Rosko – tome 2

Les enfants de Marie

Rosko tome 2 couverture

On va arrêter de dire que Zidrou est connu pour ses séries jeunesse toussa… pour affirmer haut et fort que depuis déjà pas mal de temps il pond de très bons scénarios dans d’autres registres. Et avec un sacré succès !

Je ne l’espérais plus ce tome 2 comme quoi à qui sait attendre bla bla bla.. bref il est là et il permet de conclure l’histoire entamée en janvier 2014 dont j’attendais le dénouement sans impatience mais confiance.

On peut rapprocher Rosko à la très bonne série Reality Show de JD Morvan et F. Porcel rapport à la puissance (nuisance plutôt) de la télé réalité nauséabonde qui sous prétexte finalement qu’elle ne montre au bon peuple que ce qu’il aime regarder, se fait des couilles en or. Quitte à provoquer et scénariser les événements.

On parle également de la privatisation de la police, la santé tout ce qui pourrait bien nous arriver aussi. Zidrou nous montre le danger.

Je ne suis pas ultra fan du style du dessin (bien que nickel) mais la colo est superbe.

En résumé, ces 2 petits tomes vont rester bien au chaud dans ma biblio en attendant une prochaine relecture, satisfait que l’histoire ait une fin.

un tome 2 scénarisé par Zidrou et dessiné par Alexei Kispredilov, aux éditions Delcourt.

3 sur 5

 

Sortie de route

one shot

sortie de route

Un homme et sa femme discutent vacances dans la voiture jusqu’à ce qu’elle boive un coup de grenadine qui la fait redevenir la petite fille qu’elle était à 10 ans…

Un petit road movie franchouillard bien sympathique mais dont on se demande quel est son véritable but. Je le trouve un peu léger car on attend presque qu’il se passe autre chose tout au long du récit. J’aime bien Tronchet et j’ai plaisir à feuilleter ses planches faites d’un trait naïf joliment coloré mais le propos me parait bien mince pour me donner envie de le relire un jour…

sortie de route planche

un album signé Didier Tronchet aux éditions Glénat.

XIII Mystery – tome 10

Calvin Wax

XIII Mystery Calvin Wax

J’ai l’impression que c’est l’épisode qui va le plus loin dans l’intrigue principale de la série-mère.

Sous des allures un peu didactique, bavard, on est amené petit à petit et avec un intérêt grandissant au coeur du complot des vingt. Et cela même si on a oublié les détails de XIII.

C’est plutôt fort. Comme si à lui seul cet album justifiait tous les autres.

Nous faisons donc connaissance avec Calvin Wax, le plus proche conseiller du président William Sheridan. Celui qui reste dans l’ombre mais qui tire les ficelles. C’est en tout cas ce qu’il va raconter en détails à Wally Sheridan, le sénateur. Histoire de l’emmener exactement là où il veut.

Pas facile à résumer. Il faut le lire. Ne serait-ce que pour le plaisir de pénétrer les coulisses du pouvoir d’un côté et de profiter du très beau dessin de Corentin Rouge dont on vient de parler pour Rio.

Et le scénario est signé Fred Duval, le papa de Travis, Carmen Mc Callum et plus récemment co-auteur de Wonderball. Bref du sérieux et du tout bon.

XIII Mystery Calvin Wax

un album scénarisé par Fred Duval et dessiné par Corentin Rouge assisté à la colo par Alexandre Boucq. Editions Dargaud.

4 sur 5

Les chiens de Pripyat

Saint Christophe

les chiens de Prypiat tome 1 couverture

Le 26 avril 1986, la catastrophe de Tchernobyl laisse sur place un désert. Plus personne ne vit dans la zone sauf les animaux qui prolifèrent. pour s’en débarrasser, les autorités payent 30 roubles chaque peau d’un chien abattu aux groupe de chasseurs qui acceptent de pénétrer dans la zone. Celui du père du jeune Kolia est sur place et compte bien profiter de l’aubaine.

J’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser à cet album à vrai dire. Le dessin est propre et sympa mais je trouve cette histoire de chasseurs de chiens très anecdotique. Un peu mince. Un peu boiteuse quoi. Je n’en vois pas bien la finalité.

La fin offre certes une rencontre mais qui ne me donne pas envie d’aller plus loin. Les gamins en combi blanche me font penser  à la série Seuls. Tiens d’ailleurs je n’ai pas lu le dernier tome et à choisir j’aurai dû commencer par ça.

Sinon, Aurélien Ducoudray a aussi écrit les 4 tomes de The Grocery et y’a pas photo, je préfère.

1 sur 5

Game Over – tome 15

Very bad trip

game over tome 15 couverture

Je pourrai faire un copier-coller de mes chroniques précédentes tant les épisodes s’enchaînent et se ressemblent.

