Undertaker tome 2 – La danse des vautours

undertaker 2 couverture
Jonas, Rose et Madame Lin ont 3 jours pour rejoindre la mine « Red Chance » afin d’y enterrer la dépouille de Joe Cusco dont l’estomac est rempli à ras bord de pépites d’or, le vieux s’étant suicidé en avalant son trésor et en exigeant qu’il repose à l’endroit où il bâtit sa fortune. Avec une meute de mineurs enragés à leurs trousses, la tâche n’est pas aisée mais notre Undertaker s’avère être un homme plein de  ressources…

Après un premier album tonitruant qui honorait pleinement ses promesses, ce deuxième opus m’a un peu déçu, l’impression de m’être un peu ennuyé. J’en suis désolé tellement j’apprécie ces deux auteurs qui ont à leur actif une bibliographie plus qu’honorable. Et j’admire depuis longtemps le travail de Ralph Meyer qui est à mon sens un des meilleurs dessinateurs actuels. Non, j’ai eu tout simplement du mal à me passionner pour cette course-poursuite et du mal à croire à cette histoire d’otage. Et puis à quoi ça rime finalement ? Tout le monde va se retrouver à la mine et va se battre pour récupérer le trésor non ?

En fait, le scénario suit un chemin bien balisé et sans réelles surprises. On sait dès le début que Jonas a un passé violent, on sait que dans l’action,  il va s’avérer un adversaire redoutable, on sait qu’il va réussir sa mission, on sait aussi que Rose et lui vont avoir envie de se bécoter. Bref, on sait.

Mais si je considère Undertaker comme un pur divertissement, c’est sans appel : on est dans le haut de gamme. Les couvertures et planches sont  magnifiques, le rythme est soutenu, ça castagne et défouraille pas mal, la pointe d’humour est bien là et et les dialogues sont très bons. Alors d’un autre côté, de quoi je me plains  ?…

album scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Ralph Meyer, édition Dargaud

4 sur 5

Game Over tome 13 – Toxic Affair

game over tome 13

Je suis toujours autant surpris par l’imagination débordante dont font preuve les auteurs de Game Over. L’art du running-gag, ils maîtrisent ! Car c’est tout le temps la même chose : le petit avatar du jeu vidéo de Kid Paddle doit secourir la princesse en évitant le piège et les horribles blloooorggh monstres, il est en passe de réussir jusqu’à la dernière case de la planche où quoiqu’il fasse, il se fait ratatiner la tronche ou découper en rondelles. Et si ce n’est pas lui, c’est la minette en rose au chapeau pointu qui mange. On la sent d’ailleurs pas super fufute la princesse, et colérique avec ça ! Nouvel opus, nouvelle poilade, chaque année voit arriver son Game Over et à chaque fois rires et sourires sont au rendez-vous …

game over tome 13

un album scénarisé par Midam & Adam, dessiné par Midam & patelin, colorisé par Angèle, édition Glénat.

3 sur 5

Le grand A

Le grand A

Le grand A c’est en fait l’histoire sous forme de reportage, du premier supermarché Auchan qui a ouvert ses portes en 1972 à Noyelles-Godault dans le Pas-de-calais. Arrivée qui a suscité de nombreux fantasmes et bouleversements si l’on en croit cet album. Et c’est sans aucun doute vrai que cette première ouverture sur le commerce de masse a révolutionné le quotidien des gens de cette époque. C’est en écoutant leur témoignage que l’on comprend le mieux les tenants et les aboutissants, le choix de l’interview se révélant fort judicieux ici. Ca me rappelle certaines BD d’Etienne Davodeau. Les clients issus de la classe populaire pour la plupart qui s’y sentent bien, attirés comme des mouches par la lumière, les commerçants du centre ville qui se sentent lésés mais s’arc-boutent sur leurs principes, les employés du grand A contents ou non, tous ont quelque chose à raconter et c’est là tout l’attrait de l’exercice. On nous raconte leur quotidien joliment illustré par un dessin jovial et plein de bonhomie qui gomme l’aspect démonstratif. Au début, l’enquête alterne avec quelques flash backs historiques à mon avis dispensables puis se focalise sur le grand A raconté de l’intérieur. Sans jamais prendre parti, sans juger, la BD retranscrit fidèlement le ressenti des acteurs et donnent quelques clés pour se faire sa propre opinion. Perso, j’ai passé un très bon moment dans le Ch’nord

