Orbital – Tome 7

Implosion
Orbital tome 7 couverture
Les Névronomes, ces mystérieux vaisseaux vivants, semblent de nouveau constituer une menace pour le monde. Disséminés dans toute la galaxie et jusqu’alors calmes, ils commencent en effet un à un à s’autodétruire violemment, créant des déflagrations d’une portée immense et décimant des villes entières. Avant qu’ils anéantissent toute civilisation, la Confédération, affaiblie par la guerre civile à peine terminée, n’a qu’une seule solution : elle doit retrouver Caleb, le seul qui dispose d’un lien symbiotique avec l’un des représentants de cette dangereuse espèce. Ce ne sera pas une opération facile : depuis le massacre de Stockholm, les renégats ont fui dans leur Névronome et viennent de mettre le cap sur la grouillante Tatsuam, cité de criminels et zone de non-droit.

Au fil des albums je pense que la saga Orbital a largement gagné sa place parmi les incontournables de la SF. On peut désormais parler de classique du genre.

Millenium, WarShip Jolly Roger, 7 cannibales, London CallingSylvain Runberg est plutôt prolifique et éclectique dans ses choix de scénario et sa signature reste la garantie d’une qualité certaine.

Dans ce 7ème opus, l’attaque des Névronomes et la guerre politique que mènent les leaders de la Confédération apportent une dimension de space opéra très cohérente. Pour peu que l’on est suivi de près les épisodes précédents.

D’agents officiels garants de la loi à fugitifs les plus recherchés de la galaxie, le destin de Caleb et Mézoké n’est pas de tout repos. Ce qui en fait des personnages atypiques et attachants que l’on aime suivre à travers une multitude de planètes et de paysages. Tous plus étonnants les uns que les autres.

Les planches de Serge Pellé dans un style léché très personnel sont sublimes et ne peuvent que séduire les amateurs de bonne BD fans de SF.

Orbital est une valeur sûre !Orbital tome 7 planche

un 7ème album signé Serge Pellé (dessin) et Sylvain Runberg (scénario). Editions Dupuis.

4 sur 5

Mattéo, tome 4

4ème époque (Août-Septembre 1936)

Mattéo tome 4 couverture

Après avoir fuit Collioure et la Gendarmerie Française, Mattéo l’anarchiste, Robert le communiste et Amélie débarquent en Espagne. Ils arrivent à Barcelone avec un stock d’armes pour les républicains. La situation est compliquée aussi Mattéo et Amélie décident de rejoindre le groupe armé qui tente de reprendre le village d’Alcetria. Sur place, le jeune homme est contraint de prendre la tête d’un petit groupe mal équipé pour remplir la mission. Robert ne les a pas suivi et Mattéo va rencontrer la sautillante Enaxchia

C’est du Gibrat pur jus donc pas de mauvaise surprise, les planches magnifiques sont là, les couleurs pastel qui vont avec. Le résultat attendu est bien là : un album superbe !

La guerre est là avec son lot de morts et de drames mais dans ce 4ème opus, c’est surtout le calme buccolique qui l’emporte, Mattéo flirte avec une blondinette, Amélie avec un aviateur anglais tout en se rendant utile à soigner les blessés que l’on ne voit quasiment jamais. La vie s’écoule pèpère sans que l’on ne s’ennuie jamais.

Avant-dernier tome de la série, le plaisir de retrouver l’histoire de Mattéo reste intact.

matteo tome 4 planche

un quatrième épisode signé Jean-Pierre Gibrat aux éditions Futuropolis.

4 sur 5

Olympus Mons – tome 2

Opération Mainbrace
Olympus Mons tome 2 couverture
Sur Mars comme sur Terre, des équipes de spécialistes tentent de percer le mystère de ces anomalies liées entre elles. Aaron Goodwin, le médium, s’évertue à prévenir le monde de l’importance de ne pas pénétrer dans l’étrange vaisseau sous-marin. Il y va de l’avenir de la planète. Ses propos sont confirmés par d’autres médiums mais l’équipe « Ocean Pathfinder » ne l’entend pas de cette oreille. Les forces en présence se déchirent autour du mystérieux objet…

Il me faut bien souvent un peu de courage et de temps pour attaquer un album de Christophe Bec. Le scénariste aime faire durer le plaisir et habiller ses planches de longs dialogues. L’idéal est de relire les chapitres précédents pour se remettre dans le bain.

