dans un maximum d'action et de rythme. Sur ce deuxième (et dernier ?) volet, je trouve le graphisme plus abouti et l'aventure moins glaçante, l'ajout de personnages qui entament un combat contre la pire des créatures fait que l'on se sent moins seul. L'épisode est aussi un peu plus SF que le précédent et ça joue en sa faveur. Alors au final, ce diptyque ne casse pas des briques mais a le mérite de m'avoir fait passer un bon moment. Reste à savoir si on s'arrête là ou si une suite est en préparation...
note

publié le 14.11.2014 (81)

MERCI (one shot)

scénario: Zidrou, dessin: Arno Monin, couleurs: Arno Monin, @Bamboo (grand Angle), parution: octobre 2014

Merci Merci

Bredenne, dans la Marne. 9974 habitants et presque autant d’âmes. On parie combien que vous ne connaissez pas ? Faut dire aussi : entre Disneyland Paris et Bredenne, le choix est vite fait. Un peu trop vite peut-être… Merci Zylberajch, bientôt 16 ans et gothique jusqu'au bout des ongles, a commis des actes répréhensibles, comme on dit. Elle n’était pas seule, mais elle a décidé de porter le chapeau. Ses actes n’en méritent pas moins une sanction, d’autant qu’elle n’en est pas à son coup d’essai. Encore faut-il décider quelle sanction !..

Elle est adorable cette petite Merci, un peu rebelle, un peu loubarde mais surtout très attachante, à telle point que je trouve que prolonger le plaisir sur au moins un ou deux albums supplémentaires n'aurait pas été superflu. Comme à son habitude, le scénariste qui surfe sur la vague du succès ces derniers temps, joue de nouveau sur la corde sensible de son lectorat en brossant une galerie de personnages tous plus sympatoches les uns que les autres. A l'instar de ces parents fan d'Abba ou de ce gendarme désabusé au début de l'album. Oui ce one shot est un peu court et on ne sait même pas ce qui est reproché au juge au sujet d'une précédente décision lui ayant collé une drôle de réputation. Zidrou (et son éditeur) sait s'entourer de dessinateurs dont le style colle parfaitement à l'histoire et sur cet album, s'il n'y avait pas eu le chouette dessin d'Arno Monin, j'aurai peut-être passé mon chemin. Allez, je le range dans la catégorie des albums frais et distrayants que j'aimerai relire plus tard...
note

publié le 11.11.2014 (128)

JOE BAR TEAM 8 (JOE BAR TEAM #8)

scénario: Fane, dessin: Fane, couleurs: Le Prince, @Vents D'ouest, parution: octobre 2014

Joe Bar Team 8 Joe Bar Team 8

Ils écument les routes depuis un moment : des champions de quartier aussi vantards qu’intrépides, la mauvaise foi et le sarcasme élevés au rang d’art, avec un sens des trajectoires parfois aléatoire et une carte de fidélité pour l’hosto du coin... Vous les avez reconnus ? Eh oui : sortez les bottes de paille, après 4 ans d’absence, les cinglés du Joe Bar Team sont de retour...

Fane reprend du service pour son 5ème album dans la saga BD motarde la plus célèbre du 9ème art. Si certains sketchs m'arrachent un sourire, certains nécessitent un peu de réflexion avant de faire tilter mon cerveau tandis que d'autres font carrément flop. L'esprit est là mais il n'est pas facile de faire mouche à chaque page, l'équilibre n'étant pas évident entre se renouveler et rester dans le sillon. Si je résumais ma pensée, c'est plus par sympathie pour les personnages que je continue de lire Joe Bar Team que pour franchement me marrer avec de nouveaux albums. Heureusement, l'arrivée du cht'i et son langage imbitable bouscule la petite bande habituelle et apporte un peu de fraîcheur dans un ensemble qui a du mal à décoller...
note

publié le 10.11.2014 (77)

