La Dame de Fer

(un excellent !) One shot
la Dame de fer couverture
À la mort de Margaret Thatcher, trois amis d’enfance se retrouvent et décident de lutter contre la morosité économique que la politique de la « Dame de fer » a fait peser pendant des années sur leur petite ville côtière du sud de l’Angleterre. Ils ont pris de la bouteille mais c’est aujourd’hui l’âge de la revanche. Tournée générale ! Celle des pintes de bières et celle des souvenirs … et faire une chevauchée sur la Norton Manx, autre dame de fer, une moto de légende…

Après l’excellent London Calling paru il y a 10 ans, Futuropolis revient au roman graphique d’outre manche avec ce one shot signé Béa et Michel Constant.

Entre flashback et temps réel, on y suit les retrouvailles entre Owen, Donald et Abby. Le premier s’emmerde dans son job de taximan à Londres, le second tient un pub et la troisième travaille dans la pub !

A la mort de Margaret Tatcher alias la Dame de Fer, qui provoque ici un élan de joie, Donald convie donc ses plus chers amis qui s’étaient perdu de vue pour un week end prolongé à Kingston la petite ville du bord de mer au sud de l’Angleterre où ils ont passé leur jeunesse.

Alors on ne sait pas trop le pourquoi du comment mais peu importe avec les flashbacks on connait grosso modo leur histoire. Le trio a partagé une jeunesse heureuse ensemble jusqu’à ce que chacun prenne la route de son côté. Leur amitié est solide et leurs retrouvailles font plaisir à voir.

Vu la tournure des événements je craignais une fin tragique. Heureusement, il n’en est rien et c’eut été dommage de gâcher cet excellent moment passé avec ce joyeux trio.

La ligne claire du dessin et les couleurs lumineuses concourent à la réussite de ce petit moment de bonheur.

Un album vraiment très sympa !

La Dame de Fer planche

un album de Béa et Michel Constant chez Futuropolis.

4 sur 5

7 Macchabées

Série 7 – saison 3 – tome 21
7 Macchabées couverture
Les empires germanique et britannique sont en compétition pour atteindre le pôle Sud. Sur la route de cette folle conquête, les échecs et les cadavres s’accumulent… Quand les Anglais ont une idée aussi folle que géniale… Londres, 1909 . Dans le plus grand secret, les autorités britanniques réactivent une technique de réanimation des morts héritée de Victor Frankenstein pour tenter de conquérir l’Antarctique au nez et à la barbe de l’empereur Guillaume II. Ils réunissent avec soin une équipe de sept explorateurs polaires, récemment décédés. Mais la première vie du trépassé ne simplifie pas nécessairement la seconde… Et certains n’ont pas demandé à revenir…

Pas évident d’après le titre de trouver une histoire crédible. C’est pourtant ce que réussit à faire Henri Meunier !

L’idée de rejouer l’expérience de Frankenstein n’était pas gagnée, ça aurait pu facilement tomber dans le grandguignolesque. Il n’y a que l’histoire du poney qui me choque un chouïa. Bizarrement.

On a donc 7 cadavres vivants qui partent conquérir le Pôle au nom de sa gracieuse majesté. Mais la bonne surprise c’est que certains vont perdre quelques morceaux en route. Haha j’aime bien l’idée. C’est con mais ça ajoute du piment et de la crédibilité dans l’aventure. Et donne à sa conclusion un joli final en pied de nez.

N’oublions pas quand même que nos 7 héros ne craignent pas le froid polaire et possèdent tous une force et une résistance hors du commun. Genre super héros en plus… puants 😉

A propos de final, il m’échappe : je ne vois pas qui est le type – entre aperçu un instant en milieu d’album – qui débarque à la fin !? Que quelqu’un m’explique, j’ai dû louper un truc…

La série 7 ne serait pas elle même sans un solide dessinateur et c’est Etienne Le Roux qui s’y colle et fait le job.