Donc pour faire court, je dirai qu’en général, un album de Game Over est :

  • drôle
  • bien dessiné d’un trait vif parfait
  • très imaginatif
  • vite lu
  • divertissant

Voila.

game over tome 15 planche

3 sur 5

Le monde d’après

le-monde-d-apres-couverture

Après un premier épisode que j’avais trouvé très réussi (chronique ici), Jean-Christophe Chauzy clôt son récit apocalyptique en deux actes.

Sortant de son registre humoristique habituel (voir ses planches publiées dans Fluide Glacial), il reprend un thème maintes et maintes fois exploré par le cinéma et la littérature. Grosse différence ici : ça se passe près de chez nous. Et ça peut permettre au lecteur francophone de se sentir plus concerné et de s’interroger sur le comportement qu’il aurait lui si son environnement s’effondrait.

Car c’est ce qui vient d’arriver à Marie et ses deux fils. Dans le premier album, en pleine montagne ils font partie des rares rescapés d’un orage dévastateur qui réussissent à redescendre dans la vallée. Mais après des jours cloîtrés dans un village coupé de tout, où les tensions montent tandis que les vivres baissent, ils prennent le large. Leur objectif est de descendre au sud en espérant que les côtes soient épargnées.

Hélas, c’est tout le pays – voire plus – qui a pris une grosse claque, les paysages sont dévastés et les rares humains qu’ils croisent se révèlent pour la plupart des ennemis. C’est l’heure du chacun pour soi.

Graphiquement, l’auteur se fait plaisir et ça se voit, le grand format lui offre de la place pour de très belles planches qui nous scotchent. La narration est bien posée, le dessin est soigné, l’ambiance fin du monde très bien rendue. Dans ces paysages désolés et cette atmosphère tendue, les rencontres sont très attendues et ne déçoivent jamais.

Le périple est donc prenant mais au final on reste sur sa faim. On ne connait pas l’origine de la catastrophe et on ne sait pas ce que deviendront les survivants. Pas d’explication, pas d’espoir. Il y a comme un manque. Pour ma part, je laisse mon imagination me suggérer que comme prévu l’homme a reçu le retour du bâton de la part de Mère Nature qui lui fait bien comprendre qu’il a déconné. Je suis pas loin de penser qu’on va tous finir dans un grand Big Bang de ce genre. Et paf !

Au delà d’une conclusion personnelle sur la place de l’homme dans la Nature, je pense que JC Chauzy nous donne à réfléchir sur la nature profonde de l’être humain. Le retour à l’état sauvage, l’instinct animal (la Louve et ses petits), le concept de propriété etc… Sorti de son confort moderne, l’homme en perte de repère retrouve vite son instinct de survie.

Je ne pense pas qu’une suite soit prévue. En attendant je ne peux que recommander cette lecture et l’achat de ces deux beaux livres.

le-monde-d-apres-planche

un album signé Jean-Christophe Chauzy aux éditions Casterman.

4 sur 5

 

Rio – tome 2

Les Yeux de la Favela

Rio tome 2 couverture

10 ans ont passé depuis la mort d’Alma. Certains gosses des rues sont devenus de vrais caïds, d’autres ont eu la chance d’avoir trouvé une famille d’accueil.

C’est le cas de Rubeus et Nina qui ont été accueillis par Carolyn et John White, un couple de riches américains. Autant la jeune fille s’est pleinement accommodée de cette nouvelle vie confortable, autant le jeune garçon n’a pas oublié d’où il vient. Alors les conflits avec son père adoptif sont fréquents. Lui qui, sous des allures de bienfaiteur sous le couvert d’une ONG, pourrait bien être un vrai salopard d’ailleurs. L’avenir nous le dira. Pour l’heure, le père continue son business bien incompatible avec les velléités de justice du fils.

Mais l’enlèvement de Nina par le gang de Mozar va mettre la famille et la police dans tous ses états. A moins que ça ne soit un plan tordu des autorités visant à faire le ménage dans les favelas de Rio…

Toujours aussi cash le propos ! Louise Garcia ne met pas de gants pour raconter des scènes très violentes où les morts sont nombreux. Et Corentin Rouge les met en scène efficacement d’un trait sûr et vif. Entre Bouboule (Minautoro), Joey Star (Mozar si si il lui ressemble je trouve, voir la planche ci-dessous) et les flics, on ne se fait pas de cadeaux. Bref, ça bastonne sévère dans les ruelles crasseuses.

Mais pas qu’ici. A Rio, la violence est partout et quand une bande pillards débarque sur la plage où bronzent les bourgeois, les arrestations sont plutôt musclées.

Loin des clichés de carte postale, venez vous aussi vous balader à Rio, vous verrez on ne s’ennuie pas une seconde.