KHALIL (L'OR ET LE SANG #4)

scénario: Maurin Defrance, Fabien Nury, dessin: Merwan, Fabien Bedouel, couleurs: Sandrine Bonini, Alice Bohl, @Glénat (grafica), parution: octobre 2014

Khalil Khalil

Le Rif s’est embrasé. Le Maroc entier menace de le suivre sur la voie de la liberté... Calixte, converti à l’Islam, est devenu un véritable chef de guerre sous le nom de « Khalil al Islami ». Léon, confronté au dilemme de sa vie, préfère l’amitié à la fortune et rejoint les rebelles. Mais face à l’armée rifaine se dressent désormais deux puissances coloniales : la France et l’Espagne, réunies pour écraser à tout prix la République du Rif. La guerre semble perdue d’avance... Peu importe. À défaut d’être vainqueurs, ils deviendront des légendes...

J'aime beaucoup les oeuvres signées Fabien Nury qui a sorti quelques perles en BD (Il était une fois en France, La mort de Staline ...) mais comme je le disais précédemment, cette fois-ci l'or et le sang n'aura pas réussi au terme de ses 4 albums, à me convaincre de le classer parmi mes indispensables. L'histoire, l'époque, le décor minimaliste (faut dire que ça se passe dans le désert marocain), le contexte historique, rien n'est réellement parvenu à m'intéresser au destin de ces deux personnages pourtant fort intéressants, chacun dans leur genre. Pour autant, je ne dénigre pas la série tant elle possède des qualités, son dessin et sa narration s'accordent pour composer une belle histoire d'amitié racontée au travers des souvenirs de l'un des protagonistes. Dans ce 4ème et dernier album, j'y ai trouvé tout de même un peu plus d'humour que dans les précédents et cela m'a permis d'aller au bout avec un peu plus d'enthousiasme...
note

publié le 29.10.2014 (109)

LIGNES DE FUITE (LE TUEUR #13)

scénario: Matz, dessin: Luc Jacamon, couleurs: Luc Jacamon, @Casterman (ligne Rouge), parution: septembre 2014

Lignes de fuite Lignes de fuite

[Cycle 3, 3/3] Cuba, Argentine, Chili. Marqué par la mort de son vieux comparse colombien Mariano, le Tueur s’abandonne à l’introspection au fil de quelques semaines d’errance en Amérique Latine, au hasard de ses impulsions. Jouer le jeu de la légalité et s’investir davantage aux côtés de son associé Haywood dans la compagnie pétrolière cubaine Petroleo Futuro Internacional ? Tenter de se faire oublier une bonne fois pour toutes au coeur de la forêt, avec sa compagne et son fils ? Il n’aura finalement pas l’occasion de ruminer très longtemps son nihilisme radical...

[attention SPOILER] je suis déçu car je m'attendais à une fin spectaculaire. Ce tome 13 était annoncé comme la fin de l'aventure mais j'ai vraiment l'impression que Matz temporise afin de laisser une chance à son Tueur de revenir. C'est pour moi, contraire à tout ce qui a été dit au fil des tomes, la mort aurait été tellement naturelle pour un homme qui l'a tant donnée et qui nous en a tellement parlé. J'aurai vraiment aimé une fin en beauté, genre un dernier combat, une sorte de duel au sommet. Cette conclusion est décevante et s'achève par une pirouette qui heureusement n'occulte pas le fait que cette série restera dans les annales grâce à son personnage atypique, son discours sur le monde et les hommes et son dessin fabuleux. Salut Franck, puisque c'est le seul prénom - certes faux - que tes créateurs t'ont accordé, tu fais partie de ceux que j'aurai plaisir à retrouver lors d'une future relecture...
note

publié le 28.10.2014 (73)

LA MAIN QUI NOURRIT (LE TUEUR #12)

scénario: Matz, dessin: Luc Jacamon, couleurs: Luc Jacamon, @Casterman (ligne Rouge), parution: novembre 2013