Une fois ses précautions prises, on peut se lancer dans ce nouvel épisode avec un maximum de concentration pour profiter de l’ambiance et du spectacle.

Car oui il y a toujours des scènes intéressantes et spectaculaires à voir grâce au bon très travail graphique de S. Raffaele.

C’est vrai que c’est un peu long et un poil fastidieux à lire mais ça vaut le coup tant le contenu est fouillé et le thème passionnant.

En clair : profiter d’un album de C. Bec, ça se mérite !

Olympus Mons tome 2 planche

un album signé Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin) et Digikore Studios (colo). Editions Soleil.

 

Le photographe de Mauthausen

one shot
le photographe de Mauthausen couverture
Comme beaucoup de ses camarades déportés dans le camp de Mauthausen, Francisco Boix ne pensait qu’à survivre à ce cauchemar éveillé. Mais lorsqu’il croise le chemin du commandant Ricken, esthète nazi des plus pervers, qui prend plaisir à photographier l’horreur, le jeune homme comprend qu’il tient là un témoignage unique. A condition de parvenir à faire sortir les photos du camp…

Je connaissais Jacques Tardi et son Stalag, Art Spiegelman et son Maus qui nous racontaient de l’intérieur l’horreur de la guerre et l’enfer des camps de concentration. Une nouvelle pierre vient s’ajouter à l’édifice de notre mémoire collective grâce à ces talentueux auteurs espagnols.

On suit cette fois-ci Francisco Boix, un jeune espagnol qui se retrouve déporté dans un camp nazi en Autriche avec bon nombre de ses camarades. Comprenant le sort qui lui est réservé, il tente un pari fou : faire sortir du camp des photos pour dénoncer au monde entier les horreurs qui y sont commises.

Intelligent et motivé comme jamais, Francisco devra convaincre ses co-détenus du bien-fondé de sa démarche tout en rusant auprès des nazis et du commandant Ricken, le photographe dément qui entend élever la mort au rang d’art.

Très bien dessiné d’un trait semi-réaliste et raconté pas mal en voix-off, le récit est réellement poignant tout en étant très didactique. On vibre avec Francisco du début à la fin. Après avoir tremblé avec lui lorsqu’il prend tous les risques, on le soutient jusqu’au procès de Nuremberg qui s’avèrera une cruelle désillusion.

C’est une histoire véridique comme en témoigne l’excellent cahier final avec ses photos d’archives et ses multiples témoignages. Salva Rubio, scénariste et historien nous offre là une tranche de vie et d’histoire passionnante.

A lire absolument !

le photographe de Mauthausen planche

un album réalisé par Salva Rubio (scénario), Pedro Colombo (dessin) et Aintzane Landa (couleurs) aux éditions Le Lombard.

coup de coeur

Soleil Froid – Tome 2

L.N.
soleil froid tome 2 couverture
Voici la suite de l’intrigue, où Jan, un des seuls rescapés après la mutation du virus de la grippe aviaire, parvient à rejoindre une communauté à Lyon, dix ans après l’épidémie. Mais, alors qu’il croira pouvoir y trouver une sorte de salut, il se sentira finalement encore plus seul et perdu, et devra échapper à d’étranges et redoutables hommes armés qui en veulent à sa vie…

Un 2ème tome qui enfonce le clou ! J’avais beaucoup aimé le premier, cette suite confirme ma première bonne impression.

Un dessin chouette, une trame assez simple, un thème que j’aime dans une ambiance de fin du monde à la Mad Max. Jean-Pierre Pécau fait avancer son intrigue avec pas mal d’explications sur ce qu’il s’est passé sur Terre.

A priori, Jan n’est pas blanc-bleu et traine un lourd passé dans l’armée. S’il reste sympathique dans son duo avec Marguerite, l’homme passe pour un salopard et ne doit sa survie qu’à sa parano en nous emmènant sur des chemins dangereux.

Suspense et action saupoudrés de quelques traits d’humour, la recette est efficace, je suis prêt à le suivre très loin si les prochaines albums s’avèrent tout aussi passionnants.

De la bonne BD pop-corn !

soleil froid tome 2 planche

une deuxième tome scénarisé par Jean-Pierre Pécau et dessiné par Damien. Editions Delcourt.