7 fois 3 = 21. Si mes comptes sont bons et à moins qu’une 4ème saison – soyons fous ! – ne soit lancée, cet ultime album clôture une saga qui dure depuis 10 ans.

Bravo !

7 Macchabées planche

scénario de Henri Meunier, dessin d’Etienne Le Roux, couleurs de Thierry Leprévost. Editions @DelcourtBD.

3 sur 5

La Vallée du Diable

Suite ou one shot ?
La Vallée du Diable
Nouvelle-Calédonie, 1925. Loin de leur Savoie natale, qu’ils ont fuie aux lendemains de la guerre, Blanca, Florentin, Pauline et Arpin ont fini par s’établir aux Antipodes. Mais cette nouvelle vie dans les colonies ne satisfait pas leur rêve de justice sociale et de liberté. Et, alors que l’air se fait de plus en plus irrespirable, l’heure des règlements de comptes est venue.

Deux femmes, deux hommes débarquent en 1925 en Nouvelle-Calédonie. James Jacques, un éleveur influent du coin, les prend sous son aile. Cinq ans plus tard, tout le monde est installé. Florentin est devenu cow-boy, la vieille Blanca bricole aux alentours et contre toute attente Arpin et Pauline se sont mariés. Au grand désespoir de Florentin et James évidemment.

Dans un contexte de révolte sur fond de colonisation et de jalousie de proximité, les relations ne tardent pas à s’envenimer. Les Kanaks de leur côté ne digèrent pas la main-mise de l’homme blanc sur leurs terres.

Alors c’est la suite d’un précédent bouquin – Le sentier des Reines – qui remet en scène le quatuor savoyard sous des latitudes plus chaudes que la lointaine Savoie. Perso je ne l’ai pas encore lu mais ce n’est pas gênant, la vallée du diable se lit très bien en one shot.

Je connaissais Anthony Pastor pour des titres plus… américains mais il semble très à l’aise dans la chronique sociale et historique. Perso, je préfère tout de même ses titres comme Castilla Drive ou Bonbons atomiques plus exotiques ou décalés. C’est juste une histoire de goût.

Question dessin, il me semble ici beaucoup plus soigné, la qualité graphique est de rigueur pour une aventure qui reste assez prenante. Le récit est tendu, les personnages pas faciles à cerner, on a l’impression que ça peut péter à tout moment. La violence est latente.

On ne s’ennuie pas une seconde tout en se régalant les yeux.

La Vallée du Diable

Scénario, dessin et colo d’Anthony Pastor chez Casterman.

The Autobiography Of Me Too

Un des classiques de Bouzard

The Autobiography of Me Too

J’en ai déjà parlé alors je ne vais pas en faire des caisses mais si vous avez envie de vous marrer, jetez-vous sur ces 3 albums autobiographiques qui mettent en scène « le meilleur dessinateur de tous les temps ».

Guillaume Bouzard partage avec Fabcaro l’art de l’autodérision et si vous ne savez pas quoi lire dans le même genre après Zaï Zaï-je-sais-plus-combien du second (et pleins d’autres titres tout aussi géniaux mais qui n’ont pas fait le buzz va savoir pourquoi…), venez vous poiler avec le premier. Je sais pas si je suis très clair. Si ?

Perso je relis l’un et l’autre régulièrement avec toujours autant de plaisir. Et pis c’est pas tous les jours qu’on peut feuilleter de bÔoo albums en couverture toilée. La classe !

3 albums signés Guillaume Bouzard aux éditions Les Requins Marteaux

coup de coeur

Gung Ho – tome 3

Sexy Beast

Gung Ho tome 3 couverture

Si plusieurs années ont passés pour les fans de la série qui attendaient impatiemment cette suite, seulement quelques semaines ont suffit à la bande de gamins du poste fortifié n°16 pour avoir le droit de porter une arme.

Si l’entrainement continue sous la houlette d’un maître Japonais spécialement arrivé de la ville, ils sont maintenant suffisamment aguerris pour se défendre et sortir de l’enceinte sécurisée. Même si ils n’ont toujours pas le droit de s’aventurer dans la zone de danger. Mais ils sont jeunes et s’en foutent, certains s’amusent comme des petits fous face aux terribles Rippers. Sorties moto, combat en arène, tout est bon pour faire monter l’adrénaline !