La main qui nourrit La main qui nourrit

[Cycle 3, 2/3] Le Tueur a repris du service. Mais l’élimination (judicieuse) d’un agent de la C.I.A. présente un inconvénient : attirer l’attention. Haywood, l’associé du Tueur dans la compagnie pétrolière Petroleo Futuro Internacional, conseille à ce dernier de se faire discret et d’oublier temporairement leur ami commun Mariano, trop préoccupé par sa nouvelle carrière politique en Colombie… Et de fait, lorsqu’il croise Mariano à Bogota, le Tueur sent bien que leur relation a changé. À commencer par l’ingrédient indispensable lorsqu’on partage tant de secrets gênants : la confiance.

Avant-dernier épisode avant la fin annoncée de la série, ça défouraille sévère dans les dernières pages où les planches sont particulièrement sanglantes et rythmées à souhait comme je les affectionne. Et à nouveau superbement mis en scène par le trait tranchant et les couleurs éclatantes de Luc Jacamon. Mention spéciale également pour cette couverture où notre ami semble réfléchir à toute vibrure au tonneau de mélasse dans lequel son pote l'a plongé. Le cliffhanger final augure d'une conclusion sur les chapeaux de roues. Si le Tueur et Mariano ont des divergences, l'amitié avec Haywood ne semble pas feinte et le couple fonctionne parfaitement dans ce 12ème opus. Je vais bientôt quitter cette série avec émotion même si je sens bien que le discours désabusé - mais lucide - s'étiole quelque peu sur la longueur. Allez, il est temps de conclure après un tel événement...
coup de coeur

publié le 25.10.2014 (113)

LE CHASSEUR (PARKER #1)

scénario: Darwyn Cooke, dessin: Darwyn Cooke, couleurs: Darwyn Cooke, @Dargaud, parution: mars 2010

Le chasseur Le chasseur

Volé par son complice et trahie par sa petite amie, Parker - laissé pour mort après un casse - se lance à leur poursuite bien décidé à remettre la main sur les 40.000 dollars qu'ils lui ont fauchés. Et tant pis pour ceux qui se dresseront sur son chemin, Parker n'a pas envie de rigoler !..

Ca faisait un petit moment que je tournais autour et maintenant que je l'ai lu, je n'ai qu'une envie : attaquer la suite. J'aime bien le personnage. Froid, violent, sans peur, il va au bout de son projet, n'hésitant pas à défier la mafia locale dès lors qu'elle lui barre la route. Le genre de type qui n'a pas froid aux yeux. C'est la deuxième fois que je lis une adaptation BD de Donald Westlake (après celle de Lax avec Pierre qui roule) et à nouveau l'ambiance polar noir de l'américain est très bien rendue. Grâce notamment aux dessins et aux couleurs magnifiques tout en bichromie et à des dialogues parfaitement ciselés. On pénètre au coeur de l'action bien guidé par une voix off immersive. Bref, je like !..
note

publié le 17.10.2014 (113)

BONBONS ATOMIQUES (one shot)

scénario: Anthony Pastor, dessin: Anthony Pastor, couleurs: Anthony Pastor, @Actes Sud (l'an 2), parution: janvier 2014

Bonbons atomiques Bonbons atomiques

La femme du patron de l'AFB, usine fabriquant des bonbons addictifs spécialement appréciés par les jeunes de Trituro et notable particulièrement influent, propose à Sally Sallinger d'enquêter sur son mari qu'elle soupçonne d'adultère avec sa nouvelle secrétaire sortie d'on ne sait où...