Le grand A

one shot scénarisé par Xavier Bétaucourt, dessiné et colorisé par Jean-Luc Loyer, édition Futuropolis

4sur5

Siberia 56 tome 3 – Pyramide

Siberia 56 tome 3

Je l’avais cru terminée en 2 tomes l’aventure de Siberia 56 mais non : Christophe Bec et Alexis Sentenac décident de jouer les prolongations avec ce 3ème et dernier tome (cette fois c’est sûr et certain). Il faut croire que les Terriens ont une sacrée envie de s’installer sur cette planète particulièrement hostile : il fait -200°, le sol grouille de Morbius – ces énormes et terrifiantes créatures invisibles en forme de vers géants qui gobent tout sur leur passage – les vents soufflent à 300 Km/h, le seul gros avantage est qu’elle dispose d’une atmosphère respirable. Et ça dans l’esprit du CDC, ça n’a pas de prix. Mais voila qu’une gigantesque pyramide de quartz plantée comme un énorme relais au milieu des glaces attise la curiosité de Ned Wilcox et de ses compagnons. L’occasion est trop belle de se risquer à nouveau dehors pour explorer ce mystère au coeur de cette angoissante planète gelée. Le ton est impersonnel, les personnages anecdotiques et le background survolé : rien ne pousse réellement le lecteur à s’attarder sur Sibéria 56. Mais ce qui peut faire la différence, c’est un dessin pas trop mal foutu – quoique à la colo et l’habillage un peu sombre à mon gout – et l’exploitation honnête des codes du genre. Cette courte série ne révolutionne pas la SF mais sa réalisation est très correcte, elle m’a donné lieu à un petit moment de détente pas si désagréable que ça. J’en attends quand même plus de Christophe Bec capable de beaucoup mieux. J’ai envie de lui reprocher de ne pas faire du Prométhée tout le temps ^^

Siberia 56 tome 3

Album scénarisé par Christophe Bec, dessiné et colorisé par Alexis Sentenac, édition Glénat

3 sur 5

Horacio d’Alba tome 3 (Nouvelle Edition) – Mémoires d’une Vésuvienne

Horacio d'Alba tome 3

C’est l’heure du dernier acte pour Horacio d’Alba et les siens, rescapés de l’Armaggeddon et de la fureur du Condottiere. Le Cardinal Rouge a eu ce qu’il voulait : un prétexte pour envahir et piller la République du point d’honneur. Avec l’appui des troupes françaises, ses armées assiègent le Castel Maggiore où les Républicains ont trouvé un dernier refuge. A dix contre un, Horacio d’Alba sait qu’à moins d’un miracle, ils n’ont aucune chance. Pour corser le tout, son fils Julius capturé est exhibé crucifié et à moitié mort sous les remparts du fort. Je ne m’étais pas trompé, l’interview des auteurs dans le dossier de presse rappelle lui aussi les oeuvres d’Alex Alice (Le Troisième Testament) ou de Mathieu Lauffray (Long John Silver) par leur côté fresque épique. C’est tout à fait ça : un dessin soigné et précis haut en couleur pour une mise en scène digne d’un péplum. Le scénariste Jérôme le Gris n’est pourtant pas un spécialiste de la BD (il a surtout une solide expérience d’écriture et de réalisation dans le cinéma) mais comme il l’explique, il profite de la liberté budgétaire qu’offre la BD lorsqu’il s’agit de mettre en scène 200 types à cheval tout en satisfaisant son appétence pour l’épopée. Et voila que pour sa première BD, il nous offre ceci : une trilogie superbe et grandiose ! Merci à Glénat d’avoir donné une seconde chance à Horacio d’Alba, une histoire à la réalisation impeccable qui mérite que l’on s’y attarde !..