AAaaahhh, ça fait du bien de retrouver cette bande de réfugiés ! Dans le genre apocalyptique Gung Ho sort clairement du lot. D’abord par un dessin infographique extrêmement bien foutu et des couleurs justes, ensuite parce que la vie dans ce monde ravagé et angoissé est passionnante à suivre. Et même si on a (largement) dépassé le stade de l’adolescence, on savoure le spectacle assuré par ces jeunes, étranglés par les adultes et tenaillés par leurs hormones.

Les filles sont sexy et jolies, les garçons courageux au point que l’un d’eux (le plus rebelle) va le payer très cher. Zach et Archer vont donc être séparés, l’occasion pour le lecteur d’enfin découvrir un peu plus le monde extérieur.

Ambiance tendue, action et frissons sont au rendez-vous de ce 3ème tome idéalement lu en cette période de vaches maigres bédéphiles.

Les BD de ce calibre sont rares alors profitons-en.

Gung Ho tome 3 planche

un album signé Benjamin Von Eckartsberg (scénar) et Thomas Von Kummant (graph). Editions Paquet.

coup de coeur

Les Profs – tome 19

Note to be
les profs tome 19
Rien ne va plus au lycée Fanfaron. Tout le monde voit des complots partout, le journal Tohu Bahut colporte les pires ragots, les manifs tombent à l’eau et même Serge est plein d’entrain pour faire cours. La proviseure n’a plus le choix : elle doit mettre en application sa toute nouvelle formation pour gérer les situations délicates. Pendant ce temps, Polochon relève le défi lancé par une machine de correction de copies ultrarapide destinée à mettre les profs au chômage. Qui a dit que la vie de lycée était monotone ?

Une série que je lis de temps en temps mais qui ronronne beaucoup à mon gout. Les gags ne sont pas tous drôles, loin s’en faut. Reste quelques bons moments qui prêtent facilement à sourire.

Ce 19ème opus fait le boulot sans plus.

Une lecture a réserver sans doute aux habitués et aux professionnels qui devraient s’y retrouver et à ceux qui ayant commencé la série ne peuvent s’empêcher de compléter leur collection 🙂

 

Eroc au scenario, Simon Léthurgie au dessin, Jacqueline Guénard aux couleurs. Editions Bamboo.

Undertaker – tome 3

L’Ogre de Sutter Camp

L’undertaker, Lin et Rose sont missionnés pour s’occuper du corps de la belle-mère d’un marchand de bétail influent. Arrivés sur place, ça dérape lorsque Jonas retrouve une vieille connaissance. Le Colonel Charley Warwick lui apprend que l’Ogre de Sutter Camp, un médecin expérimenté qui charcute ses patients, est toujours vivant. Ne pouvant le laisser en liberté, le quatuor le prend en chasse et ne tarde pas à le retrouver dans une petite ville en pleine démonstration de ses talents.

C’est un deuxième cycle qui débute dans ce tome 3, le prochain dénouera l’affrontement qui commence ici. La partie n’est pas facile, le croque-mort ayant (re)trouvé son pire adversaire. Un coriace. Et il y a un lourd passif derrière.

Présenté comme un dur à cuire, Jonas sera tout de même bien heureux de pouvoir compter sur les deux faibles femmes qui l’accompagnent et lui sauvent la mise. Quoique au final, une des deux va lui jouer un sale tour. Il avait un problème, il en a maintenant un deuxième !

J’ai le sentiment que Jéronimus Quint est le personnage qu’attendait l’Undertaker pour se montrer sous son vrai jour. Et le gars n’est pas tendre avec ses congénères, c’est un vrai cynique

Comme d’habitude, Xavier Dorison maîtrise son histoire et si certains événements passés sont évoqués dans ce tome 3, on ne devrait pas tarder à en savoir beaucoup plus sur le lieutenant Strikland dans le 4ème. Le suspense tient bon.