On peut ne pas apprécier les couleurs un peu candy mais je trouve qu'elles participent grandement à l'ambiance très particulière et matchent bien avec le titre sucré. Pour la deuxième fois, Anthony Pastor revient à Trituro mettre en scène Sally qui souffre toujours de l'absence de son mari, parti sans laisser d'adresse. Il y rajoute les problèmes qu'elle rencontre avec ses deux ados dans une passe difficile. Le tout bien intégré dans un polar local et plein de rebondissements. Déja primé du Fauve Polar SNCF à Angoulême en 2013 pour Castilla Drive, Anthony Pastor réussit là son retour et figure désormais comme un auteur à suivre sur BDouebe. Me reste plus qu'à trouver Las Rosas son précédent bouquin...
coup de coeur

publié le 17.10.2014 (113)

LES MONOLITHES DE KOUBé (CARTHAGO #4)

scénario: Christophe Bec, dessin: Milan Jovanovic, couleurs: Marc Sintes, @Les Humanoïdes Associés, parution: octobre 2014

Les Monolithes de Koubé Les Monolithes de Koubé

Alors qu'Harry Freiersigner prépare son grand show à Dubaï, pour présenter le spécimen qu'il prétend avoir capturé, la carcasse d'un autre de ces mégalodons est retrouvé échouée après un tsunami. les hypothèses repartent de plus belles après cette stupéfiante découverte, qui pourrait faire remonter à la surface des questions gênantes pour la holding Carthago, plus que jamais prête à tout pour rester en dehors du feu des madias. Pendant ce temps, le Centenaire prépare une nouvelle expédition marine, avec London Donovan, sur le site de Koubé...

Le début d'album est conforme en tout point à ce que j'attends de Carthago : des bons gros requins et du spectacle, le tout servi par le graphisme propre et élégant de Milan Jovanovic (c'est pas lui qui joue dans Il était un fois en France ? huhu) complice d'un Christophe Bec de retour en forme après quelques trucs que j'avais moins aimé (Siberia 56 ou Le Monde Perdu). Bref. On repart pour un tour et on délaisse un peu les bêbêtes pour s'intéresser au sort des humains (le sort de la petite Lou, la vie de Snyder le patron de la Carthago). Et toujours en substance une attention particulière aux phénomènes naturels (ou pas) - chers à Bec - comme cette gigantesque banquise qui se détache et dont on ne sait rien pour le moment ou le retour sur le Tsunami mortel en Asie. Pour le début de ce nouveau cycle d'une de mes séries favorites, on découvre cette fois-ci d'énormes monolithes sous-marin qui me rappellent tout de suite ceux gravés par les Stryges dans le chant. Faudra d'ailleurs que je relise tout ça un de ces 4. Fascinante et inquiétante, la série Carthago repart de plus belle !..
note

publié le 10.10.2014 (299)

WELCOME TO AMERICA (RED SKIN #1)

scénario: Xavier Dorison, dessin: Terry Dodson, couleurs: Terry Dodson, @Glénat (grafica), parution: octobre 2014

Welcome to America Welcome to America

Vera Yelnikov est une bombe atomique ! De ces femmes qui réveilleraient un mort ou auraient rendu lesbienne Margaret Thatcher. Mais si le sexe est son grand plaisir dans la vie, elle doit consacrer la plupart de son temps à son métier : agent d’élite au service de l’URSS. En pleine guerre froide, Vera est envoyée à Los Angeles par les bureaucrates du Kremlin. Sa mission ? Devenir une véritable "super-héroïne américaine" pour propager les valeurs communistes au pays de l’Oncle Sam et lutter contre le "Charpentier", un serial killer fasciste qui s’en prend à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un gauchiste. À peine arrivée, elle doit trouver une couverture pour son identité secrète...