Horacio d'Alba tome 3

album scénarisé par Jérôme Le Gris, dessiné et colorisé par Nicolas Siner, édition Glénat

4 sur 5

Horacio d’Alba tome 2 (Nouvelle Edition) – Le Roi soldat

Horacio d'Alba tome 2

Ahaa ! Le pion dont je parlais précédemment semble se décider à montrer les crocs mais il faudra attendre la toute fin d’album pour le constater. En attendant, on revient sur cette tentative d’assassinat échouée du sénateur Rembrandt qui veut réformer les duels. Le temps de l’union sacrée entre les deux académies, Horacio et Callisto ont eu eu le temps d’une courte aventure et la jeune femme dénoncée auprès de son maître Silas le paye très cher. Marquée au fer rouge (on note au passage combien Rembrandt a raison face à ces pratiques d’un autre âge !) la pauvre devient une Sycophante autrement dit une cible à abattre en toute impunité par celui qui a envie de faire un carton. Ne craignant que le déshonneur elle, décide de finir en beauté. Mais chut ! Je n’en dis pas plus car il y a plein de bonnes choses à découvrir dans ce deuxième tome. De l’action, un duel à (très) grande échelle, de la bravoure et du sang, la politique et le complot laissent peu à peu la place à l’aventure à grand spectacle. Le ton et la tension monte crescendo jusqu’au final qui explique vraisemblablement le titre. Menée tambour battant, cette histoire est vraiment plaisante à suivre et me fait beaucoup penser au Troisième Testament – Julius par son côté épique et historique, ce qui est particulièrement flatteur. Qualité graphique et narration fluide s’allient de nouveau dans cet excellent tome. La guerre est déclarée, les personnages se révèlent et le prochain tome va devoir clore tout ceci en beauté !..

Horacio d'Alba tome 2

album scénarisé par Jérôme Le Gris, dessiné et colorisé par Nicolas Siner, édition Glénat

4 sur 5

Horacio d’Alba tome 1 (Nouvelle Edition) – La République du point d’honneur

Horacio d'Alba tome 1

La défunte et regrettée maison d’édition 12Bis avait entamé l’aventure en publiant les deux premiers tomes d’Horacio d’Alba mais c’est grâce à Glénat que j’ai aujourd’hui la trilogie complète à disposition. Nouvel éditeur, nouvelle maquette, le moins que l’on puisse dire, c’est que la maison grenobloise a soigné cette nouvelle mouture à commencer par de très belles couvertures rougeoyantes du plus bel effet; et ce n’est pas mentir que d’affirmer que le meilleur nous attend à l’intérieur. On est donc au XVIe siècle en Italie du Nord, dans une République fictive qui a décidé de régler ses conflits par l’intermédiaire exclusif de duels entre professionnels. Deux écoles s’affrontent : l’académie Démocrate du Condottière et la Timocrate de Silas; Horacio d’Alba fait partie des meilleurs prince-duellistes de la première et le jour où il doit affronter sa propre femme en duel, sa vie bascule et il lui devra expliquer à son fils Julius pourquoi il a tué sa mère. En age de devenir duelliste, Julius refuse d’entrer à l’académie préférant rejoindre l’équipe du sénateur Rembrandt parti en croisade contre ces duels d’un autre âge. Tandis que les armées du Cardinal Rouge n’attendent qu’un signe pour envahir la République, le Condottiere et Silas s’allient pour envoyer un petit groupe constitué de leurs meilleurs hommes assassiner Rembrandt qui par son projet de loi menace directement leurs activités. J’ai pris mon temps pour redécouvrir ce premier album et ma première impression était la bonne : on est parti pour une aventure extrêmement bien menée : le trait est sérieux et permet d’apprécier une narration sans failles. Sur fond de drame familial et de complot politique, l’uchronie historique très bien construite promet une lecture agréable et sans temps morts. Petite remarque tout de même, la série porte son nom mais Horacio ne passe pas pour le moment pour un héros plaisant et fédérateur. Sur ce premier tome, on sent le gars courageux et doué pour son métier mais utilisé comme un vulgaire pion par ses supérieurs. Espérons qu’il aura une bouffée d’orgueil par la suite…