Action, aventure mais aussi humour, Untertaker tient toutes ses promesses.

Et question graphisme, c’est aussi une habitude : Ralph Meyer est un vrai crack !

Undertaker tome 3

scénario de Xavier Dorison, dessin Ralph Meyer, colo Ralph Meyer et Caroline Delabie. Editions Dargaud.

4 sur 5

Urban – tome 4

Enquête immobile
Urban tome 4 couverture
Sans déc’ n’est elle pas sublime cette couv’ ?!

Avant-dernier épisode avant la fin ! Ce quatrième opus d’Urban est un vrai plaisir à lire. En prenant la précaution de feuilleter les albums précédents histoire de se remettre dans le bain, on peut sereinement attaquer sa lecture.

Luc Brunschwig fait un zoom sur Springy Fool et son chien de garde tandis que Zach – mis à pied pour ne pas avoir exécuté le magicien – enquête depuis son appartement (d’où le titre) sur la mort du petit Neil. L’occasion pour nous d’en apprendre beaucoup plus sur les origines de la cité de Monplaisir et son fondateur, le génial roboticien.

Comme d’habitude avec le scénariste, il faut s’accommoder de nombreux aller-retours dans le passé. L’enchaînement est cependant excellent et l’histoire file bon train.

Et bonne nouvelle, il me semble que Roberto Ricci a évité de surcharger ses planches qui n’en sont que plus belles.

De là à dire qu’Urban est actuellement la meilleure série dans son genre, il n’y a qu’un pas que je ne vais pas tarder à franchir.

Que du bonheur ce tome 4 !

Urban tome 4 planche

un album signé Luc Brunschwig (scénario) et Roberto Ricci (dessin & colo) aux éditions Futuropolis.

coup de coeur

Le lendemain du monde

one shot d’Olivier Cotte (scénario) et Xavier Coste (graphisme)
le lendemain du monde
magnifique couverture signée Xavier Coste

Au fin fond de la jungle africaine se cacherait un groupe terroriste mené par une Intelligence Artificielle qui a provoqué un véritable cataclysme. Tous les appareils électroniques sont vérolés y compris les millions d’implants des cerveaux humains.

L’ancien Casque Bleu James Graham Keran n’en a jamais eu lui. Et c’est pourquoi les autorités militaires lui demandent de partir sur le champ enquêter sur place. Et si possible de faire un bon coup de ménage.

C’est une sorte d’OVNI dans le paysage des récits d’anticipation apocalyptique, plutôt un roman d’aventure ésotérique que tente les auteurs. C’est très joliment illustré, le dessinateur Xavier Coste s’essayant à de nombreuses nuances colorées. Le propos sort largement des sentiers battus de ce genre de récit.

Au cours de ce voyage étrange en milieu hostile et peuplé de nombreuses rencontres, James réussira t’il à éradiquer la menace ?

Le lendemain du monde

Editions Casterman.

Plutona

one shot de Jeff Lemire (scénario) et Emi Lenox (graphisme)

Plutona couverture

Une bande de gamins découvre en pleine forêt le cadavre de Plutona, une super héroïne adulée du public. Que s’est-il passé ? Comment la super girl a t’elle pu se retrouvé là ? Son rival de toujours, le docteur Wasp a t’il cette fois-ci triomphé ?

Je ne suis pas fan des BDs type super héros et ça tombe bien, il s’agit ici d’étudier le comportement d’ados face à une situation inattendue. Jeff Lemire explore cinq personnalités bien différentes. Entre amitié, trahison, doute, désillusion et peur, chacun va réagir à sa façon. Apparaissant assez rapidement, plutona est absente des débats même si le scénario prend le temps de présenter l’envers du décor de cette maman qui cumule 2 ou 3 jobs pour s’en sortir.

Chronique intemporelle, les 150 pages de ce one shot passent comme une lettre à la poste.

Plutona planche

Editions Futuropolis