Si l'on s'en tient au pitch et à la couverture, voila un album qu'on va surement lire d'une main les mecs ! Ne sommes nous pas tous des pervers émoustillés à l'idée de se taper le clone de Carla Bruni ! Non mais franchement, vous ne trouvez pas qu'elle lui ressemble ? Ca ne peut pas être un hasard tout de même ! Alors rassurez-vous (ou pas), c'est Glénat qui lance la nouvelle série de Dorison et Dobson, pas Dynamite. Malgré la couverture magnifique et aguicheuse à souhait, le propos va un peu plus loin et emprunte un ton potache qui nous prive dans le même temps de la moindre scène olé olé. Un comble, j'en serai presque frustré. Alors en fait l'idée est de "rejouer" la guerre froide sous un angle différent en opposant deux super-héros portant chacun des valeurs bien spécifiques. Ne vous y trompez pas, la belle n'a rien à envier à son adversaire en terme de conviction, c'est pour la mère patrie qu'elle travaille. Je suis assez partagé, le ton humoristique, le dessin précis et nerveux, le côté parodique font que j'ai bien aimé mais le côté racoleur ne tient aucune de ses promesses. Sur ce coup-là disons que c'est le tome 2 qui dira si le jeu en vaut la chandelle ou pas. Je me demande d'ailleurs s'ils oseront le côté pile ^^
note

publié le 10.10.2014 (106)

TOXIC WARRIOR (BLACK LORD #2)

scénario: Xavier Dorison, Guillaume Dorison, dessin: Jean-Michel Ponzio, couleurs: Jean-Michel Ponzio, @Glénat (grafica), parution: octobre 2014

Toxic Warrior Toxic Warrior

Maxime Stern prépare un plan d'abordage pour monter sur le bateau d’Hassan. C’est ici qu’est détenu Djad, le pêcheur somalien envers qui Max a une dette. Pour libérer son ami, le français a besoin du soutien de Churchill, ancien lieutenant d'Hassan. Pour le convaincre, il lui propose un marché : s’il l’aide, Max le débarrasse définitivement du pirate somalien qui, derrière ses atours de défenseur du peuple de Baravawee, cache des motivations beaucoup moins nobles...

Le tome 1 ne m'avait pas spécialement emballé notamment à cause de la froideur dégagée par le dessin ultra réaliste de JM Ponzio à l'allure photographique. Bien sûr, au début de ce tome 2, je fais le même constat mais devant la mise en scène et le cadrage, force m'est de reconnaître que ça a de la gueule et je peux poursuivre avec attention cette bonne histoire dans laquelle, derrière le thriller d'actualité bien dosé en action, se dresse un vrai message. En effet, les frères Dorison nous rappelle que les salauds ne sont pas toujours ceux que l'on nous désigne. Ces pirates sont certes violents mais que dire de ces occidentaux qui profitent du désordre politique pour venir piller les réserves maritimes somaliennes mettant ainsi en péril toute l'activité économique d'une région ? Ca a le mérite de recadrer les choses et je me dis qu'ils n'ont pas tout à fait tort. Oeil pour oeil, dent pour dent. Dans le rôle de Bruce Willis, le capitaine Stern fait le boulot et nous sert une fin de diptyque appréciable. Reste que j'aimerais mieux le connaître. Et histoire de ne pas rester sur une mauvais note au niveau graphique, je m'attarde sur la couverture à nouveau très réussie. Tout compte fait, je rempilerai volontiers pour une suite...
note

publié le 10.10.2014 (82)

DRESS CODE (one shot)

scénario: Pochep, dessin: Pochep, couleurs: Pochep, @Vraoum, parution: septembre 2014

Dress Code Dress Code



Ce petit bouquin au drôle de nom se présente comme une sorte de parodie originale des comics où les super-héros sont tournés en ridicule. Que les homophobes passent leur chemin car Pochep a une approche humoristique très "village people". Il y est d'ailleur présent personnellement en se mettant en scène - pas forcément à son avantage d'ailleurs - sous les traits d'un cousin du célèbre Pervers pépère de Gotlib. Moi j'ai trouvé ça drôle de suivre les aventures rocambolesques du Terminator ou de Lady Oscar excitant tous les mâles qu'elle croise malgré une moustache affirmée et une barde de 3 jours. Dans Fag West, son shérif à l'esprit très ouvert (!) et vétu de sa petite veste rose n'est pas mal non plus. Le tout sous un dessin et une ambiance très seventies. Il est possible de rencontrer tous ces beaux personnages sur le blog PolitBuro by Pochep. On peut s'y marrer franchement ...
note

publié le 08.10.2014 (111)