Rio tome 2 planche

un album signé Louise Garcia et Corentin Rouge. Editions Glénat.

4 sur 5

Rio – tome 1

Dieu pour tous

Rio tome 1 couverture

Je crois qu’on le sait tous maintenant: Rio de Janeiro ce n’est pas seulement Copacabana, la plage, le soleil et les beaux corps bronzés. Rio c’est aussi la corruption, les inégalités sociales (comme partout d’ailleurs), la misère, la drogue, la violence et les favelas.

Et c’est bien dans celles-ci que l’on débarque dès les premières pages. Le jeune Rubeus rentre chez lui au moment où sa mère se fait flinguer de sang froid par son amant régulier. Un flic en plus. Menacé de mort lui aussi, le jeune garçon arrive néanmoins à lui filer entre les pattes et à récupérer Nina sa petite sœur qui ne sait rien du drame qui vient de se passer. Dès lors les deux orphelins n’ont guère de choix et se joignent à une bande de petites frappes qui vivent de larcins dans la rue. La vie de Rubeus et  Nina n’était déjà pas toute rose, elle va virer au cauchemar, coincés entre les gangs, les flics et les brigades de la mort. Mais il se pourrait qu’un espoir subsiste pour peu qu’ils aient un peu de chance…

Il m’a franchement beaucoup plu ce premier tome, c’est une histoire écrite par une brésilienne qui semble connaître son sujet et sait en parler. Son scénario est d’une fluidité exemplaire et le propos change de l’ordinaire.

Le style graphique est assez proche de celui de François Boucq, ce qui est à mon sens très flatteur. Et c’est, porté par le trait vif et réaliste du dessinateur de Milan K, que l’on vibre rapidement pour ce récit vitaminé et touchant qui nous emmène pour le coup vraiment au coeur des favelas.

Prévu en 4 tomes, ce démarrage fait figure de témoignage et augure une série prometteuse.

Rio tome 1 planche

un album signé Louise Garcia (scénario) et Corentin Rouge (dessin et couleurs), éditions Glénat.

4 sur 5

Wonderball – tome 4

Le Photographe

Wonderball tome 4 couverture

Dessiné par un américain au style très … américain et édité dans l’excellente collection Série B de chez Delcourt, Wonderball pourrait bien être le polar du moment qui rapproche les amateurs de comics et de franco-belge.

C’est LA série policière du moment, celle dont on attend avec impatience la sortie d’un nouvel opus. Et comme d’habitude, celui-ci est consacré à un nouveau personnage atypique.

Et avec le Photographe, on en tient un bien gratiné ! Le type s’est spécialisé en snuff movie ce qui le rend particulièrement abject. Pourtant, c’est grâce à son témoignage que l’on va grandement progresser. Et grâce aussi à l’aide du Fantôme, autre acteur important de l’intrigue. Et à la fin de ce tome on sera fixé sur l’histoire de Spadaccini et des alpha.

Bonne maquette (j’adore les couv’), dessin très efficace, scénario à deux mains concocté par des spécialistes, époque eighties qui rappelle quelques bons souvenirs cinématographiques notamment, la mayonnaise prend bien et c’est avec joie qu’on se laisse guider dans l’Amérique de Dirty Harry encombrée de tarés en tout genre face à un flic sans concessions.

Wonderball tome 4 planche

un album scénarisé par Fred Duval & JP Pecau et dessiné par Colin Wilson aux Editions Delcourt.

4 sur 5

De Cape et de Crocs – tome 12

Si ce n’est toi
de cape et de crocs tome 12 couverture
Capturé par les malandrins de la Cour des miracles, Eusèbe est conduit à leur terrible chef qui n’est autre que son frère, Fulgence. Ce lapin malhonnête et violent fomente avec Fagotin, le singe assassin, un abominable forfait. Pris entre trahisons et intrigues de cour, Eusèbe parviendra-t-il à ramener Fulgence dans le droit chemin ? À moins que ce jumeau maléfique ne l’entraîne sur la voie du crime

Alain Ayrolles et Jean-Luc Masbou font leurs adieux à la série culte qu’ils auront créé ensemble il y a maintenant vingt printemps. Diantre !

En rendant hommage en deux tomes à Eusèbe le mignon petit lapin blanc, compagnon d’infortune des deux fins bretteurs, ils mettent un terme définitif à une des meilleures séries Fantasy du paysage franco-belge. La plus drôle aussi. La plus sympathique. La plus atypique. La plus originale. Bref la meilleure dans son genre. Et dans son genre, elle est unique.

Maintenant que c’est terminé, il ne me reste plus qu’à m’installer confortablement sur une île déserte et reprendre tout depuis le début. J’en salive d’avance.

de cape et de crocs tome 12 planche

5 sur 5