4 sur 5

Corto Maltese – Tome 14

Equatoria

equatoria couverture

Pour être tout à fait juste, Corto Maltèse n’a jamais fait partie de mes BD favorites. D’abord parce que je ne me rappelle même pas en avoir lu un en entier, ensuite parce qu’en son temps – période Hugo Pratt – j’étais sans doute trop jeune pour m’intéresser à cette BD un peu old school.

Bref. Tout ça pour dire que je ne m’interdis rien quant à donner mon (court) avis sur cet album.

Rubèn Pelejero (graphisme) et Juan Diaz Canalès (scénario) ont repris la série à leur compte pour une virée entre Venise et l’Afrique équatoriale. L’homme à la casquette va faire la rencontre de 3 femmes, une journaliste, une exploratrice et une ancienne esclave.

N’ayant donc pas de background sur la série originelle, je dirai que c’est un bon album d’aventures qui m’a toutefois quelque peu échappé. Pas sûr d’avoir saisi toutes les subtilités des non-dits. Il y a une histoire sur Malte que seuls les initiés connaitront.

Question dessin, c’est chouette rien à dire ça m’évoque le travail de Bruno le Floc’h que j’adore (auteur malheureusement trop tôt disparu) même si le trait est ici plus fin.

La quête de Corto qui cherche le Miroir du prêtre Jean me semble n’être qu’un prétexte pour prolonger la vie du héros de Pratt. Et ce sont avant tout les fans nostalgiques qui sauront apprécier le mieux la reprise en saluant le retour de leur aventurier préféré.

Pour les autres, ça peut donner envie de creuser le sujet et lire les anciens tomes de cette icône du 9ème art qui porte un message de paix et de tolérance.

Maintenant que je suis plus mûr, je peux me lancer … 🙂

equatoria planche

voir la fiche sur @CastermanBD.

Relectures de l’été 2017

petit article écrit en aout 2017 mais j'avais oublié de le poster...

Comme tous les étés, les sorties BD sont rares et c’est le bon moment pour faire du tri dans ses étagères. On ressort les trucs qu’on a pas lu depuis un moment.

Cet été 2017 est l’occasion pour moi de vider toute ma biblio pour ne garder que les séries et albums que je vais relire. Le reste va aller attendre sagement au grenier bien au chaud dans les cartons du déménagement. Et au fur et à mesure, je ferai les rotations qui vont bien. Plus facile à dire qu’à faire car les nouveautés de la rentrée commencent à débarquer.

diptyque 22

excellent polar dans le vif du sujet, dommage qu’il n’y ait pas de suite, le cliffhanger est redoutable. Histoires croisées, plongée dans le quotidien pas toujours glorieux des Bleus et de la BRB. Il y a largement la matière pour en écrire d’autres. Ce genre de récit me passionne.

Amour, passion et CX diesel

un monument de la BD d’humour dans le style absurde et une époque rétro ahhh les seventies … des pointures du 9ème art à la baguette de 3 tomes délicieux ! Un incontournable pour se gondoler !

Bouncer

un classique au scénario quelques fois assez confus (Jodorowsky) mais un dessin redoutable d’efficacité (F. Boucq). Bon premier diptyque avec une histoire sordide (la mère et ses fils), toujours un peu tourné vers le cul (Jodo faut aimer et s’accrocher parfois). Je trouve le second cycle (tomes 3, 4 & 5) moins bon à cause d’un scénario un peu bancal dans ses enchaînements et ses coïncidences. Et on sent bien la patte de Jodo toujours à la limite du graveleux. Le 3ème cycle (tomes 6 & 7) met le Bouncer face à deux jumelles vénéneuses pas piqué des hannetons et un fou-furieux qui se balade une hache plantée en travers de la tronche. Il fallait oser, je trouve ça terrible ! Le dernier cycle en date (tomes 8 & 9) m’a bien plu aussi, le Bouncer têtu comme une mule se met en chasse d’un salopard qu’il compte bien « extraire » d’une prison coupe-gorge pour le faire juger. Y’a deux ou trois scènes incroyables comme le combat avec l’ours ! Dans l’ensemble c’est une bonne série qu’il faut avoir lu au moins une fois.

Mégabras

pas le meilleur Bouzard, pré-paru dans Fluide à l’époque je n’étais pas fan, ça démarre bien, ça flirte avec le cul tendance pathologique, ça finit moyen. Mouais vaut mieux relire The Autobiography ou PlageMan, c’est bien meilleur.

 

Les chroniques complètes sont lisibles dans les archives.