LA TERRE PROMISE (UNIVERSAL WAR TWO #2)

scénario: Denis Bajram, dessin: Denis Bajram, couleurs: Denis Bajram, @Casterman, parution: septembre 2014

La Terre promise La Terre promise

La Première Guerre Universelle a été apocalyptique. L’humanité a failli être anéantie en même temps que la Terre, même si la civilisation de Canaan, fondée par Kalish sur une planète lointaine, s’efforce d’améliorer ce qu’il en reste. Mais voici qu’un nouveau conflit menace, nourri de bien des mystères : le gigantesque triangle d’obscurité brusquement apparu dans l’espace au voisinage de Mars semble avoir fait disparaître le soleil, précipitant sur la planète rouge une succession d’éruptions volcaniques géantes et de cataclysmes en tout genre. Les autres planètes du système solaire sont à la même enseigne et tous leurs habitants menacés dans leur survie même...

Allez je m'incline, Denis Bajram a gagné avec son dessin 100% numérique. C'est la grande classe. Il faut dire, à la lecture de ce second tome, qu'il continue sur sa lancée et impose à nouveau une grande surprise à son lectorat. Bien que l'on savait dès le premier tome que les petits hommes verts allaient débarquer, j'ai été surpris par les événements et bluffé par les planches illustrant leur arrivée sur Canaan. Vraiment. Les dessins et couleurs sont marvellous et le spectacle est total. Le retour du Wormhole et le coup des triangles capables de bouffer une planète, chapeau ! Hollywood peut aller se rhabiller. En résumé, mes réticences sur le graphisme se sont envolées et je replonge avec envie dans cette extraordinaire saga futuriste. S'il fallait chipoter, je pourrais mettre en avant mon scepticisme certain à propos des allers-retours temporels qui me crispent. Mais bon dans SF, il y a F, alors je l'accepte...
coup de coeur

publié le 06.10.2014 (210)

LOVE IN VAIN - ROBERT JOHNSON 1911-1938 (one shot)

scénario: Jean-Michel Dupont, dessin: Mezzo, couleurs: (N&B), @Glénat, parution: septembre 2014

Love In Vain - Robert Johnson 1911-1938 Love In Vain - Robert Johnson 1911-1938

Figure mythique du blues, Robert Johnson est mort à 27 ans, sans doute empoisonné par un rival amoureux. Guitariste prodige, il aurait hérité de ses dons en vendant son âme au diable. De ce personnage énigmatique dont on ne connaît le visage qu’à travers deux photos retrouvées longtemps après sa mort, les auteurs dessinent un portrait fascinant qui explore son âme tourmentée et son existence sulfureuse...

Autant le dire tout de suite : je n'aime ni le jazz ni le blues et je ne connaissais absolument pas Robert Johnson. Ce qui ne m'a pas empêché de suivre volontiers ce pauvre type - mort vraiment trop jeune - sur les routes du Mississipi dans les années 30. Histoire de découvrir une communauté atypique, des musicos noirs itinérants, capable de jouer des heures dans la rue ou dans le fond d'une gargotte bien souvent pour une poignée de cents . Après une enfance compliquée, le jeune Robert brûle la vie par les deux bouts vivant de ci de là, attendant qu'une mama bienveillante accepte de le mettre dans son lit quelques heures ou quelques jours. L'histoire est assez courte et les amateurs (les vrais) sauront apprécier le Song Book en fin d'album où quelques titres sont chacun mis en valeur par une belle planche. Pour les yeux, ce livre au format à l'italienne est une vraie merveille signée Mezzo...
note

publié le 03.10.2014 (142)