Horacio d'Alba tome 1

album scénarisé par Jérôme Le Gris, dessiné et colorisé par Nicolas Siner, édition Glénat

4 sur 5

Watertown

Watertown
La dernière fois que je vis Maggie Laeger, c’était un lundi matin. Je passais comme à mon habitude dans la pâtisserie de Monsieur Clarke pour y acheter un muffin que je mangerais sur le chemin du bureau. Lorsqu’en payant, je lançai « À demain Maggie », elle répondit : « Non… Demain je ne serai plus là. »…

Modeste employé d’une société d’assurance à Watertown, Philip Whiting s’accorde une semaine de vacances pour s’improviser enquêteur sur la mort de M. Clarke – le pâtissier du coin – dont la vendeuse Maggie a subitement disparue après que ce dernier ait reçu une étagère fatale sur le crâne. C’est en rendant visite à son frère à Stockbridge qu’il tombe par hasard sur Maggie qui feint de ne pas le connaître. Philip soupçonne alors du louche et commence ses investigations. C’est une plongée dans l’Amérique des années 60 que JC Götting nous propose avec cette drôle d’histoire. Celle des belles voitures, des costumes cravates stricts et des enquêtes « à l’ancienne ». Ca fait drôle des fois de revenir aux notes manuscrites et aux enquêtes de voisinage. Mais attention, l’enjeu ici est avant tout de suivre le cheminement d’un homme ordinaire qui face à un mystère passe de la curiosité à l’obsession. Philip n’en dort plus et veut avoir coûte que coûte le fin mot de l’histoire. Et ce n’est qu’au terme d’un suspens qui monte crescendo qu’il y parviendra pour une conclusion hélas bien décevante. C’est fort dommage. On se console au vu d’un graphisme très élégant dont le style s’accorde parfaitement avec l’ambiance de l’époque…

Watertown

un one shot signé Jean-Claude Götting chez Casterman

3 sur 5

Le Maître d’Armes

le maitre d'armes
1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l’Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu’ils lancent une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable : à deux contre trente, le destin du jeune homme et du vieux Hans Stalhoffer semble scellé. Sauf que Hans n’est pas une proie comme les autres ; il est l’ancien maître d’armes de François Ier… Et la proie est bien décidée à devenir le chasseur…

96 pages, ça peut être paraître épais pour un album de BD franco-belge de ce format là mais franchement ça se lit d’une traite sans peine et le dessin est magnifique ! Pas forcément hyper passionnant mais très agréable à suivre par sa mise en scène très cinématographique et son rythme intense. Xavier Dorison aime les grands récits épiques (Long John Silver, Undertaker), les héros sombres et ténébreux et ça se sent encore ici. La préface pose bien le contexte historique, à cette époque certains courageux commençaient à s’interroger sur le bien fondé de la Bible qui soi-disant donnait tous pouvoirs à l’Eglise au détriment d’une population maltraitée qu’on laissait volontairement patauger dans l’ignorance, la terreur et la pauvreté. Une époque pas jolie-jolie. Heureusement, certains plus courageux et plus instruits que d’autres ont risqué leur vie pour que ça change et c’est la toile de fond de cette traque glaçante où tous les mauvais coups sont permis.
Donc attention, c’est très violent et très sanglant, faut pas avoir peur de se tâcher les mains en ouvrant cet album. Les personnages ne font pas dans la dentelle quand il s’agit de se tronçonner à l’arme blanche.
En tout cas, j’en ai pris plein les yeux car Joël Parnotte sort le grand jeu pour illustrer un récit de cape et d’épée haut en couleurs (le rouge surtout !).
En clair, j’en ai eu pour mon argent…

Et regardez la planche ci-dessous, elle résume à elle seule la qualité de l’album :

une planche du Maître d'armes

un one shot scénarisé par Xavier Dorison, dessiné et colorisé par Joël Parnotte, édité chez Dargaud

3 sur 5