Et quelques autres mais j’ai la flemme et j’ai d’autres chroniques à finir …

Les reflets changeants

un très beau one shot émouvant
les reflets changeants couverture
Nice, en plein mois de juillet. Elsa, la vingtaine, oscille entre deux hommes. L’un ne lui convient probablement plus, l’autre lui fait encore un peu peur. Jean, 50 ans, voyageur frustré, est conducteur de train. Il est forcé de rester à terre pour s’occuper d’Alda, sa fille, arrivée un peu trop vite dans sa vie, suite à une passade amoureuse. Du haut de ses 80 ans, Emile, devenu sourd pendant la guerre d’Algérie, supporte de moins en moins le silence dans lequel il est enfermé. Trois personnages qui ne se connaissent pas, mais qui vont se croiser cet été-là… Une rencontre qui ne les laissera pas indemnes.

EM-BAL-Lé ! Voila c’est le mot qui caractérise le mieux mon sentiment en refermant cet excellent roman graphique de près de 200 pages.

Pour son premier album, Aude Mermilliot a reçu le prix de la Fondation Raymond Leblanc de la jeune création et elle m’impressionne par la sensibilité qu’elle fait passer dans ses planches.

Le trait est lisible et agréable, il ressemble beaucoup à celui de Christian Durieux dans les Gens Honnêtes chez @EditionsDupuis. Le ton est également du même tonneau.

On se retrouve donc au milieu d’un trio de personnages qui ont chacun une histoire à raconter, de la plus légère (Elsa) à la plus dramatique (Emile). Leurs destins vont se croiser.

C’est très bien raconté, le tempo est bon, les planches simples et agréables à l’oeil. Certaines scènes poignantes m’ont presque mis la larme à l’oeil mais comme je suis un grand garçon je me suis retenu…

Moi qui aime bien les histoires sur les gens, je suis servi. Merci Aude !

Et pour la petite histoire, l’auteuse est également voyageuse et bloggeuse.

un album signé Aude Mermilliot aux éditions Le Lombard.

coup de coeur

Souterrains

One shot

La couverture mystérieuse est très belle et elle ne ment pas : dès les premières planches le dessin de Romain Baudy envoie du lourd ! Les planches sont superbes !

Nous voila plongé en pleine guerre sociale qui divise les exploitants (les patrons) et les exploités (les mineurs). Ironie du sort : les ouvriers voient d’un très mauvais œil l’arrivée discrète d’un robot qui pourrait leur prendre leur boulot.

S’en suit une descente aux enfers quand un petit groupe d’hommes triés sur le volet se retrouve coincé profondément sous terre avec leur « machine ». Mais ce n’est pas tout, ils vont faire une étonnante découverte en sous-sols : la même lutte sociale existe ici aussi.

Mélange de chronique sociale, de fantasy et de fantastique, Romain Baudy pour son premier essai en solo innove une recette osée mais pleinement maîtrisée. Si je fais abstraction de mon esprit cartésien et que j’accepte l’idée, je constate que le cocktail fonctionne. Bien aidé par un graphisme à la hauteur du pari.

Alors pourquoi ne pas suivre Henry, Lucien et ce curieux robot dans cette aventure originale et colorée pleine de rebondissements ?

un one shot signé Romain Baudy. Editions Casterman.

A coucher dehors (suite et fin)

Tome 2/2
A coucher dehors tome 2 couverture
Un SDF hérite d’une maison, d’une famille et de tous les soucis qui vont avec…

Ca crie et ça s’agite beaucoup dans cet album. Beaucoup trop à mon gout. Dans le premier tome, c’était supportable, dans ce second non.

J’avais fait le parallèle avec les Vieux Fourneaux dans ma chronique du tome 1 mais force est de constater qu’on s’est éloigné de la qualité du scénario de Wilfrid Lupano. Il y a un peu trop de vaudeville ici. Ca gueule, ça s’excite à chaque page, que ça en devient pénible.

Reste le graphisme d’Anlor, dessin et colo à elle toute seule, qui remporte l’adhésion. Dynamique, enlevée, rythmée, les planches fourmillent de petits détails.

En quelques mots, ce diptyque sympatoche magnifiquement illustré en fait un peu trop et aurait mérité un peu plus de finesse, j’en suis ressorti presque étourdi et essouflé.

A coucher dehors tome 2 planche 4

un album signé Anlor (dessin et couleurs) et Aurélien Ducoudray (scénario). Editions Bamboo Grand Angle.