CHRISTIE (FLOR DE LUNA #5)

scénario: Pierre Boisserie, dessin: Eric Lambert, couleurs: Bruno Pradelle, Rémy Langlois, @Glénat (grafica), parution: avril 2014

Christie Christie

[Cycle 2, 2/2] Cuba, avril 1898. Alors que la déclaration de guerre des États-Unis à l’Espagne est imminente, Rosalia, accusée de financer les rebelles cubains, est en état d’arrestation. Après une vive échauffourée, elle parvient à s’échapper en compagnie d’Ismaël et de Fleetwood mais finit blessée. Ils décident de la mettre à l’abri chez Christie, la favorite de Fleetwood. Mais cette dernière se trouve être en réalité l’héritière des Castellano, celle-là même qui a juré de se venger de la famille de Rosalia !..

Pour être honnête, je n'avais pas super envie de retourner à Cuba retrouver les Castellano et les Portero (enfin ce qu'il en restait) qui devaient finir de régler leurs comptes. Donc malgré une couverture très alléchante (elle est vraiment superbe!) , la peur de m'ennuyer dans cette saga à 2 albums (!) me guettait. Bref, je l'ai lu et la bonne surprise fut que j'ai plutôt apprécié ce final qui se déroule en plein début de conflit entre les américains et espagnols se disputant cette île stratégique. L'histoire se fond dans la trame historique et l'album se lit facilement. Même si j'ai buté sur quelques détails - des personnages aux postures un peu figées dans certaines scènes en mouvement notamment - l'ensemble tient bien le cap jusqu'à une conclusion malheureusement grandguignolesque. En fait de saga, je dirais que ce second cycle est plutôt à voir comme un honnête diptyque mêlant histoire de famille et Histoire tout court avec un dessin qui a de la gueule. Ma seule contre-indication s'adresse à ceux qui essaient d'arrêter de fumer car invités par une première planche pleine de sensualité, ils pourraient bien avoir envie de se taper un bon gros barreau de chaise ^^
note

publié le 03.10.2014 (129)

LE ROI DES HOMMES (PASCAL BRUTAL #4)

scénario: Riad Sattouf, dessin: Riad Sattouf, couleurs: Walter, @Fluide Glacial, parution: septembre 2014

Le roi des hommes Le roi des hommes

Psacal Brutal revient dans de nouvelles aventures ...

Il y a quelques années déjà, j'avais quitté Pascal sur une bonne note, content d'avoir découvert un personnage original et haut en couleurs évoluant dans un monde caricaturé à mort. Aujourd'hui, je suis plutôt déçu, le gars et son univers ont pas mal vieilli. La société libérale dirigée par Alain Madelin me faisait sourire à l'époque, plus maintenant. J'ai relu il y a peu le 2ème tome de la vie secrète des jeunes du même auteur et comme ici le ras-le-bol du langage SMS-caille-ra des dialogues se fait sentir. Retrouver dans une BD les abrutis croisés dans la rue finit par me saouler. L'album commence en plus par quelques pages incompréhensibles de prime abord, reprenant sans doute des personnages d'un album précédent que je n'ai pas lu. Peut-être le tome 3 couronné fauve d'or 2010 à Angoulême. L'entrée en matière m'a donc refroidi. S'en suit quelques scènes assez drôles avec ce même sentiment que derrière la virilité du monsieur se cache un homo refoulé. Notamment la scène dans l'appartement avec son pote qui fait un mauvais trip (hahaha). Le meilleur est pour moi le sketch sur les footeux et leur exquise coiffure (re-hahaha). Ah si le rap de Pascal avec la poufiasse jeune chanteuse vaut son pesant de cacacouètes et j'ai fini par sourire franchement pasque voila koi (tuvoi moi aussi je cause djeune) ça met en évidence le ridicule de certains débiles... jeunes prodiges de banlieue. Zyva frère ya kan même des bons trucs quoi pis on goleri un peu finalement x_x ...
note

publié le 22.09.2014 (169)

 

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